Le gaspillage alimentaire représente un défi majeur avec des conséquences économiques, environnementales et sociales significatives. La FAO a estimé le coût direct des produits perdus ou gaspillés à 900 milliards d’euros par an. En France, ce problème est pris très au sérieux, avec des mesures législatives et des initiatives visant à réduire le gaspillage à tous les niveaux de la chaîne alimentaire.
L’ADEME (Agence de la transition écologique) a publié en octobre 2025 un rapport actualisant les données de 2016 sur les coûts liés au gaspillage alimentaire en restauration collective en France. Ce rapport met à jour les coûts directs (denrées alimentaires) et indirects (charges salariales, d’énergie et de gestion des déchets). Les résultats montrent une évolution significative du coût du gaspillage alimentaire par rapport à 2016.
Les coûts directs ont progressé plus rapidement car, sur la même période, le prix des denrées a augmenté plus vite que les charges liées au personnel et à l’énergie. Par ailleurs, les établissements servant plus de 200 repas par jour présentent un coût de gaspillage alimentaire bien inférieur à ceux qui délivrent moins de 50 repas par jour (0,91 € / repas contre 1,53 € / repas).
Ce gaspillage a un coût économique, environnemental et social.
En 2023, 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produits en France, soit 142 kg par personne.
Parmi ces déchets, 5,9 millions de tonnes ne sont pas comestibles (os, épluchures…) et sont assimilés à du gaspillage alimentaire. Le gaspillage alimentaire représente donc 3,8 millions tonnes de déchets issues des parties comestibles des aliments (aliments non-consommés encore emballés, restes de repas, etc.), soit 55 kg par personne.
Toutes les étapes de la chaîne alimentaire sont concernées. La part de ce gaspillage varie d'une étape à l'autre, et représente :
La France se situe au-dessus de la moyenne européenne (130 kg par habitant).
Le gaspillage alimentaire représente un prélèvement inutile de ressources naturelles (terres cultivables, eau, etc.), et des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être évitées. Ces dernières sont évaluées par l’Ademe à 4,2 % de l’ensemble des émissions nationales. Les déchets sont générés à chaque étape de l’alimentation humaine, depuis la production jusqu’à la consommation en passant par la distribution.
Les mesures nationales en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire se sont progressivement renforcées au cours des 10 dernières années, avec la signature du premier Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire réunissant l’ensemble des parties prenantes en 2013 (renouvelé pour deux périodes de 3 ans), la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) en 2015, la loi Garot en 2016, la loi EGAlim en 2018, et enfin la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) en 2020.
La loi a notamment introduit une hiérarchie des actions à mener en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire, en donnant la priorité à la prévention, puis au don ou à la transformation. Viennent ensuite la valorisation en alimentation animale ou sous forme d’énergie. La destruction est envisagée en dernier recours.
Les distributeurs ayant une surface de vente de plus de 400 m², les opérateurs de la restauration collective préparant plus de 3 000 repas par jour, et les opérateurs de l’industrie agroalimentaire ayant un chiffre d’affaire supérieur à 50M€, et les grossistes (chiffre d’affaires supérieur à 50M€) doivent par ailleurs proposer des conventions de don à des associations d’aide alimentaire pour écouler leurs invendus. Il est en outre interdit, dans l’industrie agroalimentaire et la restauration collective, pour les grossistes et les distributeurs, de rendre impropres leurs denrées alimentaires invendues encore consommables. Les contrevenants s’exposent à une amende pouvant atteindre jusqu’à 0,1 % de leur chiffre d’affaires.
La France s’est par ailleurs dotée d’un objectif global de réduction du gaspillage alimentaire de 50 % entre 2015 et 2025 dans les domaines de la distribution alimentaire et de la restauration collective d’ici 2025, et de 50 % entre 2015 et 2030 dans les domaines de la consommation, de la production, de la transformation et de la restauration commerciale.
Avant qu’une législation soit mise en place en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire, l’ensemble des parties prenantes avaient été réunies sous le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, qui a été signé pour 2013 et renouvelé pour deux périodes de 3 ans.
En 2020, la loi prévoit la mise en place d’un label national « anti-gaspillage alimentaire » visant à valoriser les acteurs de la chaîne alimentaire qui contribuent aux objectifs nationaux de réduction du gaspillage alimentaire. Ce label est aujourd’hui disponible pour le secteur de la distribution (grandes et moyennes surfaces, grossistes et métiers de bouche). Suivent le référentiel pour le secteur de la restauration (restauration collective et commerciale) en 2025, puis celui de l’industrie agroalimentaire.
D’après la Commission européenne, jusqu’à 10% du gaspillage alimentaire serait lié à une mauvaise compréhension des dates de consommation qui sont indiquées sur les emballages. Les produits alimentaires pré-emballés doivent indiquer un délai pour la consommation : la date limite de consommation (DLC) ou la date de durabilité minimale (DDM).
Pour clarifier davantage cette possibilité de consommer des produits dont la DDM est dépassée, les opérateurs peuvent depuis 2022 ajouter sur l’emballage les mentions « pour une dégustation optimale… » ou « ce produit peut être consommé après cette date ».
Depuis 2022, les États membres doivent rapporter chaque année les quantités de déchets alimentaires produites à chaque étape de la chaîne alimentaire (production primaire, transformation, distribution, restauration, ménages).
La directive-cadre déchets, qui fixe les orientations majeures de la politique de gestion des déchets, a été révisée pour y introduire notamment des objectifs de réduction des déchets alimentaires d’ici 2030 au niveau européen, à l’image de ce qui a été fait en France. Le Conseil et le Parlement se sont ainsi accordés en 2025 sur les objectifs suivants :
Le député Renaissance Karl Olive a déposé une nouvelle proposition de loi pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Il met en avant un coût annuel de 16 milliards d'euros, assure-t-il. Un chiffre fiable, qui provient d'une étude de l'Ademe remontant à 2016.
Il soumet ainsi une proposition de loi afin de rehausser nos ambitions en la matière : "La loi Garot de 2016 est une très belle loi, mais je pense qu’on peut aller plus loin", a-t-il assuré au JDD. "Il faut pousser le curseur si l’on veut atteindre notre objectif : diminuer de moitié le gaspillage alimentaire d’ici à 2030", renchérit-il.
Sur son site, le ministère de la Transition écologique rapporte "les pertes et gaspillages alimentaires représentent 10 millions de tonnes de produits par an, soit une valeur commerciale estimée à 16 milliards d’euros".
Dans le détail, on apprend que les pertes se répartissent à plusieurs étapes de la chaîne de production et de consommation :
Le consommateur n'est donc pas le seul incriminé, puisqu'une partie du gaspillage intervient en amont des achats. Bien que les particuliers ne soient pas les seuls à pouvoir agir contre le gaspillage alimentaire, il faut souligner qu'il "représente 30 kg par personne et par an de pertes et gaspillages au foyer", dont "7 kg de déchets alimentaires non consommés encore emballés".
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