La consommation mondiale de viande a connu une évolution significative au cours des dernières décennies, avec des tendances variées selon les régions et les types de viande. Cet article explore les statistiques clés, les facteurs d'influence et les projections futures concernant la consommation de viande à travers le monde.
Depuis les années 1960, la consommation de viande et de lait a augmenté rapidement dans les pays en développement. Dans les pays émergents d’Asie, d’Amérique du Sud ou d’Afrique, la consommation de lait par habitant a presque doublé, celle de viande a plus que triplé, et celle d’œufs a quintuplé. C’est la consommation de viande de volaille qui s’est développée le plus rapidement, suivie par la viande de porc.
C’est en Asie de l’Est et du Sud-Est, notamment en Chine et en Inde, que la consommation des produits animaux augmente le plus. Le Brésil, le Proche-Orient et l’Afrique du Nord suivent les mêmes tendances.
Dans ces pays qui se développent, la démographie mais surtout l’augmentation des revenus et l’urbanisation sont les facteurs principaux de cette hausse. Au cours des trois dernières décennies, l’économie mondiale a connu une croissance sans précédent, concomitante à celle des classes moyennes et du nombre d’urbains. À l’horizon 2050, d’après la FAO, l’urbanisation continuera à progresser à un rythme accéléré et environ 70 % de la population mondiale sera citadine.
En 2024, la forte hausse de la production brésilienne a permis au pays d’exporter massivement de la viande et des bovins vivants. Au total, les ventes des dix premiers exportateurs mondiaux de viande bovine ont atteint 11,6 millions de tonnes équivalent carcasse, un niveau jamais atteint, plus d’un million de tonnes supplémentaires par rapport à 2023 (+11%). À lui seul, le Brésil a alimenté presque les deux tiers de la hausse (+710 000 téc) et l’Australie 29% (+330 000 téc). L’Argentine a également augmenté significativement ses exports (+90 000 téc) au détriment de sa consommation nationale, suite à l’arrivée de Milei au pouvoir et à la libéralisation des flux. Le Paraguay, qui exporte 75% de sa production, a produit plus et exporté plus (+30 000 téc).
Tous les grands importateurs n’ont pas été au rendez-vous pour valoriser ce surplus d’offre. Avec un marché atone et une production en hausse, la Chine et la Corée du Sud ont réduit leurs achats totaux de viande bovine (-50 000 téc et -20 000 téc respectivement). Le Vietnam (-20 000 téc) et l’Indonésie (-20 000) ont également importé moins de viande, misant davantage sur l’approvisionnement en vif.
Les échanges en vif ont confirmé le dynamisme retrouvé en 2023, avec toujours plus de bovins brésiliens (+420 000 têtes) et australiens (+90 000).
Les prix ont chuté en Amérique du Sud sous l’effet de la hausse de production et de la dépréciation des monnaies, et par ricochet en Chine, l’afflux de viande brésilienne s’ajoutant à une production en hausse. Ils ont baissé également en Australie avec le retour de l’offre.
Après plusieurs années de hausse, la production mondiale marque le pas et les prix remontent là où ils avaient faibli.
La consommation mondiale de viande a doublé depuis les années 1990, bien plus rapidement que l’augmentation de la population. Les Américains (du Nord et du Sud), les Australiens ou les Européens ont doublé leur consommation de produits animaux depuis 50 ans et mangent 2 fois plus de protéines d’origine animale que la moyenne mondiale. En Chine, la consommation de viande par habitant (65 kg en 2022) a quadruplé en 40 ans. La population indienne en revanche reste très faible consommatrice de viande (environ 5 kg/habitant/an), pour partie pour des raisons culturelles ou religieuses.
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a alerté dès 2006 sur le risque que fait peser cette hausse de la demande sur la sécurité alimentaire mondiale. Selon les projections de la FAO, la consommation mondiale de protéines carnées aura augmenté de 9 % en 2032 par rapport à 2022 (+43 millions de tonnes). Cette augmentation devrait être principalement le fait des pays asiatiques (+26 millions de tonnes), notamment la Chine, et des pays du continent américain (10 millions de tonnes).
Une partie de cette évolution tient à la transformation des régimes alimentaires, laquelle est influencée par l’amélioration des revenus et l’urbanisation.
Dans les pays d’Afrique qui se heurtent encore à une faible disponibilité des produits d’élevage, la consommation de viande est faible (20 kg/habitant/an en moyenne sur le continent). Elle fait partie pourtant des aliments qui aident à lutter contre l’anémie ferriprive qui touche 52 % des femmes de 15 à 49 ans en Afrique de l’Ouest.
Dans les pays à revenus élevés, la consommation de viande atteint un plafond : elle est suffisante sur le plan nutritionnel, voire excessive, et se stabilise sous l’effet des changements de comportements alimentaires.
L’augmentation globale constatée concerne majoritairement la consommation de volailles, d’une part car c’est une des viandes les moins coûteuses et d’autre part car les volailles sont considérées par les consommateurs comme des produits sains, faciles à cuisiner et peu émetteurs de gaz à effet de serre. Enfin, la viande de volaille n’est pas soumise à des interdits religieux, contrairement au porc ou au bœuf.
En France, après une baisse au début des années 2010, la consommation individuelle de viande connaît une très légère hausse depuis quelques années. C’est le résultat de la hausse de consommation des populations jeunes, en particulier de viande hachée, qui contrebalance le changement de régime de certaines populations pour des motivations diverses (par ex., environnement, bien-être animal) et l’augmentation d’une population âgée moins consommatrice.
La proportion des différentes viandes, elle, se modifie, « en faveur des viandes de volaille ; celles de bœuf et des « autres viandes » (abats, équidés, lapins, gibiers) diminuent depuis le début des années 80 », comme le souligne le service de la statistique et de la prospective du ministère de l’Agriculture.
La consommation de lait est en forte augmentation à l’échelle mondiale : +1,7 % par an environ sur la dernière décennie. La moyenne mondiale de 118 kg équivalent lait/habitant/an en 2022 cache une forte hétérogénéité : environ 40 kg équivalent lait en Chine, 115 en Inde, et 285 en France. « En Europe, nos besoins intérieurs plafonnent et nous sommes devenus le premier exportateur mondial de produits laitiers, avec 36 % du total des exportations en valeur en 2022 », souligne Vincent Chatellier, de l’unité Structures et marchés agricoles, ressources et territoires (SMART), à Rennes. L’UE à 27 produit environ 150 millions de tonnes de lait par an, ce qui la situe au 2e rang mondial, derrière l’Inde (200 millions de tonnes par an).
Les pertes et le gaspillage surviennent tout au long de la chaîne alimentaire, les premières sur les phases de production primaire, récolte, transformation et distribution, le second lors de la vente au détail et de la consommation par les ménages. Ils n’englobent pas les cultures destinées à l’alimentation animale ou à la production d’énergie. Les données pour évaluer ces phénomènes sont encore insuffisantes ; cependant une estimation globale de près d’1/3 de la production alimentaire est retenue par la FAO, avec 14 % de pertes et 17 % de gaspillage.
Les quatre piliers de la sécurité alimentaire sont la disponibilité, l’accès et l’utilisation des aliments et la stabilité des trois autres dimensions dans le temps. La dimension nutritionnelle fait partie intégrante du concept de sécurité alimentaire et des travaux du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA).
| Région | Tendances | Facteurs d'Influence |
|---|---|---|
| Asie de l'Est et du Sud-Est | Forte augmentation | Démographie, revenus, urbanisation |
| Afrique | Faible consommation | Disponibilité des produits d'élevage |
| Pays à revenus élevés | Stabilisation | Changements de comportements alimentaires |
tags: #consommation #de #viande #dans #le #monde
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic