Consommation de Porc en France : Chiffres Clés et Tendances Actuelles

La consommation de viande en France a connu des évolutions significatives au fil des décennies. Entre 1980 et 2021, les Français ont réduit leur consommation de viande de 15 kg par an. Toutefois, la consommation totale de viande a peu diminué au cours des 10 dernières années, s'établissant à 89,2 kg par habitant et par an en 2021.

En 2024, la consommation de viande a augmenté de 2,4 % en France, après un repli de 1,3 % en 2023, sous l’effet d’une vive hausse de la consommation de volailles, désormais équivalente à la consommation de viande de porc. La consommation de viande de boucherie est quasi stable en volume par rapport à 2023, le rebond de la consommation de viande porcine compensant un nouveau recul des viandes bovines.

Cet article analyse en profondeur la consommation de porc en France, en examinant les chiffres clés, les tendances du marché, les défis environnementaux et les évolutions récentes de la filière.

Consommation et Préférences des Français

Avec une moyenne de 31,7 kg par habitant, la viande de porc demeure celle qui est le plus consommée en France. Viande fraîche et charcuteries comprises, chaque Français a mangé 31 kilos de porc en 2024. La consommation de viande porcine arrive juste derrière celle de la volaille, 31,6 kilos, et devant la viande bovine qui atteint 21,3 kilos en équivalent carcasse.

Dans le détail, 68,6% des produits porcins achetés en magasin sont des charcuteries. Leurs ventes reculent de -1,2% en 2024 et celles de la viande fraîche chute de -2%.

La volaille et le steak haché, prisés pour leur facilité et leur praticité à cuisiner, connaissent une forte croissance, contrairement aux plats mijotés qui demandent une préparation plus élaborée.

Il est intéressant de noter que 93% des personnes interrogées disent manger du porc régulièrement. Cela semble concerner presque tout le monde, hormis les non consommateurs pour des raisons religieuses.

Évolution de la Consommation de Produits Laitiers et d'Œufs

La consommation de produits laitiers a également évolué sur une longue période. La consommation de fromages ne faiblit pas, au contraire, elle a progressé de 14% entre 2011 et 2021. La consommation apparente d’œufs par habitant suit une tendance haussière depuis 10 ans. En 2022, elle s’élève à plus de 226 œufs par personne, contre 173 dix ans plus tôt. Le prix par rapport aux autres sources de protéine animale, sa facilité de conservation et de préparation, et son adéquation avec la tendance à un régime alimentaire plus flexitarien expliquent cette progression. Nos habitudes alimentaires ont là aussi leur impact, car il faut chercher la hausse dans l’intégration des œufs et ovoproduits essentiellement dans les produits transformés.

Impact de la Consommation Hors Domicile

Une évolution cruciale à prendre en compte pour les filières d’élevage est la progression de la consommation hors domicile en France (restauration collective ou commerciale), ainsi que de la livraison à domicile. Les Français consacrent environ un quart de leurs dépenses alimentaires à la restauration hors foyer.

En viande bovine, par exemple, 42 % des volumes sont commercialisés en grande distribution, 24 % en RHD (Restauration Hors Domicile), 11 % en boucherie, et 3 % en vente directe. La viande hachée représente 37 % des ventes en grande distribution, et le consommateur se tourne de plus en plus vers de la volaille en filets ou en morceaux séparés prédécoupés.

Il est à signaler que l’affichage de l’origine est obligatoire en RHD pour les viandes (bovine - depuis 2002, et depuis le 1er mars 2022 pour la volaille, la viande porcine et ovine).

Tendances de l'Élevage Porcin Biologique

Le cheptel de truies bio a chuté en 2023, dans le contexte de la crise de la consommation. Le nombre de truies bio est de 16 852, en baisse de 12% par rapport à 2023. Le principal bassin de production de porc bio se situe dans le Grand-Ouest (Pays-de-la-Loire ; Bretagne), qui concentre 70 % du cheptel de truies. L’Occitanie, la Nouvelle-Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes concentrent le plus grand nombre d’ateliers naissage.

La crise de la consommation a entraîné une baisse drastique des abattages de porcs bio en 2023. On estime à 40% la perte de potentiel de production : de 5 300 porcs/semaine à 3 200 porcs/semaine courant 2024. D’après Interbev, en 2023 : « Les ventes en GMS ont diminué de 33%, les magasins spécialisés ont enregistré une baisse de 17%, et les boucheries ont vu leurs volumes chuter de 30%. La grande distribution représente un peu moins de 50% des débouchés de la filière porc bio (contre 54% en 2019).

La France et le Danemark sont les principaux pays éleveurs de porcins bio en Europe.

Impact Environnemental de l'Élevage Porcin

La dimension environnementale des produits alimentaires est de plus en plus prise en compte, notamment à travers des systèmes de notation (scoring) plutôt que des échelles colorimétriques.

Selon les données présentées lors des Journées du Réseau Mixte Technologique MAELE, environ 70 % des protéines consommées par les porcs sont issues de sources non consommables par l’homme, telles que les coproduits agricoles. Cependant, l'efficience protéique reste un sujet de débat. En effet, il faut 2 kg de protéines animales consommables par l’Homme produites à partir d'1kg de protéines végétales consommables par l’Homme dans la ration des porcs (en tenant compte de la digestibilité protéique).

Les effluents d’élevage représentent une source d’énergie renouvelable encore largement inexploitée. En 2022, la production potentielle de méthane à partir de ces effluents était estimée à 35 TWh. Pourtant, seulement 0,7 TWh ont été valorisés, compensant à peine 6 % des consommations directes d’énergie des élevages. Les projections pour 2050 varient entre 8 et 29 TWh, en fonction des scénarios de production animale envisagés.

La ferme France (bâtiment et stockage) est responsable de 70 % des émissions nationales de méthane (CH₄), avec la filière porcine contribuant à hauteur de 4 %. Concernant le protoxyde d’azote (N₂O), les élevages représentent 11 % des émissions, dont 1 % pour le porc. Pour l’ammoniac (NH₃), les élevages sont à l’origine de 37 % des émissions, avec 3 % imputables à la filière porcine.

En termes de consommation d’eau, l’élevage porcin représente 9 % des usages directs liés à l’élevage en France, soit environ 38,1 millions de m³ par an.

Commerce International et Autosuffisance

Environ 75.000 tonnes de charcuteries ont été exportées en 2023. Mais la France importe aussi beaucoup de charcuteries produites dans des pays voisins, à commencer par l’Espagne et l’Italie.

La capacité de la France à produire suffisamment de viande porcine pour répondre à la demande sur le marché intérieur s’érode. Notre taux d’autosuffisance est descendu à 98% en 2024 contre 99% en 2023.

Depuis la mise en place du marché commun agricole européen en 1962, l’introduction de la concurrence entre les pays membres et les élargissements successifs de cette Europe, qui compte désormais 27 pays, ont produit beaucoup d’effets pervers. L’Europe continue de signer des accords commerciaux avec des pays tiers, ce qui intensifie la pression sur les producteurs locaux.

Structure des Exploitations Porcines

Plus de 80% des porcs élevés en France proviennent de quatre régions. La Bretagne arrive en tête avec 57% de la production. Elle est suivie par les Pays de la Loire avec 11%, la Nouvelle Aquitaine 7% et la Normandie 5%.

Avec une moyenne de 214 truies par élevage, on produit environ 5.000 porcs charcutiers par an sur une exploitation. Ces élevages de taille raisonnable facilitent la transmission des exploitations d’une génération à l’autre.

Alors que les régions Hauts de France, Grand Est, Bourgogne Franche-Comté produisent beaucoup de céréales et que ces dernières constituent l’essentiel de l’alimentation des porcs, l’élevage porcin y est très marginal. Il aurait pourtant le double avantage de consommer des produits locaux et de produire du fumier à partir de la paille et des déjections en porcherie. Mais selon les responsables de la filière, moins il y a d’élevages porcins dans une région, plus les opposants à l’introduction de cet élevage se mobilisent pour contester tout projet afin de ne pas sentir l’odeur du lisier dans leur zone de résidence.

Prix et Coûts de Production

Comme pour d’autres produits, les ménages sont de plus en plus regardants sur la dépense en viande porcine quand ils font leurs courses.

En page 8 du dossier de presse remis hier aux journalistes, un graphique montre que le prix de la tonne d’aliments composés servis aux porcs coûtait moins de 250 euros jusqu’à l’automne 2020 avant de croître régulièrement pour atteindre 390 euros de pendant plusieurs mois en 2022, quand le prix du kilo de carcasse était inférieur à 1,50 euros et ne couvrait pas les coûts de production.

Depuis deux ans les prix ont finit par remonter et le kilo de carcasse cotait 1,68€ le 10 février 2025 sur le marché au cadran de Plérin.

Cela a freiné l’installation des jeunes éleveurs dans un pays où 38% de chefs d’exploitations porcines ont plus de 55 ans actuellement, selon Christiane Lambert, éleveuse dans le Maine et Loire et ancienne présidente de la FNSEA.

Evolution de la consommation des produits du porc en France depuis la crise COVID-19

Tableau Récapitulatif des Chiffres Clés

Indicateur Chiffre Clé
Consommation moyenne de porc par habitant 31,7 kg/an
Part des charcuteries dans les achats de porc 68,6%
Taux d'autosuffisance 98% en 2024
Production de méthane potentielle à partir des effluents d'élevage (2022) 35 TWh
Nombre de truies bio 16 852 (en baisse de 12% par rapport à 2023)

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