Les Bienfaits du Sélénium: Un Complément Alimentaire Essentiel

Le sélénium est un oligo-élément essentiel qui joue un rôle clé pour la santé de l’organisme. Il fut nommé ainsi en hommage à Séléné, la déesse de la lune dans la mythologie grecque. Le sélénium est un oligo-élément indispensable qui possède une importance majeure pour le métabolisme. Il est la plupart du temps associé à un large éventail de protéines. Au niveau physiologique, le sélénium va permettre d’accélérer naturellement les réactions biologiques de l’organisme (on appelle ça un biocatalyseur) possédant de nombreuses propriétés bénéfiques.

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Définition du Sélénium

Le sélénium1, de numéro atomique 40, appartient à la famille des métalloïdes. Il présente de nombreuses analogies avec le souffre. Ainsi, quel que soit le compartiment de l’écosystème où il est présent, on trouve également du souffre. A température ambiante, il se présente sous forme solide, stable et est insoluble dans l’eau. Le sélénium existe sous différents degrés d’oxydation.

Le sélénium a été défini comme un oligo-élément essentiel.

Histoire du Sélénium

Le mot sélénium1,2 provient du grec ancien Σελήνη, Selếnê (« Lune ») et -ium.

Lors de son voyage en Chine en 1295, Marco Polo constata une atteinte importante des sabots de ses chevaux (sabots déformés, fendillés). Les chevaux indigènes ne présentant pas ce symptôme, il constata que ceux-ci évitaient de consommer de l’astragale. Cette plante possède en effet la particularité d’accumuler le sélénium, notamment dans les régions où le sol est très sélénifère, comme dans l’Ouest de la Chine et devient donc toxique si consommée en trop grande quantité.

Ce fut également le cas en 1800 dans l’état du Nebraska, où les chevaux de l’armée américaine furent victimes d’une intoxication similaire. Dès lors le sélénium a mauvaise réputation. Il est identifié à proprement parlé par le physico-chimiste suédois Jacob Berzelius en 1817, au cours de recherches de pathogène provoquant une maladie mystérieuse chez les ouvriers d’une usine de fabrication d’acide sulfurique. Cette découverte ayant eu lieu peu de temps après celle de l’élément tellurium, il l’appela du nom de la déesse grecque de la lune, Selênê.

La plupart des dérivés du sélénium sont extrêmement toxiques, plus dangereux encore que le cyanure et présentant une odeur d’ail particulièrement tenace.

Il faut attendre 1957 et les travaux de Schwarz et Foltz pour que celui-ci commence à être réhabilité. Ils découvrent que le sélénium apporté dans l’alimentation est capable de prévenir la dégénérescence nécrotique du foie chez le rat.

Dans les années 70-80, après avoir observé des cardiomyopathies fatales chez l’homme dans des zones chinoises très pauvres en sélénium, on découvre que le sélénium est indispensable à la vie.

Régions où le sélénium est peu disponible dans les sols (en jaune). En rose : zones concernées par la maladie de Keshan (Chine).

Quels sont les bienfaits du sélénium ?

Après absorption intestinale, le sélénium est capté par le foie ou les globules rouges. Il est ensuite libéré dans le sang sous une forme différente où il va se lier à des protéines. Le sélénium plasmatique va être transporté par trois entités différentes : des sélénoprotéines non spécifiques, la sélénoprotéine P et la glutathion peroxydase. Dans l’organisme, le sélénium va se localiser surtout dans les reins, dans le foie qui contient environ 30% du sélénium total, dans les muscles squelettiques (environ 50% du sélénium corporel total, avec une concentration plus élevée dans le muscle cardiaque), et les glandes endocrines.

Le sélénium possède de nombreuses vertus, le plus souvent via les sélénoprotéines. On peut noter des effets stimulants au niveau du système immunitaire grâce notamment à une augmentation de la prolifération des lymphocytes T activés ainsi qu’une augmentation de l'activité des cellules tueuses naturelles. C’est donc un bon allié pour lutter contre les virus ou booster son système immunitaire.

Le sélénium est également crucial pour le cerveau. La sélénoprotéine P joue un rôle particulier dans l'apport de sélénium au cerveau en se liant à un récepteur de surface. Des études suggèrent un rôle du sélénium dans les crises d’épilepsie, la coordination, la maladie de Parkinson ou encore le déclin cognitif.

Les avantages cardiovasculaires potentiels du sélénium sont étayés par des nombreuses études. Il limiterait l’oxydation des lipides, inhiberait l'agrégation des plaquettes et réduirait l'inflammation.

Le sélénium possède un fort pouvoir antioxydant. En effet, il entre dans la composition de la glutathion peroxydase, une puissante enzyme antioxydante sous forme de sélénocystéine : le sélénium joue donc un rôle de cofacteur pour la glutathion peroxydase et il contribue ainsi à limiter les dommages oxydatifs causés par les radicaux libres.

Parmi les autres bénéfices apportés par le sélénium, on note des effets sur la diminution du risque de prééclampsie en cas de grossesse, le soutien des fonction thyroïdiennes et reproductrices, notamment la fertilité et la protection de la peau.

Le zinc est un autre oligo-élément essentiel. On l’associe souvent au sélénium afin de potentialiser leurs effets car leurs propriétés antioxydantes et immunitaires sont bien documentées scientifiquement.

Le sélénium est réputé pour son action anti-oxydante, indispensable à la protection des défenses naturelles de l’organisme. Le sélénium aide l’organisme à vaincre le stress oxydatif. Lorsque nous exposons de manière excessive notre organisme au tabac, à l’alcool, aux médicaments, au soleil, à la pollution atmosphérique, au stress… il tente de se défendre et d’éliminer ce surplus de toxines. Le sélénium serait réputé pour l’aider à s’opposer aux méfaits des radicaux libres et à la toxicité des métaux lourds (au même titre que le zinc, le bêta-carotène, les vitamines C et E…).

Le sélénium permet à l’organisme de produire le glutathion peroxydase (chaque molécule de glutathion peroxydase contient 4 molécules de sélénium) qui, en synergie avec la vitamine E, contribue à préserver les cellules de l'oxydation par les radicaux libres, notamment celles pour lesquelles l’élimination des toxines est indispensable à leur bon fonctionnement (les cellules cérébrales par exemple).

De plus, le sélénium participe à la régénération de vitamines elles-mêmes antioxydantes comme les vitamines C et E. Le sélénium est reconnu pour ses vertus dépuratives. Le sélénium participe à la régénération des cellules du système immunitaire.

Le sélénium est essentiel dans la régulation du métabolisme thyroïdien et présente un intérêt majeur lorsqu’on souffre d’hypothyroïdie. En effet, cas de prise de poids liée à des problèmes de thyroïde, des apports optimaux en sélénium peuvent donc aider à perdre du poids en participant à la synthèse des hormones thyroïdiennes. Le sélénium a ainsi un rôle bénéfique sur la qualité des phanères (cheveux, ongles) et de la peau.

Quels sont les besoins journaliers en sélénium ?

Les besoins en sélénium dans la population sont décrits dans le tableau ci-dessous.

Population ANR (μg/jour) Limite
7 mois - 3 ans 15 60
4 - 6 ans 20 90
7 - 10 ans 35 130
11 - 14 ans 55 200
A partir de 15 ans 70 300
Femmes enceintes 70 300
Femmes allaitantes 85 300

L’étude INCA 2 a évalué la prévalence des apports inadéquats dans la population française. On remarque des apports inadéquats importants chez certaines populations, notamment les plus de 75 ans (plus de 80%) ainsi que chez les adolescentes de 16/17 ans (plus de 60%).

Où trouver du sélénium ?

Le sélénium se trouve principalement dans les algues et les poissons gras. Quelques exemples d’aliments riches en sélénium :

Aliment Teneur en Sélénium (µg/100 g)
Kombu royal 521
Lotte 414
Thon 305
Rognons de porc 182
Cabillaud 136
Rognons de veau 120
Noix du Brésil 103
Jaune d’œuf 83
Coquille st-jacques 61

L’aliment le plus riche en sélénium est sans conteste la noix du Brésil, de la famille des oléagineux donc riche en graisses et en calories. Mieux vaut donc ne pas en abuser si on surveille son poids. Le sélénium se trouve également en quantité importante dans les aliments riches en protéines tels que les produits de la mer (poissons, notamment le thon en conserve, et crustacés tels que les huîtres et les crevettes), les œufs, les abats et la viande.

De façon générale, en dehors d’une complémentation, l’apport de sélénium chez l’homme provient principalement de l’alimentation. Certaines levures de bières prises en complément alimentaire sont artificiellement enrichies en sélénium.

Il est normalement considéré que l’apport hydrique de sélénium est négligeable, en raison de la faible concentration habituellement contenue dans les eaux de boisson. Il est néanmoins soumis au calcul de la concentration maximale autorisée dans les eaux de consommation. Le Code de la Santé Publique (CSP) définit la teneur en sélénium des eaux à 10 µg.L-1. En France, la majorité des eaux de consommation est conforme à cette réglementation.

Selon l’étude INCA 2, les principales sources alimentaires de sélénium dans la population générale sont la volaille et le gibier (contribue pour 12,3% des apports journaliers), le poisson (12,0%), la viande (8,7%), le pain (8,3%) et les eaux (6,6%).

Dans l’organisme, le sélénium est présent sous 3 formes : associé à des acides nucléiques, conjugué à des glucides ou des lipides, ou retrouvé sous la forme d’acides aminés séléniés (sélénométhionine et sélénocystéine). Le sélénium est facilement absorbé dans l’organisme au niveau digestif. Le processus d’absorption va dépendre de la forme chimique : le sélénium élémentaire n’est pas absorbé, la sélénométhionine est absorbée dans l’intestin grêle par un mécanisme actif identique à celui de la méthionine et le séléniate (acide sélénique) est absorbé dans l’iléon par un mécanisme de transport actif semblable à celui des sulfates. Globalement, le sélénium organique serait mieux absorbé (75 à 90%) que le sélénium inorganique (45-70%). Le taux d’absorption dépend également de l’âge : environ 70% chez l’adulte alors qu’elle serait de 50% chez l’enfant.

Existe-t-il des effets indésirables ?

Il existe un nombre important de pathologies liées à des carences ou des excès alimentaires en sélénium. Une véritable carence en sélénium peut être observée lorsque l'apport alimentaire quotidien est significativement faible (dose inferieure de 10µg/jr), notamment pour des raisons géographiques (sol pauvre en sélénium).

En cas de carence en sélénium, au niveau biologique, on observe une incapacité cellulaire à métaboliser les peroxydes, une altération des activités enzymatiques reflétant la fonction hépatique et musculaire, des troubles de l'immunité, ou encore une élévation des concentrations de T4. Cliniquement, un ou plusieurs des symptômes suivants peuvent être observés en cas de carence : dystrophie des muscles squelettiques, dépigmentation de la peau, anémie, manifestations arthritiques, augmentation de la fréquence des infections. Elles sont généralement réversibles avec l'administration de sélénium.

Il a été rapporté que la prise d’antiacides peut également diminuer l’absorption du sélénium.

Jusqu'à 1000 µg par jour, l'apport de sélénium n'entraine pas de signe clinique d'intoxication. Une valeur maximale de 5µg/kg/j a été définie comme la dose n'induisant aucun risque délétère toute une vie durant.

Un excès de sélénium dans l'organisme peut entrainer de nombreux troubles parmi lesquels : maux de tête, perte de cheveux et/ou des ongles, éruptions cutanées, une odeur d'ail dans l'haleine, décoloration et décomposition excessive des dents, affaiblissement du système immunitaire, vertiges, etc.

Les femmes enceintes ou celles qui allaitent devraient limiter leur apport en sélénium aux doses généralement recommandées. En excès, le sélénium peut s’avérer toxique. Quelques rares cas d’allergie auraient été enregistrés.

En 2001, une grande étude, appelée SELECT, a démarré pour évaluer les effets de compléments alimentaires contenant deux substances antioxydantes, le sélénium et la vitamine E, sur le risque de survenue de maladies chez l'homme. Plus de 35 000 participants ont reçu chaque jour soit un placebo, soit 400 UI de vitamine E, soit 200 microgrammes de sélénium, soit les deux. Cette étude devait durer jusqu'en 2013. Les chercheurs ont cherché à savoir si l'effet de la vitamine E et du sélénium était différent selon le taux de sélénium présent dans l'organisme des participants au début de l’étude. Il semblerait donc que le sélénium soit capable de compenser l'effet toxique de la vitamine E, mais qu'un excès de sélénium ait les mêmes effets qu'un excès non compensé de vitamine E.

Ingéré en excès, le sélénium peut se révéler toxique. La dose maximale à ne jamais dépasser en administration continue est estimée à 400 µg par jour pour les adultes et à 280 µg par jour pour les adolescents.

Le sélénium se présente sous différentes formes : gélules, comprimés, granulés, solutions buvables, par exemple. Les formes organiques, où le sélénium est associé à un acide aminé soufré comme la méthionine ou la cystéine, sont mieux absorbées que les sels.

Les apports nutritionnels conseillés sont de 55 µg par jour chez les personnes de plus de quatorze ans, et de 60 à 70 µg chez les femmes enceintes ou qui allaitent.

Les noix du Brésil sont très riches en sélénium et en vitamine E. Une seule couvre les besoins quotidiens et trois suffisent pour ingérer 200 µg de sélénium.

Les hommes en âge de développer un cancer de la prostate devraient éviter de prendre des compléments alimentaires contenant du sélénium.

L’association du sélénium et de la vitamine E est bénéfique pour l’organisme car leur action synergique protège efficacement les membranes cellulaires. De même en l’associant avec de la vitamine C et du zinc : effet antioxydant garanti ! En revanche, en l’associant avec des fibres, il est moins bien assimilé.

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