Environ 1 personne sur 5 prend des compléments alimentaires pour soulager ses douleurs articulaires. De fait, les rayons des pharmacies sont garnis d’emballages promettant un « confort articulaire », faute de pouvoir alléguer un impact sur l’arthrose. Mais ces compléments n’ont pas fait leurs preuves et s’accompagnent de certains risques à connaître.
La chondroïtine (ou plus exactement le sulfate de chondroïtine) est un glycosaminoglycane qui fait partie de la structure de nombreux tissus conjonctifs, en particulier les cartilages mais également les os, la peau, la membrane des artères et la cornée. La chondroïtine sulfate appartient à la famille des glycosaminoglycanes. Ces composés chimiques assurent la structure et l’élasticité d’une grande partie de nos cartilages, de notre peau, de nos tendons et de la paroi de nos artères, entre autres.
La chondroïtine a été découverte en 1960 et elle est rendue populaire à l’aube du XXIe siècle par le Dr Jason Theodosakis avec l’édition du livre « The Arthritis Cure ».
La chondroïtine est essentiellement présente dans les parties animales non consommées et doit être presque totalement synthétisée par l’organisme afin d’assurer son renouvellement. La chondroïtine est principalement extraite de sources animales, notamment du cartilage de poisson, tel que celui des requins, et parfois de porc ou de bœuf. La chondroïtine sulfate est produite à partir du cartilage de la trachée des bovins et des porcs, parfois à partir du cartilage des requins et des poissons.
La chondroïtine est utilisée principalement pour aider à soulager les problèmes de vieillissement articulaire :
La chondroïtine participe également à assurer la souplesse des os, des vaisseaux sanguins et de la peau, leur assurant une meilleure résistance aux chocs et aux pressions diverses et retardant certains signes du vieillissement.
Des études scientifiques démontrent que la prise régulière de chondroïtine, seule ou en association avec la glucosamine, contribue à atténuer l'inconfort articulaire et améliore la fonction articulaire chez les personnes souffrant d'arthrose. Les effets de cette molécule se manifestent progressivement, mais ils sont durables dans le temps.
L'une des principales préoccupations des personnes touchées par des problèmes articulaires est la perte de mobilité. La chondroïtine améliore l'hydratation du cartilage, favorisant un meilleur glissement des articulations. Cette action progressive permet de retrouver une meilleure qualité de vie sans recours systématique aux traitements médicamenteux.
L'effet anti-inflammatoire de la chondroïtine est particulièrement bénéfique dans le cadre des pathologies chroniques comme l'arthrose. Contrairement aux anti-inflammatoires classiques, elle n'entraîne pas d'effets indésirables sur le long terme.
La chondroïtine offre aussi des bienfaits potentiels comme la réduction de l’inflammation, essentielle dans les maladies chroniques, et le soutien des tissus conjonctifs pour une meilleure récupération après effort.
La glucosamine : naturellement présente dans l'organisme, elle stimule la production de cartilage et soutient sa réparation. En duo avec la chondroïtine, elle contribue à ralentir l'usure articulaire et à maintenir une structure solide.
Les compléments alimentaires à base de chondroïtine sulfate sont disponibles sous forme de gélules, de comprimés ou de poudres. De plus, les avancées récentes permettent désormais de trouver des versions vegan, formulées sans ingrédients d’origine animale.
La chondroïtine sulfate est disponible sous forme de gélules ou de granulés à diluer. La chondroïtine sulfate est un médicament réservé à l'adulte qu'il est préférable d'utiliser sous contrôle médical. Son efficacité est largement remise en question.
Une personne qui souhaite faire une cure de prévention à partir de 40 ans sans prédisposition particulière ou une personne jeune qui pratique un sport qui sollicite beaucoup les articulations peut faire 2 à 3 cures de 2 mois par an.
Les personnes qui ont des prédispositions particulières et les personnes de plus de 70 ans pourront faire des cures 1 mois sur 2 (ou 2 mois sur 4).
Il est conseillé de faire des cures au long cours pour les personnes ayant déjà une dégradation des cartilages : pendant 3 mois, le produit se prend tous les jours puis il est conseillé de faire des pauses (un jour par semaine, en général le dimanche, on ne prend pas de produit).
Les effets de la chondroïtine sont progressifs. Pour préserver vos articulations, la chondroïtine se révèle être un allié précieux.
La glucosamine et la chondroïtine sont des molécules naturellement produites par l’organisme pour constituer le cartilage. Elles peuvent également être apportées par l'alimentation.
La glucosamine est formée par l'organisme à partir du glucose et de la glutamine. Elle fait partie de la famille des sucres aminés et sa structure moléculaire est proche du glucose. C’est un précurseur de la chondroïtine, c’est-à-dire que l’organisme en a besoin pour produire la chondroïtine, une molécule beaucoup plus complexe. La glucosamine entre également dans la composition de l’acide hyaluronique.
Dans l’organisme, le rôle principal de la glucosamine est la synthèse des glycosaminoglycanes, polymères de sucres sulfatés et aminés, qui sont des éléments clés de la structure des cartilages.
De nombreuses études suggèrent que la prise de glucosamine et de chondroïtine serait utile pour réduire les inconforts et améliorer la mobilité des personnes présentant des articulations douloureuses, accélérer le rétablissement d’athlètes souffrant du genou. La majorité des études portent sur leurs effets sur une amélioration de la qualité de vie, notamment les douleurs ponctuelles à la marche et aux articulations.
La quantité recommandée de glucosamine doit être inférieure à la dose pharmacologique de 1500 mg/jour. À la dose de 1000 mg/jour, plusieurs études confirment les bienfaits de la glucosamine. Sa quantité peut néanmoins être inférieure si elle est associée à d’autres actifs, tels que la chondroïtine, qui permet une action synergique.
En 2019, l’Agence nationale de sécurité sanitaire a alerté sur leurs effets indésirables fréquents, qui peuvent être bénins (troubles digestifs, éruptions cutanées) ou graves (hépatites, lésions hémorragiques de la peau).
La glucosamine est bien tolérée aux doses usuelles et a été très largement consommée en Europe et aux USA depuis des décennies. Notons cependant un avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation paru en 2019, fait état de plusieurs interactions entre la glucosamine et le métabolisme du glucose. Selon l’agence, la consommation de compléments alimentaires à base de glucosamine devrait donc être encadrée médicalement chez les personnes diabétiques ou prédiabétiques, asthmatiques et les personnes présentant une allergie alimentaire aux crustacés, même si plusieurs études indiquent une absence d’incidence de la glucosamine sur le taux de sucre et la résistance à l’insuline, avec les dosages recommandés.
En mars 2019, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a signalé avoir reçu des signalements d’effets indésirables suite à la prise de compléments alimentaires contenant de la chondroïtine sulfate et/ou de la glucosamine.
Si les compléments alimentaires à base de chondroïtine ne vous conviennent pas, il existe d'autres options à considérer :
| Complément Alimentaire | Précautions et Contre-indications |
|---|---|
| Glucosamine | Déconseillée en cas de diabète de type 2, obésité, allergie aux crustacés. |
| Chondroïtine | Déconseillée en cas d'hémophilie ou de traitement anticoagulant. |
| Insaponifiables d’huiles d’avocat ou de soja | À éviter en cas de maladie du foie, calculs biliaires ou troubles sévères de la coagulation. |
| Curcuma | Attention aux interactions avec les fluidifiants sanguins, ne pas dépasser 153 mg par jour pour une personne de 60 kg. |
| Harpagophytum (Griffe du diable) | Déconseillée en cas de reflux ou d'ulcère gastrique, calculs biliaires, maladie cardiovasculaire. |
| Saule blanc et Reine-des-prés | Déconseillées en cas d'ulcère digestif, allergie aux anti-inflammatoires, risque d’hémorragie, goutte, asthme ou maladie rénale. |
| Cassis et Frêne | Prudence en cas de prise de médicaments diurétiques, antiagrégants plaquettaires, antihypertenseurs, antidiabétiques. |
| Ortie dioïque (Grande ortie) | À éviter en cas de maladie rénale ou cardiaque. |
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