Définition et enjeux des colorants alimentaires

Les colorants alimentaires sont des substances ajoutées aux denrées alimentaires pour rehausser leur couleur naturelle, ajouter de la couleur à des aliments ou aider à identifier plus facilement leurs saveurs.

La FDA explique que les additifs colorants sont des pigments, colorants ou autres substances utilisés dans les aliments pour en rehausser les couleurs naturelles, pour ajouter de la couleur à des aliments « sympas », comme les vermicelles utilisés pour décorer les gâteaux, mais aussi pour aider à identifier plus facilement leurs saveurs, comme le violet pour indiquer le goût du raisin ou le jaune pour indiquer celui du citron.

Types de colorants alimentaires

Il existe trois types de colorants alimentaires : les naturels, les colorants de synthèse et les colorants artificiels.

  • Colorants naturels: Ils sont obtenus à partir de plantes, de légumes, d’animaux, etc.
  • Colorants de synthèse: Ils sont fabriqués par l’industrie chimique mais existent à l’identique dans la nature.
  • Colorants artificiels: Ce sont des colorants qui n’existent pas dans la nature et qui sont produits par l’homme.

La FDA a approuvé vingt-sept colorants alimentaires naturels dérivés de plantes telles que la betterave ou le curcuma et neufs colorants artificiels fabriqués grâce à des procédés chimiques ; généralement à partir de pétrole.

Voici quelques exemples courants de colorants naturels alimentaires:

  • Anthocyanes : Extraits de fruits rouges et de baies comme les fraises, les cerises et les myrtilles, les anthocyanes donnent des teintes allant du rouge au violet.
  • Caroténoïdes : Les caroténoïdes, se trouvent dans les carottes, les courges, les patates douces et d’autres légumes orange à jaune.
  • Chlorophylle : La chlorophylle est le pigment vert présent dans les plantes.
  • Curcumine : La curcumine est extraite du curcuma, une épice jaune.
  • Bétalaïnes : Extraits de betteraves rouges et de cactus, les bétalaïnes fournissent des teintes allant du rouge au violet.
  • Anthoxanthines : Ces pigments naturels, présents dans les oignons, les pommes de terre et d’autres légumes blancs, sont utilisés pour obtenir des nuances de blanc ou de crème.
  • Cochenille : Le colorant cochenille est fabriqué à partir de la cochenille, un insecte parasite.
  • Charbon végétal activé : Le charbon végétal activé est utilisé pour donner une couleur noire ou grise à certains aliments et boissons.

S’ils portent de nombreux noms qui diffèrent souvent selon les pays, les neufs colorants approuvés aux États-Unis sont le bleu brillant FCF (E133 ; Blue 1), le carmin d’indigo (E132 ; Blue 2), le vert solide FCF (E143 ; Green 3), l’orange GGN (E111 ; interdit dans les aliments dans l’UE), la tartrazine (E102 ; Yellow 5), le jaune orangé S (E110 ; Yellow 6), l’amarante (E123 ; Red 2), l’érythrosine (E127 ; Red 3) et le rouge allura AC (E129 ; Red 40).

En vertu de la législation européenne, tous les additifs alimentaires, dont les colorants, doivent faire l’objet d'une procédure d'autorisation avant de pouvoir être utilisés dans les aliments.

Réglementation des colorants alimentaires

La sécurité de tous les colorants alimentaires autorisés dans l’Union européenne (UE) fait l’objet d’une évaluation scientifique rigoureuse, effectuée par les experts scientifiques du groupe ANS (Alimentation, Nutrition, Sécurité) de l’EFSA ; leurs résultats sont publics.

Le règlement n° 257/2010 de la Commission établit un programme pour la réévaluation des additifs alimentaires (45 au total seront réétudiés d’ici 2015), en fonction des nouvelles données scientifiques accessibles et de diverses allégations concernant leur innocuité. A cette occasion, la dose journalière acceptable, DJA, peut être réévaluée.

Dose Journalière Acceptable (DJA)

La DJA est la quantité d’une substance qu’un être humain peut ingérer chaque jour au cours de son existence sans risque notable pour sa santé.

Six colorants alimentaires ont été réexaminés en priorité en 2010. Pour trois d’entre eux : le jaune de quinoléine (E 104), le jaune orangé (E110) et le Ponceau 4R (E124)), la DJA a été réduite, sans modification pour les trois autres, la tartrazine (E 102), l’azorubine/carmoisine (E22) et le rouge Allura AC (E 129).

La FDA recommande par exemple de ne pas consommer plus de 3,75 mg de rouge allura AC par jour et par kilogramme de poids de corps.

Il est important de noter que chaque additif porte un code chiffré d’identification. Quel que soit le type de colorant utilisé, il est important de n’avoir recours qu’à des doses infimes. C’est l’excès de ces colorants qui peut entraîner des effets indésirables, tels que des manifestations allergiques, même s’il s’agit d’un colorant naturel.

Le tableau ci-dessous résume quelques exemples de colorants alimentaires, leurs codes et leurs sources :

Nom du colorant Code Source
Curcumine E100 Curcuma
Riboflavine E101 Synthèse ou fermentation
Tartrazine E102 Synthèse
Rouge Allura AC E129 Synthèse
Anthocyanes E163 Fruits rouges et baies

Colorants alimentaires et santé

Les colorants rouges et jaunes sont souvent cités comme étant particulièrement préoccupants, mais « les colorants artificiels n’ont été étudiés chez les humains qu’en tant que groupes de colorants combinés », explique Joel Nigg, professeur de psychiatrie à l’Université des sciences et de la santé de l’Oregon et co-auteur de recherches sur le sujet ; nous ne savons donc pas si un colorant spécifique est particulièrement problématique.

Ceci a son importance, car les enfants sont ceux dont on pense que le comportement est le plus affecté par les choix alimentaires, ainsi que le montre un large corpus d’études portant sur une multitude d’ingrédients et d’additifs.

Pour leur part, les colorants alimentaires ont commencé à faire l’objet d’une surveillance dans les années 1970 lorsque Benjamin Feingold, allergologue et pédiatre californien, a suggéré que l’on pourrait traiter les symptômes du TDAH en les supprimant de l’alimentation d’un enfant.

Parmi ces recherches, une étude publiée en 2012 suggère un lien « ténu mais tangible » entre colorants alimentaires et symptômes graves de TDAH, ainsi que l’explique son co-auteur, Joel Nigg. Une autre met en évidence un lien entre les colorants et des comportements tels que l’hyperactivité, indépendamment du fait qu’un enfant se soit vu ou non diagnostiquer un trouble du comportement tel que le TDAH.

De plus, une étude des plus importantes et du plus haut niveau sur le sujet montre « que les colorants ont un effet indésirable faible mais significatif sur les facultés intellectuelles et le comportement des enfants, qu’importe qu’ils aient un TDAH ou non », rappelle Eugene Arnold.

D’après les résultats de cette méta-analyse, non seulement les enfants sont susceptibles de dépasser ce que l’on considère comme des niveaux « sûrs » d’additifs colorants, mais il a également été établi un lien entre absorption de colorants alimentaires et augmentation des symptômes de troubles du comportement, y compris pour ce qui est du TDAH.

Emily Barrett, directrice adjointe du Centre des maladies et expositions environnementales de l’École de santé publique Rutgers, ajoute que bon nombre des études qui montrent une corrélation entre colorants alimentaires et troubles du comportement « sont assez anciennes - elles datent des années 1970 et 1980 - et beaucoup sont assez restreintes et comptent moins de cinquante participants ».

Il est également important de noter que l’étude de l’OEHHA conclut qu’il est « clair que certains enfants sont susceptibles d’être plus négativement affectés par les colorants alimentaires synthétiques que d’autres ».

Pour sa part, la FDA affirme que les recherches existantes, y compris les rapports de l’OEHHA, n’ont pour l’instant pas prouvé que les colorants alimentaires sont les uniques responsables de l’apparition de symptômes aigus de troubles du comportement.

En définitive, selon Joel Nigg, la quantité de colorant consommée par la plupart des personnes « est ‘faible’ ou ‘modeste’ quand on l’examine à l’échelle de la population ».

Selon Emily Barrett, cela signifie que les parents d’aujourd’hui doivent peut-être se sensibiliser davantage par rapport à ce que leurs enfants mangent que les parents des générations précédentes.

Il peut également être sage de se demander si son enfant est plus exposé aux troubles du comportement liés aux colorants alimentaires.

Lawrence Diller abonde en ce sens : « Avant d’interdire pour toujours un aliment, voire un additif, je mettrais d’abord en place une période de privation de deux semaines pour voir si cela a un quelconque effet sur le comportement. »

Pour tous les autres, Emily Barrett dit qu’elle recommanderait de manger en priorité des aliments frais et complets plutôt que des aliments transformés lorsque cela est possible.

On utilise les colorants alimentaires pour donner aux produits finis leur apparence originale, mais aussi pour avoir une couleur finale plus intense. En effet, il faut que le produit soit attirant pour le consommateur et lui donner envie de l'acheter.

L'influence de colorants l'hyperactivité

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