Le gaspillage alimentaire est un problème mondial majeur, avec des conséquences économiques, environnementales et sociales considérables. L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) affirmait en 2011 que le monde gaspillerait 30% de la nourriture produite chaque année. Où en est le gaspillage alimentaire en 2024, presque quatre ans après la mise en place de la loi anti-gaspillage ? On fait le point.
Selon l’Ademe, le “gaspillage alimentaire est défini comme étant toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à une étape de la chaîne alimentaire, est perdue, jetée ou dégradée”. En France, depuis 2013 et le lancement du pacte de lutte contre le gaspillage alimentaire, plusieurs mesures visent à limiter le gaspillage alimentaire.
Pas moins de 1,3 milliard de tonnes sont jetées chaque jour. Soit l’équivalent du poids de 216 666 667 éléphants d’Afrique. Si ce chiffre semble énorme, c’est parce qu’il l’est.
Le gaspillage alimentaire est un fléau d’une telle proportion qu’il est difficile de l’imaginer. Selon la FAO, un tiers des denrées alimentaires que l’on produit à destination de la consommation humaine chaque année est gaspillée. Un produit sur trois est produit pour être jeté.
Au niveau mondial, 1/4 de la nourriture produite est jeté sans avoir été consommée. Selon la FAO en 2013, 54 % du gaspillage alimentaire se produisent en amont de la chaîne : production, récolte, manutention.
Année après année, environ 1,3 milliard de tonnes de nourriture sont jetés du fait d'un stockage défectueux ou des moyens de transport inadéquats, soit parce qu'ils ne répondent pas aux exigences esthétiques des détaillants ou des consommateurs. Cela représente environ un tiers de la production alimentaire totale.
Le gaspillage alimentaire représente environ 20% de la nourriture disponible dans le monde. Les pertes alimentaires s’effectuent tout au long de la chaîne d’approvisionnement, depuis la récolte agricole jusqu’au transport et à la transformation.
Une étude récente du Boston Consulting Group estime la répartition du gaspillage alimentaire par aliment ainsi :
Pas de surprise, tout le monde gaspille de la nourriture, tout le monde est concerné mais à des échelles différentes. La différence clef réside dans la source principale de ce gaspillage.
Dans les pays développés, 40% des denrées alimentaires gaspillées le sont au niveau de la distribution ou du consommateur. Ces pays gaspillent entre 15 et 25 % de la nourriture produite, en fin de chaîne. L'Amérique du Nord et l'Océanie se distinguent nettement avec un total de 42 % de la nourriture produite gaspillée au niveau de la distribution ou du consommateur. Finalement, plus on a accès à de la nourriture en grande quantité, plus on la gaspille.
Dans les pays en développement, la situation s’inverse et 40% des denrées alimentaires sont gaspillées au niveau de la production et du stockage faute d’infrastructures. Ces pays représentent 44% du gaspillage alimentaire au niveau mondial.
Les causes du gaspillage alimentaire mondial dépendent des profils de chacune des régions du monde. Tous les continents sont concernés mais nous pouvons voir des comportements radicalement différents.
L’Amérique du Nord se caractérise par un important gaspillage en kilos par habitant. Nous retrouvons les États-Unis en tête, avec non moins de 415 kilos par habitant, pour un total de 126 millions de tonnes d’aliments gaspillés chaque année. Le Canada cumule un total de 11,2 millions de tonnes chaque année pour une moyenne de 303 kilos par habitant. Le Mexique, bien que moins en proie au gaspillage par personne avec une moyenne de 155 kilos par habitant, gaspille 20 millions de tonnes par an en moyenne.
L’Europe dispose d’un contexte complexe car tous les pays n’offrent pas des chiffres à jour ou précis. Composée de nombreux pays, elle représente un gaspillage alimentaire de 88 millions de tonnes.
L’Asie, enfin, est une zone qui se caractérise par un gaspillage alimentaire considérable mais un faible volume par habitant. La Chine, par exemple, gaspille 61 millions de tonnes chaque année mais à un rythme de 44 kilos par habitant uniquement.
En Océanie, nous retrouvons notamment l’Australie qui gaspille un fort volume par habitant (298 kilos par tête) mais qui gaspille un total de 7,3 millions de tonnes de par leur faible population.
Le gaspillage alimentaire coûte énormément à notre planète et à notre économie. C’est une incohérence d’autant plus frappante que 690 millions de personnes souffraient de malnutrition en 2019.
Dans le monde entier, 1,3 milliard de tonnes gaspillées représente environ 1 milliard de dollars chaque année.
La surface et les moyens de production qui sont exploités pour ne produire que du gaspillage ont un impact environnemental néfaste pour la planète. On estime ainsi que :
Face à ce constat, la lutte contre le gaspillage alimentaire s’organise au niveau mondial. Les objectifs sont universels et se retrouvent dans les indicateurs positionnés par la FAO :
Si les objectifs sont communs, ils vont naturellement se matérialiser différemment selon le contexte de chaque pays. Comme nous l’avons vu, les pays en voie de développement vont devoir investir davantage pour réduire le gaspillage alimentaire au niveau de la production.
En France, depuis 2013 et le lancement du pacte de lutte contre le gaspillage alimentaire, plusieurs mesures visent à limiter le gaspillage alimentaire.
La mesure la plus importante est la loi Agec, ou loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, promulguée en février 2020. Celle-ci a pour objectif de lutter contre les gâchis et la surconsommation inutile. Elle a notamment entraîné la création du label national anti-gaspillage alimentaire et prévoit de réduire de 50% les déchets alimentaires d’ici à 2025 ou 2030.
Selon le ministère de l’agriculture, en 2020, le gaspillage alimentaire s’élevait à plus de 8,7 millions de tonnes.
Selon l’étude du ministère de l’agriculture parue en 2022, les ménages seraient à l’origine de près de la moitié (46%) des déchets alimentaires. Viennent ensuite les industries agroalimentaires (20%), la production primaire (14%), la restauration (13%) et enfin la distribution (7%).
Pour limiter le gaspillage alimentaire au niveau des ménages, les opérations de sensibilisation et d’éducation ont pourtant montré leur efficacité. Cela a notamment été le cas de la Zéro Gâchis Académie, une opération nationale menée par l’Ademe et trois associations de consommateurs (CSF, CLCV, Familles Rurales) en 2019.
Les résultats sont sans appel. D’après le compte rendu de l’Ademe, les foyers ayant participé à l’opération ont réduit leur gaspillage alimentaire de 59%. “Les foyers passent en moyenne de 25,5 à 10,4 kg gaspillés par an et par personne, soit 30 repas économisés”, explique l’agence.
Les institutions ne sont pas les seules à lutter contre le gaspillage alimentaire, les entreprises et les associations participent aussi à cette bataille. En France, on retrouve notamment Too good to go, Phénix ou Zéro Gâchis qui proposent des paniers d’invendus à petits prix pour éviter le gaspillage.
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