Le chocolat, cet aliment apprécié dans le monde entier, est le fruit d’un savoir-faire minutieux. Derrière chaque tablette, il existe un processus artisanal long et complexe, qui commence par la sélection des fèves et se termine par la confection d’un produit fini prêt à être dégusté. Chaque phase du processus de fabrication du chocolat est conçue pour extraire les arômes cachés dans les fèves de cacao, affiner la texture et obtenir un produit brillant et croquant, qui fond délicatement en bouche.
Dans cet article, nous allons explorer en détail ces techniques maîtrisées par les artisans chocolatiers, et nous verrons comment chaque étape influence la qualité finale du chocolat.
Vous souhaitez mieux connaître ce délicieux aliment qui vous accompagne depuis votre plus tendre enfance ? Avant de se plonger dans les différentes étapes que l’artisan chocolatier doit suivre à la lettre pour obtenir un produit subtil et délicat, il est important d’apprendre à mieux connaître l’arbre à l’origine de la création de sa matière première, le cacaoyer.
À l’origine de la fabrication du chocolat se trouve un petit arbre particulier originaire du Mexique : le cacaoyer. Cet arbre produit des fruits appelés cabosses. C’est dans ces cabosses que se trouvent une petite graine précieuse : la fève de cacao. Ces fèves de cacao sont produites dans des pays situés entre les deux tropiques, une zone appelée « ceinture du cacao ». La culture du cacao nécessite en effet un climat chaud et humide.
Le Theobroma cacao est originaire des régions tropicales des Amériques, et plus précisément d’Amazonie avec de vastes cultures à l’état sauvage au Brésil, en Colombie, en Équateur et au Pérou. De nombreuses traces historiques montrent également une forte présence du cacaotier, son autre nom, au Mexique. Qualifié d’arbre tropical, la cacaoyer s’épanouit naturellement dans les forêts équatoriales, sous un climat chaud et humide.
Parlons plus en détail de l’arbre Theobroma cacao. D’une quinzaine de mètres de hauteur, cet arbre à feuilles persistantes a la particularité d’être une plante cauliflore. Derrière ce terme botanique se cache une réalité simple, les fleurs du cacaoyer poussent directement sur le tronc de l’arbre ou ses branches, et non pas sur des tiges comme la plupart des autres fruitiers.
La floraison du cacaoyer n’est pas soumise à une certaine saisonnalité, ainsi elle s’opère toute l’année, ce qui permet d’assurer deux récoltes par an des cabosses, généralement vers les mois de mars et d’octobre. Les fleurs sont petites, elles mesurent moins d’un centimètre, et leur pollinisation est réalisée par de petits insectes. Après la fécondation des fleurs, dans un délai de 5 à 6 mois, le fruit commence à se former.
Seulement 1% des fleurs de l’arbre vont donner des fruits, les grosses baies allongées que l’on connaît mieux sous le nom de cabosses. De plus, seule une cabosse sur huit arrive à maturité. Selon la variété de cacaoyer, un arbre peut donner entre 80 et 150 cabosses par an. D’une forme ovale si particulière, la cabosse mesure une vingtaine de centimètres et pèse environ 400 grammes.
Contrairement à la récolte de certaines baies qui vont devenir des épices, la cabosse doit être cueillie à maturité, 4 à 7 mois après la naissance du fruit, pour que les graines qu’elle contient soient exploitables.
Afin d’obtenir les précieuses fèves de cacao, il faut d’abord ouvrir les cabosses. Il s’agit de l’étape de l’écabossage. Cette technique est réalisée manuellement par les cultivateurs, qui utilisent généralement des machettes pour sectionner la partie supérieure de la cabosse avant de l’ouvrir en deux par la hauteur ou par la largeur. En moyenne, une cabosse contient une cinquantaine de graines, les fameuses fèves de cacao.
Après l’écabossage et l’extraction des graines, une étape de fermentation est nécessaire afin que le mucilage se désagrège naturellement. C’est à partir de cette étape que la fève de cacao, très amère à cause de la présence du mucilage, commence à développer ses arômes.
Pour que la fermentation s’opère correctement, les fèves sont maintenues dans un espace avec une température constante autour des 45 °C. De plus, elles sont régulièrement brassées pour garantir une homogénéité de la fermentation pour l'entièreté des fèves. Cette opération dure 6 jours, avant que les fèves soient nettoyées pour stopper la fermentation.
À cette étape, les cultivateurs n’ont pas encore fini de veiller aux grains ! C’est ici qu’intervient le séchage des fèves de cacao. Ces dernières sont étalées sur de grands séchoirs, en extérieur, qui sont exposés au soleil. L’objectif de ce processus est de faire perdre aux fèves 90% d’humidité afin de pouvoir les conserver.
Les graines de cacao sont étalées le plus possible pour garantir un séchage homogène entre elles, mais ce phénomène naturel ne doit pas être trop lent afin d’éviter le développement de moisissures suite à l’étape de fermentation, ni trop rapide sous peine de développer un taux d’acidité trop élevé dans les fèves.
C’est pourquoi les producteurs brassent régulièrement les grains avec de grands râteaux, ce qui évite une exposition trop forte au soleil sur certaines faces. L’étape du séchage dure entre 1 et 2 semaines, en fonction des conditions météorologiques, comme les températures extérieures et le niveau du taux d’humidité.
Lors de cette étape, la fève développe davantage son arôme de cacao, et va prendre une couleur brune beaucoup plus prononcée. Mais comment savoir que les graines de cacao sont correctement séchées ? Grâce à un appareil, leur taux d’humidité est contrôlé, si ce dernier est inférieur à 8%, les fèves sont prêtes à partir dans le commerce.
Fermentation des fèves de cacao.
Le processus de fabrication du chocolat, depuis la torréfaction des fèves jusqu’au moulage et la décoration, est un travail minutieux qui met en valeur le savoir-faire artisanal. Chaque étape, de la sélection des fèves à la personnalisation des produits, joue un rôle clé pour obtenir un chocolat à la fois savoureux, brillant, et d’une texture parfaite.
Les artisans chocolatiers utilisent ces techniques pour sublimer chaque création, garantissant une expérience gustative unique. Leur maîtrise des différentes phases, combinée à un soin constant du détail, fait de chaque tablette ou bonbon un véritable chef-d’œuvre.
Nous y voilà enfin, c’est ici que l’expertise du chocolatier entre en jeu pour travailler les fèves de cacao crues afin d’obtenir du chocolat.
La torréfaction est une étape clé du processus de fabrication du chocolat, car elle révèle et sublime les arômes des fèves de cacao. Une fois les fèves séchées, elles sont chauffées à des températures spécifiques pour activer des réactions chimiques qui développent les saveurs. C’est durant cette phase que les fèves acquièrent leurs notes distinctives, comme le chocolat, la noisette ou le caramel.
Pour l’étape de la torréfaction, les fèves de cacao sont grillées à une température entre 110 °C et 160 °C, pendant 20 à 30 minutes. La température et la durée de torréfaction vont dépendre de la variété de cacao travaillée, mais aussi des parfums recherchés. Cette étape marque l'apparition de l’arôme du cacao tel qu’on a l’habitude de le consommer, mais aussi le développement de cette couleur brune caractéristique, beaucoup plus foncée que pour les fèves crues.
La torréfaction, qui s’effectue généralement entre 110°C et 150°C pendant 20 à 30 minutes, est essentielle pour plusieurs raisons. Elle permet de réduire l’acidité des fèves tout en amplifiant leurs arômes complexes. Un contrôle rigoureux est indispensable, car une simple surchauffe peut rapidement brûler les fèves et donner un goût désagréablement amer au chocolat.
Voici les différentes intensités :
Les fèves torréfiées passent dans un moulin mécanique lors de l’étape du concassage. Ce procédé permet de séparer les grains de cacao de leurs coques.
Les fèves sont ensuite réduites en morceaux assez grossiers, c’est ce qu’on appelle le grué de cacao.
Les grains de cacao torréfiés arrivent à l’étape du broyage. Pour cela, ils passent entre des mâchoires d’acier, tout en étant exposés à la chaleur. Entre la chaleur et l’action du broyage, les grains vont se transformer en une pâte liquide que l’on connaît sous deux noms : pâte de cacao ou masse de cacao.
Le conchage consiste à brasser la pâte de cacao pendant plusieurs heures (voire plusieurs jours) à une température spécifique. Ce processus permet de réduire l’acidité et d’obtenir une texture lisse et homogène. Inventée par Rodolphe Lindt, cette méthode essentielle lie les saveurs du cacao, élimine les composés volatils indésirables, et affine les particules pour garantir une sensation en bouche veloutée.
La liqueur de cacao obtenue après le pressage de la pâte n’est toujours pas du chocolat. Pour cela, il faut la mélanger à d’autres ingrédients pour se rapprocher du produit final. Ainsi, à travers une action de malaxage, la liqueur de cacao est mélangée à du sucre et au beurre de cacao obtenu lors de l’étape précédente du pressage.
Le résultat ? Un chocolat plus crémeux, au goût plus équilibré et à la texture fondante.
Selon la durée du conchage, on peut obtenir des chocolats aux textures plus ou moins rustiques. Un conchage court (4 à 6 heures) laisse des notes plus intenses et brutes, tandis qu’un conchage prolongé (jusqu’à 72 heures) offre un chocolat d’une finesse et d’une onctuosité inégalées, parfait pour les créations haut de gamme.
À une température de 80 °C, la pâte est mélangée et pétrie dans des malaxeurs, pendant une période de 12 à 48 heures, afin d’obtenir une pâte très homogène, propre de tous résidus acides qui pourraient encore être présents suite au travail de fermentation des fèves de cacao.
Le malaxage à haute température permet de développer fortement l’arôme du chocolat, celui que vous connaissez tous. Durant cette étape, du beurre de cacao est incorporé pour ajouter de la gourmandise. Entre les frictions du pétrissage et l’ajout de beurre de cacao, le chocolat devient une pâte onctueuse, à la fois lisse et homogène, qui demeure fondante et liquide, ce qui permet de la modeler aisément par les artisans chocolatiers.
Dans l'atelier de raffinage et de conchage, la pâte de cacao est transformée en un délicieux chocolat en mélangeant les ingrédients selon les proportions requises. Pour produire du chocolat noir, on ajoute généralement à la liqueur de cacao du sucre cristallisé, du beurre de cacao et de la vanille naturelle. Pour produire du chocolat au lait, du lait en poudre est ajouté en plus de ces ingrédients. Quant au chocolat blanc, il est composé de lait en poudre, de beurre de cacao et de sucre. Il ne contient pas de liqueur de cacao.
Le mélange est malaxé dans un pétrin jusqu’à devenir une pâte homogène, ceci pour obtenir la base du chocolat noir. Afin de créer du chocolat au lait, il suffit de rajouter de la poudre de lait au mélange. Pour le chocolat blanc, c’est encore différent, car cette création cacaotée ne comprend pas de masse de cacao puisque son élément de base est le beurre de cacao, auquel l’on ajoute du sucre et du lait.
Une fois conché, le chocolat passe au tempérage, une technique indispensable pour stabiliser les cristaux de beurre de cacao. Le tempérage assure un chocolat brillant, croquant, et stable à température ambiante. Cela implique de chauffer, refroidir, puis réchauffer le chocolat à des températures précises (autour de 31°C-32°C pour le chocolat noir).
Le tempérage est une technique qui consiste à chauffer et refroidir le chocolat pour obtenir une cristallisation stable de sa matière grasse. Il permet au chocolat d’être brillant et d’avoir une texture croquante.
Sans cette étape, le chocolat serait terne, fragile et fondrait trop facilement. Dans les chocolateries artisanales, cette étape peut se faire manuellement sur une surface en marbre, où le chocolat est étalé et refroidi progressivement avant d’être moulé.
Les artisans chocolatiers ont plusieurs méthodes de tempérage à leur disposition, mais la méthode traditionnelle consiste à verser une partie du chocolat fondu sur une surface en marbre et à l’étaler avec des spatules pour le refroidir uniformément.
Avant d’être moulé, le chocolat doit être tempéré. Cela signifie que le chocolat doit suivre une courbe de tempérage particulière (en fonction de sa nature) afin de permettre la cristallisation du beurre de cacao en une forme stable. Cette étape est indispensable pour obtenir une tablette de chocolat brillante, cassante et fondante.
C’est aussi le tempérage qui permettra une bonne conservation du chocolat dans le temps et le démoulage parfait des tablettes.
| Type de Chocolat | Température de Fusion | Température de Pré-cristallisation | Température de Travail |
|---|---|---|---|
| Chocolat Noir | 45-50°C | 27-28°C | 31-32°C |
| Chocolat au Lait | 45°C | 26-27°C | 29-30°C |
| Chocolat Blanc | 45°C | 25-26°C | 28-29°C |
Une fois le chocolat tempéré, il est coulé dans des moules en fonction de la forme souhaitée. Cette étape du processus de fabrication du chocolat demande une grande précision, car elle influence la texture et l’épaisseur du produit final. Les chocolatiers utilisent des moules en polycarbonate ou silicone pour obtenir des résultats nets et lisses. Un tapotement délicat permet d’éliminer les bulles d’air, garantissant une surface parfaitement homogène.
Le chocolat est ensuite refroidi pour cristalliser correctement, ce qui peut prendre de quelques minutes à plusieurs heures, selon la taille et la complexité des créations. Un contrôle précis de la température est essentiel pour assurer une texture uniforme, sans grains ni défauts.
À l’étape du conchage, le chocolat est encore sous une forme liquide. L’étape finale ! C’est ici que le chocolatier donne sa forme finale au chocolat. Pour cela, la pâte de chocolat, toujours liquide, est déversée dans des moules qui vont prendre des formes différentes en fonction des inspirations de l’artisan créateur, qui sont placés dans un tunnel réfrigéré.
Exposé au froid, le chocolat durcit pour se transformer en délicieuses créations chocolatées, à l’image de la traditionnelle tablette de chocolat ou de bouchées gourmandes à retrouver dans nos coffrets de chocolat. Lorsque le chocolat est coulé dans les moules, c’est à cette étape que d’autres ingrédients peuvent être ajoutés comme des fruits confits, du nougat, du riz soufflé, des éclats de caramel, mais aussi des graines commes les noisettes et les noix de cajou.
Les toutes dernières étapes de fabrication du chocolat sont le tempérage et le moulage. Le moulage permet de donner au chocolat sa forme finale. Le chocolat tempéré est versé dans des moules spécifiques. Après un temps de refroidissement, le chocolat est ensuite démoulé et emballé.
Les artisans chocolatiers ne se contentent pas de mouler le chocolat. Ils personnalisent chaque pièce en y ajoutant des ingrédients spécifiques ou en travaillant la décoration. Par exemple:
Le chocolat est souvent embelli à l’aide de motifs réalisés à la main ou avec des techniques de pochoir, ce qui permet d’ajouter une touche finale élégante. Les décorations peuvent inclure des motifs de surface, des éclats de cacao ou des poudres de fruits pour améliorer l’esthétique.
Une fois que les produits en chocolat sont moulés, décorés et refroidis, ils sont démoulés avec soin et inspectés pour vérifier qu’ils sont parfaits. Chaque pièce est ensuite conditionnée de manière à refléter la qualité artisanale et le soin apporté à chaque étape du processus de fabrication du chocolat.
Des boîtes élégantes et raffinées sont souvent choisies, parfois avec des fenêtres transparentes pour que les consommateurs puissent apprécier la beauté des produits avant de les déguster. Les chocolatiers artisans attachent une grande importance à l’expérience globale de la dégustation. Chaque détail, depuis l’apparence jusqu’à l’emballage, contribue à valoriser l’histoire du produit et à transmettre la passion et le savoir-faire de l’artisan.
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