Le chocolat, de siècle en siècle, a été investi de bien des mythes et de bien des mystères quant à ses effets sur la santé ou sur la séduction, et il tient une place centrale dans l'imaginaire gourmand de notre société. Nikita Harwich rappelle ses origines, ainsi que la place centrale qu'il occupe dans l'imaginaire gourmand de notre société.
Avec Nikita Harwich, professeur d’histoire de l’Amérique latine à l'Université de Paris Ouest Nanterre La Défense, est un connaisseur réputé de l'histoire du chocolat depuis ses origines fabuleuses au temps des Mayas et des Aztèques.
À preuve, entre autres, l'émotion spécifique qui a entouré en Grande-Bretagne l'annonce du rachat par un groupe américain de l'entreprise britannique Cadbury, fondée en 1824 et célèbre notamment aujourd'hui pour ses campagnes de publicité baroques et pour son œuf tout noir rempli de crème blanche et entouré d'un papier d'argent, qu'il nous est loisible de trouver, si notre enfance s'éloigne, assez kitsch.
L’invention du chocolat nous ramène 3500 ans en arrière, au siècle des grandes civilisations d’Amérique centrale. À cette époque, les Olmèques, les Mayas, suivis des Aztèques, cultivent et produisent le chocolat sous forme de boisson épicée.
Le chocolat, produit à partir des fèves de cacao, trouve ses origines vers 1500 av. J.-C. en Amérique centrale, à l’époque des grandes civilisations précolombiennes. Les Olmèques sont considérés comme les précurseurs de la découverte du chocolat. Entre 600 et 900 apr. J.-C., les Mayas succèdent aux Olmèques, conservant l’art de perfectionner le breuvage au chocolat appelé « Xocolatl ».
Il combine épices, piment, vanille, miel pour relever et sucrer son goût. Les indigènes lui vouent un culte l’intégrant dans leurs rites et cérémonies religieuses. Le peuple maya, selon sa mythologie, associe le cacaoyer à « l’arbre divin ».
Les Aztèques héritent à leur tour de la culture du cacaoyer au XIVe siècle. Pour le peuple du soleil, la découverte du chocolat revêt une grande importance culturelle et médicinale. Ses bienfaits, en particulier ceux du chocolat noir, révèlent des vertus énergétiques et thérapeutiques.
Considéré comme un remède, il soigne de nombreux maux, comme les gerçures, les brûlures ou les morsures de serpents. Le chocolat devient un produit de luxe réservé à l’élite royale, à la noblesse, aux marchands, aux hauts fonctionnaires militaires.
Christophe Colomb entame un quatrième voyage en Amérique et débarque en 1502 sur l’île de Guanaja. Il est le premier Européen à goûter la boisson au chocolat. L’explorateur considère le nectar trop amer et ne trouve pas d’intérêt à importer les fèves de cacao en Espagne.
L’histoire du chocolat évolue en 1519 avec l’arrivée du célèbre conquistador, Hernán Cortés à la conquête du Nouveau Monde. Accueilli comme un dieu par le souverain aztèque Moctezuma II, le colon se voit offrir une tasse de chocolat. Séduit par cette boisson exotique, il décide de rapporter les précieuses fèves de cacao et la recette de fabrication en Espagne en 1528.
Les Espagnols obtiennent l’exclusivité du chocolat, de nombreuses décennies avant sa propagation dans les cours royales d’Europe. En 1615, le roi de France, Louis XIII, épouse Anne d’Autriche, fille du roi d’Espagne Philippe III. Pour célébrer leur union, la nouvelle reine offre des échantillons de chocolats à la cour de France.
Le chocolat est un symbole de richesse et de raffinement, seules l’aristocratie ou la royauté peuvent en apprécier les saveurs. Royalistes comme grands bourgeois européens consomment le chocolat aussi pour ses vertus médicinales.
La popularité de la boisson au cacao augmente, puis des maisons de chocolateries émergent en France et en Angleterre. Plusieurs pays comme l’Espagne, le Portugal, la Hollande mettent sur pied leurs propres plantations de cacaoyers en Amérique dans leurs colonies respectives.
Le XIXe siècle marque la révolution du chocolat grâce à l’industrie de la chocolaterie. En 1815, le Néerlandais Coenraad Johannes Van Houten construit la première usine à fabriquer le chocolat. S’ensuit l’invention de la presse hydraulique qu’il fait breveter en 1828.
Cette machine sépare le beurre de cacao de la poudre de cacao, elle ouvre ainsi la voie à la modernisation du chocolat sous forme solide. L’industrie de la chocolaterie connaît un essor express. La culture du cacaoyer et de la fève de cacao s’intensifie dans plusieurs pays sur divers continents : Afrique, Asie, Amérique Centrale, Amérique du Sud.
En 1879, Rodolphe Lindt révolutionne la fabrication du chocolat avec l’invention du conchage. Cette technique consiste à malaxer et brasser le chocolat à haute température à l’aide d’un appareil nommé « conche ». Le résultat donne une texture lisse et veloutée prête à être moulée sous l’apparence de tablettes ou de bonbons.
L’Amérique ne fut gagnée au chocolat que tardivement. Néanmoins, la première fabrique américaine de cacao et de chocolat fut créée en 1765, dans le Massachussetts (Walter Baker & Co).
Au milieu du XVIIIe siècle, les ports de Boston, de New York, de Philadelphie et de Newport recevaient la majeure partie des cargaisons de cacao provenant des Indes Occidentales. Le président des États-Unis Thomas Jefferson (1743-1826) pressentit l’avenir de ce nouveau produit : « la supériorité du chocolat, tant du point de vue de la santé que celui de l’apport nutritionnel, le fera rapidement préférer au thé et au café en Amérique, comme c’est déjà le cas en Espagne », devait-il déclarer (1).
La guerre de Sécession terminée, cette « industrie » prit son essor, sous l’impulsion de pionniers européens, comme les maisons suisses Cailler et Peter, qui, à la fin du XIXe siècle, firent découvrir aux Etats-Unis le chocolat en tablettes.
Ayant une superficie de 9 984 670 km2, le Canada est le deuxième plus grand pays du monde. Avec une densité de 3.5 habitants par kilomètre carré, le Canada a plusieurs industries productrices de chocolat très réputées mondialement.
La fabrication de chocolat et de confiseries chocolatées joue un rôle essentiel dans les revenus du pays. Dans le secteur de fabrication de sucre et de confiserie, il existe trois classes au Canada :
Pour ce dernier, il se divise encore en deux branches. L’un fabrique à partir de fèves de cacao et l’autre à partir du chocolat acheté.
Plusieurs établissements ont pour activités de décortiquer, à torréfier et à moudre des fèves de cacao pour en fabriquer des produits de chocolaterie et des confiseries chocolatées. Les produits issus de cela sont des cacaos (instantané, mélange, poudre), des chocolats (enrobages, instantanés, liqueurs, sirops, de cuisson), confiseries chocolatées (barres ou tablettes, sirops), friandises chocolatées (enrobées de chocolat) et les noix enrobées de chocolat.
Au Canada, des établissements fabriquent des confiseries à partir de chocolat acheté.
Chaque année, plusieurs fêtes liées au chocolat se déroulent au Canada.
Lors des jours de fête, le chocolat est le produit alimentaire le plus vendu au Canada. Plus précisément quelques jours avant Noël ou Pâques les produits chocolatiers sont parmi les produits les plus exportés au Canada.
Les Cadbury sont issus d’une vieille famille établie depuis le Moyen Age près d’Exeter. Le premier ancêtre connu, John, naît en 1696. En 1831, John Cadbury ouvre à Crooked Lane une petite fabrique de cacao et de chocolat. Dans son petit atelier, John Cadbury se spécialise plus particulièrement dans la mise au point de boissons chocolatées. En 1860, âgé seulement de cinquante-neuf ans, John transmet l’affaire à ses fils Richard et George.
En 1879, Rodolphe Lindt révolutionne la fabrication du chocolat avec l’invention du conchage. L’art de la fabrication du chocolat est perpétué par nos Maîtres Chocolatiers depuis 1845. Nous sélectionnons pour vous les meilleures fèves de cacao du monde, en provenance des pays d’Amérique, d’Afrique et d’Océanie, réputées pour leurs fruits de haute qualité.
En 1895, Henri Menier, industriel influent dont la famille a fait fortune dans la production industrielle du chocolat, achète l'île d'Anticosti pour en faire une réserve de chasse et de pêche à son propre usage. En 1890, l'usine produit la moitié de la consommation du chocolat en France. En 1893, elle est déclarée "Première chocolaterie du monde" lors de l'Exposition Universelle de Chicago.
Il est intéressant de noter que les emballages des produits de chocolaterie sont riches en informations sur les composants.
Plus de 70 % de la confiserie américaine concernent les articles à base de chocolat. Au premier rang mondial pour la production de produits finis, les États-Unis n’occupent qu’une place assez lointaine en matière de consommation.
La faveur des Américains va au chocolat noir. Ils l’aiment garni d’amandes ou de cacahuètes - les chocolatiers américains utilisent 40 % des amandes et 25% des cacahuètes produites aux États-Unis. Le chocolat au lait, surtout destiné aux enfants, ne concerne que 10 % environ de la consommation - pourtant, les membres de la Chocolate Manufacturers Association emploient quotidiennement environ 1,8 millions de livres américaines de lait entier.
Sous couverture de chocolat, le fourrage est fait de fudge, de beurre de cacahuètes, de nougat, de pâte caramélisée, etc. La barre est particulièrement à l’honneur lors des fêtes, notamment pour Noël et au moment d’Halloween, ce 31 octobre où il s’en consomme quelque 8 millions en un seul jour.
Avec le chocolat, les Américains découvrirent une boisson chaude nutritive, dont ils ne modifièrent pas la recette européenne.
Évaluée à 1,181,054 livres en 1860, elle atteignit 93,956,721 livres en 1908 - soit plus de 16 onces par habitant. Un essor qui l’emporta de beaucoup sur celui du thé et du café !
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