« Ville princière » et « capitale du cheval », c’est ainsi qu’apparaît Chantilly dans la plupart des brochures et articles qui lui sont régulièrement consacrés.
Au-delà du slogan touristique, il s’agit d’une réalité historique, urbaine, économique et sociale qui marque encore aujourd’hui fortement le paysage et l’identité de la ville. Mais Chantilly c’est aussi une ville à la campagne où les espaces naturels et protégés déterminent sa forme et son expansion.
Les Grandes Écuries de Chantilly, un chef-d'œuvre architectural lié à la chasse à courre.
Au tout début du 18e siècle, le château de Chantilly appartient à Louis-Henri de Bourbon Condé (1692 - 1740), dit « Monsieur le Duc ». C’est un homme puissant, petit-fils de Louis XIV par sa mère, prince du sang, chef du Conseil de Régence, à la tête d’une immense fortune et en passe de devenir Premier Ministre de Louis XV.
En 1719, il demande à Jean Aubert, élève de Jules Hardouin-Mansart et architecte du Roi, de lui bâtir des écuries pour ses équipages de chasse à courre.
En 1719, Louis-Henri de Bourbon, passionné de chasse et héritier des princes de Condé, décide de construire des écuries monumentales pour abriter ses chevaux de chasse et de service. L’architecte Jean Aubert conçoit un projet ambitieux qui doit s’imposer comme un véritable palais dédié aux chevaux.
Jean Aubert conçoit les Grandes Écuries comme un bâtiment autonome, détaché du château dont les abords ont été au siècle précédent dessinés et aménagés par André Le Nôtre. Monsieur le Duc et son architecte en font d’ailleurs la pierre angulaire de « l’embellissement » de Chantilly au 18e siècle.
Louis-Henri de Bourbon Condé veut en effet organiser l’urbanisation de Chantilly qui n’est encore qu’une bourgade. Afin de préserver la vue sur son château, il élabore un « paravent architectural » devant cacher la ville de Chantilly.
Jean Aubert crée donc un alignement bordant la Pelouse devant le château de Chantilly. D’est en ouest il dispose : les Grandes Écuries, puis les maisons des officiers et les petits chenils. Coté ville, ces bâtiments délimitent la future rue du Connétable, artère principale de la ville. Celle-ci est bornée à l’est par le château, à l’ouest par l’hôpital Condé construit lui aussi par Louis-Henri. À la mort de Monsieur le Duc, en 1740, le dernier pavillon est encore en construction. Il ne sera jamais achevé.
Commencées en 1721, les Grandes Écuries impressionnent d’abord par leurs dimensions : 186 mètres de long, un dôme majestueux de 28 mètres de hauteur, et des nefs latérales (Est et Ouest) pouvant accueillir jusqu'à 240 chevaux.
Les dimensions de l’édifice sont colossales : 186 mètres de long, 18 de large et 14 à l’entablement, le tout construit en pierres appareillées, extraites sur place, sous la Pelouse qui borde l’édifice et le sépare de la forêt. Trois pavillons carrés et un dôme monumental structurent le bâtiment.
Ils encadrent deux nefs, rappelant l’Orangerie de Versailles par Mansart, rythmées par de grandes arcades et dont l’ampleur relève plus de l’architecture religieuse que de l’architecture civile. Au sommet du Dôme, une figure équestre en plomb, la Renommée, copie du groupe sculpté par Coysevox pour l’abreuvoir de Marly, renforce l’élévation et le coté triomphal du monument.
À l’est, le manège arbore fièrement le blason des Condé.
L’ensemble se divise en trois cours aux fonctions bien distinctes :
Les étages étaient utilisés pour loger le personnel des écuries : cochers, palefreniers, écuyers…
Afin de mieux visualiser la disposition des écuries, voici un tableau récapitulatif :
| Cour | Fonction |
|---|---|
| Cour du Manège | Entraînement des chevaux |
| Cour des Remises | Abri des voitures hippomobiles |
| Cour des Chenils | Logement des chiens de chasse |
Sous la Révolution, les écuries réussissent à échapper à la destruction, et sont alors converties en caserne militaire. Une fonction qu’elles garderont sous le règne de Napoléon.
A la Restauration en 1815, le Prince de Condé, Louis-Joseph de Bourbon (1736-1818), de retour d’exil, tente de rénover le château, en grande partie détruit après la Révolution. Il remeuble le château, réinstalle certaines œuvres d’art qu’il réussit à récupérer, et réaménage les jardins. Les écuries retrouvent leur fonction.
Son fils Louis-Henri-Joseph (1756-1830), 9e prince de Condé, meurt sans héritier direct. Il lègue ses biens à son petit-neveu et filleul, Henri d’Orléans, duc d’Aumale, qui n’est autre que le fils du futur roi des Français, Louis-Philippe 1er (règne : 1830-1848).
Au-delà des grands travaux de rénovation et de réaménagement du château et du domaine, Le duc d’Aumale, passionné de chasse, décide de moderniser les Grandes Écuries. Sans toucher aux extérieurs, il crée dans les nefs qui abritent les chevaux des boxes et des stalles plus spacieux pour accueillir ses chevaux et ceux de ses invités.
Lorsqu’il meurt en 1897, le duc d’Aumale lègue son domaine de Chantilly - le château, le parc, les bâtiments dont les écuries - à l’Institut de France.
Après la Seconde Guerre Mondiale, les Grandes Écuries deviennent une école d’éducation équestre, et le lieu de dressage et d’entrainement du cercle hippique de Chantilly, sous la supervision du Colonel André Jousseaume, champion olympique de dressage, et d’Yves Bienaimé, écuyer-professeur.
Yves Bienaimé aura l’idée de créer, en 1982, le Musée Vivant du Cheval et d’ouvrir ainsi les écuries au public pour transmettre sa passion et les métiers du cheval.
Ce partage de savoir-faire et de connaissances se perpétue aujourd’hui encore grâce aux équipes du musée, aux dresseurs et dresseuses, et aux cavaliers et cavalières de la Compagnie Équestre de Chantilly.
D’un point de vue architectural, les Grandes Écuries conservent également toute leur majesté, notamment grâce à l’intervention de la Fondation pour la Sauvegarde du Domaine de Chantilly, créée en 2006 par Son Altesse l’Aga Khan qui en aura la gestion jusqu’en 2021, mais aussi de l’Institut de France, de nouveau gérant du musée depuis 2021, et de mécènes comme la Maison Hermès Sellier.
Inauguré en 1982 par l’écuyer Yves Bienaimé, le Musée Vivant du Cheval transforme les Grandes Écuries en un lieu vivant, où se tiennent expositions, animations pédagogiques et spectacles équestres. L'objectif premier est de sensibiliser le grand public à l’univers du cheval.
Le musée s’étend sur 15 salles thématiques qui présentent des œuvres (peintures, sculptures, photographies), objets, archives et documents illustrant :
Depuis 2022, et avec pour objectif de bénéficier de l’appellation ‘Musées de France’ (musées agréés par l'État), le Musée Vivant du Cheval et les Grandes Écuries ont engagé et réalisé une série de travaux et de réaménagements enrichis de nouvelles salles, de nouveaux objets exposés et d’une muséographie plus pédagogique. Voici les principales nouveautés récentes et à venir.
En 2025, le musée et les Grandes Écuries poursuivront leur transformation avec, entre autres, la restauration des quatre derniers harnais du prince de Condé, un renforcement des médiations pédagogiques pour le jeune public, et l’ajout de vitrines interactives dans certaines salles.
Spectacle équestre "Un Jour à Paris" présenté par la Compagnie équestre du Château de Chantilly.
Enfin, sur la piste de sable de leur majestueux dôme, les Grandes Écuries accueillent aussi la Compagnie équestre du Château de Chantilly qui présente chaque année trois grands spectacles aux visiteurs émerveillés - en ce moment, vous pouvez admirer « Un Jour à Paris », jusqu’au 31 octobre 2024, puis, pour la saison des fêtes de fin d’année, un conte équestre original : « Le Vieil ange et l’enfant », du 30 novembre 2024 au 5 janvier 2025.
tags: #chasse #à #courre #chantilly #histoire
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic