Les chapeaux d'Élisabeth II sont bien plus qu'un simple accessoire. Ils sont un symbole de pouvoir et une marque de fabrique reconnaissable entre mille.
Au fil de ses soixante-dix ans de règne, Élisabeth II a porté des centaines de milliers de chapeaux : bibis, cloches, turbans, canotiers… Le journaliste et auteur Thomas Pernette a eu la tâche ardue d’en sélectionner une cinquantaine pour les répertorier dans un livre documenté, "Elizabeth II, les chapeaux de la couronne".
Agrémenté de photos d’archives et d'illustrations soignées, l’ouvrage retrace l’extraordinaire destin de la souveraine à travers le prisme original de cet accessoire.
Au-delà de leurs qualités esthétiques, les chapeaux de la reine incarnent son pouvoir. Ils sont un « substitut de la couronne », selon les mots de l’historien Robert Lacey, remplaçant au quotidien les tiares et autres diadèmes.
Le premier critère d’un parfait couvre-chef royal ? Être vu de loin. Pour cela, il est invariablement coloré et agrémenté de nœuds, de pampilles ou de fleurs (voire les trois en même temps).
« Élisabeth II n’a jamais été une fashion victim », assure pourtant Thomas Pernette. Contrairement à sa sœur cadette Margaret qui lançait les modes, elle s’est toujours contentée de les suivre de loin.
Malgré tout, en feuilletant cette formidable chronologie de couvre-chefs, on s’aperçoit que tous sont le miroir d’un moment ou d’une époque. Aujourd’hui, plus de fourrures ou de plumes d’oiseaux rares, les chapeaux de Sa Majesté répondent aux nouvelles problématiques écologiques.
Depuis la fin des années 1940, une véritable armada de modistes s'est occupée des couvre-chefs royaux. Impossible pour la reine de sortir tête nue, question de rang et d'habitude, héritée de l'avant-guerre où les femmes sortaient chapeautées.
Les bibis de Sa Majesté doivent répondre à plusieurs impératifs très stricts :
Dernière consigne : limiter le gaspillage en recyclant autant que possible ses vêtements, qui ont une espérance de vie d'environ vingt-cinq ans. « Après deux ou trois sorties, une pièce sera devenue familière aux médias et au public, explique son habilleuse Angela Kelly. Alors nous chercherons soit des moyens de la modifier, soit elle deviendra quelque chose qui se porte en privé, à Balmoral ou à Sandringham. »
Les essayages se font toujours sous l'autorité de l'habilleuse de la souveraine, chargée de sa garde-robe, qui juge de l'effet souhaité et de l'harmonie d'ensemble avec la tenue principale.
En matière de chapeau, le monde retiendra surtout l’incroyable invention de Simone Mirman, baptisée « chapeau spaghetti », que porte la souveraine à Berlin le 27 mai 1965.
Ce 27 mai 1965, Élisabeth II est en visite officielle à Berlin, une première pour un souverain britannique depuis George V, cinquante-deux ans plus tôt. Outre la portée historique de l’événement, les gazetiers de l’époque ont retenu un détail : l’étonnant chapeau que portait la jeune reine.
Jaune poussin et composé de centaines de petits rubans coupés dans une pièce d’organza, il ressemble à un plat de pâtes que l’on aurait renversé au sommet du crâne de Sa Majesté. Bien inspirée, Simone Mirman, la modiste qui en est la créatrice, l’a d’ailleurs baptisé « chapeau spaghetti ». Un sobriquet qui le fera directement entrer dans l’Histoire.
Élisabeth II et le prince Philip au stade olympique de Berlin, le 27 mai 1965.
Ce voyage en Allemagne n'en reste pas moins un franc succès. L'étape berlinoise, la plus médiatisée d'entre toutes, fait la une des journaux.
« Le goût exquis de Sa Majesté a donné aux modistes de ce pays un formidable encouragement », s’enflamme le titre. Sophie Mirman, la fille de la modiste, s’en souvient encore : « Il était composé de petits rubans coupés dans une pièce d’organza. Cela prenait un temps fou et demandait une dextérité extrême. »
Pour les autorités est-allemande, la visite d'Élisabeth II est un non-événement. Officiellement du moins, car la curiosité des Allemands de l'Est est telle que la police doit disperser les curieux qui tentent d'entrapercevoir le convoi à la porte de Brandebourg...
Certains tentent même de décoder des messages politiques derrière les couvre-chefs d’Élisabeth II. Le 17 juin 2017, en pleine crise du Brexit, les commentateurs sont persuadés que la reine prend position en s’exhibant avec un chapeau bleu constellé de fleurs jaunes, qui rappelle étrangement le drapeau de l’Union européenne.
Un chapeau anti-Brexit ? Porté le 17 juin 2017.
La polémique est telle qu’Angela Kelly, habilleuse attitrée de Sa Majesté, rétablira plus tard la vérité : « Il ne nous est jamais venu à l’esprit que les gens puissent penser que nous copions le drapeau européen. »
Depuis la fin des années 1940, une véritable armada de modistes s'est occupée des couvre-chefs royaux. Les bibis de Sa Majesté doivent répondre à plusieurs impératifs très stricts : permettre à la reine d'être repérée de loin, être ni trop hauts ni trop larges, et surtout ne pas cacher son visage.
Les essayages se font toujours sous l'autorité de l'habilleuse de la souveraine, chargée de sa garde-robe, qui juge de l'effet souhaité et de l'harmonie d'ensemble avec la tenue principale.
Dernière consigne : limiter le gaspillage en recyclant autant que possible ses vêtements, qui ont une espérance de vie d'environ vingt-cinq ans. « Après deux ou trois sorties, une pièce sera devenue familière aux médias et au public, explique son habilleuse Angela Kelly. Alors nous chercherons soit des moyens de la modifier, soit elle deviendra quelque chose qui se porte en privé, à Balmoral ou à Sandringham. »
De nombreux modistes de renom ont contribué à la création des chapeaux emblématiques de la reine Élisabeth II. Parmi eux :
Ces artisans ont joué un rôle essentiel dans la création de l'image royale à travers leurs créations uniques et originales.
Les chapeaux de la reine ont évolué au fil du temps, reflétant les tendances de la mode et les préoccupations environnementales. Voici un aperçu de cette évolution :
| Période | Caractéristiques |
|---|---|
| Années 1940-1960 | Chapeaux structurés, bibis, couleurs vives |
| Années 1970-1990 | Turbans, bérets, formes variées |
| Années 2000 à aujourd'hui | Formes hybrides (cloche et canotier), matières écologiques |
tags: #chapeau #spaghetti #reine #histoire
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic