Changer d'Alimentation : Bienfaits et Risques

Les dernières décennies ont été marquées par une évolution considérable des pratiques alimentaires, dont certaines s'opposent au modèle conventionnel à la faveur d'un individualisme affirmé et d'une réflexion portant sur les répercussions environnementales et sur l'aspect santé de l'alimentation. Il est essentiel de comprendre les implications de ces changements sur notre santé.

Les Différents Régimes Alimentaires

Mais la pratique végétarienne connaît d'autres déclinaisons. Le lacto-ovo-végétarisme, fondé sur une prise alimentaire régulière, structurée, diversifiée et suffisante est globalement compatible avec l'équilibre alimentaire. En revanche, le végétalisme est incompatible avec l'équilibre alimentaire puisqu'il est nécessairement carencé en vitamine B12.

Végétarisme et Lacto-Ovo-Végétarisme

Des études socio-démographiques ont montré que les végétariens et les végétaliens sont plus souvent des femmes et des individus jeunes, faisant partie des catégories socio-économiques plus élevées que les omnivores. Il n'y a pas d'indication médicale à la pratique d'un régime végétarien « bien construit » dont les avantages sont similaires à un omnivorisme raisonnable, comme le régime méditerranéen.

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Végétalisme

Une supplémentation per os est indispensable : 25 µg/jour ou 1 000 µg/semaine d'hydroxocobalamine sous forme de comprimés ou d'ampoules. Par ailleurs, la question d'une supplémentation en calcium et en fer, voire en zinc, en iode se pose, surtout pour les végans, puisque la biodisponibilité de ces éléments apportés par les végétaux, même en quantités appréciables, est médiocre. De nombreuses formules de compléments alimentaires sont proposées pour éviter ces inconvénients.

Conséquences sur la Santé

Les conséquences sur la santé sont donc également diverses. Il a été montré que ces régimes ont des effets cardiovasculaires et métaboliques bénéfiques. Les bénéfices sur la santé de ces régimes d'exclusion doivent être nuancés. En l'état, il n'y a pas d'indication médicale à la prescription de tels régimes puisqu'ils ne peuvent prétendre être supérieurs à un omnivorisme raisonnable comme le modèle alimentaire méditerranéen, plus diversifié et plus goûteux, dans les domaines cardio-métaboliques, du cancer, de la santé osseuse ou de la qualité de vie.

Bénéfices Cardiovasculaires et Métaboliques

Nombreuses sont les données observationnelles qui confirment ce point de vue dont celle, fameuse, de la cohorte des Adventistes du 7e jour caractérisée par un indice de corpulence (IMC), un taux de LDL-cholestérol et une glycémie plus favorables que dans la population générale. La diminution de près de 25 % de l'incidence et de la mortalité des cardiopathies ischémiques s'explique par la réduction des facteurs de risque d'athérosclérose. Sont également à considérer les bénéfices propres sur la santé cardiovasculaire de la consommation de fruits et légumes, de légumes secs, de noix et d'oléagineux et de la non-consommation de viande.

Impact sur le Diabète

L'effet bénéfique sur l'incidence du diabète est particulièrement remarquable puisque sa réduction atteint 40 % chez les végétariens et 60 % chez les végétaliens. L'équilibre glycémique est amélioré chez les sujets diabétiques, du fait de la réduction des apports énergétiques, de l'importance de l'apport en fibres, de la consommation d'aliments à index glycémique bas et d'un IMC plus bas que dans la population générale. Par ailleurs, ces régimes réduisent le risque des complications cardio-vasculaires en améliorant le profil lipidique, la pression artérielle, indépendamment de la perte de poids qu'ils favorisent.

Considérations sur le Cancer

Les données concernant le cancer sont complexes. Il existe une diminution de l'incidence de certains cancers - prostate, côlon - chez les Adventistes du 7e jour, mais une méta-analyse n'a pas montré de différence de mortalité pour les cancers colorectaux, pulmonaires, du sein et de la prostate.

Risques et Carences Nutritionnelles

Certes, les protéines végétales ont une moins bonne valeur biologique que les protéines animales parce qu'elles ne contiennent pas la totalité des 8 acides aminés essentiels (AAE). Le déficit en AAE peut être corrigé en associant différentes sources de protéines végétales, par exemple les céréales déficitaires en lysine et les légumineuses déficitaires en méthionine. La consommation de laitages et d'œufs suffit à apporter la totalité des AAE.

  • Déficit en Vitamine B12 : Le déficit en vitamine B12 est constant, mais asymptomatique chez les végétariens ; il peut être symptomatique et critique chez les végétaliens. Le corollaire en est l'élévation de l'homocystéinémie, paramètre associé à un excès de risque cardio-vasculaire.
  • Statut en Fer : Le statut en fer est habituellement correct, bien que le fer héminique ait une meilleure biodisponibilité que le fer provenant des végétaux, du fait de l'inhibition de l'absorption du fer par les phytates des végétaux, le calcium et les polyphénols du thé, du café et du cacao.
  • Statut Calcique : Le statut calcique des végétaliens a été exploré dans plusieurs études. Néanmoins, une étude prospective sur 5 ans a mis en évidence une diminution de la DMO et une augmentation du risque de fracture rachidienne dans ces populations [4]. Des répercussions osseuses sont probables au cours de la grossesse et de l'allaitement, mais sont peu mesurables. Une méta-analyse a montré que la DMO diminue de 4 % chez les végétariens et de 6 % chez les végétaliens. Une supplémentation vitamino-calcique systématique s'impose, au moins au cours de la grossesse et peut-être même en dehors de la grossesse chez les végétariens qui excluent les laitages.
  • Carence en Iode : Le risque de carence en iode et ses répercussions chez les végétariens sont moins connus. Du fait de la forte teneur des végétaux en inhibiteurs de la thyroxine peroxydase, la synthèse des hormones thyroïdiennes est moindre. La consommation de lait et de laitages pallie en partie le déficit iodé lié à la non-consommation de produits marins.
  • Acides Gras Oméga-3 : En revanche, le statut en acides gras (AG) oméga-3 est déficitaire au prorata de l'exclusion plus ou moins complète des aliments d'origine animale et surtout des produits de la mer. Les concentrations circulantes en AG oméga-3 sont particulièrement basses chez les végétaliens et la possibilité de production d'EPA (acide eicosapentaénoïque) et de DHA (acide docosahexaénoïque), oméga-3 apportés par les poissons à partir de l'acide alpha-linolénique contenu dans certains végétaux, est insuffisante.

Risque de Thrombose et d'Athérosclérose

Par rapport aux omnivores, les végétariens et les végétaliens présentent un profil biologique à risque de thrombose et d'athérosclérose du fait de la diminution de la concentration en acides gras poly-insaturés n-3, de l'augmentation de l'homocystéinémie et du thromboxane B2 qui favorise l'agrégation plaquettaire.

Qualité de Vie et Santé Mentale

Dans une cohorte autrichienne, l'alimentation végétarienne était associée à une qualité de vie moindre et à une prévalence plus élevée de maladies chroniques, d'allergies et de manifestations anxio-dépressives.

Tableau Récapitulatif des Risques et Bénéfices

Aspect Bénéfices Risques
Cardiovasculaire Réduction des risques de cardiopathies ischémiques Profil biologique à risque de thrombose et d'athérosclérose
Diabète Réduction de l'incidence du diabète N/A
Cancer Diminution de l'incidence de certains cancers (prostate, côlon) N/A
Nutrition Augmentation de la consommation de fibres Carences en vitamine B12, fer, calcium, iode, oméga-3

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