La maturation de la viande est une technique culinaire ancestrale qui consiste à laisser reposer la viande dans des conditions spécifiques afin de développer ses saveurs et sa tendreté. Ce processus, bien que complexe, est essentiel pour transformer une pièce de viande ordinaire en une expérience gastronomique inoubliable. La maturation de la viande est un processus où la viande est vieillie dans des conditions contrôlées de température, d’humidité et de circulation de l’air. Ce processus permet aux enzymes naturellement présentes dans la viande de décomposer les fibres musculaires, ce qui améliore la tendreté et intensifie les saveurs.
En France, les bouchers et restaurateurs utilisent principalement deux méthodes de maturation de la viande de bœuf : la maturation à sec (dry aging) et la maturation sous vide (wet aging).
D’un côté, des arômes puissants, de l’autre une tendreté maîtrisée. Deux mondes, deux approches, deux écoles. La maturation viande sous vide séduit de plus en plus de professionnels. Moins connue du grand public, elle impose pourtant ses qualités dans les cuisines les plus exigeantes. Avant de choisir la vôtre, explorons ensemble ce qui distingue vraiment ces deux méthodes de maturation.
Dans ce nouvel article, nous vous donnons toutes les clefs pour faire maturer votre viande. Si la maturation est de plus en plus utilisée, c’est parce qu’elle présente certains avantages. En effet, elle permet de développer les saveurs et la tendreté des morceaux de viande. Ces derniers vont perdre une bonne partie de leur masse et de leur humidité, concentrant ainsi les saveurs au cœur du muscle. Les fibres musculaires se détendent alors et deviennent plus tendres.
À noter toutefois que toutes les viandes ne peuvent pas être maturées. Cette technique est surtout réservée aux viandes de bonnes races comme la Galice, la Salers, l’Angus ou la Black Angus. Il est donc inutile de maturer une viande de mauvaise qualité puisqu’il n’y aura pas de réelle différence.
Il existe différentes techniques de maturation, toutes plus ou moins courantes.
Celle-ci consiste à diviser la carcasse en gros morceaux après l’abattage. Il vous faudra ensuite les suspendre à un crochet dans une armoire de maturation. L’extérieur de la viande va alors s’assécher et l’intérieur se détendre. C’est le « dry aged ». La maturation se fait sans sac sous-vide et permet à l’eau de s’écouler hors de la viande. Celle-ci perd alors en volume, devient plus fine et plus chère mais aussi plus goûteuse.
Attention toutefois à utiliser cette technique sur une viande de très bonne qualité sans quoi vos morceaux risquent d’être secs et sans saveur. Vous pouvez laisser votre viande maturer sept à huit semaines, voire plus dans certains cas. En effet, plus le temps de maturation est long, plus le résultat est probant.
La première consiste à laisser des pièces non conditionnées, souvent des côtes, entrecôtes ou faux-filets avec os, reposer dans une cave de maturation ou une chambre dédiée, avec un contrôle fin de la température (généralement 0 à 3 °C), de l’humidité relative (souvent entre 75 et 85 %) et de la ventilation. Une croûte sèche, presque sombre, se forme en surface, agissant comme une barrière protectrice.
Dans le cas de la maturation à sec, une dernière dimension s’ajoute : la perte d’eau. La perte d’humidité concentre naturellement les saveurs, donnant à la viande un goût plus prononcé et des notes parfois noisettées très recherchées par les amateurs.
Maturation à Sec
Cette technique est davantage utilisée par les particuliers que les professionnels puisqu’elle consiste à placer sa viande dans un sac sous-vide et à la stocker dans une cave de maturation. Votre viande va alors maturer et garder son jus tout en développant ses saveurs. À noter toutefois que son goût sera moins prononcé qu’une viande « dry aged ».
En effet, cette technique appelée « wet aged » consiste à faire maturer la viande sans oxygène, dans un sac sous-vide. Elle sera alors conservée dans son jus et deviendra plus tendre au fil du temps. Néanmoins, la viande ne perd pas d’eau lorsque l’on utilise cette technique. Elle ne rétrécira donc pas et ne se vendra pas beaucoup plus cher.
Par ailleurs, il faut veiller à ne pas laisser maturer la viande trop longtemps lorsque l’on opte pour le « wet aged ». En effet, des bactéries lactiques se forment lors du processus et donnent un goût acidulé à la viande. Si celle-ci est conservée trop longtemps, le goût vire totalement et le produit n’est plus consommable.
La maturation sous vide, ou wet aging, repose sur un principe logistique différent. Les pièces désossées sont placées dans des poches plastiques hermétiques, mises sous vide à l’aide de machines professionnelles, puis stockées au froid. L’absence d’oxygène limite l’oxydation et la perte de poids.
Techniquement, rien ne vaudra une maturation en chambre, à basse température et forte humidité, de pièces entières (train de côtes de bœuf par exemple). La maturation va modifier les saveurs et la tendreté de la viande. Plus une pièce de viande aura maturée, plus elle sera tendre et aura un goût prononcé (pour les longues maturations de type 5 à 7 semaines, on retrouve un bœuf proche du gibier).
La viande sous vide continue à maturer et donc à s’assouplir, une viande de bœuf arrivant en fin de DLC sera d’autant plus tendre !
Maturation Sous Vide
Pour comprendre pourquoi un faux-filet maturé 30 jours chez un boucher n’a plus rien à voir avec un steak standard de grande distribution, nous devons suivre les grandes étapes internes de la maturation.
Au fil des jours, la tendreté augmente, la mastication devient plus facile, et les saveurs se complexifient.
Sur le plan biochimique, la maturation est un processus d’autolyse, au cours duquel des enzymes endogènes - principalement des protéases (qui dégradent les protéines) et des lipases (qui modifient les lipides) - décomposent progressivement les fibres musculaires, le collagène et une partie du tissu conjonctif. Cette dégradation mesurée libère des acides aminés libres, des peptides et des composés aromatiques, à l’origine de la tendreté et des saveurs complexes spécifiques aux viandes maturées.
Nous distinguons donc clairement la maturation d’un faisandage de gibier. Le faisandage utilise une fermentation bactérienne parfois poussée, avec développement de flores spécifiques et odeurs très marquées.
La maturation à sec est la forme la plus exigeante, mais aussi la plus valorisée par les amateurs. Elle repose sur un outil central : la cave de maturation, distincte d’une simple chambre froide. Le savoir-faire du boucher est déterminant. Il choisit la race (Angus, Aubrac, Limousine, Galice, Wagyu), l’état de carcasse, l’âge de l’animal, la couverture de gras et la durée de repos. Dans certaines maisons, les pièces restent en cave entre 30 et 45 jours, tandis que d’autres bouchers poussent jusqu’à 70 à 90 jours pour des pièces d’exception, au prix d’une perte de poids et d’un parage pouvant dépasser 25 à 30 %.
La maturation sous vide répond à une logique différente, davantage centrée sur la gestion des stocks et la standardisation. Les pièces de bœuf sont conditionnées dans des sacs plastiques multicouches, étanches au froid, puis placées à basse température, autour de 0 à 2 °C, généralement pendant 10 à 28 jours. La viande mature dans son propre jus, sans perte de masse significative, ce qui améliore le rendement.
Nous voyons la wet maturation comme un compromis : elle apporte une nette montée en tendreté par rapport à une viande simplement rassise quelques jours, tout en limitant l’investissement matériel et la perte de rendement. Toutefois, le profil aromatique reste plus discret, moins typé, ce qui convient aux restaurants de volume, mais séduira moins les amateurs de sensations marquées habitués aux caves de maturation de steakhouses.
La vraie question, ce n’est pas : quelle méthode est la meilleure ? Vous cherchez à valoriser des pièces haut de gamme dans un restaurant gastronomique ? Vous produisez en volume, visez l’efficacité, tout en garantissant une tendreté viande irréprochable ? Dans les deux cas, la rigueur est de mise. Il faut respecter les temps, les températures, les bonnes pratiques d’hygiène.
| Caractéristique | Maturation à Sec (Dry Aging) | Maturation Sous Vide (Wet Aging) |
|---|---|---|
| Environnement | Chambre de maturation contrôlée | Sac sous vide |
| Perte de poids | Significative (15-30%) | Minime |
| Saveur | Intense, complexe, notes de noisette | Plus discrète, lactique |
| Tendreté | Très élevée | Élevée |
| Durée | Plusieurs semaines (30-90 jours) | Plus courte (10-28 jours) |
| Coût | Plus élevé (perte de poids, équipement) | Moins élevé |
La conservation des aliments en général, et de la viande en particulier, est un sujet important. L’emballage sous vide est de plus en plus populaire car cette méthode permet de stocker la viande plus longtemps sans en altérer la qualité. La mise sous vide offre d’excellentes conditions sanitaires. Réduire au maximum le taux d’oxygène dans l’emballage permet de créer un environnement stérile qui empêche le développement des bactéries.
Lorsque la viande est mise sous vide et qu’elle n’est plus en contact avec l’oxygène, sa couleur change et s'assombrit. C’est une réaction normale et un effet naturel de la mise sous vide. Il faut également savoir que lorsque la viande est emballée sous vide, les saveurs et odeurs se concentrent à l'intérieur du sachet, rehaussées par le phénomène de maturation.
La viande conditionnée sous-vide peut être conservée beaucoup plus longtemps au congélateur, sans aucune altération. Avant de congeler la viande, il est en effet préférable de la mettre sous-vide pour prévenir les brûlures de congélation. Cela permet d’éviter que la viande se dessèche et se couvre de cristaux de glace.
Enfin, pour ceux qui n'auraient pas le bonheur de pouvoir consommer ces pièces de viande dans les jours ou semaines à venir, la technique du sous vide vous permet de congeler directement votre côte de bœuf dans son sachet d'origine. Le sous vide permet de garder la qualité de la viande, empêchant des cristaux de se former puisqu'il n'y a pas d'air, ainsi lorsque vous consommerez votre viande, la qualité sera identique à de la viande fraîche.Il vous suffira ensuite de décongeler au frigidaire (et non à l'air libre) votre pièce de viande 12 à 24h avant sa cuisson. Et n'oubliez pas de la laisser reposer à l'air libre, une fois décongelée, durant une à deux heures pour l'amener à la température ambiante et lui éviter un choc thermique !
D'une manière générale, la mise sous vide se rapproche de la mise en bouteille des vins : une plus longue conservation et une maturation qui se poursuit. Même si cela chiffonne fortement notre côté écolo, nous n’avons pas trouvé mieux pour garantir la qualité sanitaire de notre viande. En effet, après la découpe réalisée par les bouchers, la viande est manipulée et transportée (en colis ou en caisse) et de ce fait, il est impensable de la laisser à l’air libre ou juste dans un simple papier ou sel au frais.
Il est important de préciser que le sous vide prive la viande d’oxygène et que la poche étant hermétique, elle concentre les odeurs. Aussi, si la poche n’est pas abimée (pas de microperforation, la poche adhère à la viande) il est normal qu’à l’ouverture une odeur de sang et de viande maturée survienne. Cette odeur peut être forte, parfois désagréable (souvent plus forte lorsque le morceau présente des os : côte à l’os, osso bucco, plat de côte…et souvent plus forte lorsqu’il s’agit de viande de porc) mais elle ne doit pas persister et elle s’estompe lorsque vous aérez votre viande quelques minutes avant de la cuire.
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