Les baleines, ces géants des océans, sont parmi les mammifères les plus impressionnants de la planète. Chacune de leurs espèces possède des caractéristiques uniques et fascinantes qui les distinguent les unes des autres. Mais de quels aliments parle-t-on et comment s'insèrent-elles dans la chaîne alimentaire marine ?
Il est tout d’abord important de rappeler qu’en zoologie, le terme générique « baleine » désigne en réalité plusieurs espèces de mammifères marins, appartenant à l’ordre des Cétacés (Cetacea). Ces dernières se divisent ensuite en deux familles : les mysticètes, qui regroupent les cétacés à fanons, et les odontocètes, pour les cétacés à dents.
Les mysticètes (Mysticeti) demeurent les plus grands animaux de la planète vivant à notre époque. Les fanons incarnent l’instrument essentiel pour la nourriture des baleines. Ces derniers, composés de kératine, se composent de plaques rigides encerclées par des poils, visibles sur la partie interne, vers l’intérieur de la bouche. On pourrait ainsi les comparer aux picots d’un peigne. Le diamètre des poils, la longueur, la largeur et la couleur varient en fonction de l’espèce.
L’alimentation de la baleine se base ensuite sur un processus de filtration.
Comme c’est le cas pour la plupart des animaux, la disponibilité de la nourriture conditionne les habitudes alimentaires des cétacés. Les scientifiques ont cependant mis en évidence le fait que les baleines sont des animaux carnivores, et qu’elles possèdent leurs propres préférences alimentaires.
Le krill incarne l’aliment de base des baleines. Ces petits crustacés, appartenant à l’ordre des Euphausiacea, se retrouvent dans toutes les eaux froides du globe. Leur nom commun, provenant du norvégien, cache en réalité 80 espèces différentes. Membres du zooplancton permanent, les individus se regroupent en bancs gigantesques, pouvant peser plusieurs tonnes et s’étendre sur de nombreux kilomètres. Le krill assure donc un rôle essentiel au sein de la chaîne alimentaire, ainsi que pour l’écosystème marin.
La baleine mange également du plancton et de petits poissons. La baleine ingère par ailleurs du phytoplancton, qui se colle naturellement au zooplancton et constitue de toute façon la nourriture de ce dernier. De nombreux petits poissons, d’autres crustacés ou des calamars se trouvent souvent pris avec le krill, et sont aussi consommés par la baleine.
Les baleines se trouvent en haut de la chaîne alimentaire. La chaîne alimentaire peut-être courte : ainsi, après le bloom phytoplanctonique se développe le zooplancton dont se nourrit le rorqual. Les rorquals seront donc les premiers à venir (milieu de printemps) dans les sites d’alimentation parce que leurs proies se seront développées tôt. La chaîne peut aussi être plus longue, comme pour la plupart des espèces de cétacés teutophages, dont les proies (les calmars), elles-mêmes se nourrissent de poissons ou de zooplancton.
Les baleines sont souvent présentées comme des alliées précieuses contre le réchauffement climatique, plus efficaces encore que ne le sont les arbres. Les baleines ne produisent pas directement d’oxygène, contrairement aux arbres lors de la photosynthèse. Le rôle des baleines dans la production d’oxygène et la capture des gaz à effet de serre, dont le dioxyde de carbone, est indirect, et passe par l’impact des baleines sur la production de phytoplancton.
Le rôle important des baleines est de fertiliser le phytoplancton en rejetant des excréments riches en azote, phosphore et fer à travers les mers du globe. Les baleines non seulement contribuent indirectement à la production d’oxygène, mais en plus capturent le dioxyde de carbone.
Avec l’augmentation du nombre de ces cétacés, leur rôle dans le recyclage des nutriments devrait rééquilibrer le cycle des éléments nutritifs, et ainsi profiter au krill.
Des études ultérieures ont démontré que les excréments de baleine sont l’une des matières les plus riches en fer des océans. Avec la poussière provenant du Sahara et d’autres lieux sur Terre, les déjections des baleines constituent le pilier du cycle du fer de l’océan Austral. En mangeant, digérant et évacuant le krill, les baleines prélèvent du fer dans les profondeurs de l’océan et le ramènent en surface via leurs excréments, qui flottent. Le fer peut alors être utilisé par le phytoplancton, la proie principale du krill. Plus il y a d’excréments, plus il y a de phytoplancton et de krill, et plus les baleines ont à manger.
La voracité des baleines est trois fois plus importante que prévu, selon une étude parue mercredi dans Nature, qui souligne le rôle essentiel sur les écosystèmes marins de ces animaux décimés par la chasse. Les baleines à bosse, les baleines bleues et d’autres espèces filtrent l’eau de mer à travers leurs fanons pour se nourrir de krill et de petites proies.
L’étude parue mercredi dans Nature a suivi 321 baleines pour connaître leurs habitudes alimentaires. Il en ressort qu’une seule baleine bleue mange quelque 16 tonnes de krill par jour -sachant qu’elles ne se nourrissent pas tous les jours. « C’est un animal de la taille d’un aéroplane, qui absorbe le volume d’une piscine en quelques secondes », souligne l’auteur de l’étude, Matthew Savoca.
Environ 1,5 million de baleines ont été chassées au XXe siècle dans l’océan Austral. La restauration de ces populations permettrait de relancer un cercle vertueux pour tout l’écosystème marin. Cette découverte « nous indique aussi que nous devons améliorer la protection et la gestion des océans à l’échelle la plus large possible, en particulier dans l’océan Austral », estime la scientifique. Les eaux qui bordent l’Antarctique sont vulnérables aux activités humaines, notamment en raison de la hausse des températures causée par le changement climatique et de la surpêche qui, en perturbant la circulation normale des nutriments, pourraient nuire au krill et aux autres ressources alimentaires dont dépendent les cétacés à fanons.
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