Lorsque des parents se séparent, l'une des principales préoccupations est de savoir comment subvenir aux besoins de leurs enfants. La pension alimentaire est précisément là pour répondre à cette question. Mais comment est-elle calculée concrètement ? Quelles sont les règles à connaître ?
L’obligation alimentaire résulte d'une loi napoléonienne faisant primer la solidarité familiale sur la solidarité nationale, ou intervention de la collectivité. Cette obligation réciproque trouve son origine dans le lien de parenté qui lie des enfants avec leurs parents et d’autres ascendants qui « sont dans le besoin ». Sont donc concernés les enfants, les petits-enfants et les arrière-petits-enfants appelés souvent « obligés alimentaires ».
Le code civil prévoit que l’adopté (que ce soit par une adoption simple ou par une adoption plénière) doit répondre à l’obligation alimentaire vis-à-vis de ses parents adoptifs s’ils sont dans le besoin. Il s’agit d’une obligation réciproque dont le débiteur pourra être totalement déchargé si le créancier a manqué à ses obligations envers lui.
Le montant de l’obligation alimentaire est calculé en fonction du besoin de la personne à aider et de la capacité financière de celui ou ceux qui doivent apporter l’aide. Le devoir de secours envers son conjoint prime sur l’obligation alimentaire découlant de la parenté. Toutefois, le conjoint restant à domicile doit pouvoir faire face à ses dépenses courantes.
Le montant de la pension alimentaire dépend de plusieurs facteurs. Le premier est le mode de garde choisi pour les enfants. En cas de garde classique, où les enfants résident principalement chez un parent, la pension sera plus élevée que pour une garde alternée.
Les ressources du parent débiteur, c'est-à-dire celui qui verse la pension, sont également prises en compte. Le nombre d'enfants à charge fait aussi partie de l'équation.
Selon un barème indicatif, un parent devra verser environ :
En garde classique, ces pourcentages grimpent à 18%, 31% et 40%.
Prenons un exemple concret. Paul gagne 2000€ par mois et a deux enfants en garde alternée avec son ex-conjointe. Sa pension alimentaire sera calculée ainsi : (2000 - 565) x 18% / 2, soit environ 130€ par enfant et par mois.
| Situation Familiale | Pourcentage pour 1 Enfant | Pourcentage pour 2 Enfants | Pourcentage pour 3 Enfants |
|---|---|---|---|
| Garde Alternée | 10% | 18% | 25% |
| Garde Classique | 18% | 31% | 40% |
Idéalement, les parents se mettent d'accord sur le montant de la pension et l'inscrivent dans leur convention de divorce. Mais en cas de désaccord, c'est le juge aux affaires familiales qui tranchera. Même en cas de séparation de corps, sans divorce, il est recommandé de rédiger une convention prévoyant le montant de la pension alimentaire.
Le montant fixé n'est pas gravé dans le marbre. Il est indexé chaque année sur l'indice des prix à la consommation. Concrètement, la pension augmente proportionnellement à l'inflation pour maintenir son pouvoir d'achat.
De plus, si la situation du parent débiteur ou les besoins des enfants évoluent significativement, il est possible de demander une révision du montant au juge. C'est par exemple le cas lors d'une perte d'emploi ou de la survenance d'un handicap.
Depuis 2023, les pensions sont versées par l'intermédiaire des CAF ou MSA, pour sécuriser les paiements et limiter les impayés. Le parent débiteur verse la pension à l'organisme, qui la reverse ensuite au parent créancier.
La pension doit être versée selon les modalités fixées par le juge (virements mensuels le plus souvent). Le non-versement de la pension alimentaire est un délit. Le parent défaillant s'expose d'abord à un rappel à la loi et des pénalités de retard. Le parent créancier peut aussi saisir le juge pour obtenir le recouvrement forcé des sommes dues, via la CAF ou les services d'un huissier.
Les aides sociales pour l’hébergement des personnes âgées en établissement ne sont accordées que si le demandeur ne peut pas faire face à ses besoins avec ses propres ressources et si celles de ses « obligés alimentaires » ne sont pas suffisantes. Ainsi on fait appel d’abord aux ressources du demandeur puis à celle des obligés alimentaires avant d’attribuer une aide sociale.
C’est au juge des affaires familiales d’apprécier si la personne qui demande de l’aide est vraiment dans une situation ne lui permettant pas de faire face à ses besoins. Le juge devra prendre en compte la situation (les ressources et les charges) de chaque débiteur potentiel (enfants, gendre ou belle-fille), afin de définir sa capacité à répondre à la demande d’aide.
Les enfants n’ont pas d’obligation solidaire entre eux. Un enfant ne peut être tenu de payer la part due par un de ses frères ou sœurs. Si une modification des besoins de la personne âgée ou de la situation d’un ou plusieurs obligés alimentaires survient, le juge des affaires familiales peut être saisi.
Les gendres et belles-filles doivent contribuer à l’obligation alimentaire sauf si deux conditions sont réunies : le décès du conjoint qui créait le lien familial avec la personne âgée et l’absence d’enfant vivant issu de l’union entre le gendre (ou la belle-fille) et le conjoint décédé.
Une loi d’avril 2024 ajoute dans le Code de l’action sociale des dérogations à l’obligation alimentaire en cas de demande d’aide sociale du parent :
La pension alimentaire perçue par un parent créancier est imposable. Néanmoins, la pension alimentaire n’est pas imposable en totalité. Le créancier profite aussi d’un abattement de 10 % sur le montant total de la somme versée. Un abattement minimum de 450 € est ensuite appliqué pour chaque enfant à charge.
Un amendement adopté en octobre 2025 propose de rendre non imposables les pensions alimentaires versées pour les enfants mineurs, dans la limite de 4 000 € par enfant.
Les services d’un avocat en divorce sont indispensables pour la négociation du montant de la pension alimentaire.
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