Le Café du Croissant, aujourd'hui connu sous le nom de Taverne du Croissant ou Bistrot du Croissant, est un bistrot et café situé dans le 2e arrondissement de Paris. Il est célèbre pour avoir été le théâtre de l'assassinat de Jean Jaurès par Raoul Villain le 31 juillet 1914.
La Taverne du Croissant aujourd'hui. Image illustrative du café actuel.
Entre l’Opéra, le Sentier et les Grands boulevards, la « République du Croissant » désignait, dès la fin du 19e siècle, le quartier des imprimeries et des journaux. L’épicentre de ce petit monde de la presse était alors situé à l’intersection de la rue Montmartre et de la rue du Croissant.
Aujourd’hui, la rue du Croissant est bien plus calme qu’à l’époque de la « République du Croissant », quand la presse française était la plus lue dans le monde.
Dans un article récent, j'ai exploré la station de Métro Jaurès dans le 19ème arrondissement. Auguste Marie Joseph Jean Léon Jaurès est né le 3 septembre 1859 à Castres, dans le sud-ouest de la France. La carrière politique de Jean Jaurès a commencé en 1885 lorsqu'il a été élu député (membre de l'assemblée législative du Parlement français) pour le département du Tarn. En plus d'être un homme politique, Jaurès était également journaliste. Il a édité La Petite République et, avec Émile Zola, a été l'un des défenseurs les plus énergiques d'Alfred Dreyfus lors de la tristement célèbre affaire Dreyfus.
À la fin du 19e siècle, avec ses dirigeants morts ou exilés après l'échec de la Commune de Paris en 1871, le socialisme français était en désarroi. Ce n'est qu'en 1905, avec la création de la SFIO, la Section Française de l'Internationale Ouvrière, que la gauche a gagné une certaine cohérence. Alors que les nuages sombres descendaient sur l'Europe en 1914, Jean Jaurès croyait passionnément qu'il valait la peine d'essayer d'utiliser des moyens diplomatiques pour empêcher la guerre. Il a essayé de promouvoir la compréhension entre la France et l'Allemagne, puis, alors que le conflit devenait imminent, il a essayé d'organiser des grèves générales en France et en Allemagne afin de forcer les gouvernements à reculer et à négocier.
Jaurès nageait cependant à contre-courant. Le 30 juillet 1914 après-midi, Jean Jaurès est revenu à Paris d'une réunion d'urgence du Bureau International Socialiste de la Deuxième Internationale à Bruxelles. Le soir, il est allé au Café du Croissant pour dîner avec quatre collègues. Jaurès était assis à une table dos à une fenêtre ouverte, protégé de la rue par un rideau tiré.
Dans la rue, un étudiant en archéologie de 29 ans, membre de la Ligue des Jeunes Amis d'Alsace-Lorraine et nationaliste français, Raoul Villain, se tenait prêt à assassiner un homme qu'il n'avait jamais rencontré. Il a tiré deux coups de feu avec un revolver Smith & Wesson. Un étudiant, rue du Louvre, qui explique son geste par le fait que Jean Jaurès aurait trahi son pays en combattant la loi des trois ans. Une loi qui visait à augmenter la durée du service militaire. Dans un climat politique d'avant guerre très tendu, il était soupçonné de pactiser avec l'ennemi Allemand.
L'assassinat de Jean Jaurès est un point clé du déclenchement de la première guerre mondiale. En effet le lendemain l'Allemagne déclare la guerre à la Russie, dans la foulée la France déclenche une mobilisation générale.
La réaction à la mort de Jaurès a été mitigée, la gauche était naturellement en colère tandis que certains à droite se réjouissaient, mais à travers l'Europe, la réaction a été une vague de choc. En mourant, Jean Jaurès a reçu la plus haute distinction que les Français puissent accorder. Étonnamment, en 1919, Raoul Villain a été acquitté du meurtre de Jean Jaurès. Le 17 septembre 1936, il a été abattu pendant la guerre civile espagnole.
Photographie de l'assassinat de Jaurès au Café du Croissant.
Le souvenir de Jaurès reste évoqué de différentes manières dans le café. Sur la façade, une plaque commémorative est apposée en 1923 par la Ligue des droits de l'homme. Au sol, une mosaïque rouge et or dessine la date de sa mort à l'endroit où il est tombé.
Un rassemblement a lieu devant le Café du Croissant le soir du 29 juillet 1934, pour le 20e anniversaire de l'assassinat de Jaurès, après un autre rassemblement le matin au Panthéon. Dans un contexte où la gauche s'unit et organise des manifestations antifascistes après les émeutes d'extrême droite du 6 février 1934, c'est la première fois depuis 1921 que les forces de la gauche commémorent ensemble cet événement.
Le 31 juillet 1984, le président de la République, François Mitterrand, se recueille au Café du Croissant pour le 70e anniversaire de l'assassinat. En 2014, pour le centenaire de l'assassinat, l'établissement propose un menu spécial pour le dîner.
Le 20 février 1938, le propriétaire du café, Albert Wiedmer, fait don à Gaston Chardin, maire de Champigny-sur-Marne, de la plaque en marbre recouvrant la table sur laquelle Jaurès a été assassiné. La plaque en marbre repose désormais sur un cénotaphe en bois, orné d'une sculpture en bronze représentant Jaurès de profil, entre deux pages extraites du livre d'or de la ville. L'ensemble est exposé sur l'escalier d'honneur de l'hôtel de ville de Champigny.
Voici un résumé des événements commémoratifs importants liés à l'assassinat de Jean Jaurès au Café du Croissant :
| Date | Événement |
|---|---|
| 29 juillet 1934 | Rassemblement pour le 20e anniversaire de l'assassinat |
| 30 juillet 1964 | Rassemblement pour le 50e anniversaire de l'assassinat, discours par Étienne Fajon |
| 31 juillet 1984 | Recueillement de François Mitterrand pour le 70e anniversaire |
| 2014 | Centenaire de l'assassinat, menu spécial au café |
« Le plus grand danger à l’heure actuelle n’est pas, si je puis dire, dans les événements eux-mêmes. […] Il est dans l’énervement qui gagne, dans l’inquiétude qui se propage, dans les impulsions subites qui naissent de la peur, de l’incertitude aiguë, de l’anxiété prolongée. […] Ce qui importe avant tout, c’est la continuité de l’action, c’est le perpétuel éveil de la pensée et de la conscience ouvrière. Là est la vraie sauvegarde. »
« The greatest danger today is not, so to speak, in the events themselves. […] It is in the nervousness that grows, in the concern that is propagated, in the sudden impulses that arise from fear, of acute uncertainty, prolonged anxiety. […] What matters above all is the continuity of action, it is the perpetual awakening of thought and of working-class consciousness. That is the real safeguard. »
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