Le Marché du Porc Breton (MPB), situé à Plérin, près de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), joue un rôle central dans la filière porcine française. Installé au cœur du principal bassin d’élevage de porcs de France, ce marché au cadran organise deux séances de cotation par semaine, le lundi après-midi et le jeudi matin, sous la forme d’enchères électroniques dégressives.
Le prix du porc fixé deux fois par semaine dans ce marché est appliqué ensuite à toute la France.
Le marché fonctionne avec une petite équipe de seulement quatre personnes.
Le Marché du Porc Breton est constitué en association. Les groupements de producteurs de porcs contrôlent cette association, au nombre de 11, dont notamment Prestor, CAM 53, Triskalia ou Agrial. Sont également membres de l’association 14 industriels de la transformation comme Kermené, filiale du groupement E.Leclerc, mais également SVA, filiale du groupement Intermarché. Les organisations professionnelles et syndicales font aussi partie de son tour de table.
Des industriels indépendants, comme le groupe Jean Floc’h, et des acheteurs, comme ceux de Charal, filiale à 100 % du groupe Bigard, le numéro un français de la viande, s’approvisionnement également en porcs vivants auprès de ce marché.
Son financement est assuré par une cotisation de 2,5 centimes d’euro par porc abattu.
Les acheteurs disposent à l’avance de catalogues de présentation des porcs - poids, caractéristiques, provenance - avant d’enchérir. Le marché le plus important de la semaine est celui du jeudi, où sont vendus de l’ordre de 60.000 porcs. Les acheteurs sont des représentants des principaux abattoirs du grand Ouest.
Dans le détail, "cela fonctionne comme une salle aux enchères", rapporte Magali Boissin. "Les acheteurs font d'abord leur choix sur catalogue. Un prix est affiché, et puis, il baisse au fur et à mesure jusqu'à ce que le lot de porc trouve preneur. Quand quelqu'un veut faire une offre, il appuie sur un bouton, puis son numéro d'acheteur s'affiche sur un cadran, d'où le terme de 'marché au cadran'", explique la journaliste.
Concrètement, un lot est proposé à un certain prix, fixé selon des critères tels que la taille du lot, la proximité de l’élevage avec des abattoirs ou de grands axes routiers. Les abattoirs ont chaque semaine un quota de porcs qui leur est réservé, selon leur importance sur le marché, détaille Libération (9 000 pour la Cooperl, 6 000 pour Bigard-Socopa…). Le prix du lot diminue ensuite progressivement de 0,001 centime en 0,001 centime. Quand un acheteur est intéressé, il appuie sur un bouton et son identifiant s’affiche sur le cadran de la salle - d’où le nom de la vente. L’éleveur vendeur doit ensuite accepter ou non le prix proposé.
Les abattoirs revendent ensuite la viande achetée à la grande distribution, en fixant les prix de gré à gré. Enfin, la viande est vendue dans les super et hypermarchés, à un prix que fixe l’enseigne.
Des règles très strictes ont été établies au fil des années pour l’organisation du marché. Les prix de vente de chacune des cotations ne peuvent pas évoluer à la hausse ou à la baisse de plus de 5 centimes par kilo.
Le Marché du Porc Breton à Plérin (Côtes-d'Armor)
Créé il y a plus de quarante ans, en 1972, le marché du porc breton a eu pour but de réguler les ventes de porcs en vif et d’instaurer une cotation unique afin de mettre sur un pied d’égalité tous les producteurs et les industriels de la transformation. Le prix final fixé à l’issue de chacune des enchères est en effet appliqué ensuite par l’ensemble des acteurs de la filière, qu’ils passent ou non par ce marché au cadran.
« A chaque fois qu'il y a une crise, on remet en cause cette organisation d'enchères dégressives... Qu'on en trouve une autre plus efficace. Jusqu'à présent, cela n'a pas été le cas », martèle Daniel Picard.
Le gouvernement et les distributeurs souhaiteraient que le système du marché au cadran soit revu, son rôle étant jugé trop important, mais aucun scénario précis n'est encore formulé.
« L’heure est venue pour le marché de s’ouvrir à tout le monde, dès aujourd’hui le marché du porc breton devient le marché du porc français », annonce François Pot, président du marché du porc français (MPF) lors de l’assemblée générale qui s’est déroulée le 6 juin à Plérin (22). L’occasion pour le président de lancer l’appel : « J’invite les éleveurs des autres régions à présenter leurs porcs au catalogue. Cela va permettre de renforcer les choix de Vallégrain, Holvia et Tradival, les 3 abattoirs qui achètent des porcs depuis quelques mois au marché à Plérin. »
Ce changement de nom pour le marché sonne comme une évidence puisque le prix fixé lors du cadran sert de référence à toute la filière française. Et Michel Bloc’h, président de l’UGPVB, d’ajouter : « Le prix fixé lors du marché est respecté par quasiment tout le monde, cela veut dire qu’il est bien fait. »
Plusieurs facteurs peuvent influencer le prix du porc, notamment l'offre et la demande. S’il y a plus de porc disponible à la vente que d’acheteurs, le prix baisse. C’est le cas en France, où les éleveurs produisent assez pour satisfaire les besoins des consommateurs.
Malgré cette situation, les autres acteurs de la filière (transformateurs et distributeurs) importent de la viande étrangère, souvent meilleur marché, et qui tire donc les prix vers le bas sur le marché intérieur.
En temps normal, les ventes à l’étranger permettent de compenser ce déséquilibre. Mais plus depuis la fin 2014 : la Russie a mis en place un embargo sur les produits alimentaires venant d’Union européenne, pour des raisons diplomatiques. Or c’était l’un des plus gros importateurs de porc français : 26.853 tonnes en 2013, contre seulement 1.618 en 2014 et rien en 2015. Tous ces facteurs ont contribué à faire dégringoler le prix du porc.
Alimentation des bêtes, coûts de fonctionnement des exploitations, investissements matériels et taxes ponctionnées par l’Etat : élever des porcs coûte cher. Quand le cours est trop bas, les éleveurs vendent donc à perte, ce qui fut le cas sur quatre années entre 2009 et 2014.
Sur le prix de vente de la viande de porc en magasin, les producteurs se plaignent de ne toucher qu’une trop petite part. La plus grande partie de ce montant (souvent autour de 50%) revient directement au distributeur. Pour couronner le tout, quand le prix de vente baisse, c’est la part revenant à l’éleveur qui se réduit, pas celle du distributeur qui conserve sa marge.
Pour toutes ces raisons, les éleveurs français ont demandé, début 2015, que le gouvernement fixe un prix minimum du porc : 1,40€/kilo, un prix plancher pour ne pas travailler à perte. Ils obtiennent gain de cause en juin, mais l’accord ne tient que quelques semaines.
Après plusieurs mois de crise et sept semaines d’interruption des cotations au marché de Plérin, le cours du porc remonte doucement début 2016, mais toujours loin des 1,40€ que demandaient les éleveurs.
Premier transformateur de viande porcine en France, le groupe Cooperl Arc Atlantique, situé à Lamballe (Côtes-d’Armor), s’approvisionne à hauteur de seulement 10 % de ses besoins auprès du marché de Plérin. L’industriel respectait jusqu’à présent le tarif fixé pour l’ensemble de ses autres achats en porcs vivants effectués en direct auprès de ses 2.700 adhérents. Malgré l’engagement pris en juin avec l’ensemble de la filière d’un prix minimal d’achat de 1,40 euro le kilo, il estime aujourd’hui qu’il a été fixé artificiellement « à des fins politiques », sans correspondre à la réalité économique.
Cooperl, qui ne fait pas partie du Marché du porc breton, souhaiterait des modifications dans l’organisation de ce marché. Son directeur général, Emmanuel Commault, remet en cause les règles actuelles qui veulent, notamment, que les volumes non affectés en fin de marché soient vendus « de force » aux différents intervenants. En période de croissance, cela ne pose pas de problème, mais c’est très différent en cas de crise (comme actuellement), fait valoir Cooperl.
Retour sur une année 2015 particulièrement difficile pour la filière porcine. Au 31 décembre 2015, le prix d’un kilo de porc qui entrait à l’abattoir était de 1,07€. Un prix inférieur de dix centimes à celui du début d’année (1,17€/kg la première semaine de janvier), et surtout bien loin du montant souhaité par les fédérations agricoles, la FNSEA en premier lieu : 1,40€ le kilo.
C’est début août que les deux gros transformateurs que sont Cooperl et Bigard-Socopa, représentant à eux deux 30 % des achats de porc à Plérin, ont claqué la porte et boycotté les ventes, estimant que les prix étaient désormais trop élevés et dénonçant « une cotation politique totalement décalée du prix de marché européen », selon les termes du communiqué diffusé par le Sniv, le syndicat des entreprises françaises des viandes. La Cooperl affirme perdre 35 centimes d’euro pour chaque kilogramme vendu à l’export.
Le Sniv appelle désormais à « sortir du carcan du Marché du porc breton [de Plérin] et, a minima, remettre à plat son règlement qui ne vise qu’à obtenir les cours les plus élevés d’Europe sans autre considération pour les abattoirs qui en meurent ». Les abatteurs s’alarment en effet de ne pouvoir rivaliser avec leurs concurrents européens, parfois plus compétitifs. L’Allemagne est notamment accusée et a fait l’objet de plusieurs plaintes au niveau européen pour « dumping social ».
Les faillites d’importants abattoirs, comme GAD en Bretagne ou AIM en Normandie, ont illustré ces dernières années la situation difficile du secteur en France.
Les marchés mondiaux réajustent les prix du porc à la baisse. L’offre est excédentaire par rapport à la demande. En Allemagne, les acheteurs montrent un faible intérêt pour les porcs et l’offre excédentaire en porcs se réduit lentement. La situation s’est détériorée avec l’apparition de la fièvre aphteuse qui a perturbé le commerce des animaux vivants. Aux Pays-Bas, l’offre est aussi excédentaire et la hausse des poids de carcasse pèsent sur les cours. De même, au Danemark, le marché est déséquilibré, en grande partie attribué aux difficultés du marché allemand, selon Danish Crown.
Les tensions sur les marchés nord-européens imposent de fortes corrections des prix, créant des pressions sur l’ensemble du secteur. Les prix perçus chutent de 6,7 % entre décembre et janvier en Allemagne, de 5,3 % au Pays-Bas et 2,6 % au Danemark. Toutefois, en Espagne, les excédents d’abattage accumulés pendant les fêtes de fin d’année ont rapidement diminué, permettant un retour à une situation plus fluide sur le marché. Le prix perçu en Espagne est à 2,0 €/kg en moyenne en janvier (-0,7 % en un mois).
De son côté, la France a aussi résorbé les reports d’abattages suite aux fériés de manière plutôt efficace, bénéficiant des activités promotionnelles de rentrée qui soutiennent la demande en grande distribution. Le prix au Cadran est toujours stable, avec un prix de base négocié lors du dernier marché du mois à 1,69 €/kg. Le prix perçu s’est ainsi stabilisé à 1,86 €/kg en janvier.
Tous les mercredis matin, l'équipe organise une réunion téléphonique avec ses homologues allemand, espagnol, italien et belge pour dégager une vue européenne des cotations et des évolutions attendues. En effet, les marchés du porc au sein de l'UE sont en mode explosif, battant record sur record dans une course effrénée.
Graphique 1. Graphique 2. L'invasion de l'Ukraine par la Russie entraîne une hausse vertigineuse des marchés mondiaux des matières premières destinées à l'alimentation animale. Nous sommes passés en peu de temps d'un prix de revient du porc vivant de 1,30 à plus de 1,55 euros/kg en vif. Il en va de même pour l'énergie.
Les agriculteurs d'Europe centrale, qui en ont marre d'en avoir marre, en ont assez d’engraisser des porcs. Plus de 16 mois de prix de vente inférieurs aux coûts ont décapitalisé et démoralisé le secteur. La concentration des entreprises : les opérateurs sont de moins en moins nombreux (tant dans le secteur de l'élevage que dans celui des abattoirs) et de plus en plus importants.
Le manque de porcs en raison de la restriction de l'offre est le premier facteur responsable de ce qui se passe. Pour le moment, il est très difficile d'entrevoir ou de pressentir jusqu'à quel niveau le porc peut monter. Nécessité oblige, il semble évident que nous allons dépasser tous les records historiques qui ont été établis. Les éleveurs ont besoin de pouvoir vendre leurs porcs à un prix supérieur au prix de revient.
Le fait est que l'industrie de transformation européenne (les producteurs de saucisses) devra faire face à des prix d'achat de leur matière première (la viande) 50 à 70% plus élevés ce printemps qu'au second semestre 2021. La filière est confrontée à un mur infranchissable. Il ne sera pas facile de convaincre les grands supermarchés et les chaînes de supermarchés que les prix des produits transformés doivent augmenter.
La filière doit faire face à cette tâche difficile et très compliquée. Nous pensons qu'il est essentiel de pouvoir renégocier les contrats de vente de produits transformés à base de porc. Les autorités européennes et les différents gouvernements des États membres devraient comprendre (et agir en conséquence) que les grands maux demandent de grands remèdes. Et d‘y mettre du leur (proposer un interlocuteur ? proposer une médiation ? proposer un arbitrage ?).
Nous pensons que la survie d'une grande partie du secteur de la transformation est en jeu. Et c'est très grave. Il n'est pas possible d'absorber, tout bonnement, des hausses du prix de la viande de l'ordre de 50 et 70%. C'est une évidence. Il s'agit d'un mur très haut et lisse, inaccessible sans aide. Espérons que les fabricants et les supermarchés (avec l'aide des autorités ?) parviendront à se mettre d'accord sur des conditions minimales pour trouver une voie praticable.
La situation est d'une complexité, d'une dangerosité et d'une délicatesse sans précédent. Nous vivons des moments véritablement historiques. Le conflit en Ukraine n'étant pas résolu, nous allons voir et vivre des situations très compliquées. L'ensemble de l'Europe va devoir se serrer la ceinture. Nous allons tous en pâtir, personne n'est à l'abri.
« En 2023, nous avons mis en marché 1,339 million de porcs soit un recul de 1,5 % par rapport à l’année précédente. Le prix du porc au marché du porc breton aura connu une année 2023 exceptionnelle avec une moyenne annuelle à 2,11 €/kg. C’est la première fois que l’on dépasse les 2 € de moyenne », lance Pascal Duot, directeur du marché du porc français. L’année 2023 a aussi été marquée par le départ du marché de Bigard et de la Cooperl.
Ce lundi 23 février 2026, le prix moyen observé au Marché du Porc Français est reconduit à 1,410 €. Sur la zone UNIPORC, les abattages poursuivent leur recul, tout en demeurant supérieurs à la référence de 2025. La semaine dernière, 362 297 porcs ont été abattus, pour un poids moyen de 98,42 kg.
En Europe, la dynamique des prix demeure orientée à la hausse, portée notamment par la revalorisation allemande de +5 centimes et par l’accélération du prix espagnol, en hausse de 3,5 centimes jeudi dernier.
| Période | Prix moyen (€/kg) | Observations |
|---|---|---|
| Année 2023 | 2,11 | Prix annuel exceptionnel, première fois au-dessus de 2€ |
| 23 février 2026 | 1,410 | Prix moyen observé au Marché du Porc Français |
Cotation au Marché du Porc Breton
Seulement 18 à 20 % de l’ensemble de la production porcine française sont vendus par l’intermédiaire du Marché du porc breton.
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