Le bambou est devenu un matériau populaire pour les ustensiles de cuisine, les boîtes à lunch et la vaisselle, en particulier pour les enfants. Cependant, la réglementation concernant l'utilisation du bambou en contact avec les aliments est stricte en France et en Europe. Cet article vise à clarifier les règles en vigueur, les risques potentiels et les alternatives sûres.
Comme son nom l’indique la fibre est issue de la plante du même nom. Le bambou est un plant naturel avec de nombreux bienfaits. Il pousse vite, il est peu gourmand en eau, etc. La fibre est obtenue avec de la poudre de bambou mélangée à un liant.
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a publié une note explicative pour clarifier le cadre réglementaire concernant le bambou. Dans une note datée du 4 juin 2021, la DGCCRF signale que les objets en plastique contenant des fibres de bambou ne sont pas conformes aux dispositions réglementaires européennes relatives aux matériaux et objets destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires (dit aussi « MCDA ») et ne peuvent donc pas être mis en vente sur le marché de l’Union européenne.
En effet, une forte diffusion de matériaux et objets destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires (MCDA) en « fibres de bambou » (ou autres fibres végétales) additionnés de résines plastiques a été constatée sur le marché européen. Ils font par ailleurs fréquemment l'objet d'allégations non justifiées ("100% naturel" "en bambou"etc.).
Depuis 2021, la DGCCRF a indiqué dans son règlement que le bambou ne faisait pas partie des substances autorisées pour être utilisé dans les produits plastiques au contact de denrée alimentaire. La DGCCRF indique clairement : « Le bambou ne figure pas dans la liste positive du règlement (UE) n°10/2011. Il n’a donc pas fait l’objet d’une évaluation dans le cadre de ce règlement et par conséquent, il n’est pas autorisé dans les matériaux en plastique destinés au contact alimentaire ».
Pour résumer, seules les substances figurant sur la liste positive du règlement (UE) n° 10/2011 peuvent être utilisées intentionnellement dans les MCDA plastiques. Le bambou ne figure pas sur cette liste, il n’a donc pas fait l’objet d’une évaluation dans le cadre de ce règlement et par conséquent n’est pas autorisé dans les MCDA en plastiques.
Il a été prouvé que l’alliage de poudre de bambou et de liant plastiques (mélamine) amenait à des migrations et qu’il déstabilisait le produit fini. « Ce qui pose problème avec ce matériau est le risque de migrations de formaldéhyde ou de mélamine. Il y a eu un nombre élevé de rappels produits ces dernières années », observe Anne-Laure Bequet, chef de projet réglementation d’Adria Développement.
Il a par ailleurs été constaté que l’utilisation de fibres de bambou dans des matières plastiques a pour effet de déstabiliser le produit fini menant ainsi à des migrations (notamment en formaldéhyde ou mélamine) supérieures à celles observées dans les produits plastiques conventionnels.
Ainsi l’agence sanitaire allemande a démontré dernièrement dans un rapport que certaines substances comme le formaldehyde ou la mélamine pouvaient migrer vers les aliments lors de fortes températures. Ces substances potentiellement à risque pour la santé proviennent du liant pour le plastique et la poudre/fibres de bambou.
Une note de la Commission européenne indique aussi que 10% des signalements liés à ces produits et effectués dans le cadre du Système d’alertes rapides pour les produits alimentaires indiquaient un dépassement d’un facteur de plus de 10 de la limite des migrations de formaldéhyde vers l’aliment.
Attention aux étiquettes ! Certaines marques veulent faire passer des produits comme du 100% bambou alors que ce n’est pas le cas. Ces objets à base de matières plastiques sont soumis à la réglementation sur les MCDA. Enfin, les contrôles réalisés ont mis en exergue le fait que de nombreux produits en bambou mélaminés sont vendus comme étant des produits durables, recyclables et naturels avec des mentions comme « 100% naturel » « eco-friendly » ou encore « 100% bambou ».
Or ces produits contiennent du plastique qui ne permet pas de les recycler complètement. Les mentions ne reflètent donc pas la nature du produit alors même que l’article 3(2) du Règlement n°1935/2004 sur les MCDA impose que « l’étiquetage, la publicité et la présentation d’un matériaux ou d’un objet ne doivent pas induire le consommateur en erreur ».
La SEULE exception pour de la fibre de bambou présente dans des contenants plastiques : l’entreprise doit faire une demande auprès de l’Autorité Européenne de sécurité sanitaire des aliments (EFSA). De même, l’utilisation de matériaux contenant des fibres de bambou dans les matières plastiques nécessite ainsi de déposer un dossier de demande d’autorisation de ces fibres en tant qu’additif dans les matières plastiques.
« Les fibres de bambou feront alors l’objet d’une évaluation par l’Autorité Européenne de sécurité sanitaire des aliments (Efsa) conformément à la procédure établie aux articles 8 à 12 du règlement (CE) n°1935/2004 », indiquent les autorités. In fine, seul un avis positif de l’Efsa permettrait de les ajouter à la liste positive du règlement plastique pour une utilisation en tant que matériaux et objets destinés au contact alimentaire.
Il est donc indispensable de s’assurer que les produits « en bambou » que l’on achète et que l’on utilise sont bien uniquement en bambou et non en fibres de bambou. Pour les objets en fibres de bambou en revanche, le matériau a l'apparence du plastique. Ensuite, vérifiez scrupuleusement la composition des objets que vous souhaitez acheter, et écartez tous ceux en fibres de bambou.
On choisit des MCDA (matériaux en contact avec des denrées alimentaires) comme des sets de couverts, bento ou vaisselles en 100% bambou !
| Matériau | Autorisation | Risques |
|---|---|---|
| Bambou 100% | Autorisé | Aucun risque connu |
| Fibres de bambou mélangées à du plastique | Interdit sans autorisation EFSA | Migration de formaldéhyde et mélamine |
Dès 2018, de nombreux rappels ont été effectués dans l’Union européenne du fait de l’existence d’un danger pour la santé constaté notamment sur des objets en « bambou mélaminé » comme des ustensiles de cuisine mais également des objets de puériculture.
Déjà en 2013, la DGCCRF révélait les résultats d’une enquête sur l’aptitude au contact des objets en bois et en en bambou. A cette occasion, elle a mis en évidence que les objets en bambou contenant du plastique présentaient un taux d’anomalie de 13,8 % avec notamment la migration de formaldéhyde sur les denrées alimentaires.
Dès le début de l’année 2019, un plan de contrôle coordonné entre les États membres, visant à évaluer la migration de substances sur les denrées alimentaires et en particulier sur les plastiques présents dans les objets en bambou a été mis en place (cf. Recommandation n°2019/794 de la Commission européenne). Les États membres de l’Union européenne ont alors accru leurs contrôles sur ces produits en plastique non conventionnels de type bambou mélaminé.
Des migrations de substances sur les denrées alimentaires, comme le formaldéhyde ou la mélamine, représentant un risque pour la santé, ont été observées lorsque ces objets étaient chauffés ou lorsqu’ils contenaient du liquide chaud, ce qui a donné lieu à des alertes, notamment par l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques (BFR).
La DGCCRF conclut sa note en indiquant que si les fabricants et importateurs souhaitent continuer à commercialiser dans l’Union ce type de produit, le Bambou (en fibre ou en poudre) devra être autorisé par l’Autorité européenne de sécurité sanitaire des aliments (EFSA) aux termes de la procédure d’évaluation issue du Règlement n°1935/2004.
Les opérateurs concernés vont-ils diligenter cette demande auprès de l’EFSA ?
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