La consommation de viande en France est un sujet complexe, influencé par des facteurs économiques, environnementaux et de santé publique. Cet article explore les tendances récentes, les habitudes des consommateurs et les implications de ces changements.
Depuis les années 2000, la consommation totale de viande en France continue d'augmenter, portée par la croissance démographique. En 2000, la France consommait 5 290 milliers de tonnes équivalent-carcasse (TEC), une unité qui permet de prendre en compte le poids de viande des animaux abattus et des produits transformés contenant de la viande. Néanmoins, mis à part quelques variations, dues aux effets de prix ou aux scandales sanitaires, la consommation de viande par habitant s'est, elle, stabilisée autour de 84 kgec (kilogrammes équivalent-carcasse) depuis 2010. L'année 2023 marque toutefois une légère baisse.
Cette relative stabilité s'est néanmoins accompagnée de certains changements d'habitudes : si les Français ont ralenti leur consommation de viande à domicile, celle-ci a été compensée par une consommation en dehors du domicile.
Pourtant, il est difficile de conclure que la prise de conscience écologique est à l'origine de cette inflexion. Parmi les facteurs évoqués pour expliquer ce léger recul de la consommation en 2023 : l'inflation, mais aussi les questions de bien-être animal.
D'autres éléments pourraient être à l'origine de cette relative décrue de la consommation de viande. Si les quantités consommées par personne sont relativement stables sur le long terme, les habitudes de consommation ont, elles, évolué.
Dans les assiettes des Français, c’est la volaille qui a désormais la cote, en particulier le poulet, dont la consommation a plus que doublé en 20 ans (+ 124 %). Au total, la consommation de viande a augmenté en France au cours des 20 dernières années (+ 7 %), mais principalement en raison de la hausse de la population. En effet, la consommation par habitant est, elle, en légère baisse : elle est passée de 87 à 85 kg (-2,3 % en 20 ans).
De 1,63 million de tonnes consommées en 2004, la viande bovine est descendue à 1,42 million en 2024, soit une baisse de 13 % sur deux décennies, selon une étude parue en juillet 2025. Cette tendance n’est pas nouvelle, puisqu’une étude plus ancienne (2020) la datait du début des années 1980. Et au-delà de la viande bovine, elle s’applique à toutes les viandes de boucherie (ovine, caprine, équine), hormis le porc dont la consommation est quasi stable depuis le début des années 2000.
En 2024, le kilogramme de bœuf acheté par les ménages coûtait en moyenne 15,23 euros, contre 8,37 euros pour le poulet.
La consommation de viande en France est en baisse régulière depuis une dizaine d'année. Le Programme National Nutrition Santé recommande de limiter sa consommation de viande, toutes en dehors de celle de volaille (bœuf, veau, agneau, porc, viande chevaline...) à 500 g/semaine(2). Cette quantité de 500 g correspond à la viande consommée, donc cuite.
Selon le Crédoc1, en 2019, la consommation hebdomadaire moyenne de viande d’un adulte est de 300 g, avec une fréquence de 2 à 3 fois par semaine. Bien sûr, la consommation moyenne cache de grandes disparités : 23 % en mangent moins de 100 g par semaine, alors que 20 % en mangent plus de 500 g par semaine(1). Si la diminution de la part des grands consommateurs est conforme aux recommandations de santé publique, l’augmentation de celle des petits consommateurs n’est pas forcément bénéfique.
Les apports en fer sont d'autant plus importants à prendre en considération que moins de 6 femmes en âge de procréer sur 10 ont une valeur normale de ferritinémie : 20 % ont une déplétion totale des réserves en fer et 21,5 % des réserves faibles.
Une consommation durable doit être raisonnable et adaptée aux besoins. La filière s’est dotée d’un outil d’information des consommateurs : « le repère de portion » qu’elle diffuse depuis 2018. Élaboré par des diététiciens, complémentaire et cohérent avec les recommandations officielles, ce repère est plus pratique que les grammages.
En 2024, un tiers de la viande consommée en France (34 %) était de la viande importée. Cette part est en augmentation, puisqu’elle s’élevait à 31 % en moyenne sur la période de 2019 à 2023. Pour le poulet comme pour les bovins, cette part est en augmentation de 3 points par rapport à la moyenne 2019-2023.
Diviser sa consommation de viande par deux : voilà l'une des conditions nécessaires pour que la France soit en mesure de respecter ses objectifs climatiques. "L'alimentation représente 22% de l'empreinte carbone nationale", rappelle le rapport. Il s'agit donc d'un des leviers majeurs pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Cette évolution constitue un progrès si l'on se concentre uniquement sur les enjeux d'émissions de gaz à effet de serre, constate la chercheuse. Mais cette avancée doit être remise dans le contexte de l'urgence climatique actuelle. De plus, pour aborder la question du changement climatique dans sa globalité, d'autres facteurs doivent être pris en compte.
L'élevage de granivores, comme les porcins et les volailles, nécessite ainsi de dédier des parcelles à l'alimentation de ces animaux, alors même que ces terrains agricoles pourraient être utiles directement pour l'alimentation humaine. De plus, les volailles d'élevage sont nourries essentiellement avec du soja, dont la culture favorise la déforestation, notamment en dehors de l'Europe.
Depuis le XIXe siècle, la température moyenne de la Terre s'est réchauffée de 1,1°C. Les scientifiques ont établi avec certitude que cette hausse est due aux activités humaines, consommatrices d'énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz). Ce réchauffement, inédit par sa rapidité, menace l'avenir de nos sociétés et la biodiversité. Mais des solutions - énergies renouvelables, sobriété, diminution de la consommation de viande - existent. Découvrez nos réponses à vos questions sur la crise climatique.
| Année | Consommation totale de viande (milliers de tonnes TEC) | Consommation par habitant (kg ec) |
|---|---|---|
| 2000 | 5 290 | Non spécifié |
| 2010 | Non spécifié | ~84 |
| 2023 | Non spécifié | Légère baisse |
tags: #consommation #viande #France #statistiques
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic