Causes et Conséquences de l'Augmentation des Cours Alimentaires

L'augmentation des cours alimentaires est un problème mondial complexe, influencé par une multitude de facteurs interconnectés. En 2022, l'indice des denrées de base établi par l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) a atteint un niveau record, soulignant l'urgence de comprendre et d'adresser ce phénomène.

Les Origines de la Hausse des Prix

La guerre déclenchée par la Russie contre l’Ukraine le 24 février 2022 a été suivie par une brusque flambée des prix agricoles et alimentaires mondiaux qui s’est vite propagée à la plupart des marchés nationaux.

Bien qu'ils rebaissent depuis mi-2022, les cours mondiaux, en particulier du blé, du maïs et des oléagineux, ont atteint des records historiques : l’indice des prix alimentaires de la FAO a atteint un niveau supérieur de 20 % au pic de juin 2008.

Il est essentiel de souligner, qu’en aucun cas, la hausse des prix n’est imputable à un déficit de production ou à une pénurie globale, que ce soit dans la période préalable ou dans celle postérieure au conflit ukrainien. La production agricole mondiale a continué à progresser tout au long de la période et les stocks mondiaux se sont maintenus à des niveaux à peu près constants.

En 2022, l'indice des denrées de base établi par l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) s'est établi en moyenne à 143,7 points, soit une hausse de 14,3 % par rapport à 2021, un record historique. Les prix alimentaires se sont stabilisés en fin d'année.

Facteurs Exogènes et Endogènes

Du point de vue de la France et même de l’Europe, la poussée des prix a donc à l’origine des causes extérieures (certes elles-mêmes reflétant nos « dépendances »). Sur longue période, parmi les composantes de l’indice des prix à la consommation en France, les prix de l’énergie sont tout à la fois les plus volatils et les plus dynamiques. À cet égard, la période récente ne fait bien sûr pas exception. Mais elle se distingue par l’ampleur de l’envolée des prix et par le fait que l’électricité, le gaz et les produits pétroliers y ont nettement contribué.

La hausse des prix à la consommation en France a atteint 5,2 % en moyenne en 2022. Cela s’explique par une conjonction de tensions mondiales sur les approvisionnements, les matières premières et l’énergie, amplifiées en Europe par la guerre en Ukraine. La hausse des prix en 2022 est venue principalement du dynamisme des prix de l’énergie (+ 23 % par rapport à 2021), de l’alimentation (+ 7 %) et dans une moindre mesure des autres produits. Un tel niveau d’inflation n’avait pas été constaté depuis le milieu des années 1980.

La demande de biens a été notoirement forte aux États-Unis, où le soutien budgétaire aux ménages a été massif, plus encore qu’en Europe. Les cours mondiaux de l’énergie et des matières premières, industrielles comme alimentaires, ont alors fortement grimpé, de même que les prix du fret maritime. Puis, début 2022, la guerre en Ukraine a accentué les tensions, en particulier sur les denrées alimentaires et le gaz, surtout en Europe.

Impact des Biocarburants

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Certains produits agricoles tels que le sucre, le maïs, le manioc, les oléagineux et l'huile de palme font l'objet d'une demande nouvelle visant à alimenter en tant que matières premières le marché émergent des biocarburants, lesquels tendent à détourner les ressources productives de la production de cultures vivrières et donc à réduire la disponibilité d'aliments pour la consommation humaine.

Ce sont surtout les demandes supplémentaires de maïs, utilisé pour la production d'éthanol, et de colza, utilisé pour la production de biodiesel, qui ont eu le plus contribué à la hausse des prix. Ainsi, sur une augmentation de près de 40 millions de tonnes d'utilisation totale du maïs en 2007 au niveau mondial, environ 1/4 a été absorbé par les usines d'éthanol qui sont pour la plupart américaines, les Etats-Unis étant le plus grand producteur et exportateur mondial de maïs.

Conséquence de l'intérêt croissant que représente le secteur des biocarburants, des superficies sont détournées au profit de la culture du maïs pour la fabrication de biocarburants au détriment d'autres cultures qui seraient destinées à la consommation humaine et animale. Ainsi en 2007, les superficies plantées en maïs ont augmenté de près de 18% aux Etats-Unis.

Spéculation Financière

La lutte contre la spéculation sur les marchés financiers agricoles constitue un autre élément essentiel de lutte contre la volatilité des prix mondiaux. La flambée de février-mars 2022 était largement liée à un afflux massif de fonds spéculatifs ayant misé sur la hausse des cours et ayant de ce fait contribué à la générer. Cette nouvelle flambée a démontré à quel point les mesures prises par les États-Unis et l’Union européenne suite aux crises de 2007/2008 et 2010/2011 pour établir des limites de position sur les marchés à terme ont été insuffisantes. C’est la spéculation financière sur les biens alimentaires en tant que telle qu’il conviendrait d’interdire.

Autres Facteurs

De nombreux facteurs agissant aussi bien du côté de la demande que de l'offre mais aussi sur les marchés financiers expliquent la flambée spectaculaire des prix agricoles et alimentaires depuis 2007.

  • Accidents climatiques
  • Baisse des stocks mondiaux
  • Hausse des prix de l'énergie
  • Croissance démographique et économique

Conséquences de la Volatilité des Prix

La flambée des prix de l’année 2022 rappelle la nécessité d’apporter des réponses à la volatilité des prix sur les marchés nationaux et mondiaux. Il s’agit non seulement de protéger les consommateurs urbains des flambées de prix, mais aussi les familles agricoles qui sont fortement pénalisées par les chutes de prix.

Cette crise est accentuée par la vulnérabilité accrue des classes populaires qui font face aux conséquences du Covid-19, qui vivent dans les zones de conflits ou à risques climatiques extrêmes. Alors que le nombre de personnes souffrant de la faim était estimé jusqu’à 828 millions (hypothèse haute) en 2021, la FAO estime que la guerre en Ukraine pourrait provoquer un accroissement supplémentaire de 8 à 13 millions de personnes. Le Programme alimentaire mondial (Pam) parle, lui, d'une augmentation à 57 millions de personnes souffrant de la faim.

Mesures Proposées pour Atténuer la Volatilité

C’est en réduisant progressivement leur dépendance au marché mondial, en développant leurs productions alimentaires et en re-territorialisant leurs systèmes alimentaires que les pays pourront, à terme, diminuer leur vulnérabilité par rapport à la volatilité des cours mondiaux.

Les politiques de stockage (stockage public et privé) apparaissent nécessaires, que ce soit pour faire face à des situations d’urgence, pour réguler les marchés au cours du temps (stocks régulateurs) ou pour garantir la distribution d’aliments à certains groupes de populations vulnérables dans le cadre de politiques sociales ciblées.

Le soutien prioritaire à l’agriculture paysanne et aux modes de production agroécologique permettra aux pays du Sud de limiter l’exode rural, l’expansion de la pauvreté dans les villes, les conflits internes et la dépendance alimentaire et énergétique structurelle vis-à-vis des marchés mondiaux.

Une remise en cause des accords de libre-échange (ALE) est également nécessaire. Une plus grande transparence des stocks pourrait contribuer à réduire la volatilité des prix. Cependant, c’est surtout l’existence de stocks régulateurs suffisamment importants et mobilisables à des prix raisonnables, qui constituerait un moyen efficace de casser la spéculation sur les prix.

Selon Coordination SUD, il faut passer par le Comité de la sécurité alimentaire (CSA), seul organisme international spécialisé du domaine et dans lequel les organisations de la société civile ont voix au chapitre, contrairement aux forums rassemblant des États puissants et des acteurs de l’agro-business.

Un accord international, ou à défaut des engagements unilatéraux pourrait garantir que les pays exportateurs et les acteurs du négoce maintiennent en permanence un certain niveau de stocks, équivalent à un nombre défini de mois de volumes exportés ou traités. En cas de crise, et sur décision concertée des États, ces stocks seraient mis à disposition des pays les plus menacés, à un prix strictement encadré.

Adaptation des Consommateurs Face à l'Inflation

Face à l'augmentation des prix, les consommateurs adaptent leurs comportements d'achat. Ils privilégient les produits moins chers, augmentent leurs achats de produits en promotion et fractionnent leurs achats.

Conséquence de cette inflation tarifaire, les consommateurs plébiscitent les œufs, qui restent meilleur marché mais viennent à manquer en rayon. D’après nos relevés, certaines références affichent des taux de rupture de 30 % à 40 %.

Les ajustements sont moins forts pour les produits de première nécessité.

La montée des prix a été observée presque partout. Mais avec des variations notables d’un pays à l’autre, y compris au sein de la zone euro. Une partie des différences s’explique par les politiques publiques, ou encore par des problèmes d’approvisionnement régionaux.

À peine 1 % sur 1 an, les prix en février 2026 ont peu augmenté par rapport à 2025. L’énergie (pour la maison et les déplacements) est stable voire en baisse pour le gaz, qui tutoyait les sommets depuis plusieurs mois !

Sur 12 mois, le panier de produits achetés en grande surface augmente de 1,3 % alors que les négociations commerciales entre les industriels et la grande distribution battent leur plein. Rayon par rayon, ces 12 derniers mois ont été marqués par une inflation des boissons sucrées (taxe soda) et de la viande bovine (+7,4 %).

Tableau Récapitulatif de l'Inflation en France (2021-2022)

Poste de Dépenses Augmentation des Prix (2021-2022)
Énergie +23%
Alimentation +7%

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