Les pertes de production associées à une ascaridiose peuvent aller jusqu’à 10 euros par porc en engraissement (1). Cette maladie parasitaire est due à la présence d’Ascaris suum, un gros vert rond qui se loge dans l’intestin grêle et qui se nourrit de l’aliment ingéré.
L'incidence économique de l'ascaridiose est très variable et difficile à évaluer car aux effets directs d’une infestation qui peut aller jusqu’à la mort de l’animal s’ajoutent des effets indirects qui impactent les performances.
À l’origine de taches blanches sur le foie observables à l’abattoir et pouvant entraîner des saisies, ce parasite réduit l’absorption intestinale et peut détériorer le GMQ et l’IC jusqu’à 0,46 point. En provoquant des lésions pulmonaires, il augmente le risque de problèmes respiratoires (toux, infections secondaires bactériennes).
Pour autant, l’ascaridiose est souvent sous-estimée en élevage car elle est difficile à détecter du fait des particularités du cycle biologique du parasite.
L’observation à l’autopsie ou à l’abattoir de foies avec des taches blanches (dites taches de lait) témoigne d’une infestation durant les quatre à cinq dernières semaines d’engraissement. Mais cet indicateur ne permet pas de la quantifier ni de déceler une éventuelle infestation durant une phase plus précoce d’engraissement. En effet, le foie cicatrise et les taches disparaissent en quelques semaines.
En 2013, l’université de Gand a développé le test de sérologie Serasca Test engraissement pour mesurer l’importance de l’infestation. Réalisé à partir d’une analyse de sang sur 10 porcs en fin d’engraissement, il mesure la quantité d’anticorps produits contre une protéine d’hémoglobine du parasite adulte. Lorsque le taux moyen des 10 sérologies individuelles dépasse un seuil de 0,5, l’infestation est considérée comme élevée.
Disponible depuis fin 2018, un deuxième type de test par sérologie complète le dispositif de dépistage et cible la fin du post-sevrage. « Serasca test post-sevrage permet de détecter plus précocement une infestation à faible charge et d’ajuster si besoin le protocole de vermifugation des porcs mais aussi des truies, pour diminuer le risque de contamination des porcelets en maternité. »
Une récente étude menée par l’université de Gand a en effet montré que les porcelets pouvaient être exposés à Ascaris dès la phase du post-sevrage.
Pour Peter Geldhof, « la sérologie représente aussi un bon outil de monitoring, par exemple pour contrôler l’efficacité d’un programme de vermifugation. »
Pour les porcs en engraissement, le chercheur recommande de réaliser un traitement toutes les 5-6 semaines (à 10 semaines d’âge, 16, 22…), en plus du vermifuge dans l’aliment 1er âge à quatre semaines. Cela permet de tenir compte de la période prépatente d’Ascaris, c’est-à-dire le pas de temps au bout duquel les larves deviennent adultes et pondent à leur tour (42 jours).
En théorie, ce programme devrait être étendu aux reproducteurs. En l’absence de traitement sous-cutané à l’ivermectine, Elanco recommande de vermifuger les truies à chaque cycle, sept jours avant l’entrée en maternité, et les cochettes à leur arrivée en quarantaine ainsi que sept jours avant l’entrée en verraterie.
(1) Selon Hale et al (1985).
Il est important de bien comprendre le cycle de reproduction du ver Ascaris pour bien réussir la lutte contre l’ascaridiose.
À J0, l’animal ingère des œufs d’Ascaris présents dans l’environnement qui éclosent en larves dans l’intestin grêle. À J3, les larves migrent jusqu’au foie, ce qui crée des lésions hépatiques sous forme de taches blanches.
À J7, les larves évoluent vers l’appareil pulmonaire puis remontent par la trachée. Elles sont expectorées puis dégluties pour atteindre de nouveau l’intestin grêle à J10. Au bout de quelques semaines, à J42, la larve devient un ver adulte infectant capable de se reproduire.
Les adultes femelles pondent des œufs, jusqu’à 200 000 par jour qui, à leur tour, vont migrer vers le foie.
« Les œufs se retrouvent dans les déjections et donc dans l’environnement. Les œufs sont par la suite ingérés par un porc et le cycle recommence », explique Thomas Gin, vétérinaire d’Elanco.
Le cycle biologique du ver est ainsi d’environ six semaines (période pré-patente). « Ce cycle complet n’est toutefois pas systématique et concerne uniquement un tiers des porcs contaminés par Ascaris », précise le chercheur Peter Geldhof. « Pour les deux tiers restants, les larves sont présentes dans le foie et les poumons mais ne sont pas expulsées dans l’intestin pour atteindre leur maturité sexuelle. »
Même à ce stade larvaire L3, ces larves ont tout de même un impact négatif sur les performances de croissance.
Ascaris suum est un ver de l’intestin grêle qui, en plus de provoquer de la diarrhée, occasionne d’importants lésions du fait que son cycle de vie l’amène à traverser le foie et les poumons du porc. En cas d’infestations massives, les lésions pulmonaires peuvent entraîner une mortalité élevée, notamment parce que l’utilisation d’antibiotiques n’améliore pas la pneumonie.
| Jour | Étape du cycle | Localisation | Impact |
|---|---|---|---|
| J0 | Ingestion des œufs | Intestin grêle | Éclosion des larves |
| J3 | Migration des larves | Foie | Lésions hépatiques (taches blanches) |
| J7 | Évolution des larves | Appareil pulmonaire, trachée | Irritation, toux |
| J10 | Retour des larves | Intestin grêle | |
| J42 | Développement adulte | Intestin grêle | Reproduction, ponte des œufs |
Les systèmes d’élevages alternatifs, dont l’image dans la société est souvent idéalisée, permettent aux porcs d’exprimer un éventail de comportements plus large que dans les élevages confinés. Ces élevages présentent de réels atouts, mais ils doivent aussi relever des défis, notamment en termes de biosécurité, de santé animale et de santé publique.
La production porcine présente une très grande diversité de modes d’élevage. La production conventionnelle en bâtiment fermé avec un sol en caillebotis, largement dominante actuellement, coexiste avec d’autres systèmes d’élevage dits alternatifs en regard du mode de logement, parmi lesquels on retrouve à la fois des élevages en plein air mais aussi des élevages sur litière, et qui incluent notamment les élevages en production biologique.
La production porcine en plein air est définie comme un système qui permet aux porcs d’avoir un accès à l’extérieur et d’être en contact avec le sol, voire avec des plantes. Dans ce type d’élevage, tous les animaux ou seulement une partie d’entre eux peuvent avoir accès à l’extérieur, l’accès plein air pouvant être réduit à une courette extérieure ouverte sur le bâtiment d’élevage.
L’élevage sur litière présente le même type de diversité, tous les animaux n’étant pas forcément élevés sur litière au sein d’un élevage.
Nous définissons comme « alternatif » tout système d’élevage différent des structures contemporaines prédominantes, dîtes « conventionnelles », c’est-à-dire n’élevant pas l’intégralité des porcs confinés en bâtiments fermés et sur sols en caillebotis et/ou en béton.
Parmi ces élevages alternatifs on trouve des élevages dans lesquels les animaux sont élevés sur litière et des élevages proposant à leurs animaux un accès plein air.
Cet accès plein air correspond dans certaines exploitations à des courettes extérieures. Dans d’autres élevages, les animaux sont élevés sur des parcours en plein air, dans des parcs avec des cabanes pour les animaux. Enfin il existe des systèmes très extensifs, notamment le système sylvopastoral dans lequel les porcs pâturent dans des zones de forêts.
Même si les systèmes d'élevage alternatifs sont en développement dans la plupart des pays fortement producteurs de porcs de par le monde, ils ne séduisent toutefois actuellement qu'une faible fraction des éleveurs, l'élevage sur litière ou plein air ne représentant que 5 à 10 % des élevages en France.
Il existe peu de données numériques sur les élevages alternatifs dans leur diversité, parmi lesquels se trouvent des élevages en agriculture biologique ou élevages « bio », mais aussi sous d'autres signes de qualité comme des « labels rouges » ou des « labels rouges fermiers » par exemple.
En 2020, on comptait en France 858 élevages de porcs « label rouge » qui commercialisaient 3,8 % de l'ensemble de la production nationale de porcs.
Si on prend l'exemple de l'élevage biologique, les statistiques sur le nombre d'animaux élevés à travers le monde selon les cahiers des charges « biologiques » sont incomplètes et ne permettent pas pour l'instant d'avoir une vision complète du secteur.
On sait toutefois que dans les pays européens, plus de 1,5 million de porcins étaient certifiés « bio » (issus de l'agriculture biologique) en 2019 (+ 10,6 % vs 2018), soit 1,0 % du cheptel porcin de l'UE.
Les trois principaux pays sont, par ordre d'importance du nombre de porcs bio élevés, le Danemark, la France et l'Allemagne. Ils représentaient près de 74 % du cheptel bio de l'UE en 2019.
En France, en 2020, le cheptel de truies bio représentait 1,78 % du cheptel total de truies (17 451 en 2020 contre 12 124 en 2018, soit une croissance de près de 44 %), réparties dans 633 élevages.
Neuf-cent-trente-deux élevages ont produit des porcs bio en 2020 en France. À titre de comparaison, en 2018, on ne dénombrait que 541 exploitations biologiques porcines, ce qui représentait déjà une augmentation de 28 % par rapport à l'année 2016.
Ce rythme des conversions et des installations, porté par une forte demande des consommateurs, relayée par les distributeurs et les industriels décroit actuellement, la consommation des produits Bio ayant baissé en 2021 pour la première fois en huit ans.
Même s’ils sont plébiscités par les consommateurs et les citoyens, ces élevages alternatifs ne sont pas sans présenter de points critiques.
La très grande majorité des citoyens méconnait le mode d'élevage des animaux de production. Il idéalise souvent l'élevage fermier, alternatif, dans lequel les animaux ont un accès à un parcours extérieur ou à une zone paillée plutôt que l'élevage conventionnel sur caillebotis.
Une des attentes du consommateur qui achète des aliments biologiques est que les normes de bien-être animal soient supérieures dans ces systèmes d'élevage.
Mais la notion de bien-être animal est complexe. D'après l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES), « le bien-être d'un animal est l'état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes. Cet état varie en fonction de la perception de la situation par l'animal ».
En milieu sauvage, les porcs sont actifs pendant la journée et passent 75 % de leur temps pour des activités liées à la recherche de nourriture, notamment à fouiller, à brouter et à explorer avec leur groin.
En élevage, la répartition du temps est différente et l’animal passe moins de temps à la recherche de nourriture, qui est fournie à l’animal.
L’aliment est distribué aux animaux sous différentes formes (farine, granulés, aliment liquide), à volonté ou lors de repas déterminés par l’éleveur. Peu de différences existent dans les modes de distribution d’aliment en élevage conventionnel et en élevage alternatif ; les causes de stress liées à des défauts d’alimentation sont les mêmes, notamment l’insuffisance de longueur d’auge ou une quantité insuffisante d’aliment distribuée aux animaux.
À noter toutefois que les animaux élevés en plein air consomment en moyenne plus d’aliment que les animaux élevés en bâtiment, à performances de croissance équivalentes, en raison d’une activité physique plus importante et d’une dépense d’énergie accrue par des températures ambiantes plus basses notamment l’hiver.
À quantités égales d’aliment équivalent, les besoins d’un porc élevé en plein air peuvent ne pas être couverts et générer des frustrations alimentaires, de la faim et des carences nutritionnelles.
Cependant, l'ingestion d'herbe, de fruits et/ou de terre par les porcs en plein air peut apporter selon la nature du produit ingéré une contribution non négligeable aux besoins en énergie, en acides aminés, en minéraux et en micronutriments, en particulier pour les truies ayant une grande capacité à ingérer des aliments volumineux.
L'appétence de l'aliment est importante pour la prise alimentaire et pour la capacité du porc à couvrir ses besoins. Une contamination microbienne (par exemple, un niveau élevé de levures et de moisissures), des mycotoxines (en particulier la vomitoxine) ou des niveaux inadéquats de certains acides aminés (le tryptophane par exemple) peuvent entraîner une diminution de la consommation d'aliment.
Les paramètres suivants requièrent une attention particulière dans les systèmes d'élevage alternatifs :
Afin d'objectiver l'absence de faim, des indicateurs peuvent être utilisés, notamment les notes d'état corporel ou le taux d'animaux maigres.
Dans une enquête réalisée dans 101 élevages biologiques européens, il a été montré que 18,8 % des truies étaient maigres avec une forte variabilité entre élevages. Ce taux est important si on le compare à ceux avancés dans 82 élevages anglais ou néerlandais de tout type, dans lesquels seulement 0,1 % des truies étaient très maigres, sans différence apparente entre les truies élevées en plein air et les autres.
Ces résultats suggèrent que certains agriculteurs en production biologique ont plus de difficultés à répondre aux besoins nutritionnels des truies. Dans une autre étude, il a été montré que les porcs en croissance élevés sur paille ou en système extensif à l'extérieur étaient plus nombreux à présenter de mauvais états corporels que les porcs élevés dans des élevages conventionnels.
L’absence de soif est assurée par l’apport d’une quantité d’eau permettant de couvrir les besoins des animaux. La disponibilité en eau potable peut être un problème, notamment dans les systèmes extensifs.
Dans ces systèmes totalement ouverts vers l’extérieur, les abreuvoirs sont souvent accessibles aux oiseaux sauvages et contaminés par la poussière. Une eau de mauvaise qualité peut impacter la consommation hydrique et être à l’origine de problèmes de santé chez les animaux.
Il est également important de contrôler la température de l'eau. Dans les systèmes extérieurs, les tuyaux d’approvisionnement en eau doivent être de préférence enterrés pour limiter les effets du gel (l’eau n’est alors plus distribuée aux animaux en période hivernale).
L’absence d’inconfort est garantie par un environnement approprié, avec suffisamment d’espace pour que les animaux soient libres de leurs mouvements, une zone de repos confortable et sans courant d'air, un éclairage suffisant et non permanent pour que les porcs puissent voir et être soumis à un rythme nycthéméral, et le confort thermique nécessaire.
Une litière composée de paille a des propriétés similaires au type de substrat qu’un porc trouverait naturellement, agissant comme un coussin et réduisant ainsi l’inconfort et les blessures. Plusieurs études ont montré que le risque de bursite (inflammation et gonflement d’une poche (bourse séreuse) située autour des articulations, entre les tendons et l’os) était nettement inférieur dans les élevages alternatifs, avec accès à l’extérieur ou sur paille, que dans les élevages en claustration.
La gravité de la bursite en effet est associée à un environnement dur et inconfortable qui augmente la pression exercée sur la peau.
Pour les porcs en plein air, la principale difficulté est de maintenir les animaux propres et secs en conditions météorologiques humides. Le type et la gestion des cabanes doivent être adaptés afin que les animaux puissent y trouver toutes les conditions de confort dont ils ont besoin. Elles doivent être suffisamment grandes pour accueillir les animaux et confortables.
En maternité, il existe un effet saison sur la mortalité des porcelets en plein air. Cet effet est à rapprocher de la gestion du confort lors de la mise bas, et à la capacité de la truie à préparer correctement son nid dans la cabane.
Une trop faible densité du couvert végétal du parc, accompagnée de la présence permanente de boue, augmente l'humidité et l'inconfort dans la cabane.
Or le porcelet est très sensible au froid et aux courants d'air à la naissance. Une température ambiante trop basse augmente la proximité des porcelets avec leur mère et favorise la mortalité par écrasement. Cela peut être corrigé par un paillage abondant des cabanes.
Le choix du type de cabane impacte également le taux de mortalité avant sevrage. Notons que les porcelets peuvent aussi souffrir lorsqu'il fait très chaud.
La chaleur impacte les qualités laitières de la truie qui, en outre, passe plus de temps à l'extérieur de la cabane à se rafraîchir plutôt qu'à allaiter ses porcelets. Pour limiter les effets de la chaleur en plein air, il est nécessaire de mettre à la disposition des animaux des zones d'ombre ou des zones de rafraîchissement, comme des buses d'aspersion ou des bauges (des bassins de boue liquide).
Les mares sont également utilisées pour se rafraichir par temps chaud et se protéger des insectes, avec toutefois des risques de noyades de porcelets quand les truies y mettent bas (en cas de fortes chaleur).
Blessures et douleurs peuvent être des conséquences de bagarres entre animaux.
Dans une étude réalisée dans des élevages biologiques européens, les lésions sur les truies, liées à des bagarres, objectivées par la présence de blessures, concernaient 15,5 % et 7,9 % de l'ensemble des animaux observés, selon que ces blessures se trouvaient respectivement sur la partie antérieure ou postérieure de l'animal. Ces moyennes cachent toutefois une très grande variabilité entre élevages dans cette étude, indépendamment du système d'exploitation.
Les porcelets élevés en plein air présentent moins de comportements agressifs les uns envers les autres que ceux élevés en bâtiment, que ce soit avant ou après le sevrage. Ces comportements sont susceptibles de causer des blessures.
Dans une étude réalisée au Royaume-Uni, il y avait significativement moins de blessures sévères sur les porcs en croissance élevés en plein air que dans les élevages confinés.
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