Les jolis pots en grès que nous aimons tant chiner aujourd’hui pour notre décoration étaient utilisés autrefois pour conserver liquides et aliments. On disait « L’été est nourrisseur, l’hiver est consommateur ». La conservation des aliments débutait dès le mois de juin et continuait jusqu’au début du mois de décembre. Aux premières et simples méthodes de conservation (le séchage), ont succédé les techniques de salaison, la conservation par le sucre (les confitures) et la fermentation (vin, fromage, choucroute…). Au 19° siècle est apparue la conservation par la chaleur.
Confitures maison.
Il existait différents types de pots en grès, chacun ayant une utilisation spécifique :
« Félix Potin on y revient ! »… Derrière ce slogan, se cache le pionnier de la grande distribution. Un homme qui a révolutionné le monde de l’épicerie. Les anciens Parisiens s’en souviennent encore ! Les magasins Félix Potin avaient, il est vrai, pignon sur rues à Paris . Mais connaissez-vous l’étonnante histoire qui se cache derrière cette enseigne, qui a révolutionné le commerce dans la capitale ?
Le fabuleux destin de Félix Potin commence à Paris en 1836. Ce fils de cultivateur d’à peine 16 ans, élevé dans l’Essonne, se fait embaucher comme commis dans une épicerie. Il y restera huit ans, le temps d’apprendre les ficelles du métier avant d’ouvrir en 1844 son propre magasin. Le choix de la rue Neuve-Coquenard, très passante et proche des Halles, se révèle judicieux.
A l’époque, les denrées alimentaires se vendent en vrac et le prix est défini « à la tête du client », ce qui ne manque pas d’agacer les consommateurs. Profitant du renouveau de Paris avec le baron Haussmann, s’inspirant des grands magasins de nouveautés, Félix Potin affiche des prix fixes et une phrase fétiche : « une marchandise de qualité à bon poids et bon prix ».
Félix Potin veut fidéliser la clientèle. Il préfère vendre davantage et moins cher pour fidéliser sa clientèle. Grâce à l’arrivée du chemin de fer, il évince petit à petit les grossistes et autres intermédiaires pour travailler en direct avec les producteurs. Les années 1860 marquent son ascension avec l’ouverture des boutiques du boulevard Sébastopol, du boulevard Malesherbes et plus tard, celle de la rue de Rennes dans de magnifiques immeubles.
Les liqueurs sont distillées, les conserves de légumes et les condiments sont préparés avant d’être mis en bocaux et étiquetés au nom de la marque. Un an plus tard, Félix Potin meurt prématurément. Sa veuve et ses enfants reprennent le flambeau et continuent de faire prospérer l’enseigne dans toute la France. Les implantations de magasins se multiplient.
En quelques décennies, la Maison Félix Potin est devenue la plus grande épicerie du monde avec pas moins de 10 usines et 70 succursales. La Seconde Guerre mondiale marque un tournant.
Magasin Félix Potin à Paris.
Mais les temps changent et la concurrence gagne du terrain. Malgré les bons et loyaux services rendus à une clientèle fidèle, le leader du commerce de proximité amorce son déclin dans les années 80 et ferme définitivement ses portes en 1995.
Aujourd’hui, la Maison Potin existe toujours sous la forme d’un distributeur de produits frais pour les collectivités, hôtelleries et restaurants dans le sud de la France.
Le slogan « Félix Potin, on y revient ! » prend une nouvelle saveur lorsque l’on découvre que la marque disposait de sa confiture. Les gourmands savent, plus que d’autres, que la confiture, on y revient en effet ! Avec les doigts, la cuillère ou la baguette fraîche… Et nous voilà de découvrir qu’il y en avait des confituriers, que dans chaque région, ils étaient les marqueurs d’un savoir-faire et les témoins vivants de la transformation des fruits qui poussaient dans les vergers.
Lors de fouilles récentes, des pots de confiture en céramique ont été retrouvés. Ils portaient le nom d'une célèbre enseigne de l'époque, Félix Potin créée au milieu du 19e siècle. "Félix Potin était un entrepreneur qui a "profité" du conflit pour diffuser ses productions explique l'archéologue Gilles Desplanque. C'est pour ça que Félix Potin fait partie des enseignes que l'on retrouve en abondance sur les chantiers de fouille. On se rend compte que c'est porteur d'informations; que ça complète les données en archives, les documents dont on dispose".
Depuis la nuit des temps, la confiture enchante petits et grands ! C’est en 73 après J.C, sous la plume de Pline l’Ancien, qu’apparaissent les premières recettes de "confitures"... de simples fruits confits par macération dans du miel. Pour les médecins de l’Antiquité, et notamment le grec Galien, les fruits crus étaient en effet une "piètre nourriture, susceptible de charger inutilement l’estomac, d’engendrer la corruption et la putréfaction " !
Peu à peu, le sucre de canne remplace le miel dans les préparations à vocation soit gourmandes, soit médicamenteuses. Au XIIème siècle, le terme de confiture faisait référence à des confiseries : fruits confits, pâtes de fruits... Plus connu pour ses prophéties, c'est à Michel de Nostredame, alias Nostadramus, que l'on doit le premier livre sur le sujet. Dans son "Traité des confitures", publié en 1555, l'astrologue-apothicaire ne consacre pas moins de 31 chapitres à la question.
C'est au XVIIème siècle que les confitures quittent le domaine médical pour investir la table des gourmets, passant de remède de luxe à mets de luxe ! A Versailles, à la cour de Louis XIV, le goûter, initié par Richelieu pour Marie de Médicis, devient la quintessence même du repas raffiné ou s'offrent aux convives différentes confitures dans de délicats récipients en verre soufflé ou en porcelaine. Fini les pots en terre cuite ou en céramique des apothicaires ! Toutefois certains gourmands cumulent plaisirs et soins, ce qui fera dire à Jean de La Fontaine : "ils ne mouraient pas tous...".
Après la Révolution, le sucre de canne devient encore plus rare et la confiture signe extérieure de richesse. Les nantis collectionnent les confituriers bien remplis et les pauvres mangent les fruits tombés par terre.
Les amoureux des Confitures du Climont le savent, on apprend toujours quelque chose lorsque l’on part découvrir La Salcée et les ateliers des lieux. On visite le Muséobus et sa collection permanente. Là, les souvenirs ont la parole. On découvre documents, factures, publicités, pots et seaux à confiture.
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