Alors que la maladie d'Alzheimer touche déjà plus d'un million de Français, une vaste étude suédoise relie un certain fromage gras à un risque de démence plus faible. La question touche un enjeu immense : en France, 1 à 1,2 million de personnes vivent avec une maladie d'Alzheimer, et environ 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Ce nombre pourrait doubler d'ici 2050 d'après l'Inserm, alors qu'il n'existe toujours pas de traitement curatif. D'où l'intérêt pour tout ce qui, dans le mode de vie, pourrait peser sur le risque de démence.
Longtemps, on vous a pourtant répété de lever le pied : trop gras, trop salé, mauvais pour le cœur. Des chercheurs suédois viennent raviver le débat en s'intéressant à un lien beaucoup moins attendu entre fromage et cerveau. Mais à quelles conditions cette gourmandise pourrait-elle vraiment aider votre cerveau ?
En 2024, une étude publiée dans la prestigieuse revue Neurology a fait grand bruit : et si la consommation régulière de fromage pouvait réduire le risque de développer la maladie d’Alzheimer ? Cette hypothèse, issue d’une vaste cohorte prospective, a relancé le débat sur le rôle de l’alimentation dans la prévention des troubles neurodégénératifs.
L’étude, menée sur plusieurs années, a suivi des milliers de participants âgés de 50 ans et plus, en analysant leurs habitudes alimentaires et leur état de santé cérébrale. L’étude complète, parue dans le numéro de novembre 2020 du Journal of Alzheimer’s Disease , serait la première du genre à grande échelle « qui établit un lien entre des aliments spécifiques et l’acuité cognitive ».
Dans cette étude menée par l'Université de Lund et publiée dans la revue Neurology, 27 670 adultes d'environ 58 ans ont été suivis pendant près de 25 ans, et plus de 3 200 cas de démence ont été diagnostiqués. En analysant finement leur alimentation, les scientifiques se sont penchés sur le fromage gras et la crème entière.
Le signal est particulièrement net pour la démence vasculaire, liée à une mauvaise irrigation du cerveau. Quand les petites artères se bouchent puis se débouchent, des neurones manquent d'oxygène et finissent par se détériorer. "Vous faites sans le savoir des micro-AVC silencieux", précise Jimmy Mohammed. Ce type de lésions peut s'accumuler pendant des années avant d'entraîner des troubles de la mémoire ou de l'attention. Pour les chercheurs, tout ce qui protège les vaisseaux sanguins, y compris certains aliments, pourrait donc peser sur ce risque.
"Ils ont remarqué que les consommateurs de fromage avaient moins de risque d’avoir la maladie d’Alzheimer ou un autre type de démence", a expliqué le Dr Jimmy Mohammed sur RTL, cité par Top Santé.
Concrètement, les participants qui mangeaient au moins 50 g par jour de fromage contenant plus de 20 % de matières grasses avaient environ 13 % de risque en moins de développer une démence que ceux qui en consommaient très peu. Pour la crème riche en matières grasses, à 30-40 %, une portion d'au moins 20 g par jour s'accompagnait d'une baisse d'environ 16 % du risque. "Bien que les fromages et la crème riches en matières grasses soient associés à un risque réduit de démence, d'autres produits laitiers et leurs alternatives allégées n'ont pas montré le même effet", résument les chercheurs.
Les aliments que nous consommons pourraient avoir un effet à long terme sur notre acuité cognitive. Le directeur des recherches, Auriel Willette, professeur assistant en sciences alimentaires et en nutrition humaine, ainsi que Brandon Klinedinst, candidat au doctorat en neurosciences évoluant au département des sciences alimentaires et de la nutrition humaine de l’État de l’Iowa se sont penchés sur les données recueillies par une base de données britannique.
Le fromage serait l’aliment qui serait « de loin le plus protecteur des problèmes cognitifs liés à l’âge ». La consommation de vin rouge, avec modération, quant à elle, pourrait même améliorer ces fonctions cognitives. « J’ai été agréablement surpris d’apprendre que manger du fromage et boire du vin rouge de façon modérée tous les jours est non seulement bon pour nous aider à faire face à la pandémie de Covid-19, mais peut-être aussi pour faire face à un monde de plus en plus complexe qui ne semble jamais ralentir », a commenté le Dr Auriel Willette.
À noter : Ces mécanismes ne sont pas spécifiques au fromage, mais s’inscrivent dans une approche globale de la nutrition et de la prévention des maladies neurodégénératives. L’étude de Neurology souligne un point crucial : les personnes consommant régulièrement du fromage avaient globalement une meilleure qualité alimentaire. Elles consommaient plus de fruits, de légumes, de céréales complètes et de poissons, et moins d’aliments ultra-transformés.
Cependant, les chercheurs nuancent ces conclusions : « Nous avons tenu compte du fait que cela était dû [les résultats] à ce que les personnes aisées mangent et boivent, mais des essais cliniques randomisés sont nécessaires pour déterminer si le fait de modifier facilement notre alimentation pourrait aider notre cerveau de manière significative », a précisé le Dr Willette. De son côté, Brandon Klinedinst a indiqué que l’étude montrait d’ores et déjà que « des choix alimentaires judicieux peuvent prévenir la maladie et le déclin cognitif. Peut-être que la solution miracle que nous recherchons est d’améliorer notre alimentation », le tout en tenant compte « du facteur génétique de la maladie d’Alzheimer ».
Exemples Cliniques :
Pour vous, cela veut dire quoi au quotidien ? Garder le fromage au menu, de préférence entier et peu transformé, en restant près d'une portion de 30 g par jour et en surveillant le reste de votre assiette : légumes, fibres, peu de charcuterie.
Voici quelques recommandations supplémentaires pour une alimentation équilibrée favorisant la santé cérébrale :
Tableau récapitulatif des aliments à privilégier et à limiter :
| ENCOURAGER | INCLURE | LIMITER |
|---|---|---|
| Baies (pas en jus) | Légumes frais (surtout les légumes verts à feuilles) | Graisses saines (essentiellement celles trouvées dans les huiles, notamment l’huile d’olive) |
| Noix (fruit très calorique, devant être consommé avec modération) | Poisson et crustacés | Haricots et légumineuses |
| Fruits | Produits laitiers pauvres en graisse (notamment les yogourts) | Volaille |
| Graines | Aliments frits | |
| Pâtisseries et gâteaux | ||
| Produits alimentaires transformés | ||
| Viande rouge et ses dérivés | ||
| Produits laitiers riches en graisse (lait complet, beurre, fromage…) | ||
| Sel |
Il est essentiel de souligner que l’alimentation, bien que cruciale, ne remplace pas un suivi médical régulier. Les personnes à risque de troubles cognitifs (antécédents familiaux, diabète, hypertension) doivent consulter leur médecin pour un bilan personnalisé.
L’étude publiée dans Neurology ouvre des pistes prometteuses, mais ne doit pas être interprétée comme une solution miracle. Le fromage, intégré dans une alimentation variée et équilibrée, pourrait contribuer à réduire le risque de maladie d’Alzheimer, notamment grâce à son apport en nutriments essentiels et à son impact sur la qualité globale du régime alimentaire. Cependant, la prévention des troubles cognitifs repose sur une approche multidimensionnelle : alimentation, activité physique, stimulation intellectuelle, gestion du stress et suivi médical.
L’alimentation n’est évidemment pas la solution unique à Alzheimer. Mais elle constitue un levier majeur, accessible à tous, pour retarder l’apparition des symptômes, ralentir leur progression et améliorer la qualité de vie des patients et de leurs proches. Dans un contexte où aucun traitement curatif n’existe encore, chaque repas devient une opportunité d’agir. Du régime méditerranéen au rôle du microbiote, en passant par la lutte contre les aliments ultra-transformés, l’alimentation se révèle être un puissant allié dans la lutte contre Alzheimer.
Vous souhaitez un bilan personnalisé ou des conseils adaptés à votre situation ? Prenez rendez-vous avec le Dr Neveux ou explorez nos ressources sur la prévention des troubles cognitifs.
tags: #alzheimer #les #aliments #miracle #études #scientifiques
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic