Allergie Alimentaire et Grossesse : Comprendre les Risques et la Prévention

Une part importante de la population pédiatrique est touchée par les maladies allergiques, qui sont devenues un problème de santé publique à l'échelle mondiale. Face à l’augmentation continue de la prévalence des allergies alimentaires chez le nourrisson depuis une vingtaine d’années, le champ d’investigation des chercheurs s’étend désormais bien au-delà de la seule génétique.

Dans cet article, nous examinerons l'influence de l'alimentation maternelle pendant la grossesse sur le risque d’allergies chez l’enfant.

L’une des questions qui se posent en termes de prévention est l’influence de l’alimentation maternelle pendant la grossesse ou l’allaitement, sur le risque d’allergie de l’enfant. Le régime alimentaire de la mère pendant la grossesse ou l'allaitement pourrait-il influencer les résultats en matière d'allergie chez la progéniture ? L’alimentation maternelle peut-elle interférer sur le système immunitaire en développement de l’enfant ? Si c’est le cas, des stratégies de prévention peuvent être mises en place pour réduire la morbidité et le coût des allergies et de la dermatite atopique.

Facteurs de Risque et Impact de l'Alimentation Maternelle

L’héritabilité génétique des allergies alimentaires est admise. Néanmoins, elle est aujourd’hui éclipsée par l’impact des facteurs environnementaux avant la naissance. Il s’exerce via des mécanismes épigénétiques, c’est-à-dire des modifications héritables des fonctions des gènes sans altération de leur séquence ADN. L’alimentation de la femme enceinte intéresse tout particulièrement les chercheurs, elle aurait des effets médiés par des mécanismes épigénétiques.

Selon une étude, les enfants dont la mère a consommé 500 µg par jour ou plus de folates ont plus d’eczéma que ceux dont les mères en ont pris moins de 200 µg. La relation entre le taux de folates dans le cordon ombilical et la sensibilisation à des allergènes suit en fait une courbe en U.

La consommation d’allergènes puissants (arachide, fruits à coque, sésame) par la mère pendant la grossesse pose également question, les études ne donnant pas toutes des résultats identiques. Une consommation courante de beurre cru et de yaourts à partir de lait cru pourrait protéger de l’allergie, tout comme un régime riche en polyphénols (fruits et légumes) ou riche en fibres.

Le Rôle du Microbiote

Des facteurs non alimentaires ont aussi été étudiés, en particulier l’influence d’un environnement agricole chez la femme enceinte. Car l’environnement microbien d’avant la naissance est de première importance pour « formater » les réponses immunitaires. Enfin, le microbiote constitue un vaste champ de recherche. Le transfert de microbiotes de souris allergiques vers des souris germ-free (sans microbiote) induit une allergie alimentaire. Le microbiote maternel, dont la composition est influencée par l’ensemble des facteurs diététiques décrits précédemment, exercerait ainsi un impact sur le développement de l’immunité innée du fœtus.

Prévenir une allergie alimentaire chez un bébé à risque

Les Études Récentes et Leurs Conclusions

Pour le savoir, une revue des études publiées sur le sujet au cours des 5 dernières années a été réalisée, et les résultats de la méta-analyse de 11 d’entre elles ont été publiés récemment. Les données laissent apparaitre que le développement du système immunitaire de l’enfant et la sensibilisation aux allergènes sont fortement liés à l’exposition maternelle aux allergènes pendant la grossesse et l’allaitement. Les restrictions alimentaires pendant la grossesse et l’allaitement sont associées à une augmentation du risque d’allergie chez l’enfant.

Il apparaît aussi qu’une forte consommation de lait de vache ou d’arachides/fruits à coques pendant la grossesse joue un rôle protecteur pour l’enfant en termes d’allergie alimentaire. De plus, la consommation de yaourts et de probiotiques pendant la grossesse joue un rôle protecteur contre l’eczéma du nourrisson. En revanche, une forte consommation d’aliments contenant des amidons résistants, de volaille et de viande rouge pendant la grossesse semble associée à une augmentation du risque d’eczéma.

Que Faire en Cas d'Allergies Alimentaires Maternelles?

Si cette analyse confirme que l’éviction des allergènes alimentaires pendant la grossesse et l’allaitement, aggrave le risque d’allergie, et que leur consommation peut constituer une méthode de prévention, demeure la question des mesures à adopter pour les futures mères qui ont elles-mêmes des allergies alimentaires. Les auteurs avancent l’hypothèse de l’effet protecteur d’une désensibilisation spécifique menée pendant la grossesse et l’allaitement. Il a été montré en effet que la désensibilisation par immunothérapie pour une allergie aux graminées pendant la grossesse diminue le risque d’allergie aux graminées chez l’enfant.

Impact des Nutriments et Compléments Alimentaires

La première sensibilisation aux allergènes, présents dans le liquide amniotique, se produit via la muqueuse intestinale fœtale pendant le second trimestre de la grossesse et via la circulation fœtale de complexes IgG-antigènes qui traversent le placenta au 3ème trimestre. Les produits de la mer sont une source importante en Omega3, des acides gras bénéfiques sur la santé de l'enfant à naître lorsqu’ils sont consommés pendant la grossesse. Les Omega3 ont par exemple des propriétés anti-inflammatoires et peuvent favoriser une réponse immunitaire adaptée. En revanche, les produits de la mer constituent aussi une source d’exposition aux polluants chimiques.

La consommation durant la grossesse de probiotiques et de compléments alimentaires d’huile de poisson pourrait réduire le risque d’allergies chez l’enfant, selon une très large méta-analyse présentée dans la revue PLoS Medicine, qui montre une relation forte entre l’alimentation de la mère durant la grossesse et le risque allergique chez l’enfant. La prise de suppléments probiotiques peut réduire jusqu’à 22% le risque d’eczéma chez l’enfant. La prise de suppléments d’huile de poisson pendant la grossesse et l’allaitement peut réduire de 31% le risque d’allergie aux œufs ainsi qu’aux arachides, mais avec un niveau de preuves moindre.

Une étude a étudié l’impact direct ou indirect des nutriments sur l’activation du système immunitaire. Les chercheurs ont défini un score inflammatoire pour 45 facteurs alimentaires, en fonction de leur effet pro- ou anti-inflammatoire, en mesurant la sécrétion de cytokines inflammatoires (IL-1β, IL-4, IL-6, TNFα) et de CRP. D’autres travaux ont établi un lien entre les scores inflammatoires de l’alimentation de la femme enceinte et la survenue d’allergies chez leurs enfants : une augmentation du risque d’asthme et une augmentation du risque d’allergie alimentaire.

Tableau Récapitulatif des Effets de l'Alimentation Maternelle

Aliment ou Supplément Effet sur le Risque d'Allergie chez l'Enfant
Forte consommation de lait de vache, arachides/fruits à coques Rôle protecteur contre l'allergie alimentaire
Consommation de yaourts et probiotiques Rôle protecteur contre l'eczéma
Forte consommation d'aliments contenant des amidons résistants, de volaille et de viande rouge Augmentation du risque d'eczéma
Suppléments probiotiques Réduction du risque d'eczéma (jusqu'à 22%)
Suppléments d'huile de poisson Réduction du risque d'allergie aux œufs et aux arachides (jusqu'à 31%)

Substances à Éviter et Allergènes Courants

Certaines substances présentes dans notre environnement peuvent entraîner des réactions allergiques. L’allergie est une hypersensibilité de l’organisme à des substances, généralement inoffensives et présentes dans l’environnement. Elle survient lorsque le corps ne tolère pas une substance chimique étrangère, appelée allergène. Le corps va alors se protéger de ce qu’il considère comme une menace et produire des anticorps ou réagir au niveau des cellules.

Les réactions allergiques varient en fonction de l’allergène. C’est généralement la partie du corps en contact avec lui qui est touchée. Des réactions œdémateuses : un gonflement (œdème) apparait, le plus souvent localisé sur le visage : lèvres, paupières. Il existe aussi de plus en plus d’allergies à des substances chimiques, appelées parfois substances sensibilisantes. Les produits transformés de l’alimentation : arômes et colorants artificiels, additifs, conservateurs….

Le lait, les œufs, le poisson, les fruits de mer, les noix, les arachides, le blé et le soja sont parmi les aliments allergènes les plus courants.

Recommandations et Précautions

Il est bien connu qu’il faut éviter l'alcool et le tabac pour avoir un bébé en bonne santé, qu'en est-il des allergènes alimentaires courants tels que les noix et le lait ?

"Je vous conseille durant la grossesse d’éviter l’arachide et tous les aliments contenant de l’arachide. L’arachide est en effet souvent responsable d’allergies alimentaires. Pour le reste, il est préférable de consulter l’avis de votre médecin ou de votre sage-femme. Surtout avant de supprimer un type d’aliment dans votre alimentation. De plus, sachez qu’il n’y a pas de contre-indications aux anti-histaminiques.

Si les huiles essentielles peuvent avoir certains bienfaits, il est fortement recommandé de ne pas les utiliser pendant la grossesse et l’allaitement, ni même tant que bébé est petit. Elles pourraient être mauvaises pour la santé et le développement de bébé.

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