La croissance dans les 60 premiers jours de vie conditionne la carrière de la future vache laitière : production, longévité, poids à la réforme… La maîtrise de l’allaitement est la pierre angulaire de cette réussite, que le veau soit nourri au lait entier ou avec un aliment d’allaitement. Cependant, cette période doit également permettre au rumen de se développer afin qu'il puisse digérer les aliments solides, assurant ainsi qu'il n'y ait pas de contrôle de la croissance au moment du sevrage.
La phase 0-6 mois chez la génisse laitière est primordiale pour sa future carrière. « Le démarrage optimal de la génisse laitière se joue dès la naissance du veau », rappelle Jean-Michel Cuminet, vétérinaire conseil spécialisé en génisses. « Elle doit se dérouler dans un environnement propre, sec et désinfecté. Puis (et ça peut en choquer certains), il faut séparer le veau de sa mère le plus vite possible, notamment pour le soustraire des microbes. » Le vétérinaire rappelle aussi les éléments importants, comme la désinfection du nombril, la prise de colostrum (rapide !) et la mise à disposition d'un logement chaud et confortable.
« Le développement corporel du veau est très important. L'objectif est d'être à plus de 200 kg à 6 mois, avec un GMQ de 900 g/j et ce quelle que soit la stratégie d'âge au vêlage. » Et le vétérinaire insiste : « Tout retard de croissance se rattrape difficilement, voire pas du tout. » 100 g de GMQ en plus entre 0 et 2 mois, c'est 155 litres de lait en plus en première lactation car c'est durant cette phase que démarre la fabrication du tissu mammaire. Cela passe notamment par la phase lactée avec un apport suffisant et régulier. « Un veau de 50 kg a besoin de 5 000 kcal/jour. Il y en a 660 kcal/l dans le lait entier. Il lui en faudra donc 7 à 8 l/jour en phase plateau (dès la fin de la deuxième semaine). »
« On veut que la génisse devienne un ruminant le plus vite possible pour minimiser le coût de la phase lactée », rappelle Jean-Michel Cuminet. Pour cela, on lui distribue rapidement des aliments solides et de l'eau : « Un foin très fibreux ou de la paille, un aliment premier âge, et de l'eau, dès la première semaine. »
« Pour passer au sevrage, il faut que l'animal consomme au moins 2 kg de concentré, ait doublé son poids de naissance (généralement vers 8-9 semaines) et soit en bonne santé. Si ces trois critères ne sont pas présents, mieux vaut le retarder d'une semaine ou deux », tempère l'expert. Le sevrage est une étape stressante donc il faut éviter de le cumuler avec d'autres changements (changement de bâtiment, changement de lot, d'alimentation, des manipulations, etc.). Il recommande alors de lancer le sevrage en deux étapes espacées de 5 à 7 jours : « On va passer de 2 repas de 4 litres à 2 fois 2 litres puis 1 fois 2 litres. » En post-sevrage, il faudra apporter une ration équilibrée, non acidogène et suffisante en MAT.
Il y a plusieurs possibilités : à base de lait entier, d'aliment d'allaitement ou des plans mixtes. En effet, il faut absolument éviter les changements brusques au gré de la disponibilité en lait entier (non livrable). Le lait entier reste la référence grâce à sa haute valeur énergétique. Il permet d'assurer les objectifs de croissance. Les aliments à base de PLE permettent une meilleure digestibilité et favorisent un processs de digestion proche du lait maternel. La quantité de PLE utilisée varie de 10 à 60% (la teneur en babeurre, constitué de caséine, peut être additionnée). Les poudres de lactosérum ne caillent pas dans la caillette. Le lait en poudre est généralement moins cher (-200¤/T) mais il faut veiller au rapport protéines/MG (1,3 pour optimiser la croissance) et à la qualité de la protéine.
Il est très important d’apporter un aliment sec (maïs grain, aliment du commerce) dans la ration du veau dès 8-10 jours en commençant avec une poignée et en augmentant petit à petit. Ration fourrage : maïs ensilage en toutes petites quantités. Avoir une base maïs dans un aliment du commerce est très important car cela réduira les risques d'acidose. On augmente aussi les quantités de minéraux apportés car avant le sevrage, le lait est déjà très riche. Il faut plutôt choisir de la paille car le foin - s'il est de bonne qualité - risque d'être trop consommé au détriment des concentrés. Ce fourrage est mis à disposition à volonté dans un râtelier (jamais au sol).
Quel concentré choisir ? L'aliment concentré 1er âge doit être appétent et très riche sur le plan énergétique, si possible autour de 1 UFL. Des aliments d'initiation tels que le BOP FORM II. Ils vont attirer une consommation précoce et constituent un apprentissage à l'alimentation solide. La distribution quotidienne d'un aliment "frais" est une clé de réussite de cet apprentissage. En pratique, un apport de blé finement broyé est un régime à risque d'acidose pour les animaux.
En période lactée, le mode de distribution dépend du logement choisi. Le seau téteur, particulièrement adapté aux cases individuelles, permet au veau de bien assimiler le lait en régulant le débit de buvée. Prévoyez l’installation d’un distributeur de concentré et d’un point d’eau. La buvée au seau demande moins de travail au début. Plusieurs choix sont possibles. Comme pour le logement individuel, le seau téteur est une possibilité. Le DAL (Distributeur Automatique de Lait) est une option également. Il est moins gourmand en temps de travail mais nécessite de la surveillance. Il a l’avantage de distribuer du lait reconstitué de façon toujours homogène.
A la naissance, dans les six premières heures de vie du veau, il est impératif de lui donner un maximum de colostrum afin qu'il construise son immunité passive. Il faut donner environ 10% du poids du veau de colostrum. Les valeurs de ce dernier sont cependant à prendre compte, en les mesurant par exemple avec un réfractomètre. Dans l'idéal, conserver un colostrum à plus de 23 brix au congélateur pour le donner au veau si celui de la mère n'est pas suffisant.
Le veau est fait pour vivre en collectivité. C'est pourquoi il est primordial qu'il développe dès son jeune âge des relations avec ses congénères mais aussi avec l’éleveur. Il apprendra ainsi à vivre en troupeau. Dès la naissance, il est primordial de bien réfléchir l'hygiène du veau, afin de réduire le taux de mortalité des jeunes. Ainsi, le box de vêlage doit être très propre, c'est-à-dire vidé après chaque vêlage. Si les animaux sont dehors, la zone de pâturage convient parfaitement.
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