Alimentation naso-gastrique: Indications et Complications

Lorsqu’une personne ne peut pas s’alimenter par voie orale de façon suffisante, il est nécessaire d’avoir recours à la nutrition artificielle pour apporter à l’organisme tous les éléments dont il a besoin : macronutriments, vitamines, sels minéraux et eau.

En cas de bon fonctionnement du tube digestif, les nutriments sont administrés directement dans l’estomac ou l’intestin sous forme liquide, au moyen d’une sonde. On parle alors de nutrition entérale. La nutrition entérale est préférable à la nutrition parentérale, car elle est plus physiologique et permet de digérer normalement les nutriments apportés. Elle préserve davantage la trophicité intestinale, régule le débit sanguin, prévient les troubles de la perméabilité intestinale et limite le risque d’infections.

La nutrition entérale peut être exclusive ou partielle.

Une sonde nasogastrique (SNG) est un long tube que l’on insère par le nez jusqu’à l’estomac. La SNG est un tuyau souple que l’on passe habituellement par le nez, parfois par la bouche si le patient est sédaté et/ou porteur d’un traumatisme facial.

L’infirmier(e) joue un rôle central dans la gestion des sondes nasogastriques. Toutefois, l’emploi de la sonde nasogastrique comporte des risques. Une insertion incorrecte peut provoquer des dommages tissulaires ou, dans des cas plus graves, la perforation de l’estomac.

Dans cet article, vous découvrirez les aspects fondamentaux de la sonde nasogastrique, le cadre législatif, les indications et contre-indications.

Représentation graphique des différents types d’alimentation entérale

Indications de l'alimentation naso-gastrique

Les indications de la nutrition entérale sont très variées mais peuvent être regroupées selon 3 situations:

  • en cas de dénutrition ou de risque de dénutrition, lorsque les apports énergétiques oraux totaux sont inférieurs aux 2/3 des besoins, s’il y a échec des conseils diététiques et de la complémentation nutritionnelle orale.
  • en cas de maladie inflammatoire chronique de l’intestin.
  • en cas d’apports impossibles par la bouche en raison de l’état clinique et/ou psychologique de la personne ou en raison de troubles sévères de la déglutition.

Après un AVC, l’alimentation orale peut par exemple être limitée en raison d’une dysphagie. La nutrition entérale peut aussi être indiquée en cas de maladies neurologiques telles que la sclérose latérale amyotrophique, la maladie de Parkinson ou encore la sclérose en plaques.

La nutrition entérale peut aussi être envisagée dans le cadre de la prise en charge d’un cancer, en particulier les cancers situés au niveau de la bouche, du pharynx ou de l’œsophage qui rendent difficile l’alimentation orale.

Plus конкретно, l'alimentation naso-gastrique est préconisée dans les cas suivants:

  • Apport nutritionnel insuffisant : la sonde nasogastrique est souvent utilisée pour fournir une alimentation et une hydratation adéquates aux patients qui ne peuvent pas manger ou boire suffisamment.
  • Troubles de la déglutition et/ou de la mastication : les patients qui ont des difficultés à avaler ou à mâcher peuvent bénéficier de l’utilisation d’une sonde nasogastrique.
  • Chirurgies ou traumatismes maxillo-faciaux ou ORL : après une chirurgie ou un traumatisme au niveau de la face, de la mâchoire ou de la région ORL (oto-rhino-laryngologie), un patient peut avoir du mal à manger ou à boire normalement.
  • Recherche de bacilles alcoolo-résistants (tuberculose) : dans certains cas, la sonde nasogastrique peut être utilisée pour recueillir des échantillons pour la détection de la tuberculose.
  • Traitement d’une hémorragie digestive : en cas d’hémorragie digestive, une sonde nasogastrique peut être utilisée pour aspirer le sang de l’estomac.
  • Traitement d’un iléus : l’iléus est une obstruction du tube digestif qui empêche le passage des aliments et des liquides.
  • Administration de produits de contrastes ou d’antidotes comme le charbon activé : une sonde nasogastrique peut être utilisée pour administrer des produits de contraste utilisés dans certaines procédures d’imagerie.

La mise en place de sondes nasogastriques est une tâche qui doit être exclusivement réalisée par du personnel qualifié.

Pose et surveillance de sonde gastrique.

Types de sondes naso-gastriques

Les sondes nasogastriques se déclinent en plusieurs types, chacun ayant ses propres caractéristiques et utilisations. Certaines sont fabriquées en polyuréthane ou en silicone pour une flexibilité et une durabilité optimales.

Elles peuvent être lestées ou non, le lestage aidant à faciliter l’insertion et le maintien de la sonde en place dans l’estomac. Certaines sondes sont fournies avec un mandrin, un guide rigide qui facilite l’insertion.

Les sondes varient également en taille, généralement de CH 8 à 12, pour répondre aux besoins spécifiques du patient.

On distingue principalement:

  • Sondes d’alimentation :
    • Sondes en silicone : ces sondes sont généralement utilisées pour des périodes de sondage de longue durée, jusqu’à 4 semaines. Le silicone est un matériau flexible et durable.
    • Sondes en polyuréthane de type Freka® (avec mandrin) : ces sondes sont destinées à des sondages de très longue durée, c’est-à-dire au-delà de 30 jours. Le polyuréthane est un matériau encore plus résistant, ce qui permet à ces sondes de rester en place pendant des périodes plus longues.
  • Sonde d’aspiration : Sonde Salem® en PVC (avec prise d’air) : ces sondes, conçues pour une utilisation de courte durée (environ 3 à 4 jours), se déclinent en deux modèles.
  • Sonde de lavage gastrique : Tube de Faucher® : ce type de sonde est spécifiquement utilisé pour le lavage gastrique, une procédure qui consiste à rincer l’estomac pour en éliminer le contenu.
  • Sonde pour les urgences gastro-intestinales : La sonde de Sengstaken-Blakemore® est principalement utilisée en situation d’urgence pour contrôler les hémorragies gastro-œsophagiennes, souvent dues à des varices œsophagiennes.

Préparation et pose d'une sonde naso-gastrique

Avant de procéder à l’insertion de la sonde nasogastrique, il est important de prendre en compte plusieurs prérequis pour assurer la qualité du soin.

Expliquez pourquoi la sonde est nécessaire, les avantages et les risques associés.

Matériel de sondage : selon l’indication, vous aurez besoin d’une sonde gastrique, du matériel pour la nutrition entérale ou d’un système d’aspiration mural prêt à l’emploi. Prévoyez également un lubrifiant compatible avec le matériau de la sonde et un anesthésique de contact sur prescription. N’oubliez pas un verre d’eau.

Hygiène de base : respectez toujours les principes d’hygiène de base lors de la pose d’une sonde nasogastrique comme l’hygiène des mains.

Le patient doit effectuer un soin du nez, qui peut inclure le mouchage et l’instillation de sérum physiologique, pour son confort et pour éviter l’obstruction de la sonde par des sécrétions nasales.

Le patient doit être installé en position assise ou demi-assise. Si cette position n’est pas possible, le patient peut être placé en décubitus latéral.

Après avoir enfilé les gants, et lubrifié la sonde, insérez-la horizontalement en maintenant la tête du patient inclinée vers l’avant. Si vous rencontrez un obstacle, n’insistez pas et changez de narine. Faites déglutir le patient lorsque la sonde est sentie au fond de la gorge en continuant de l’insérer.

Lors de l’insertion d’une sonde d’alimentation intestinale, le mandrin ne doit pas être visible à l’extrémité de la sonde.

La fixation par fil peut être utilisée pour des indications spécifiques, notamment en ORL. De manière générale, la sonde sera fixée avec du ruban adhésif. Pour cela, préparez la peau (la laver et la sécher) avant d’appliquer le ruban adhésif imperméable à la base du nez. Appliquez une bande de ruban élastique de 4 cm sur le nez, la partie inférieure de la bande étant fendue.

La vérification du positionnement de la sonde est une étape de sécurité essentielle, quel que soit le type de sonde. La radiographie thoracique est la méthode de référence obligatoire pour confirmer le bon positionnement initial de la sonde après sa pose.

Chez les patients alités en réanimation ou dans l’incapacité d’être déplacés, la radiographie de contrôle du positionnement de la sonde nasogastrique est réalisée au lit du patient à l’aide d’un appareil de radiologie mobile.

Le whoosh test consiste à injecter 50 à 60 mL d’air dans la sonde et à ausculter l’épigastre pour détecter un bruit de gargouillement.

Le contrôle visuel ne peut détecter qu’un déplacement externe de la sonde et ne permet pas de confirmer la position intra-gastrique.

La vérification du positionnement de la sonde peut également être effectuée par l’aspiration du liquide gastrique.

L’aspiration du liquide gastrique consiste à retirer le contenu de l’estomac à l’aide d’une sonde pour vérifier que celle-ci est correctement positionnée avant d’administrer des médicaments, de la nourriture ou de l’hydratation.

Une autre technique consiste à mesurer le pH du liquide aspiré. Un pH acide confirme la position gastrique de la sonde, alors qu’un pH alcalin ne permet pas de déterminer la position de la sonde (tube digestif ou poumon). Si la sonde est en aval du pylore, le pH attendu est alcalin.

Complications potentielles et leur gestion

L’administration de l’alimentation entérale peut se faire soit par l’intermédiaire d’une sonde nasale, soit par stomie (ouverture artificielle créée chirurgicalement sur la paroi abdominale, permettant l’accès direct au tube digestif pour l’administration de nutriments). Il existe deux types principaux de sondes nasales (la sonde nasogastrique et la sonde nasojéjunale) et deux types principaux de stomies digestives (la gastrostomie et la jéjunostomie).

Les complications en Nutrition Entérale sont réduites si l’utilisation et les indications sont correctement posées et appliquées.

Voici les principales complications possibles:

  • Complications mécaniques:
    • Obstruction de la sonde
    • Migration de la sonde
    • Erosions des muqueuses (nasale, oro-pharyngée, œsophagienne, gastrique) et de la paroi abdominale, avec risques infectieux aux niveaux ORL et péri-stomial.
  • Complications métaboliques:
    • Intolérance glucidique
    • Déshydratation
    • Syndrome de renutrition inappropriée.
  • Complications digestives:
    • Reflux gastro-œsophagien, avec risque majeur d’inhalation bronchique et pneumopathie d’inhalation (URGENCE).
    • Diarrhées : osmotiques, infectieuses (rares) ou par malabsorption : 3 à 4 selles liquides par jour.
    • Constipation.
    • Nausées, vomissements.
    • Douleurs abdominales.
    • Météorisme abdominal.

Parmi les risques consécutifs à la pose, on note:

  • Absence de coopération du patient ou agitation
  • Douleur
  • Enroulement de la sonde
  • Hémorragie nasale extériorisée par la bouche
  • Obstruction des orifices dans lesquels on introduit la sonde
  • Régurgitation
  • Toux, larmoiements
  • Positionnement de la sonde dans l’arbre trachéo-bronchique

Parmi les risques secondaires à la pose, on note:

  • Arrachement de la sonde
  • Déplacement secondaire
  • Obstruction de la sonde
  • Douleur
  • Reflux gastro-oesophagien ou inhalation
  • Infection
  • Ulcération
  • Déséquilibre de la volémie et des électrolytes (pour sonde d’aspiration)

Si les troubles cités ci-dessus se prolongent, parlez-en systématiquement à votre médecin.

Si lors d’un branchement, vous vous mettez à tousser de manière irrépressible, c’est peut-être le signe que la sonde s’est déplacée ou bien qu’elle est positionnée dans les poumons. Dans ce cas, arrêtez immédiatement l’administration de la nutrition et contactez votre infirmier ou médecin qui viendra vérifier et s’assurer de la bonne position de la sonde.

En cas de vomissements, interrompez toujours la nutrition entérale et retirez la sonde naso-gastrique qui a pu se déplacer lors de la remontée des aliments et des efforts de vomissements.

En somme, l’insertion d’une sonde nasogastrique est une procédure médicale essentielle pour diverses indications. Il est crucial que les étudiants en soins infirmiers et les infirmier(e)s en exercice maîtrisent cette procédure, ses complications potentielles et les soins appropriés.

Les complications potentielles liées à la gastrostomie sont les irritations de la peau au niveau de l’incision sur le ventre et parfois un écoulement de liquide par la sonde.

Il arrive parfois que la sonde se bouche. Pour y remédier, vous pouvez administrer un liquide tiède (thé, eau, etc.). Ne tentez surtout pas de déboucher la sonde en introduisant un ustensile pointu directement dans le tube. Si elle ne peut être débouchée, contactez votre infirmière qui viendra rapidement la déboucher ou bien la remplacer, si nécessaire.

En cas de diarrhées : réduire le débit dans un premier temps, puis en parler à votre diététicienne ou à votre infirmière qui pourront vous conseiller utilement. Si les troubles se prolongent parlez-en sans hésiter à votre médecin.

En cas de constipation/ballonnements : interrompre momentanément l’alimentation puis reprendre progressivement. N’hésitez pas à demander conseils au diététicien et/ou au médecin traitant. Restez assis 30 à 45 mn après le passage de la nutrition.

En cas de nausées/vomissements : interrompre l’alimentation. En cas de prolongation des troubles, demander à votre médecin s’il est nécessaire de modifier les quantités ou le débit et si vous devez utiliser des médicaments anti-nauséeux.

La sonde nasogastrique peut altérer l'image corporelle de l'enfant et peut constituer pour lui un facteur de souffrance psychologique. Un manque de confiance en soi, des sentiments de dépréciation voire de honte, un isolement peuvent être observés. Il convient d'y être vigilant. Des moqueries sont également possibles.

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