Le Sénégal est témoin d'un essor considérable de l’élevage intensif de moutons Ladoum, une race ovine considérée par les éleveurs comme étant la plus performante. En vingt ans, l’élevage de cette race ovine aux dimensions hors normes a connu une hausse spectaculaire.
Mouton Ladoum. Source: Wikipédia
La sélection du ladoum, fruit d’un croisement génétique entre le touabire mauritanien et le bali-bali malien, a débuté dans les années 1970 à Thiès, une ville située à 70 km de Dakar. Près de cinquante ans après, la bête est célébrée en raison de sa beauté et de ses dimensions exceptionnelles. Sa robe d’une blancheur éclatante, parfois tachetée de noire, ses cornes enroulées et parfaitement symétriques, son cou majestueux ont suscité l’attraction lors du Salon de l’agriculture 2018, à Paris.
Avec 114 cm au garrot et 161 cm de longueur pour une bête de 175 kg, ses mensurations sont de loin supérieures aux autres races. C’est d’ailleurs la seule bête pour laquelle des compétitions sont régulièrement organisées au Sénégal. Le Ladoum tire son nom de la tribu des Ladem, originaire de la région mauritanienne du Hodh El Gharbi.
A la bergerie Galoya de Mbao, près de Dakar, les retardataires se pressent de venir chercher leur mouton en cette veille d’Aïd-el-Kébir, célébrée lundi 12 août au Sénégal. Et pas n’importe quelle race : le ladoum est la vedette de cette fête musulmane communément appelée Tabaski au Sénégal et à laquelle il faut consacrer au rituel du sacrifice. C’est un cadeau pour les plus nantis, un rêve pour les plus modestes, mais l’animal ne laisse personne indifférent dans un pays où l’élevage de moutons est une passion.
Prisé des plus riches pour le sacrifice de la fête musulmane de l’Aïd-el-Kébir, l’animal peut se vendre des dizaines de milliers d’euros. Sur les 810 000 têtes de moutons nécessaires à cette édition de la Tabaski, le cheptel des ladoums constitue actuellement un peu plus de 20 000 bêtes. Mais la production est en constante hausse ces dernières années.
SALADAM est plus qu’un salon, c’est un véritable levier pour la transformation et la modernisation de l’élevage au Sénégal. Le Sénégal constitue une vitrine. Les réalisations du Sénégal méritent d’être plus que partagées afin qu’elles soient plus connues et qu’elles servent de modèle dans la sous-région.
En Afrique on a toujours l’habitude de considérer ce qui ne marche pas ; mais saluer toute l’ingéniosité des éleveurs sénégalais dans leurs efforts accomplis aussi bien dans l’amélioration des races que dans la génétique en passant par l’alimentation qui sont des niches importantes d’éclosion d’opportunités d’emplois et de créations de richesses pour les jeunes .
Un travail a eu pour objectif de comparer les performances d’embouche de trois principales races d’agneaux. Il a porté sur 31 agneaux (12 Ladoum, 8 Touabire et 11 Peul-peul) de trois mois d’âge ayant un poids vif (PV) initial de 25,4 kg et élevés durant sept mois où ils ont été alimentés ad libitum avec de la fane d’arachide, un concentré, de l’eau potable et des pierres à lécher.
Les PV, GMQ, CAI, IC, PC, RC, REQ, PMC et PGC ont été semblables (p > 0,05) entre les trois races d’agneaux. Les consommations de concentré par rapport au fourrage et les rendements des abats blancs chez les Ladoum (72,5 % CAI et 5,5 %) ont été plus faibles (p < 0,05) comparés à ceux des Touabire (77,14 % CAI et 6,77 %) et Peul-peul (78 % CAI et 6,1 %) qui sont restés identiques, contrairement à la CE (4 vs. 3 litres/j). Les épaisseurs de tissu total (GR), du longissimus dorsi, du gras dorsal mesurées de la 3e à la dernière semaine ante-mortem, ont été similaires (p > 0,05) pour ces trois races, excepté la GR qui a été significativement réduite à la 3e semaine ante-mortem chez les Ladoum.
Si le ladoum séduit autant, c’est aussi parce qu’il est inaccessible. Belle affaire, donc, que le ladoum, qui ne fait pas pour autant l’unanimité chez les éleveurs, la qualité de sa chair faisant débat.
En entrée de gamme, comptez 300 000 francs CFA (457 euros), soit trois fois le coût d’un mouton peul-peul. Pour un agneau ou un antenais (de 10 à 18 mois), il faudra débourser entre 250 000 et 600 000 francs CFA. Et pour les béliers issus d’ovins dits champions, le prix affiché commence à partir d’1 million de francs CFA, selon une étude publiée par la revue Afrique Science, avec un record de 52 millions de francs CFA proposés en 2017 pour le ladoum Assane 2.
En ce week-end de préparatifs, alors que défilent directeurs de banque et autres personnalités à la bergerie Galoya de Mbao, un agent du ministère de l’élevage confie être venu chercher « des ladoums à offrir aux ministres, députés et ambassadeurs ». Un bien de luxe, donc, mais qu’il faudrait « démocratiser » pour qu’il ne soit plus considéré comme un « mouton de privilégiés », estimait Khadim Guèye, conseiller technique du ministre de l’élevage et des productions animales, lors de la foire bisannuelle du regroupement des éleveurs intensifs de Thiès, en janvier.
Voici une idée des prix du mouton Ladoum :
| Catégorie | Prix (Francs CFA) | Prix (Euros) |
|---|---|---|
| Entrée de gamme | 300 000 | 457 |
| Agneau/Antenais (10-18 mois) | 250 000 - 600 000 | 381 - 914 |
| Béliers champions | 1 000 000+ | 1 524+ |
« Aux Etats-Unis, on se base sur la qualité des gênes, alors qu’ici, c’est davantage l’apparence qui compte. Nous avons des races de meilleure viande que le ladoum et qui sont moins chères », assure Moustapha Tamba, un éleveur qui juge la spéculation actuelle excessive : « Le ladoum est surcoté, car contrôlé par un cercle restreint qu’il faut intégrer pour pouvoir vendre. »
A cette occasion, la Fenafo déclarait d’ailleurs travailler à l’homologation d’un label qui permettrait d’exporter le ladoum. La première phase de collecte des données de caractérisation étant terminée, la fédération espère achever le processus au cours de l’année. En attendant de brouter l’herbe ailleurs, le ladoum sera en tout cas du festin pour cette Tabaski au Sénégal.
tags: #alimentation #mouton #ladoum
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic