Alimentation et maladie de Lyme : une approche naturelle

La maladie de Lyme, également appelée borréliose de Lyme, est transmise par des bactéries hélicoïdales du genre Borrelia lors d’une morsure de tique ou d’autres insectes. Elle évolue par poussées sur plusieurs années et est souvent associée à des co-infections transmises simultanément (bactéries, virus, protozoaires…).

L'absence de symptômes spécifiques rend son diagnostic difficile.

Les personnes atteintes de la maladie de Lyme ont subi, ou subissent encore de manière chronique ou pulsée, un traitement antibiotique à large spectre dans le but d’éliminer cette bactérie et les co-infections présentes.

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Réforme alimentaire : un pilier du traitement

Après 10 ans de recherches et d’analyses, Judith Albertat, l’auteure de "Lyme les solutions naturelles", est persuadée qu’il est possible de sortir d’une maladie de Lyme chronique grâce à une réforme alimentaire et à la prise de compléments adaptés qui visent à restaurer le « terrain » du malade.

Selon elle, le traitement conventionnel est adapté aux phases d’urgence, aiguës et précoces de la maladie de Lyme et doit être utilisé absolument dans ces cas. Cependant, dès qu’on entre dans une maladie de Lyme chronique, cela devient très compliqué, car les patients répondent en général bien aux antibiotiques donnés en urgence, mais sur le long terme, il y a des rechutes, notamment à l’automne et au printemps, au moment où bactéries et virus sont les plus actifs.

Le traitement conventionnel permet donc une amélioration temporaire, mais il ne résout pas les autres problèmes rencontrés par les malades de Lyme (charge toxique importante, déficits en vitamines, intestin perméable…).

En tant que naturopathe, elle a noté que tous souffraient de maux d’estomac et d’intestins et que, lorsqu’on s’intéresse au terrain des personnes concernées, le bilan est désastreux.

Elle a pris conscience au cours de ces années de recherche que la maladie de Lyme s’inscrit dans ce que l’on appelle « les maladies infectieuses émergentes » lesquelles se développent dans des proportions exponentielles car l’environnement est devenu impropre à la vie.

Pour aider à la guérison, il est donc important d’utiliser les outils les plus simples et les plus naturels possible. C’est la réforme alimentaire.

Judith Albertat s'est appuyée sur les retours de milliers de malades qui ont constaté des améliorations sous antibiotiques pendant des périodes plus ou moins longues et qui ont vécu ensuite des rechutes à répétition. Elle explique que les traitements conventionnels et intégratives ont abîmé son terrain de manière effroyable. Elle pense que si l’on ne traite que l’infection, on risque d’aggraver l’état du malade : il faut avant tout prendre en compte le « terrain » du malade, et considérer les dégâts causés par les métaux lourds et les toxiques environnementaux.

Le régime GAPS

À force de chercher partout, notamment dans les publications traitant des maladies auto-immunes et de l’intestin, elle est tombée par hasard sur le régime GAPS popularisé par Natasha Campbell. Campbell a conçu ce régime pour son enfant autiste en reprenant des travaux qui existaient depuis 50-60 ans.

Il s’agit d’un régime sans céréales et sans sucres au sens large, hypotoxique, encore plus restrictif que le régime Seignalet. La bonne nouvelle par contre c’est qu’on n’a pas à le suivre toute sa vie : entre 6 mois et 2 ans « seulement ».

Si vous ne mangez plus d’aliments pro-inflammatoires alors que vous en consommiez avant, les bénéfices se voient dès 2 jours à 1 semaine. De manière plus générale, il faut 3-4 mois pour constater des résultats. Le problème c’est que dès que ça va mieux, les patients observent moins bien la réforme alimentaire. C’est une approche qui demande de rester très rigoureux.

La nutrition reste le phare du traitement. Bien respecter cette réforme permet aussi de ne pas acheter trop de compléments alimentaires.

Compléments alimentaires : un soutien essentiel

Voici quelques compléments alimentaires souvent recommandés pour soutenir les personnes atteintes de la maladie de Lyme :

  • Probiotiques : Il est primordial de réensemencer le microbiote avec des lactobacilles, des bifidobactéries et des streptocoques, d’autant que ces souches microbiotiques jouent aussi un rôle très important dans la dégradation des toxines microbiennes (endotoxines), dans la modulation du système immunitaire et la régulation de l’inflammation. Le L. Rhamnosus semble particulièrement intéressant pour chélater les métaux lourds et limiter l’anxiété. D’ailleurs il est tout à fait possible de conseiller d’autres psychobiotiques (B. infantis, L. helveticus) qui agiront sur la sphère intestinale et diminueront la fatigue émotionnelle.
  • Plantes pour la détoxification hépatique : Il est souhaitable de recommander des plantes qui soutiennent les enzymes de détoxication hépatique comme le chardon marie (notamment en cas d’enzymes hépatiques élevées (ASAT/ALAT), le desmodium, le radis noir, l’artichaut ou encore le brocoli. La Chlorella, l’ail des ours et le charbon végétal complètent l’action détox en chélatant les toxiques et métaux lourds présents au niveau intestinal (endocriniens, aluminium, mercure, plomb…).
  • Vitamine D3 : Pour éviter les co-infections microbiennes et virales, à conseiller à l’année ou d’octobre à mars.
  • Andrographis paniculata : Elle diminue l’inflammation du système nerveux central.
  • Cat’s claw (Uncaria tomentosa - Griffe du chat) : Elle stimule l’immunité (notamment l’activité des macrophages) et augmente le nombre de lymphocytes.
  • Échinacée : C'est aussi un excellent immunostimulant tout comme l’astragale (Astragalus membranaceus). Fortifiante et stimulante du système immunitaire, elle est antibactérienne et antivirale.
  • Coenzyme Q10 couplé au NADH : Ils participent tous deux à la production d’énergie.
  • Magnésium malate : Il augmente aussi l’énergie cellulaire.
  • Boswellia serrata : Elle diminue le gonflement des articulations et est aussi efficace que les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) sans les effets secondaires.
  • Curcuma : Antioxydant et anti-inflammatoire reconnu, il diminue les douleurs.
  • SAMe : Aussi efficace que les AINS, elle diminue les douleurs articulaires. Elle améliore la synthèse des neurotransmetteurs et les neurotransmissions.

Ces compléments alimentaires peuvent aider à soutenir le système immunitaire, à réduire l’inflammation et à favoriser la détoxification, contribuant ainsi à améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de la maladie de Lyme.

Tableau récapitulatif des compléments alimentaires

Complément alimentaire Bénéfices potentiels
Probiotiques (Lactobacilles, Bifidobactéries, Streptocoques) Réensemencement du microbiote, dégradation des toxines, modulation du système immunitaire, régulation de l'inflammation
Chardon marie, Desmodium, Radis noir, Artichaut, Brocoli Soutien des enzymes de détoxication hépatique
Chlorella, Ail des ours, Charbon végétal Chélation des toxiques et métaux lourds au niveau intestinal
Vitamine D3 Prévention des co-infections microbiennes et virales
Andrographis paniculata Diminution de l'inflammation du système nerveux central
Cat’s claw (Griffe du chat) Stimulation de l'immunité, augmentation du nombre de lymphocytes
Échinacée, Astragale Immunostimulation, action antibactérienne et antivirale
Coenzyme Q10 + NADH Production d'énergie
Magnésium malate Augmentation de l'énergie cellulaire
Boswellia serrata Diminution du gonflement des articulations, action anti-inflammatoire
Curcuma Action antioxydante et anti-inflammatoire, diminution des douleurs
SAMe Diminution des douleurs articulaires, amélioration de la synthèse des neurotransmetteurs

Financement de la recherche sur la maladie de Lyme

Après avoir (co)fondé l’association Lyme sans frontières, Judith Albertat a (co)créé un fond de dotation pour la recherche sur la maladie de Lyme. Avec l’association Lyme sans frontières (LSF) il avait été question de lever des fonds pour financer un projet appelé Dimitri construit avec l’Institut Pasteur, le service de microbiologie de l’hôpital de Garches, l’institut vétérinaire de Maisons-Alfort, etc.

En quittant LSF, elle a été invitée à raconter son combat contre Lyme au Rotary Club de Brumath Truchtersheim Kochersberg (RCBTK pour les intimes). Et c’est avec cette institution, et d’autres personnes physiques ou morales, qu’elle a créé le Fonds de dotation I For Lyme (IFL) en avril 2016. Le Conseil Scientifique vient d’être constitué et ils examineront à l’automne les premiers projets de recherche.

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