Synonyme de repas festifs et de viande savoureuse, la dinde est une volaille impressionnante par sa taille et son allure. Élever des dindes peut sembler intimidant au premier abord, mais avec les bonnes connaissances et un équipement adapté, c'est une aventure enrichissante et potentiellement très rentable. Qu'il s'agisse de produire de la viande pour votre table, de diversifier votre élevage ou simplement par passion pour ces oiseaux fascinants, un guide complet est essentiel. Ce document détaillé vous accompagnera à chaque étape : du choix des races à l'incubation des œufs, en passant par les soins délicats des dindonneaux, l'aménagement de leur habitat, leur alimentation spécifique et les clés d'une bonne santé.
Dindon sauvage
Les dindes sont principalement élevées pour leur viande, très prisée pour sa saveur fine, sa texture tendre et sa faible teneur en matières grasses. Elles offrent un rendement en viande important, ce qui en fait un choix économique pour l'autoconsommation ou la vente directe. Bien que les dindonneaux soient délicats, les dindes adultes sont des volailles généralement robustes et résistantes aux maladies, surtout si elles sont élevées en plein air avec un espace suffisant. Leur grande taille les rend moins vulnérables à certains petits prédateurs. Les dindes sont des oiseaux sociaux qui peuvent devenir assez apprivoisés avec leur éleveur. Le dindon, avec sa parade impressionnante (roue, glouglous), est un spectacle fascinant.
Le choix de la race est déterminant pour la réussite de votre élevage, car il influencera la taille finale des dindes, leur vitesse de croissance et leur capacité de reproduction. Les dindes de souche commerciale à croissance très rapide (par ex. "But Broad Breasted White") sont sélectionnées pour leur rendement.
L'aménagement de l'habitat des dindes est crucial pour leur santé et leur développement. Les dindes sont des oiseaux qui aiment le grand air. Elles ont besoin d'un vaste parcours herbeux pour picorer, chercher des insectes et faire de l'exercice. Prévoyez au moins 20 à 30 m² par dinde adulte. Un terrain bien drainé est préférable pour éviter l'humidité excessive, source de maladies. L'abri doit être spacieux, bien ventilé, à l'abri des courants d'air et parfaitement sec. Les dindes préfèrent dormir en hauteur : installez des perchoirs larges et robustes (environ 10 cm de large, à 60-90 cm du sol) pour qu'elles puissent s'y poser confortablement. Prévoyez 30 à 40 cm linéaire de perchoir par dinde. La litière (copeaux, paille) doit être épaisse, propre et changée très régulièrement pour éviter le développement de bactéries et de parasites. L'accès constant à de l'eau fraîche et propre est vital. Les dindes, comme toutes les volailles, boivent beaucoup, surtout en période de croissance et par temps chaud. Un abreuvoir pour dinde de grande capacité est indispensable, et doit être conçu pour limiter la contamination par les fientes et la litière.
L'alimentation est un facteur clé pour la croissance rapide et la bonne santé des dindes. Accueillez à votre table une dinde bien élevée : si elle a mangé ce qu’il faut, quand il faut, comme il faut, elle sera assurément une invitée… de bon goût ! En effet, c’est bien l’alimentation qui assure la saveur et les bienfaits nutritionnels de la dinde.
Végétaux et céréales sous toutes les formes. L’alimentation des dindes est composée à 100% de végétaux enrichis en minéraux et vitamines. Elle est adaptée à leur biologie par une composition de diverses céréales comme le blé, le maïs ou l’orge. Mais également par des protéagineux et des oléagineux tels que le soja, la féverole ou du pois qui peuvent être utilisés sous forme de graines pressées que l’on appelle « tourteaux ». Pour assurer un bon équilibre alimentaire, les dindes ont besoin d’une alimentation complémentée en minéraux et vitamines.
Les céréales arrivent entières dans les usines de fabrication d’aliment. Par un procédé qui suit une recette précise de la part des nutritionnistes, les diverses céréales vont être pesées, mélangées, et pressées pour arriver sous forme de granulés adaptées à l’âge des dindes. Tout comme les céréales, les granulés sont fabriqués par des usines françaises à proximité des élevages. En effet, les dindes ont besoin de taille de granulés différentes selon leur âge, leur taille et leur poids. La composition des recettes va différer selon leur croissance. Par exemple un dindonneau n’a pas les mêmes besoins nutritionnels qu’une dinde de 30, 80 ou 140 jours. De la même façon, la grosseur des granulés s’adaptera selon les étapes de croissance ; ainsi les dindonneaux auront une alimentation sous forme de miettes puis une taille de granulés pouvant aller jusqu’à 1cm à l’âge adulte.
Stop aux idées reçues, les hormones de croissance tout comme les facteurs de croissance dans l’alimentation sont interdites en France. Les granulés fabriqués sont ensuite livrés chez les éleveurs via des camions vracs directement dans les silos des exploitations. Les silos reliés au poulailler vont distribuer l’aliment dans des trémies qui sont elles-mêmes reliées en gamelle d’alimentation. Par un système d’automatisation quand les dindes viendront taper dans la gamelle, la distribution de l’alimentation se déclenchera.
Grains ou miettes de blé, de maïs, de colza ou de tournesol… mais aussi gravillons : les dindes sont de vraies gloutonnes ! Et ce, dès les premières semaines suivant leur éclosion, voire dès les premières heures. Les trois premiers jours de leur vie, il est même indispensable de mettre à leur disposition un buffet à volonté pour poser les bases de leur croissance. Cette précaution des premiers jours se prolonge tout au long de la durée de l’élevage des dindes.
Mais attention, la nourriture des dindes de chair n’est pas servie n’importe comment ! Durant les premiers jours de l’élevage, le professionnel commence à nourrir le dindonneau avec des aliments en miettes tamisées et de petits granulés durs qui ne dépassent pas 3,5 mm de diamètre. Peu à peu, l’éleveur passe progressivement de la petite miette au granulé plus gros mais, toujours avec le plus grand soin, sans brusquer les habitudes de l’animal. En effet, le dindonneau est difficile : si le granulé est trop gros ou trop long, il refusera catégoriquement de le manger !
La dinde est un bec fin qui apprécie également… les cailloux. Pour bien digérer, les dindes ont en effet besoin d’ingérer du gravier, qui assure un meilleur transit intestinal et une bonne activité du gésier. Le grit (petit gravier) peut, dans un premier temps, être directement incorporé au milieu des granulés, au moins trois jours par semaine jusqu’à ce que la dinde de chair atteigne ses 8 semaines.
En France, selon la charte du Comité Interprofessionnel de la Dinde Française (CIDEF), tous les aliments distribués aux dindes doivent être produits localement, directement au sein de la ferme où se situe l’élevage, ou bien fournis par des fabricants d’aliments agréés ou enregistrés. De leur côté, les dindes bénéficiant des signes officiels de qualité Label Rouge et Bio répondent à des obligations spécifiques. Chez la dinde, tout changement de régime alimentaire doit être minime et graduel, pour éviter qu’elle boude sa nourriture ! Et, pour une dinde au sommet de sa forme, tous les ingrédients utilisés doivent évidemment être d’excellente qualité.
Selon les fabricants d’aliments, la nourriture de la dinde peut être enrichie en huiles végétales (soja, tournesol) - mais attention aux excès ! Les dindes sont routinières : toute variation dans leur alimentation est mal perçue. La qualité et la taille des granulés doivent d’ailleurs rester identiques d’une livraison à l’autre. Certains éleveurs utilisent même un tamis de calibrage pour mieux assurer cette stabilité de la nourriture au fil du temps. Ils peuvent aussi proposer à leurs délicats volatiles des blocs de minéraux et de végétaux à picorer, ce qui améliore leur santé intestinale et enrichit leur alimentation en oméga 3. Quant aux reines des reines, les dindes de Bresse, les seules à bénéficier d’une AOC - AOP (Appellation d’Origine Contrôlée / Protégée), elles ont un régime particulier.
Si la dinde a besoin de bien se nourrir, elle a également besoin de bien s’hydrater ! Si elle ne boit pas suffisamment ou boit une eau de mauvaise qualité, cela va se répercuter sur sa croissance et sa santé. Il s’agit d’une eau potable - bien sûr - qui provient au choix d’un réseau ou d’un forage. Elle peut également provenir d’une eau de surface (eaux de pluie, cours d’eau, etc.) mais uniquement si elle a été assainie auparavant. Les dindes ont soif de propreté et leur eau est étroitement surveillée, régulièrement analysée pour assurer leur parfaite santé. La charte du Comité Interprofessionnel de la Dinde Française (CIDEF) spécifie que le circuit d’approvisionnement utilisé pour acheminer l’eau jusqu’aux dindes doit être en bon état, démontable et nettoyable. L’éleveur le nettoie et le désinfecte régulièrement pour servir une eau limpide à ses volailles.
Bien nourrie, bien élevée, la dinde va fournir une chair excellente, non seulement au niveau de son goût, mais aussi de ses qualités nutritionnelles tout en ne fournissant que très peu de calories. Une escalope de dinde crue, c’est seulement 109 kcal pour 100 g ! La viande de dinde constitue notamment une très bonne source de protéines : selon les morceaux, la dinde contient de 20 à 25 % de protéines, qui participent notamment au renouvellement des tissus musculaires, de la matrice osseuse, de la peau, etc. Par ailleurs, la viande de dinde est naturellement pauvre en lipides. Enfin, une escalope de dinde crue contient en moyenne 1,02 mg de fer pour 100 g (Source : Ciqual - ANSES).
Les dindonneaux ont besoin d'un aliment "démarrage dinde" ou "gibier" avec une teneur très élevée en protéines (28-30%) pendant les 6 à 8 premières semaines. C'est crucial pour leur développement musculaire et osseux. Assurez-vous que cet aliment est toujours disponible. Après l'aliment démarrage, passez à un aliment "croissance dinde" (environ 20-22% de protéines) jusqu'à l'âge de 12-16 semaines. Ensuite, un aliment de "finition" (environ 16-18% de protéines) est utilisé jusqu'à l'abattage.
Les données montrent que, lorsque les dindonneaux sont placés dans un environnement adéquat, avec un accès facile à la nourriture et à l'eau, ils ont plus de chances d'atteindre leur plein potentiel et de surmonter les problèmes de santé qui se présenteront à l'avenir. Après avoir rejoint le bâtiment, les dindonneaux doivent commencer à manger et à boire le plus rapidement possible. Il s'agit d'une étape très importante pour assurer une bonne santé intestinale. Un intestin sain permet aux dindes de digérer et d'absorber correctement les nutriments.
Vous trouverez ci-dessous des indications générales sur le nombre de mangeoires et d'abreuvoirs, mais il peut être intéressant d'utiliser des mangeoires et des abreuvoirs supplémentaires pour que les dindonneaux n'aient pas à parcourir de longues distances pour accéder à la nourriture et à l'eau. Le matin suivant l'arrivée, vérifiez le jabot des oisillons.
La présentation de l'aliment est également un facteur qui permet aux dindonneaux de prendre un bon départ. Une présentation correcte de la nourriture peut encourager la consommation. Pour faciliter au maximum l'accès à la nourriture, placez du papier sous les mangeoires et déposez un léger saupoudrage d’aliment dessus. Nous recommandons qu'en période de démarrage, la taille des particules soit celle d'une miette moyenne (2,3-3 mm). Diam. Diam. Lorsqu'il s'agit de présenter l'eau à vos dindonneaux, il est important qu'elle soit à la fois propre et à température ambiante. Une eau propre aide à prévenir les problèmes de santé tels que la Bordetella, l'E.coli et la salmonelle. 12 à 24 heures avant l'arrivée des animaux, nettoyez les conduits d'eau à l'aide d'un produit désinfectant, n’oubliez pas de rincer.
La température, à la fois dans l'environnement du bâtiment et au niveau des volailles, est un autre élément clé du processus de démarrage. Les dindonneaux sont très sensibles au froid et ont besoin d'un environnement chaud et confortable. Le préchauffage du bâtiment s'avère indispensable pour s'assurer que la litière est à une température suffisante. Si vous démarrez vos dindonneaux en ambiance, assurez-vous d’avoir des températures du sol allant de 32°C à 35°C, avec un objectif optimal de 34°C à 34,5°C dans l'espace d'alimentation et d'abreuvement. Dans les bâtiments d'élevage en cercle, il faut prévoir une plage de températures où les dindonneaux peuvent se sentir à l'aise. Il ne doit pas y avoir de courants d'air froids et le renouvellement de l'air doit être correct dans le bâtiment. Directement sous les radiants, maintenez une température de 36°C à 45°C, les températures dans la zone d’alimentation et d’abreuvement doivent être de 32°C à 35°C, idéalement de 34°C à 34,5°C et en bord de cercle, de 31°C à 32°C. Au moment de l'éclosion, puis 12 heures après son arrivée dans le bâtiment de démarrage, la température corporelle d'un dindonneau doit se situer entre 39,5°C et 40°C.
Au moment de leur arrivée, et jusqu'à 12 heures après, observez le comportement et l'activité de vos dindonneaux. Si vous remarquez qu'ils s'éloignent de la nourriture et de l'eau pour aller sous une source de chaleur, la température est probablement trop élevée. S'ils se blottissent les uns contre les autres et ne mangent ni ne boivent de manière active, ils ont probablement trop froid.
UFA propose une gamme d’aliments spécialement conçue pour les dindes. Le rapport protéines/énergie de l’aliment d’engraissement est idéal pour la deuxième moitié de l’engraissement. Selon la durée d’engraissement, il est utilisé jusque vers la 12e semaine. En raison du délai d’attente, l’aliment d’engraissement additionné d’un coccidiostatique ne peut pas être utilisé jusqu’à l’abattage. Il est donc impératif de passer à un aliment de finition sans coccidiostatique. L’aliment de finition pour dindes UFA contient une teneur réduite en protéines brutes et une teneur énergétique encore plus élevée, ce qui le rend idéal pour cette phase.
| Aliment | Durée d'utilisation | Consommation d'aliment |
|---|---|---|
| Aliment de démarrage | jusqu'à la 6e/8e semaine | 3.5 kg par animal |
| Aliment d'engraissement | 6e/8e jusqu'à la 12e semaine | 10 kg par animal |
| Aliment de finition | à partir de la 12e semaine | au moins 7.5 kg par animal |
Il est important de ne pas distribuer l’aliment d’engraissement pour volailles UFA aux dindes.
Les dindes commencent à pondre vers 7-8 mois. Elles pondent en général 15 à 20 œufs par couvée. Certaines races de dindes sont d'excellentes couveuses et mères, mais leur instinct maternel peut être aléatoire chez les souches commerciales. Pour un meilleur contrôle et un taux d'éclosion élevé, l'incubation artificielle est souvent préférée. L'œuf de dinde est grand et nécessite une attention particulière. Une couveuse pour dindes doit être suffisamment spacieuse pour accueillir ces œufs et capable de maintenir une température de 37,5°C et une hygrométrie élevée (environ 55-60% en incubation, 70-75% en éclosion). Le retournement automatique est essentiel, et pour les gros œufs de dinde, un plateau à œufs de dinde adapté est indispensable. Les modèles de couveuse automatique sont fortement recommandés pour leur précision et leur fiabilité.
Les dindonneaux sont connus pour leur fragilité durant les premières semaines. Les dindonneaux ont un besoin de chaleur encore plus élevé que les poussins. La température sous la lampe ou le panneau chauffant doit être de 35-37°C la première semaine, puis réduite de 2-3°C chaque semaine. Il est crucial d'observer leur comportement : s'ils sont regroupés sous la source de chaleur, ils ont froid ; s'ils s'en éloignent, ils ont trop chaud. Dès l'arrivée, montrez-leur la nourriture et l'eau. Il peut être nécessaire de tremper leur bec dans l'eau puis dans l'aliment pour les inciter à manger. Utilisez des abreuvoirs et des mangeoires adaptés à leur petite taille, peu profonds pour éviter la noyade mais suffisamment grands pour ne pas qu'ils se salissent. La litière doit être changée très fréquemment pour rester sèche et propre. L'humidité et la saleté sont des vecteurs de maladies. Surveillez attentivement les signes de picage, qui peut être fréquent chez les dindonneaux en cas de surpopulation, de stress ou de carence alimentaire.
Dindonneau
Histomonose (ou "maladie des points noirs"): C'est la maladie la plus redoutée chez la dinde. Elle est causée par un parasite transmis par un ver intestinal. Ne jamais élever des dindes avec des poules (qui sont porteuses saines) ni sur un terrain ayant accueilli des poules récemment.
Coccidiose: Maladie parasitaire intestinale, surtout chez les jeunes. Une litière sèche et propre et une bonne hygiène sont essentielles.
Parasites externes: Poux et tiques peuvent affecter les dindes.
Elle commence généralement vers 12-16 semaines et dure jusqu'à l'abattage (entre 18 et 28 semaines selon la race et le poids visé). L'alimentation est riche en céréales (maïs, blé), avec une teneur en protéines adaptée pour favoriser la prise de poids et le persillé de la viande. Pour un abattage efficace et respectueux, un équipement adapté est recommandé.
Élever des dindes est une expérience gratifiante qui vous permet de produire une viande de qualité supérieure et de profiter de la présence de ces magnifiques oiseaux.
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