La pie, cet oiseau noir et blanc emblématique, fascine par son intelligence et son comportement social. Les pies sont des oiseaux relativement communs en France, pourtant, l’on ignore beaucoup de ces volatiles très intelligents. Nous appelons "pies", les grands oiseaux au plumage noir et blanc. Tantôt bavardes, tantôt voleuses, ces oiseaux font partie de la famille des corbeaux. Cependant, certains spécialistes préfèrent les classifier dans celle des passereaux. En France, la plus commune est la pie bavarde (Pica pica). Mais que mange réellement cet oiseau malicieux ? La pie est un oiseau omnivore par excellence.
Son menu diversifié lui permet de s’adapter à différents habitats, des zones rurales aux milieux urbains. Cette diversité alimentaire permet à la pie de survivre dans des conditions variées. La pie est une espèce commune d’oiseau, présent dans nos campagnes comme dans nos villes. Reconnaissable entre tous par son plumage noir et blanc et son chant atypique, la pie bavarde (pica pica) a la réputation d’être un oiseau rusé.
La pie est un oiseau de taille moyenne de la famille des corvidés (corbeau, choucas et geais). Elle mesure entre 40 cm et 55 cm de longueur, dont la moitié est composée de sa queue. Son envergure est de l’ordre de 50 à 60 cm. Sa silhouette est élancée et son bec puissant. Le plumage bicolore noir et blanc est la caractéristique la plus frappante de la pie, ce qui lui vaut d’être facilement reconnaissable, même pour les novices en matière d’oiseau.
Un autre signe distinctif de la pie est son intelligence remarquable. En effet, des études ont démontré que les pies sont capables de résoudre des problèmes complexes et d’utiliser des outils. De plus, la pie fait partie des rares espèces animales qui reconnaissent leur propre reflet dans un miroir, une capacité longtemps considérée comme spécifique à l’Homme. Enfin, la pie est également dotée d’une excellente mémoire spatiale.
La pie est une espèce d’oiseau grégaire et sociable. Les pies vivent en groupe, au sein d’une même famille, pour défendre leur territoire, éloigner les prédateurs et partager la nourriture. La pie est aussi un oiseau territorial et sédentaire. Comme son nom l’indique, la pie bavarde est particulièrement loquace. Son cri typique et saccadé est très reconnaissable des autres chants d’oiseaux.
La répartition de la pie bavarde sur le globe est assez étendue : on la retrouve aussi bien en Europe, en Afrique du Nord, qu’en Asie. Grâce à sa grande capacité d’adaptation, la pie peut investir différents types d’habitats, selon sa situation. En général, les couples de pies se forment pour la vie. La période de reproduction a lieu durant le printemps, en mars, le plus souvent. Le couple construit alors ensemble son nid, une véritable prouesse d’ingénierie. La femelle pond entre 5 et 7 œufs et les couve durant une vingtaine de jours. Une fois les œufs éclos, les deux parents participent à l’alimentation des oisillons.
Bien qu’admirée pour son intelligence et sa capacité d’adaptation, la pie est un oiseau sujet aux controverses. Sa réputation de « pie voleuse » et son cri strident lui donnent une image d’oiseau de mauvais augure dans de nombreuses cultures. De plus, certains considèrent la pie comme nuisible puisqu’elle s’attaque parfois aux œufs et aux oisillons d’autres espèces. Toutefois, la pie ne constitue pas une menace pour les populations d’oiseaux. Au contraire, la pie joue un rôle fondamental dans l’équilibre des écosystèmes. Elle contribue même à réguler les colonies d’insectes nuisibles et de petits rongeurs, dont elle raffole.
La pie bavarde est omnivore, son régime alimentaire peut varier, mais est essentiellement constitué :
La proportion de ces aliments varie selon leur disponibilité dans le territoire de chaque pie. Elle mange essentiellement au sol, et des proies animales en été.
Si l'on doit établir une balance alimentaire, nous dirions que les pies consomment 80 % d'invertébrés et 20 % de graines, fruits et restes alimentaires. Ainsi, les limaces, vers, coléoptères, tiques et autres insectes constituent la majorité de leur alimentation et surtout, leur apport en protéines. Elles ne se refusent pas quelques charognes lorsque la nourriture se fait rare. C'est pourquoi on la retrouve souvent sur les abords des routes à déguster des cadavres d'animaux morts. Très opportuniste, elle va jusque dans les nids d'autres oiseaux pour subtiliser des œufs afin de les manger par la suite !
Elles se laissent séduire par tous types de fruits et notamment les fruits rouges qui contiennent beaucoup d'eau afin de constituer un apport hydrique conséquent. Attention donc à vos potagers ! En hiver, elles vont manger des graines ou des fruits à coque, comme les noisettes par exemple.
Les oisillons des pies seront nourris exclusivement d'invertébrés par leurs parents. Ces derniers leur apportent de quoi bien grandir dans leur nid durant 1 mois environ. Lorsque des petits tombent du nid, vous pouvez les recueillir, mais sans les mettre en cage. Essayez de les installer dans une boîte à chaussure ouverte par exemple, à l'extérieur et à l'abri des prédateurs. Offrez-leur de la viande hachée crue qui est facile à proposer, surtout si vous ne souhaitez pas vous substituer à leurs parents en fouillant le sol à la recherche de vers. Vous pouvez aussi leur donner de la viande crue.
Les pies peinent souvent à trouver de la nourriture lorsque les températures baissent. Généralement, elles font preuve de solidarité pour dénicher de précieuses denrées. C'est pour cette raison que l'on peut apercevoir de grands groupes de pies. En théorie, les animaux blessés ou morts sur les bords des routes sont fréquents, donc les cadavres constituent aussi une source alimentaire non négligeable lorsque la disette se fait plus présente. En ville, la pie bavarde mange également les déchets alimentaires humains.
La pie bavarde est un oiseau sédentaire. Les pies sont très curieuses. Elles sont attirées par les objets inconnus, surtout si ils ont tendance à briller. Les pies sont des oiseaux très intelligents et rusés. Nidification arboricole. Le nid, de grande taille, est construit par le mâle et la femelle à l’aide de végétaux (brindilles, branches, rameaux), de terre et de boue. Les petits poussins sont nidicoles. Ils sont nourris par becquées par les 2 parents. L’envol des petits se fait au bout de 3 à 4 semaines. La pie bavarde n’est pas une espèce menacée. La pie bavarde est un animal très intelligent. La légende de la pie voleuse serait une erreur.
L’intelligence de la pie se manifeste dans sa quête de nourriture. Elle est capable d’utiliser des outils rudimentaires pour accéder à certains aliments, validant une adaptabilité remarquable. Dans son rôle de prédateur, la pie fait preuve d’un opportunisme alimentaire impressionnant. La pie est particulièrement habile pour repérer les nids d’autres oiseaux. Cette prédation sur les œufs et les oisillons lui vaut parfois une mauvaise réputation auprès des ornithologues amateurs. L’adaptabilité de la pie en tant que prédateur s’étend même aux environnements urbains.
Bien que souvent perçue comme un prédateur, la pie intègre également une part importante de végétaux dans son régime. Cette consommation de végétaux varie selon les saisons. En automne, par exemple, la pie profite abondamment des fruits mûrs, constituant des réserves énergétiques importantes pour l’hiver. La pie joue également un rôle écologique important en tant que disséminatrice de graines. Il est primordial de noter que, contrairement à certains animaux aux oreilles remarquables qui ont des régimes alimentaires très spécifiques, la pie démontre une polyvalence alimentaire exceptionnelle.
Le régime alimentaire de la pie influence profondément son comportement et ses interactions sociales. Les pies sont connues pour leur intelligence sociale. Elles partagent souvent des informations sur les sources de nourriture au sein de leur groupe, démontrant une forme de coopération. La capacité de la pie à stocker de la nourriture est particulièrement fascinante. Elle cache souvent des aliments pour les consommer plus tard, faisant preuve d’une prévoyance remarquable. L’adaptabilité alimentaire de la pie se reflète également dans son comportement en milieu urbain. Cette flexibilité comportementale liée à l’alimentation permet à la pie de survivre dans des environnements changeants, y compris face aux variations climatiques.
Bien que les pies soient capables de trouver leur nourriture de manière autonome, de nombreuses personnes choisissent de les nourrir, notamment en hiver. Il est capital de ne pas perturber l’équilibre alimentaire naturel des pies. Une alimentation trop riche ou inadaptée peut avoir des conséquences néfastes sur leur santé et leur comportement. Tout comme il est central de aider son chat à supporter la chaleur, il faut être attentif aux besoins saisonniers des pies.
Une hypothèse est qu'elle pourrait profiter des gazons régulièrement entretenus et des basses strates dégagées des parcs urbains, en bénéficiant de proies plus visibles et accessibles, mais ceci n'est pas confirmé par les études faites en Île-de-France. Plusieurs études ont suggéré, en milieu rural, que la croissance des populations de corvidés (corneilles surtout) aurait pu contribuer au déclin des oiseaux nichant au sol ou dont les nids ouverts sont facilement attaqués.
À l'encontre des autres corvidés, la pie, quant à elle, montre une dextérité remarquable pour se faufiler dans les haies et buissons épineux denses (aubépine, prunellier...) où elle cause des ravages dans les nids de passereaux inféodés à ces milieux (fauvettes, gobe-mouches, mésanges, chardonneret, rouge-queue noir, bouvreuil pivoine, pies-grièches...). Ainsi, en milieu rural, en période de reproduction et donc de prédation envers les passereaux, on peut observer un couple de pies, à moins de 500 m de son nid, « ratisser » systématiquement de bout en bout une haie d'épines de 100 à 300 m de long ou parcourir de branche en branche tout le volume d'un buisson épineux à la recherche de couvées ou nichées.
Les pies ne font pas comme la majorité des oiseaux. À l'image des cigales, elles ont tendance à accumuler la nourriture pour la consommer plus tard. En effet, elles ont pour habitude de creuser des trous dans le sol qui serviront de réserve. Dès qu'elles trouvent de quoi se nourrir, elles attrapent les denrées dans leur bec, puis les régurgitent dans leur cachette.
Comme pour beaucoup d'autres espèces dites « banales » et proches de l'Homme, bien que cet oiseau ait été très commun dans toute l'Europe, qu'il ait imprégné l'imaginaire collectif (contes, chansons, histoires et anecdotes), et qu'il présente, comme tous les corvidés, un intérêt éthologique manifeste en raison d'importantes facultés d'apprentissage et d'adaptation.
La Pie bavarde est l’une des rares espèces d’oiseaux à faire des réserves de nourriture pour anticiper les périodes de disette. Avec un véritable sens de l’anticipation, elle cache insectes, graines ou restes de nourriture dans des endroits précis : sous une pierre, dans une touffe d’herbe, ou derrière une écorce.
Dans un jardin, la Pie bavarde est à la fois curieuse et méfiante. Elle n’approchera jamais franchement tant qu’elle sent une présence humaine, mais elle saura vous observer depuis un toit, une branche ou même un poteau, évaluant la situation. Grâce à sa vigilance légendaire, la pie joue parfois, involontairement, un rôle de “sentinelle” pour d'autres espèces. Quand elle pousse un cri strident pour avertir d’un danger (chat, rapace, humain…), d’autres oiseaux du coin comprennent immédiatement qu’il faut se mettre à l’abri.
Malgré son intelligence et son utilité écologique, la pie est parfois mal vue dans les jardins : accusée (souvent à tort) de voler les œufs ou les oisillons d’autres oiseaux. Bien qu’il lui arrive de consommer de jeunes passereaux affaiblis, son régime alimentaire reste majoritairement insectivore et opportuniste.
La Pie bavarde fait partie des très rares animaux à réussir le test du miroir : une expérience scientifique qui montre qu’un être vivant est capable de se reconnaître lui-même dans un miroir. Cela signifie qu’elle possède une forme d’intelligence réflexive que l’on pensait longtemps réservée aux grands singes, aux dauphins… et à nous, les humains !
La Pie construit l’un des nids les plus élaborés du monde des oiseaux : un véritable dôme de branchages, souvent muni d’un toit en brindilles, ce qui le rend difficile d’accès pour les prédateurs. Ce nid peut mesurer jusqu’à 75 cm de hauteur, avec une seule entrée bien cachée. En plus, le couple peut y travailler pendant plusieurs semaines, preuve de son investissement dans la réussite de la nichée.
Le nom de « Pie bavarde » vient bien sûr de son verbe haut et constant. La pie possède un répertoire vocal riche : des gloussements, des crissements, des caquètements parfois très forts, qu’elle utilise pour communiquer en groupe, alerter d’un danger ou courtiser.
L’une des caractéristiques qui a inspiré bien des croyances : l’attirance supposée de la pie pour les objets brillants. Il est vrai que, par curiosité, elle peut s’emparer d’objets scintillants - bagues, bouts d’aluminium, boutons - et les rapporter à son nid.
Voici un tableau récapitulatif du régime alimentaire de la pie bavarde :
| Aliment | Pourcentage approximatif dans le régime | Période de consommation |
|---|---|---|
| Invertébrés (insectes, limaces, vers) | 80% | Toute l'année, surtout au printemps et en été |
| Fruits et graines | 20% | Automne et hiver |
| Oeufs et oisillons | 2% (variable) | Printemps et été (période de reproduction) |
| Détritus humains | Variable (surtout en ville) | Toute l'année |
| Charognes | Occasionnel | Surtout en hiver |
| Petits vertébrés (rongeurs, lézards) | Moins de 1% | Occasionnel |
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