La crise sanitaire mondiale a secoué la planète, et ses conséquences humaines, économiques et sociales sont encore en cours d'évaluation. Les pronostics initiaux sur la propagation de la maladie ont été remis en cause, obligeant les décideurs politiques à s'adapter et à prendre des mesures d'urgence.
Les conséquences sur la sécurité alimentaire et les systèmes alimentaires de l'épidémie de Covid-19 et des mesures prises pour l'enrayer sont tout aussi incertaines à court, moyen ou long terme.
Rapidement, depuis mars 2020, de nombreuses données, analyses et communications ont été produites par les services des Nations Unies en charge de l'alimentation et de l'agriculture (FAO, PAM, FIDA), l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), et l'Organisation internationale du travail (2020) sur les conséquences de la crise sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle (l'accès de tous à l'alimentation suffisante et saine ; CSA, 2012) ou sur les systèmes alimentaires (qui incluent les acteurs de la production, transformation, commercialisation de l'alimentation, et les relations entre eux ; HLPE, 2017).
Cet article vise à compléter ces analyses en présentant des réalités de terrain dans divers contextes, principalement en Afrique. Il présente le résultat d'un travail de mise en réseau d'experts du Cirad et de leurs partenaires travaillant sur les systèmes alimentaires dans différents pays d'Afrique.
L'idée centrale est que la production agricole a été relativement peu affectée durant la période d'étude, tandis que la partie aval de la production a été fortement impactée.
En revanche, la partie aval, avec les consommateurs et les petits transformateurs et commerçants, a été touchée de plein fouet par les mesures de confinement, la récession économique et les pertes de salaires en conséquence. En retour, dans certaines filières agricoles comme celles de produits périssables (lait et fruits et légumes), les producteurs ont eu, ont et auront encore des difficultés à écouler leurs produits du fait d’une contraction de la demande, et ont enregistré des pertes importantes de récoltes et de revenus, dans des contextes de stockage et de transformation limités.
Après plusieurs alertes sur la production des denrées de base, il est rapidement apparu que la production des denrées de base échangeables (riz, maïs, soja, blé) était d’un niveau élevé cette année. Après des craintes initiales sur le commerce mondial, les échanges internationaux de produits alimentaires n’ont été que peu perturbés par les politiques nationales.
Néanmoins, la crise alimentaire est bien réelle pour de nombreuses populations, comme l’ont souligné très tôt les organisations internationales. Plusieurs observateurs remarquent que pour les produits de base au moins, et au niveau mondial, il n’y a pas de « crise de l’offre », ce n’est « pas une crise agricole ».
De ce point de vue, la crise est à la fois un révélateur et un facteur aggravant des inégalités socioéconomiques préexistantes (FMI, 2020 ; IPES Food, 2020). Laborde et al. (2020) ont publié en avril des simulations sur l’augmentation du nombre de pauvres dans le monde en conséquence de la récession économique dans les pays développés et émergents, phénomène qui se propage progressivement aux pays pauvres.
Le système alimentaire mondial semble avoir globalement « tenu » à court terme du côté de la production et des échanges internationaux, mais les problèmes d’emplois et de revenus résultant des mesures de confinement provoquent une forte aggravation de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans tous les pays.
L’approvisionnement des marchés urbains en a été fortement affecté. Certaines villes comme Abidjan ou Conakry ont été placées en quarantaine ; certains marchés urbains de plein air ont été fermés, comme à Ouagadougou. Ainsi, les producteurs de produits périssables ont été durement frappés, se retrouvant sans débouchés pour écouler leur production.
Le confinement a indéniablement modifié les habitudes alimentaires des Français. Une alimentation moins équilibrée, une augmentation du grignotage et une préférence pour le fait-maison sont les principales tendances observées.
Selon les résultats de l'enquête CoviPrev :
La tendance au grignotage et à la prise de poids s'est amplifiée au fil du confinement.
Parallèlement, des difficultés d'approvisionnement et une plus grande attention portée au budget alimentaire ont été ressenties par les répondants :
Ces évolutions touchaient particulièrement les personnes de moins de 40 ans, les familles avec des enfants de moins de 16 ans, les personnes en situation financière très difficile et les personnes présentant des niveaux élevés d'anxiété et de dépression et beaucoup de problèmes de sommeil.
L'étude ViQuoP de Santé publique France apporte un éclairage sur ces comportements :
Anne-Juliette Serry, responsable de l'unité nutrition et activité physique à Santé publique France, souligne :
« Pendant la période de confinement, les Français ont redécouvert le plaisir de cuisiner à la maison. L’augmentation de la fréquentation sur le site mangerbouger.fr témoigne d’ailleurs de leur intérêt grandissant pour la cuisine et l’activité physique à pratiquer à domicile. Cette nouvelle habitude vécue positivement pourrait s’installer durablement dans leur quotidien après le déconfinement. Cette tendance sera à suivre. »
Le site mangerbouger.fr, développé par Santé publique France, est une source d'information fiable, alliant contenu informatif et contenu pratique.
Il propose plusieurs rubriques « manger mieux » et « bouger plus », et rappelle les recommandations pour adopter un mode de vie plus équilibré (infographie). Les Français ont d'ailleurs plébiscité ce site par leur fréquentation record pendant le confinement avec une hausse globale du trafic de 60% par rapport à la même période en 2019.
Les pages les plus visitées pendant la période de confinement concernent les fiches recettes (fréquentation presque triplée), les exercices d'activité physique et les articles dédiés au Covid-19.
Le logo nutritionnel Nutri-Score, apposé sur l'emballage de certains produits alimentaires, est un outil utile au consommateur. Simple, lisible et facilement compréhensible, il permet de comparer les produits en un coup d'œil et d'orienter ses choix vers des aliments de meilleure qualité nutritionnelle.
Dans le contexte de la pandémie, bien s'alimenter est une priorité, en particulier pour les publics les plus vulnérables. Voici quelques conseils pour adapter votre régime alimentaire :
Selon la nutritionniste américaine Lisa Valente, certains aliments sont à proscrire lorsqu'on est contaminé par le Covid-19 :
Afin de limiter la propagation du virus, il est essentiel de respecter les règles d'hygiène suivantes :
Tableau récapitulatif des recommandations alimentaires et d'hygiène:
| Catégorie | Recommandations |
|---|---|
| Alimentation générale | Manger riche, protéiné, se faire plaisir, petits volumes si peu d'appétit |
| Aliments à limiter | Alcool, crucifères, épices |
| Hygiène | Lavage des mains, nettoyage des fruits et légumes, essuyage des emballages, retrait des suremballages |
| Courses | Ne pas faire les courses si malade, préparer les menus à l'avance |
Une étude brésilienne publiée en 2024 a révélé que les régimes à base de plantes et principalement végétariens étaient associés à une incidence plus faible de l’infection par COVID-19. Les personnes suivant ce régime avaient un risque de 39 % inférieur d’être infectées au Covid-19.
L’alimentation semble également jouer un rôle dans la sévérité de l’infection : 11 % des personnes qui suivaient un régime à base de plantes ou végétariens ont souffert d’une forme modérée à grave, contre 18 % des omnivores.
Les chercheurs ont avancé plusieurs explications à ces résultats, notamment l'apport élevé de nutriments clés et de substances phytochimiques dans les régimes à base de plantes.
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