L'hiver est une période exigeante pour les chevaux. Avec l'arrivée du froid, le cheval dépense plus d’énergie pour se réchauffer, fabriquer du poil et lutter contre les aléas climatiques. Il est donc crucial d'adapter son alimentation et ses soins pour assurer son confort et sa santé. Voici un guide complet pour vous aider à préparer et à passer sereinement cette saison.
En automne, les températures chutent. Pour lutter contre le froid, un cheval au pré entre 0 et -10°C peut dépenser jusqu’à 10 % d’énergie supplémentaire pour couvrir ses besoins. Ce n'est qu'en-dessous de 0°C que la thermorégulation affecte significativement les besoins caloriques du cheval.
Pour un cheval en liberté constante, on estime qu’il passe 60% de son temps à s’alimenter, 20 à 30% à se reposer et globalement le reste de son temps à se déplacer. L’objectif de son propriétaire devrait être de vouloir se rapprocher de ce budget temps naturel.
Pendant la majeure partie de l’année, et en particulier s’il vit au pré, le cheval va bénéficier d’un apport en vitamines et minéraux par les plantes qu’il va consommer. Dès l’automne, l’herbe commence à se faire rare au pré et elle perd sa valeur nutritive avec le froid. L'organisme de votre cheval consomme plus d’énergie pour maintenir sa température. Le foin est la principale source de chaleur interne, car la digestion des fibres génère de la chaleur.
Il doit aussi disposer d’eau propre à volonté : en mangeant du fourrage sec, ses besoins hydriques vont être importants. Veillez donc à ce que votre cheval ait suffisamment de fourrage même en hiver. Une règle : au moins 1,5 % du poids corporel en matière sèche par jour.
Il faut donc compléter leur ration avec un fourrage de bonne qualité comme du foin de prairie ou du foin de luzerne, de l’enrubannage ainsi qu’avec un complément concentré afin de compenser les besoins liés au froid. Ces besoins peuvent augmenter de 10% entre 0 et -10°C. Pour convertir une journée de pré d’herbe de printemps en hiver, il faut environ 10kg de foin de prairie ou 8kg de fourrage et 1kg, ou plus, de concentré.
Qualité et type de fourrages à disposition : Nous vous conseillons de privilégier la distribution de fourrages de qualité. Pour le foin de luzerne et les enrubannages, rationnez la quantité par cheval par jour.
Les besoins en fibres sont parfois oubliés pour les chevaux en box mais normalement couverts pour les chevaux au pré. L’apport en fibres doit être suffisamment important pour le cheval (au moins 15% de la ration). En effet, les fibres stimulent le transit et permettent son équilibre, elles aussi régulent la longueur des dents, pour les prémolaires et les molaires.
Afin d’éviter toute carence, et en plus de la pierre à sel mise à disposition toute l’année (comme la pierre Himalaya Salt), il est intéressant de supplémenter l’alimentation de votre compagnon. Vous pouvez par exemple lui offrir un complément en minéraux et vitamines (aussi appelé CMV), qui le boostera durant toute cette période !
Tout au long de l’année, le cheval doit consommer des minéraux, des oligo-éléments et des vitamines en quantités suffisantes. Pour préparer et passer sereinement la période hivernale, vous pouvez également faire une cure avec un complément minéral et vitaminé (ou CMV) pour compenser les carences éventuelles de la ration, ou donner un autre complément alimentaire.
Sel et minéraux : En hiver, les chevaux peuvent moins boire à cause de l’eau froide.
L’hiver est souvent synonyme de « période de repos » ou de ralentissement du travail. Il convient donc d’ajuster les quantités distribuées au volume et à l’intensité de travail. Privilégiez en cette période la distribution de fourrages de bonne qualité et en quantité suffisante.
Changement dans l’intensité d’activité : Il est impératif de prendre en compte les changements de travail lors de la mise en place de la ration. La diminution de l’intensité du travail est le facteur qui conditionne le plus la ration hivernale du cheval au box. L’arrêt des compétitions et la météo sont souvent à l’origine d’une baisse de la fréquence et de l’activité physique du cheval.
Le fourrage doit représenter 60 à 100% de la ration et le concentré entre 10 et 40% de la ration, selon l’activité du cheval.
En hiver, les besoins alimentaires et énergétiques du vieux cheval évoluent. Si votre cheval vit en extérieur ou en stabulation et qu’il peut se déplacer, n’hésitez pas à augmenter légèrement sa ration. À noter : il n’est pas nécessaire d’augmenter la ration d’un cheval qui vit en box.
Dans une grande partie des cas, les amaigrissements du cheval âgés sont dus à des problèmes de dentition. Il est conseillé de remplacer une partie du foin/fourrage par un aliment concentré ou fibreux, de préférence avec 4 à 5 % de matières grasses, permettant de couvrir les besoins énergétiques. Si votre cheval rencontre de grosses difficultés à s’alimenter, il est possible de distribuer des aliments « en soupe », en ajoutant la même quantité d’eau que de concentrés.
Les pertes de poids les plus marquées sur les vieux chevaux sont souvent liées à un problème de dentition. Vous retrouverez sans doute des « boulettes » de foin à proximité du point d’alimentation. N’hésitez pas à remplacer une partie du foin par des aliments fibreux ou des concentrés (si possible affichant 4 à 5 % de matières grasses). Dans les cas les plus extrêmes, distribuez les aliments sous forme de « soupes » en mettant autant d’eau que de concentrés.
Comme tout au long de l’année, ne négligez pas les besoins en minéraux, oligo-éléments et vitamines, et apportez un complément minéral et vitaminé adapté à votre cheval même s’il est à la retraite.
Faites également attention à l’eau qui peut geler en hiver. Même si son activité physique est réduite, le cheval doit boire en quantités suffisantes, en particulier s’il mange beaucoup d’aliments secs comme le foin. Surveillez également l’abreuvement. L’eau est un élément indispensable, pensez à vérifier matin et soir que le libre accès à un point d’eau est possible, surtout en période de gel où il est souvent nécessaire de briser la glace ou de couper certaines canalisations.
Bien évidemment, l’eau est un facteur indispensable, comme pour tout animal. Son apport est permis par l’eau contenue dans les aliments mais aussi par l’eau de boisson. La présence d’un abreuvoir propre, plein et à l’ombre en cas de forte chaleur est nécessaire.
Afin de lutter contre le froid, il est important que votre animal dispose d’un abri, qu’il soit naturel ou construit par vos soins. Si votre cheval vit au pré, un abri solide est indispensable pour le protéger du vent, de la pluie et de la neige. Idéalement, cet abri devrait être suffisamment spacieux pour que plusieurs chevaux puissent s’y abriter sans stress.
Le froid associé à l’humidité est néfaste pour le cheval âgé qui a plus de mal à réguler sa température corporelle. Pour l’aider à passer l’hiver au chaud, vous devez offrir un abri isolé des courants d’air à votre cheval. Cet abri doit être paillé régulièrement. S’il vit en troupeau, veillez à ce qu’il puisse entrer dans l’abri sans être gêné.
La plus grande menace pour votre cheval senior est l’humidité associée au froid. Ainsi il est impératif que celui-ci ait un endroit ou se mettre à l’abri. Idéalement, il faudrait que cet abri soit paillé afin de pouvoir l’isoler du sol humide, et ainsi garder votre cheval au chaud.
Si son poil ne suffit pas et que le cheval semble avoir froid, vous pouvez également opter pour l’utilisation d’une couverture. Il existe différents modèles, avec des grammages variables. Vous pouvez aller plus loin et couvrir votre vieux cheval s’il ne fait plus assez de poils. La couverture peut être imperméable, avec ou sans épaisseur, selon la température extérieure. L’essentiel est de ne pas trop couvrir votre équidé pour qu’il ne transpire pas.
Pour les poneys ou les chevaux résistants et dont le poil hivernal est bien développé la couverture n’est pas une obligation. Cependant si votre vieux cheval a du mal à rester en état ou ne fait pas beaucoup de poils, l’utilisation d’une couverture imperméable (sans épaisseur) peut aider à le maintenir au sec.
: L’utilisation d’une couverture dépend des besoins spécifiques de chaque cheval. Les chevaux plus âgés, amaigris, ou fragiles bénéficieront souvent d’une couverture imperméable et chaude.
Un sol boueux peut causer des blessures et des problèmes d’infections aux sabots. Travailler le drainage autour des zones fréquentées, comme l’abri ou la zone d’alimentation.
Connaissez-vous l’adage « pas de pied, pas de cheval » ? Il s’applique aussi aux vieux chevaux. Il est important de les garder sains, surtout sur les sols boueux ou enneigés. Vous devez porter une grande attention aux pieds de votre animal en hiver. En effet, par temps très humide, la corne peut s’abimer très vite et les pieds de votre cheval peuvent en souffrir. L’utilisation d’un onguent noir composé de goudron de Norvège peut alors s’avérer très efficace.
Pour éviter cela, vous devez en premier lieu vérifier que les sols sur lesquels évolue votre cheval sont stabilisés. Vous devez également entretenir les pieds de votre cheval avec du goudron de Norvège. Pour éviter ces désagréments et améliorer le confort de votre équidé, nous vous recommandons d’appliquer régulièrement de la graisse ou de l’huile à sabot.
Il est important que votre cheval soit vu régulièrement par votre maréchal ou votre pareur. Une attention particulière doit être portée aux pieds de votre cheval en hiver.
Parmi les autres soucis de l’hiver, on peut également citer la gale de boue ou dermatophilose. Afin d’éviter cette pathologie, il est important de fournir à votre animal un lieu de vie sain et propre, avec des zones sèches pour qu’il puisse se reposer. Il faut également surveiller régulièrement ses membres et notamment ses paturons.
D’autre part, vous pourrez aussi être confronté à la gale de boue, qui se développe avec l’humidité des champs ou de la piste d’entrainement. Non contagieuse, cette infection des pâturons peut entraîner des lésions de la peau, comme des crevasses, des plaies voire provoquer des boiteries. Pour prévenir et traiter ces problèmes de peau, veillez à bien nettoyer et à sécher les pâturons de votre monture après chaque séance.
Au-delà des pieds, pensez à vérifier les membres de votre cheval. La gale de boue est souvent présente pour les chevaux vivant au pré en hiver. Enfin en s’occupant des membres de votre cheval, vous pourrez « évaluer » l’état de ses articulations et prévoir en cas de raideur une cure d’Harpagophytum (Harpagyl).
Son confort respiratoire est aussi essentiel. Mais l’air froid de l’hiver est plus irritant, et par conséquent peut créer des soucis pulmonaires chez les chevaux, même s’ils sont en bonne santé. Par ailleurs, si le foin est poussiéreux, les particules que l’animal va inhaler en mangeant peuvent causer de la toux.
Afin de les aider, une cure Respiration + peut permettre de limiter la toux. Si vous constatez que votre cheval tousse ou mouche, n’hésitez pas à apaiser les voies respiratoires avec des sirops ou des baumes pour la toux. Respiration : pour certains chevaux, un régime principalement composé de foin peut poser des problèmes au niveau respiratoire.
Il n’est pas rare de voir les chevaux passer la journée à manger du foin, parfois même la tête plongée dans le râtelier. Si votre vieux cheval souffre de problèmes respiratoires, vous pouvez par exemple mouiller le foin pour fixer au maximum la poussière et éviter son inhalation par votre cheval.
Même s’il est à la retraite, votre vieux cheval doit conserver une activité physique douce en hiver. C’est indispensable pour limiter la fonte musculaire qui peut provoquer un affaiblissement du dos. S’il est encore en activité, vous pouvez également faire des séances de travail à la longe ou sur le plat. Attention toutefois : en hiver, le système de thermorégulation du vieux cheval est moins efficace.
Même en hiver, il est important que votre cheval continue à faire de l’exercice. Le froid peut augmenter le risque de raideurs musculaires.
Etat corporel avant hiver : Mieux vaut aborder l’hiver avec une légère surcharge pondérale due aux réserves faites avec la bonne herbe de printemps qu’avec un cheval en manque d’état.
L’état corporel du cheval doit absolument être surveillé pendant l’hiver, c’est une préoccupation primordiale et il vaut mieux aborder l’hiver avec un cheval en légère surcharge pondérale due au printemps et son herbe grasse.
De manière générale, vous devez surveiller quotidiennement votre cheval. Plus encore en hiver. Sa santé respiratoire est bonne. Gardez aussi un œil sur la vaccination de votre cheval.
Pour donner encore plus de chance à votre vieux cheval de passer un hiver confortable, demandez à votre vétérinaire de faire un examen clinique complet à la fin de l’automne.
| Besoin | Recommandations |
|---|---|
| Énergie | Augmenter la ration de 10% entre 0 et -10°C |
| Fourrage | Privilégier le foin de prairie ou de luzerne, l'enrubannage |
| Eau | Vérifier l'accès à l'eau non gelée matin et soir |
| Abri | Fournir un abri paillé et isolé des courants d'air |
| Soins des pieds | Appliquer régulièrement du goudron de Norvège ou de l'huile à sabot |
Protéger son cheval en hiver est particulièrement important pour favoriser son confort et son bien-être et limiter au maximum les soucis de santé. En suivant ces conseils, vous permettrez à votre cheval de maintenir sa condition physique, d’éviter les risques de blessures et d’infections, et de rester en bonne santé jusqu’au retour des beaux jours.
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