Aire d'Alimentation de Captage (AAC) : Définition et enjeux

L'Aire d'Alimentation de Captage (AAC) est un concept essentiel dans la gestion et la protection des ressources en eau potable. Comprendre sa définition et ses enjeux est crucial pour assurer la qualité de l'eau que nous consommons.

Qu'est-ce qu'une Aire d'Alimentation de Captage (AAC) ?

L'AAC est définie comme étant l'ensemble des surfaces contribuant à l'alimentation du captage par infiltration et par ruissellement. En d'autres termes, l’AAC correspond à l'ensemble des surfaces où toute goutte d'eau tombée au sol est susceptible de parvenir au captage, que ce soit par infiltration ou par ruissellement. C'est l’ensemble des surfaces où toute goutte d’eau tombée au sol est susceptible de parvenir jusqu’au captage.

Cette zone est délimitée dans le but principal de lutter contre les pollutions diffuses risquant d’altérer la qualité de l’eau prélevée par le captage. En vertu de cette définition, la délimitation de l’AAC doit a minima inclure les différents niveaux de Périmètre de protection des captages (PPC) et venir s’articuler avec les dispositifs de protection déjà existants de manière cohérente et complémentaire.

Schéma d'un captage d'eau potable et de son aire d'alimentation.

L’extension des surfaces composant l’AAC est généralement plus vaste que celle des PPC.

La démarche AAC : Comment ça marche ?

La démarche AAC se déroule en deux grandes phases :

  1. Délimitation de l’AAC et cartographie de la vulnérabilité intrinsèque à partir :
    • d'un recueil de données existantes,
    • d'une étude hydrogéologique.
  2. Définition des zones de protection et élaboration du plan d’actions basées sur :
    • la réalisation d’un diagnostic territorial des pressions d’origine agricole et non agricole, ainsi qu’un diagnostic socio-économique,
    • la définition des zones de protection résultant du croisement des diagnostics avec la cartographie de la vulnérabilité.

La première phase est clôturée par la mise en place d’un arrêté préfectoral portant sur la délimitation de l’AAC après participation du public, et avis du conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques, de la chambre départementale d’agriculture et, le cas échéant, de la commission locale de l’eau.

Exemple de carte représentant une aire d'alimentation de captage.

Concertation et acteurs impliqués

Un comité de pilotage (COPIL) regroupant l’ensemble des partenaires concernés par la problématique de pollution diffuse est mis en place. Ce comité de pilotage est présidé par le maître d’ouvrage qui est généralement la collectivité en charge de l’eau potable. Il se réunit pour piloter toutes les phases du projet, du recueil des données existantes à la mise en œuvre et au suivi du plan d’actions.

La composition du COPIL est évolutive au cours de la procédure en fonction des différents enjeux abordés lors de la démarche AAC. Lors des réunions, chaque membre peut soumettre un avis sur la procédure et les résultats obtenus.

Des réunions d’informations publiques sont organisées au cours de la démarche pour informer localement tous les acteurs concernés.

Aire d’Alimentation de Captage (AAC) : d’où vient l’eau ? | Donnemarie-Nogent (52)

Exemple d'application : Eure-et-Loir

En Eure-et-Loir, 30 captages d’alimentation en eau potable sont classés prioritaires par la Loi Grenelle de 2009 et/ou la conférence environnementale de 2013. Ils sont identifiés comme étant particulièrement vulnérables au regard de la population desservie, du caractère stratégique de la ressource et du niveau de contamination vis-à-vis des pollutions en nitrates et en produits phytosanitaires.

Des zones de protection, appelées Aires d’Alimentation de Captage (AAC), ont été délimitées. Elles correspondent aux surfaces sur lesquelles l’eau qui ruisselle et qui s’infiltre arrive dans la nappe d’eau prélevée. Sur ces territoires, la protection de la ressource est nécessaire à la réduction des coûts de production d’eau potable et au maintien de la santé publique.

Dans ce contexte, les gestionnaires de captage ont obligation de mettre en place un plan de lutte contre les pollutions diffuses et ponctuelles. La démarche s’articule en trois grandes étapes :

  • Délimitation de l’Aire d’Alimentation de Captage (AAC) par étude hydrogéologique.
  • Analyse des pressions sur le milieu.
  • Etablissement d’un rapport de vulnérabilité avec identification des sources de pollution, agricoles et non agricoles, ainsi que les risques de transfert vers la ressource.

Parmi les 25 AAC actuellement délimitées sur le département et faisant l’objet d’un programme de préservation de la qualité de l’eau, la Chambre d’agriculture assure l’animation (agricole et/ou territoriale) de 9 d’entre elles. L’objectif est de concilier protection de la ressource en eau et performance des exploitations agricoles.

Pour faciliter la mise en œuvre de ces leviers sur votre exploitation, la Chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir vous propose un accompagnement gratuit (financé par les partenaires de la démarche) et adapté, comprenant :

  • la participation à des rendez-vous techniques collectifs, des démonstrations de matériels ou des visites d’essais,
  • un suivi individualisé, à l’échelle de la parcelle ou de votre système de culture, selon vos besoins.

Informations complémentaires

Pour toutes informations complémentaires, contacter le service eau, environnement et forêt de la Direction Départementale des Territoires du Loiret au 02 38 52 48 62.

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