Alimentation Couche-Tard: Définition et expansion d'un géant du commerce de proximité

Fondée en 1980 par quatre co-fondateurs, dont le président du conseil Alain Bouchard, Couche-Tard exploite des « dépanneurs ». Au Canada, ce terme désigne les petites épiceries ouvertes tard le soir, tôt le matin, et quasiment tous les jours de l’année.

Le siège social de l’enseigne est situé à Laval, au Québec. Elle est la plus grande société dans la distribution au Canada et la deuxième en importance en Amérique du Nord. L’Alimentation s’est rapidement développée en multipliant les rachats.

Couche-Tard est aussi présent en Europe à travers 2700 magasins en Scandinavie, dans les pays baltes, en Pologne, en Irlande ou en Russie. Il est présent en Amérique latine et en Asie, mais pas en France.

Voici dix points importants pour mieux connaître Alimentation Couche-Tard :

Le fondateur de Couche-Tard

Alain Bouchard a acheté son premier dépanneur dans la ville de Québec en 1980, avant de développer son concept, basé sur le mix de l’épicerie et de la station-service, jusqu’à détenir actuellement 14 200 dépanneurs à travers la planète, dont les deux tiers en Amérique du nord.


Alain Bouchard, fondateur de Couche-Tard

La stratégie de Couche-Tard

Couche-Tard s’est développé par l’acquisition de concurrents, d’abord aux États-Unis au début des années 2000, puis en Europe du Nord en 2012 avec le rachat du groupe norvégien Statoil. Et récemment sur le marché asiatique avec la reprise du groupe hongkongais Convenience Retail.

Non seulement Couche-Tard grandit vite, mais le groupe québécois a un talent certain pour digérer ses acquisitions. L’entreprise est reconnue pour optimiser le potentiel des entreprises rachetées.

Le classement mondial

Le détaillant de Laval a grimpé au 183e rang des plus grandes entreprises au monde, juste derrière son rival japonais 7-Eleven (178e place), mais devant de grands noms comme Unilever (185e place), Goldman Sachs (202e place), LG Electronics (207e place), Pfizer (215e place), la Banque Royale du Canada (223e place) et Rio Tinto (280e place).

Un poids-lourd mondial du commerce de proximité

De l’Amérique du Nord à l’Europe du Nord en passant par l’Amérique latine et l’Asie, Couche-Tard possède aujourd’hui un réseau de plus de 14.000 de ces commerces, également exploités sous diverses autres enseignes, dont Circle K, Corner Store, Holiday, Ingo ou Mac’s, et exploite également des terminaux de carburants. Sa capitalisation boursière atteignait environ 30 milliards d’euros le mois dernier.


Magasin Circle K, une des enseignes de Couche-Tard

Une enseigne innovante

Obsédée par l’objectif de faire gagner du temps à ses clients, l‘enseigne se tourne aussi vers l’innovation pour imaginer ses magasins du futur. En Norvège, elle expérimente un système de reconnaissance des plaques d’immatriculation des véhicules pour permettre de faire le plein sans avoir à sortir sa carte bancaire.

Et elle a noué un partenariat avec une startup de San Francisco pour mettre au point un magasin sans caisse, où la technologie détecterait les produits que les clients prennent en magasin, et les débiterait directement sur leur carte bancaire.

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Une introduction en bourse

Six ans après l’achat de sa première épicerie, Alain Bouchard faisait entrer la société à la bourse de Montréal. Quarante ans plus tard, l’action a été multipliée par mille. Entretemps, le groupe n’a jamais cessé de croître. L’objectif actuel est de doubler de taille d’ici 2025. « On va faire des acquisitions, mais on va les faire à un bon prix », indiquait Brian Hannasch, le pdg américain d’Alimentation Couche-tard à La Presse il y a quelques semaines.

Une relation complexe avec les syndicats

Au Québec, Alimentation Couche-Tard s’est aussi fait remarquer il y a dix ans, pour avoir fermé deux magasins où des employés souhaitaient se syndiquer. En Amérique du nord, la syndicalisation se fait entreprise par entreprise, nécessitant l’adhésion de la majorité des salariés.

En mettant la clé sous la porte des magasins, Alimentation Couche-Tard avait coupé l’herbe sous le pied de ces employés, affirmaient des syndicats nationaux. De son côté, Alimentation Couche-Tard avait soutenu que les magasins fermaient en raison de leur faible rentabilité.

Aujourd’hui, son réseau norvégien Statoil est syndiqué, et tout se passe bien, confiait récemment Alain Bouchard.

Une enseigne ambitieuse

La multinationale québécoise ambitionne de doubler son bénéfice d’exploitation ajusté d’ici 2023 dans le cadre d’un plan de croissance de cinq ans. Pour y arriver, l’enseigne a évalué si des secteurs comme l’épicerie, le créneau des magasins à un dollar et plus ainsi que la restauration rapide, pourraient s’avérer intéressants.

Du cannabis dans les rayons

Le dirigeant d’Alimentation Couche-Tard, M. Hannasch a confié que l’enseigne québécoise misait notamment sur le cannabis pour alimenter sa croissance future. L’entreprise est déjà actionnaire d’un détaillant canadien actif dans le secteur, Fire & Flower.

Intimement lié au commerce tel qu’il connu aujourd’hui, la grande distribution tire ses origines dans la période d’industrialisation que connaît l’Europe de l’Ouest au cours du XIXème siècle. Dans un premier temps, les grands magasins répondent à des défis démographiques.

Alors que la population croît de manière exponentielle grâce à une prospérité économique liée à l’industrialisation, les grands magasins introduisent un nouveau modèle commercial. Un large éventail de produits sont disponibles avec des prix fixes et des départements spécialisés.

C’est ainsi que naît le Bon Marché en 1838, suivi ensuite d’autres grands magasins parisiens comme Printemps et Galeries Lafayette. L’expérience client devient primordiale et de telles enseignes se développent ensuite dans le monde entier.

Le premier hypermarché français Carrefour ouvre à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l’Essonne, en 1963. Son fondateur est revenu inspiré par ce nouveau modèle de distribution après avoir suivi un séminaire aux États-Unis à la fin des années 1950. Les ménages français, de plus en plus nombreux à posséder une voiture, découvrent les grandes surfaces.

L’année suivante, la chaîne de magasins Leclerc, fondée en 1949, agrandit ses locaux à Landerneau en Bretagne. Ces deux grandes enseignes rencontrent alors un succès très rapide. Les années 1970 marquent l’essor de la concurrence avec des marques qui voient le jour comme Auchan, Casino ou encore Intermarché.

Les périphéries des villes accueillent des centres commerciaux, ou l’on trouve en plus des chaines de commerce alimentaire, des commerces spécialisés dans l’électroménager (Darty, Boulanger), le sport (Décathlon, Intersport) ou encore la culture (Fnac).

Ce modèle s’exporte également à l’étranger et face à la concurrence, les années 1980 sont celles de l’émergence des magasins de hard discount. Des enseignes telles que Lidl ou Aldi attirent une clientèle à faible pouvoir d’achat à la recherche de prix bas.

L’ère de globalisation mondiale de la dernière décennie du XXème siècle marque une nouvelle phase d’évolution où la concurrence se fait rude. La loi Raffarin de 1996, qui vise à encadrer la grande distribution et protéger le petit commerce force les enseignes à rivaliser sur les prix et la qualité des services.

Avec l’avènement d’internet dans les années 2000, les marques font face à l’émergence du commerce en ligne (e-commerce). Des acteurs comme Amazon deviennent rapidement des géants de ce domaine en raison de leur très large éventail de produits à bas coût.

De plus, alors que le déplacement en voiture était une nouveauté de la grande distribution, le commerce en ligne bouleverse ce modèle avec la livraison à domicile. Aujourd’hui, la grande distribution est souvent critiquée parce qu’elle promeut un modèle de consommation de masse peu compatible avec les enjeux de transition écologique.

En France, la grande distribution est souvent décriée par les producteurs, notamment les agriculteurs, qui dénoncent les prix fixés lors des négociations commerciales avec les industriels. Les lois Egalim, votées en 2018, 2021 et 2023, visent à rééquilibrer le rapport de force en prenant en compte les coûts de production. Elles n’ont pas suffit à empêcher une nouvelle crise agricole d’exploser en janvier et février 2024.


Hypermarché Carrefour

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