L'hybridation entre le sanglier (Sus scrofa) et le cochon domestique (Sus domesticus) est un phénomène complexe avec des implications significatives pour la biodiversité et la gestion des populations. Cet article explore les aspects de cet accouplement, les causes, les conséquences et les efforts de gestion mis en œuvre.
Distribution mondiale du sanglier (Sus scrofa).
Cochonglier et sanglochon résultent du croisement d’un cochon avec un sanglier. Ce sont ce que l’on appelle des hybrides. Pour s’y retrouver dans les dénominations d’hybrides, retenez que c’est le mâle qui est mentionné en premier. Le sanglochon est donc le résultat du croisement d’un sanglier mâle avec une truie, la femelle du cochon, tandis que le cochonglier est le résultat d’un cochon mâle avec une laie, la femelle du sanglier.
C’est amusant que l’appellation des bébés hybrides se base sur le même principe de paternité que pour les humains. À savoir, on dit “cochonglier” lorsque l’hybride naît d’un mélange entre un cochon mâle avec une laie (femelle du sanglier).
Le cochon est le résultat de la domestication du sanglier. Les zoologues ont donc longtemps considéré que le cochon était une sous-espèce du sanglier. Le sanglier étant scientifiquement nommé Sus Scrofa, le cochon s’est d’abord nommé Sus scrofa domesticus.
Compte tenu de la très grande proximité des deux espèces, l’hybridation résultant du croisement entre un cochon et un sanglier est aisée à réaliser et les bébés qui en sont issus ne présentent pas de malformations et sont eux-mêmes féconds.
Plusieurs facteurs contribuent à l'hybridation entre porcs et sangliers :
Or Iacolina et al. (2008) pointent dans le cas de la France la responsabilité des élevages porcins en plein air. Tout comme le font Fulgione & Buglione (2022) au sujet du cochonglier.
« À Igé, il semble que l’hybridation se soit faite avec des cochons vietnamiens, explique Stéphane Camus, technicien cynégétique et référent sanglier pour la fédération. Ils font partie des nouveaux animaux de compagnie (NAC). Le souci, c’est qu’ils soient parqués à l’extérieur, avec un risque d’hybridation si le grillage n’est pas assez solide par exemple. »
Pour traquer le cochonglier parmi les populations de Sangliers, il faut faire appel à une autre méthode. Comme par exemple déceler des introgressions génomiques. C’est à dire un flux de gènes d’une espèce vers une autre à la suite d’hybridations répétées.
Afin de suivre les traces d’introgressions au sein d’une population ou d’une espèce, on peut employer des marqueurs de polymorphisme nucléotidique, ou SNP (Single Nucleotide Polymorphism) en anglais. C’est ce qu’explique l’article technique de Lorenzini et al. (2020) dans le cas des introgressions de gènes depuis le Cochon domestique vers le Sanglier. A partir de ces protocoles, il est donc possible de traquer les anciennes traces d’hybridation.
L’étude de Mary et al. (2022) vient à ce titre compléter nos lacunes génétiques en France. L’étude discute des limites du caryotypage pour la recherche d’hybrides. Or pour contourner les limites de cette technique génétique, Mary et al. (2022) proposent aussi d’utiliser des marqueurs SNP pour suivre l’introgression entre Sanglier et Cochon domestique.
Mary et al. (2022) étudient un échantillon de 362 Sangliers dans leur milieu sauvage ou d’élevage : 3,6 % d’entre eux présentent une proportion du génome d’origine « domestique » > 40 %. Pour les 349 restants, la part de génome « sauvage » varie à 83 -100 % (médiane : 94 %).
L’hybridation entre sangliers et cochons peut avoir plusieurs conséquences :
Selon l’hypothèse de Fulgione et al. (2016), L’introgression de tels allèles du gène MC1R de signature « cochon domestique » contourne la sélection naturelle. Ce pourraient être des introgressions ayant un impact sur la fertilité des Sangliers. Nous sommes dans l’idée que ces introgressions peuvent augmenter la fitness des hybrides, et donc potentiellement conférer un avantage environnemental.
Si ces allèles introgressés sont conservés, ils peuvent aussi se répandre dans les populations au fil des générations.
Dans les années 90’, la Corse était menacée par la disparition de cochons reproducteurs. Il ne restait qu’une centaine identifiée. Pour prendre le dessus sur une éventuelle extinction, les bergers-éleveurs se sont mobilisés en gérant notamment les accouplements consanguins de leur bétail.
En effet, une dizaine d’années plus tard, les reproductions se sont multipliées et la race de cochons Corses a été inscrite, sous l’appellation de “porcu nustrale” au livre généalogique collectif des races locales de porcs (Ligéral). La différence entre les deux demeure dans leur cadre de vie. Le premier est un animal domestique, le deuxième est sauvage.
Le résultat de l’accouplement entre le sanglier Corse et le cochon noir est époustouflant. Ce mélange donne lieu à des élevages très rentables.
Le sanglier Corse est d’autant plus petit que le reste de son espèce. Il est recouvert d’une robe noire avec des poils courts et un dos arrondi. Il a une longue tête allant jusqu’au groin.
Les cochons porcu nustrale sont élevés en Haute-Corse en région Castagniccia qui est connue pour ses châtaigniers et zones boisées. Par ailleurs, on retrouve cette race, également, au sud de l’île de beauté, notamment sur le côté occidental.
Pour les autorités, il faut donc agir le plus rapidement possible par des prélèvements.
Si ce type de pratique est habituelle en période de guerre, en France, depuis 1982, l’État encadre de tels croisements afin de préserver la pureté génétique du sanglier sauvage.
Malgré tout, de tels croisements naturels ne sont pas exceptionnels dans les régions où les cochons sont élevés en plein air.
Mais à côté des accidents naturels, des éleveurs peu scrupuleux recourent tout de même aux hybridations en raison des avantages qu’ils peuvent en tirer. En effet, les femelles issues de ces croisements sont plus fécondes et leurs petits grossissent plus vite.
| Croisement | Dénomination | Description |
|---|---|---|
| Sanglier mâle x Truie (femelle du cochon) | Sanglochon | Hybride issu d'un sanglier mâle et d'une truie. |
| Cochon mâle x Laie (femelle du sanglier) | Cochonglier | Hybride issu d'un cochon mâle et d'une laie. |
Le cochonglier découvert en Ardèche, un hybride impressionnant.
tags: #accouplement #porc #sanglier #informations
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic