Pierre Kropotkine, figure marquante de l'anarchisme, a laissé une empreinte indélébile sur la pensée politique et sociale. Lors du procès des anarchistes de Lyon (audience du 15 janvier 1883), Kropotkine déclarait : « Mon père était propriétaire de serfs, ou plutôt d’esclaves. Dès ma plus tendre enfance, j’ai vu se produire des faits semblables à ceux qu’a racontés un romancier américain dans la Case de l’oncle Tom.
« Je suis entré à seize ans à l’école des pages, et si dans la cabane des paysans j’avais appris à aimer le peuple, c’est à la cour que j’appris à détester les grands. En sortant de cette école, j’avais le choix entre les divers régiments. Je m’enrôlai dans les cosaques de l’Amour et je devins bientôt, à dix-neuf ans et demi, aide de camp du général gouverneur des provinces de Sibérie. Je pris part, en cette qualité, à toutes les réformes qui s’accomplirent dans ce malheureux pays. Mais je m’aperçus bientôt que le libéralisme du gouvernement russe était un masque et, en effet, quand éclata l’insurrection polonaise, un vent de fiévreuse réaction se déchaîna sur la Russie. Je m’adonnai alors aux travaux scientifiques et parcourus dans tous les sens le vaste empire de Russie. À vingt-six ans, je quittai définitivement l’armée et allai m’asseoir sur les bancs de la faculté de mathématiques de Saint-Pétersbourg. Pendant ce temps, le mouvement social s’organisait en Russie.
« La réponse du gouvernement fut simple ; les citoyens - j’étais du nombre - furent emprisonnés, et mon frère, coupable de m’avoir adressé une lettre, fut, par mesure administrative, envoyé en Sibérie.
Cet article explore les idées clés de Kropotkine, notamment son approche du collectivisme, de l'anarchisme et de la révolution sociale.
C’est au congrès de la Fédération jurassienne tenu à La Chaux-de-Fonds le 12 octobre 1879 que Kropotkine proposa le collectivisme comme forme transitoire de propriété, le communisme anarchiste comme objectif final. Faisant confiance à « l’esprit organisateur du Grand Méconnu, le Peuple » (id.), Kropotkine prévoyait la révolution sociale dans un proche avenir, dans moins de dix ans, comme il le disait à ses juges en 1883. Pour atteindre leur but, les anarchistes envisagèrent tout d’abord, et notamment au congrès anarchiste international de Londres tenu le 14 juillet 1881, de porter leur action sur le terrain de l’illégalité, « seule voie menant à la révolution ».
Kropotkine avait souscrit, comme les autres, semble-t-il, à cette forme de propagande. Mais, dès 1890-91, il reconnaissait qu’« un édifice basé sur des siècles d’histoire ne se détruit pas avec quelques kilos d’explosifs » (la Révolte, 18 mars 1891) et il ajoutait : « La révolution, avant tout, est un mouvement populaire. » Préconisant « des unions monstres, englobant les millions de prolétaires contre les milliers et les millions d’or des exploiteurs » (la Révolte, 27 sept.
Kropotkine envisageait la révolution sociale dans un futur proche, misant sur l'organisation populaire. Initialement, les anarchistes préconisaient l'illégalité comme moyen d'atteindre la révolution, mais Kropotkine a par la suite reconnu l'importance d'un mouvement populaire massif.
L’internationaliste Kropotkine fut, avec d’autres leaders anarchistes, un défenseur intransigeant de la cause des Alliés durant la Première Guerre mondiale. Cette attitude « union sacrée », qui se concrétisa notamment par la signature du manifeste dit « des Seize », leur valut d’être traités par d’autres compagnons d’« anarchistes de gouvernement ». Dans les tout premiers jours d’octobre 1905, Kropotkine, de passage à Paris, eut l’occasion de discuter avec quelques compagnons sur l’antimilitarisme. Par suite d’une indiscrétion, P. Mille, rédacteur au Temps, rapporta ses propos dans le numéro daté 19 octobre. G. Woodkock et I. Avakoumovitch, The Anarchist Prince (Londres, 1950 ; trad. fr.
Kropotkine, initialement un internationaliste, a soutenu la cause des Alliés pendant la Première Guerre mondiale, ce qui lui a valu des critiques de ses pairs anarchistes. Il a également discuté de l'antimilitarisme lors d'une visite à Paris en 1905.
Les écrits et les actions de Kropotkine continuent d'inspirer et de provoquer des débats sur l'organisation sociale, la justice et la liberté. Son œuvre, "La Conquête du Pain", reste un texte fondamental pour comprendre les idéaux anarchistes et leur pertinence dans le monde contemporain.
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