De nombreuses personnes se tournent vers la production de leur propre nourriture, une tendance alimentée par les scandales agroalimentaires et les crises économiques. Mais l'autosuffisance alimentaire est-elle réellement une bonne idée ? Qu'est-ce que cela signifie vraiment ?
Selon le Larousse, être autosuffisant signifie : "Dont les ressources propres sont suffisantes pour assurer les besoins essentiels." Avant de viser l'autosuffisance, il est crucial de définir ces besoins essentiels.
À la base de la pyramide des besoins, on trouve les besoins physiologiques, notamment la faim et le besoin d'une nourriture adaptée à notre santé. Le mouvement de retour à la terre pour cultiver sa propre nourriture est ancré dans une réalité sociétale : le système agroalimentaire "classique" ne fournit plus une alimentation de qualité, mais seulement une alimentation en quantité.
Au-delà de la quantité, nous recherchons la qualité. Puisque le système actuel ne peut pas nous la fournir de manière adéquate, nous prenons les choses en main pour auto-produire notre nourriture.
Alors, est-ce que cet objectif est atteignable ? Pour la majorité de la population, la réponse est probablement non. Êtes-vous capable de produire des légumes, des fruits, du miel, des céréales, des produits laitiers et de la viande (si vous en consommez) ? Avez-vous le temps de tout produire tout en maintenant un revenu décent pour couvrir vos autres besoins ?
Face à l'ampleur de la tâche, beaucoup se concentrent sur l'autosuffisance en fruits et légumes. Après plusieurs années d'aménagement, de formation en permaculture et de récoltes, nous avons atteint notre limite : il est difficile d'atteindre une autosuffisance alimentaire à 100% rien qu'en fruits et légumes !
Bien que nous nous approchions de l'autonomie en légumes (entre 70 et 90% selon les années), cela demande une organisation rigoureuse et de nombreuses heures au jardin et en cuisine. Car en plus de cultiver, il faut récolter et transformer nos récoltes pour pouvoir en consommer toute l’année.
Nous avons découvert que l'important n'est pas l'objectif final, mais le chemin parcouru. En nous lançant, nous étions déjà conscients du besoin d'une alimentation de qualité et avions déjà déserté les grandes surfaces pour consommer local et bio. Penser autonomie alimentaire soulève des questions essentielles sur ce que nous mangeons.
Est-ce que les aliments que nous mangeons sont sains ? La réflexion porte également sur la saisonnalité des produits. Est-ce logique et durable de manger des tomates, même bio, en mai ? Un légume moins esthétique doit-il être jeté ? Au jardin, nous consommons tout, même les légumes moins bien calibrés, car ils sont tout aussi bons pour la santé.
Ce chemin nous a permis de découvrir de nouveaux centres d'intérêt, comme la production de graines potagères.
Penser autonomie alimentaire amène forcément un tas de questions sur ce qu’on mange et c’est ça le plus important : se questionner sur ce qu’on met dans notre assiette.
Au jardin on mange tout le monde, même les moins bien calibrés car ils ne sont pas moins bons pour notre santé. Mais ce chemin nous a permis de découvrir des centres d’intérêts, notamment la production de graines potagères.
Comme on l’a vu dans la pyramide de Maslow, nous avons des besoins d’appartenance et d’amour où l’affection des autres est importante. Le bon modèle semble donc être un modèle où chacun participe à sa façon aux besoins de la communauté suivant ses compétences et ses centres d’intérêts.
Les étapes clés pour tendre vers l'autosuffisance alimentaire :
Tableau : Besoins et Possibilités d'Autosuffisance
| Catégorie d'Aliment | Potentiel d'Autosuffisance | Défis |
|---|---|---|
| Légumes | Élevé (70-90%) | Organisation, temps, transformation |
| Fruits | Moyen | Espace, climat, saisonnalité |
| Céréales | Faible | Grand espace, équipement spécifique |
| Produits Laitiers | Faible | Animaux, soins, réglementation |
| Viande | Très faible | Élevage, abattage, éthique |
| Miel | Faible | Connaissances apicoles, équipement |
En conclusion, l'autosuffisance alimentaire totale est un objectif difficile à atteindre pour la plupart des gens. Cependant, tendre vers une plus grande autonomie alimentaire est un chemin enrichissant qui nous amène à repenser notre alimentation, à valoriser les produits locaux et de saison, et à développer de nouvelles compétences.
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