Le pain et le vin occupent une place centrale dans la liturgie de l'Église catholique. Ils ne sont pas de simples symboles, mais deviennent, par le mystère de la transsubstantiation, le corps et le sang du Christ.
La question de la signification du pain et du vin dans la liturgie catholique est fondamentale. Lors de la Cène, le Christ Lui-même choisit le pain et le vin, dans la lignée du Seder, non pas pour représenter son corps et son sang, mais pour qu’ils le deviennent réellement, substantiellement. Il ne dit pas « Ceci représente mon corps et mon sang », mais « Ceci est mon corps et mon sang ». C’est le fameux mystère de la transsubstantiation.
Au cœur de la liturgie se trouve donc le mystère de la transsubstantiation. En reproduisant les paroles et les gestes de la Cène à l’autel, le prêtre rend présent et actuel l’unique Sacrifice de la Croix, l’unique acte rédempteur. C’est ainsi que la messe est le plus grand trésor de l’Église. Quand les paroles de la consécration sont prononcées, se réalise la "transsubstantiation", c’est-à-dire le changement de toute la substance du pain en celle du corps du Christ, tandis que les apparences demeurent celles du pain. Il en est de même pour le vin. Avec le pain, le vin est donc au cœur de l’acte le plus sacré de la liturgie catholique.
Il faut maintenant laisser place aux mystères (nom grec et chronologiquement premier, par lequel on désigne les sacrements et, particulièrement, l’eucharistie). Nous sommes en 58 avec Paul, à Troas, dans le détroit des Dardanelles. Il fait déjà nuit ; le shabbat vient de s’éteindre… “Le premier jour de la semaine, alors que nous étions réunis pour rompre le pain… (Actes 20, 7)” Rassemblement dominical et fraction du pain sont indissociablement liés depuis le début de l’Église.
Le pain et le vin qui sont apportés en procession au cours de la messe, représentent tout ce qui fait l'activité humaine. "Ce pain et ce vin, c'est nous", dit le P. Sébastien Antoni. Au cours de la procession, sont apportés le vin et le pain qui deviendront - dans la foi - le corps et le sang du Christ. Au moment de les recevoir à l'autel, le prêtre prononce cette phrase : 'Tu es béni, Dieu de l'univers, toi qui nous donnes ce pain, ce vin, fruit de la terre et du travail des hommes.' Ce pain et ce vin, 'c'est nous', explique le P. Antoni. Car ils représentent tout ce qui fait l'activité humaine. 'Il y a toutes nos intentions, toutes nos prières, tout ce que nous sommes qui sont présentés au Seigneur à ce moment-là.' Ce pourquoi il est important que le pain et le vin soient apportés en procession et viennent de l'assemblée, précise le prêtre.
Le pain qui est présenté durant la messe sous la forme d'hostie est du pain sans levain. Cela fait référence à un épisode de la Bible, au livre de l'Exode plus exactement, et à la fuite d'Égypte du peuple juif. Il est dit que dans leur précipitation les Hébreux n'ont pas eu le temps de faire lever le pain. 'On se rappelle cela parce qu'il y a un lien intime entre le pain qui a été le pain de la nourriture pour sortir de l'esclavage et ce pain eucharistique qui nous sort aussi de nos esclavages pour nous faire plus proches du Seigneur, plus proches de l'Évangile, qui devient notre nourriture.'
Au moment où le prêtre accueille les offrandes, il prononce ces paroles : 'Ils deviendront le pain de la vie et le vin du royaume éternel'. Puis il fait un geste tout simple : il verse un goutte d'eau dans le calice contenant le vin et dit : 'Comme cette eau se mêle au vin, pour le sacrement de l'Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité.' Le sens de l'eucharistie est là : cette goutte d'eau, qui représente l'humanité, on ne la verra plus lorsqu'elle sera diluée dans le vin, qui représente la divinité.
« Fidèle à l’exemple du Christ, l’Église a toujours employé le pain et le vin avec de l’eau pour célébrer le banquet du Seigneur. »(PGMR n°281). Lors de la Cène, il est très probable que Jésus ait rompu, conformément à la liturgie juive de la Pâque, du pain azyme (c’est-à-dire sans levain). « Le vin de la célébration eucharistique doit provenir du fruit de la vigne »(PGMR n°284). Au pain de la nécessité et du labeur s’adjoint le vin de l’allégresse et de la fête. Le vin qui réjouit le coeur de l’homme (Ps 140,15) et figure la « sobre ébriété de l’Esprit »(cf Actes 2,13). « Venez, mangez de mon pain, buvez du vin que j’ai préparé ! »(Proverbes 9,1-5). C’est ainsi que la Sagesse harangue les passants. A chaque messe Jésus, Sagesse incarnée, est le Grand-Prêtre selon l’ordre de Melchisédech qui offre pain et vin au Très-Haut(cf Gn 14,18).
Avec le repas du Seigneur chez Paul (1 Corinthiens 11, 20), la Fraction du pain, que l’on trouve dans l’Évangile selon Saint Luc (Luc 24, 35) et dans les Actes des Apôtres (Actes 2, 42) est le premier nom de la messe et donc un nom évangélique. Et si, chronologiquement, c’est “repas du Seigneur” qui vient en premier puisque la première épître de Paul aux Corinthiens date de l’année 56, il ne fait guère de doute que Luc, en parlant de “fraction du pain”, dans son évangile datant des années 70-80, donc postérieur à Paul, s’appuie sur une tradition orale bien antérieure à l’écrit.
Rompre le pain n’est pas un geste inventé par Jésus. Ce geste est accompli par le père de famille à tous les repas religieux les jours de shabbat et de fête, et tout particulièrement lors de la Pâque, où la galette de pain est sans levain (a-zyme). Il a lieu au début du repas, dans le Qiddush, après que le père a prononcé la bénédiction. C’est à l’intérieur même du rituel juif que Jésus le fait. Il faut, pour comprendre ce geste, faire allusion également à un autre rituel juif contenant un geste de partage, celui des sacrifices de communion (selon les mots de la Bible de Jérusalem) ou de paix (selon la TOB), dont fait partie le sacrifice pascal.
Jésus, à la Cène, fait donc un geste juif auquel il donne un sens chrétien, un sens christique. La fraction du pain n’est donc pas un petit geste de souvenir, et encore moins un mime (c’est pourquoi il ne faut pas faire la fraction dans le récit de l’institution, en disant les mots : « Il le rompit », mais en faire une action séparée après l’action de grâce). La fraction du pain est constitutive de l’eucharistie, comme la Prière eucharistique. Par la volonté de Jésus lui-même, elle fait partie du « cela » dans le « Vous ferez cela en mémoire de moi.
La fraction du pain est éminemment une action symbolique. Cela signifie que le symbole n’est pas dans l’objet, le pain, mais dans ce qui est fait avec cet objet, avec ce pain consacré. “Le geste de la fraction, accompli par le Christ à la dernière Cène, a désigné toute la célébration eucharistique à l’âge apostolique. Que ce rite n’ait pas tellement un motif pratique, vient de ce que le passage de petites à de grandes assemblées a provoqué “l’industrialisation” de la fabrication du pain qui a permis qu’il soit préfractionné sous la forme d’hosties. Avec la galette (que l’on voit heureusement réapparaître dans certains monastères ou communautés religieuses), le motif était bel et bien pratique. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, il faut absolument préserver un minimum de fraction, parce qu’il faut absolument garder le sens de ce geste.
Cette phrase de saint Paul nous oblige bien à revenir à la galette : “il y a un seul pain !” (On peut s’imaginer facilement ce dont il s’agit : une grande galette plate, non garnie, un peu comme une pâte de pizza sans levain sur laquelle on n’aurait déposé aucune garniture). Donc, il n’y a qu’un seul pain qui, par la puissance du Saint-Esprit, nous présente le corps sacramentel du Christ. Ce pain consacré est rompu en autant de parts qu’il y a de communiants à qui ces parts vont être données, à la communion. Par la fraction du pain, on va donc du corps sacramentel rompu, à la construction du corps mystique. En fait, il s’agit là de la théologie la plus classique. Mais il semble bien que cette compréhension de l’eucharistie ne soit pas très bien passée dans la mentalité commune des fidèles.
Un acquis plus récent, dû aux progrès de l’exégèse et des sciences liturgiques, vient renforcer notre insistance sur le poids de la fraction du pain. Cet acquis concerne ce que nous avons mentionné plus haut au sujet du sacrifice juif de communion (ou de paix). Nous disions que de l’agneau offert en sacrifice, il était fait trois parts pour que soit établie une communion de convivialité entre Dieu, le prêtre et telle famille célébrant la Pâque. Or, l’eucharistie est bien une communion à Dieu par l’intermédiaire de la manducation d’une victime sacrifiée, le Christ ressuscité après avoir été mis à mort au calvaire.
Le rapport à l’agneau pascal est clair : “Voici que le Christ, notre agneau pascal (notre Pâque) a été immolé (1 Corinthien 5, 7).” Mais, dans le sacrement de l’eucharistie, nous avons du pain, et non un agneau ! Le sacrifice du Christ est parfait et unique (Hébreux 10, 12) ; il a eu lieu “une fois pour toutes” (Hébreux 7, 27 ; 9, 12 ; 10, 26). Dans l’eucharistie, le Christ ressuscité continue bien à s’offrir à son Père, mais de façon non sanglante. Puisque le sacrifice du Christ est unique et parfait, il n’est pas question que soit encore versée une seule goutte de sang.
Or, Jésus lui-même, pour maintenir sa présence offerte au-delà de sa vie terrestre et de sa mort, a remplacé l’agneau par ce qui l’entourait, dans le repas pascal, à savoir la galette de pain et le vin. Jésus remplace l’agneau partagé par le pain rompu, et le sang versé par le vin consacré. Mais l’acte pascal de l’agneau mis en parts est bien là. Il faut donc lire, maintenant, dans la fraction, non seulement le geste juif de partage, mais le sacrifice de communion du Christ donnant sa vie en partage à l’humanité (à la multitude) et dont l’eucharistie est le sacrement.
Quand le père d’une famille juive rompt le pain, c’est une chose qu’il rompt. Là se trouve une des clefs du faux débat entre la messe-sacrifice et la messe-repas. Ainsi comprise (et expliquée, espérons-le !), la fraction du pain nous révèle et nous fait saisir qu’elle est l’un et l’autre, c’est-à-dire un repas sacrificiel.
Plus encore ! Il est juste de dire que certains, il est vrai, préfèrent traduire la “Klasis tou artou” par “partage du pain”, plutôt que par “fraction” (c’est le cas de Xavier LEON-DUFOUR, par exemple, dans “Le partage du pain eucharistique selon le Nouveau Testament”, éditions du Seuil, Paris, 1982). On sent évidemment tout ce qu’a d’intéressant le mot et la notion de partage. - Le verbe grec Klaô signifie vraiment : briser, rompre, et c’est le verbe (ou son substantif : Klasis) que nous livre le Nouveau Testament dans tous les cas (cf. “Frère, quand le Seigneur s’est-il fait reconnaître ? A la fraction du pain. En nous, il n’est point de trouble : nous rompons le pain et nous reconnaissons le Seigneur. Il ne s’est pas laissé reconnaître qu’ici, pour nous, qui ne devions pas le voir dans la chair, et qui, pourtant, devions manger sa chair. Ô toi, qui que tu sois, qui crois en lui, toi qui ne portes pas en vain le nom de chrétien, toi qui n’entres pas au hasard dans une église, toi qui écoutes la parole de Dieu dans la crainte et l’espérance, rassure-toi en ce partage du pain. L’absence de Dieu n’est pas une absence… Et toi, désires-tu la vie ? Imite les disciples, et tu reconnaîtras le Seigneur. Ils lui ont offert l’hospitalité… Retiens l’étranger, si tu veux reconnaître ton Sauveur. L’hospitalité leur a rendu ce que le doute leur avait pris. Le Seigneur s’est manifesté dans la fraction du pain.
Tout en gardant les mots fraction et rompre, il faut inlassablement redire aux chrétiens que leur participation à la “fraction du pain” implique un certain comportement dans le monde, une éthique, dont la première manifestation est bien le partage. Ce n’est apparemment pas un hasard si, dans le “sommaire” des Actes des apôtres (Actes 2, 42 : “Ils étaient assidus à…”), la “communion fraternelle” précède immédiatement la “fraction du pain”. La communion fraternelle dans la vie du disciple (et donc le partage) est une condition de la vérité de la fraction du pain dans la célébration eucharistique, et, a fortiori, une conséquence.
- Face à une conception de la communion trop uniquement considérée comme acte de piété et de dévotion, ce geste invite à redécouvrir l’indispensable rapport entre l’acte liturgique de la fraction du pain et la pratique vécue de la communion fraternelle. La situation de tant d’exclus de notre société actuelle renforce encore la nécessité du partage comme comportement constitutif de la vie eucharistique du chrétien.
- Et saint Jean-Chrysostome : “Veux-tu honorer le corps du Christ ? Ne commence pas par le mépriser quand il est nu. Ne l’honore pas ici avec des étoffes de soie pour le négliger dehors où il souffre du froid et de la nudité. Par sa place dans l’acte eucharistique du Christ et par les actes de partage fraternel qu’il engage, le geste de la fraction du pain annonce le monde nouveau du Royaume de Dieu : “Je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle (Apocalypse 21, 1)” ; et surtout : “Voici que je me tiens à la porte et je frappe.
On sait que l’expression : “Jésus Christ, pain rompu pour un monde nouveau” constitua le thème du congrès eucharistique international de Lourdes en 1981. Il nous en reste plusieurs chants solides, notamment : D 284 Pain rompu pour un monde nouveau ; D 293 C’est toi, Seigneur, le pain rompu. Après cet exposé de l’origine et du sens de la fraction de pain, qui ne serait convaincu de l’importance primordiale de ce geste ? Reste à le mettre en œuvre. D’autres textes de ce dossier y sont consacrés.
- La fraction du pain doit être faite pour elle-même.
- La fraction du pain a un chant : l’Agneau de Dieu. Après ce que nous avons dit à propos du “sacrifice de communion”, il n’est pas nécessaire d’en réexpliquer ici le sens.
- Le chant est constitutif du rite. Il ne peut donc être remplacé par un autre, même pas par l’un de ceux cités précédemment. Il en va de la vérité de ce qui est célébré. Que certains pensent que ses mots ne sont plus compréhensibles demanderait à être vérifié avec rigueur, sans se contenter d’une impression.
- Le (ou les) ministre font le geste durant le chant.
- Si plusieurs personnes sont dans le sanctuaire, elles se tournent vers l’autel où le geste a lieu, y compris l’animateur de chant qui n’a pas à diriger une aussi courte phrase que “Prends pitié de nous”.
- Il existe maintenant des textes mis en musique, où l’expression “Agneau de Dieu” est commentée et rendue par-là plus accessible (voir les compositions de Didier RIMAUD et Jacques BERTHIER ou de Michel SCOUARNEC et Jo AKEPSIMAS).
Certains sacrifices prescrits par la Loi donnaient aux Juifs l'obligation ou la possibilité de manger une part de l'animal immolé. C’était leur façon de s’unir à Dieu. La communion eucharistique va plus loin encore. Elle unit le corps et l’âme du Christ aux nôtres. Ainsi, se réalise la parole de saint Paul (Ga 2 20) : "Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi."
Ici se pose la question de savoir pourquoi les laïcs ne communient que sous l’espèce du pain. Cette interrogation est légitime, car il pourrait sembler que la communion sous les deux espèces soit la meilleure façon d’être parfaitement fidèle au dernier repas pris par le Sauveur avant sa Passion. C’est oublier que l’Eucharistie n’est pas un simple repas pris en souvenir d’un événement passé, mais le Christ rendu présent substantiellement. Il n’y a pas d’un côté la chair et la chair seulement et de l’autre le sang et le sang seulement. Il y a sous les apparences du pain comme sous celle du vin, toute la personne du Christ : corps, sang, âme et divinité.
Le corps et le sang du Seigneur, séparés lors de la mort violente sur la Croix, furent réunis au moment de la Résurrection. Le prêtre signifie cela à l’autel en mêlant une petite parcelle de l’hostie au précieux sang présent dans le calice. La communion des fidèles sous la seule espèce du pain n’est donc pas une communion "amputée", incomplète ; elle ne diminue en rien les grâces reçues. Jusqu’au XIVe siècle, la communion sous les deux espèces était d’usage habituel. La communion au calice se raréfie ensuite pour des raisons pratiques : risque de profanation, d’accidents. Le concile de Trente (1545-1563), qui réaffirme les grandes vérités catholiques, attestera la légitimité de la communion des fidèles sous la seule espèce du pain sans pour autant proscrire totalement la communion sous l’espèce du vin. C’était une façon pour l’Église romaine de faire comprendre que la présence réelle du corps et du sang du Christ est effective sous chacune des deux espèces. Les églises orientales conserveront l’usage antique.
Une autre interrogation porte sur la couleur du vin utilisé pour la consécration. Il faut d’abord insister sur le fait que le vin de messe ne répond pas à une méthode ou une recette particulière comme le vin casher, par exemple. Il doit être exclusivement issu de raisins fermentés et le plus naturel possible. Il est aujourd’hui le plus souvent blanc pour des raisons pratiques afin de ne pas tacher le linge d’autel, et moelleux car ainsi la bouteille entamée se conserve mieux. La couleur rouge semblerait plus indiquée car elle se rapproche de celle du sang, mais dans les faits cela importe peu. Rien ne permet d’ailleurs d’affirmer que le vin de la Sainte Cène était un vin rouge. On peut même penser le contraire quand on considère la nature des vins dans l’Antiquité. Les couleurs blanche ou rouge sont des accidents du vin, c’est-à-dire des aspects de la substance auxquels il ne faut pas prêter plus d’attention qu’ils ne le méritent. Ce qui compte, c’est le caractère profondément vivant du vin qui porte en lui des vertus nourrissantes, réconfortantes et salvatrices. Aucun autre breuvage n’est digne de remplir la fonction qui lui a été assignée par le Christ lui-même.
Il me semble également que la qualité et la noblesse du vin sont des facteurs à ne pas négliger. Pour honorer Dieu et accomplir un si grand mystère, comment le prêtre pourrait-il choisir un vin médiocre ? L’anecdote est bien connue mais il convient de la rappeler : le cardinal de Bernis, ministre des Affaires étrangères du roi Louis XV, puis ambassadeur de France à Rome, disait n’utiliser pour la messe que du très bon vin de Meursault par crainte, assurait-t-il, que Dieu ne le voit faire une grimace en communiant.
1. Les allusions au vin et à la vigne sont innombrables dans la Bible, aussi bien dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament. Et pourtant, c’est au Nouveau Testament dont nous parlerons aujourd’hui, et à un moment pas des moindres, la Sainte Cène qui est représentée sur de nombreux tableaux qui font partie de notre culture.
Le contexte : Jésus rassemble ses douze disciples pour son dernier repas, qui sera suivi de sa nuit en prière au jardin des oliviers, puis de son arrestation et de sa crucifixion. Pendant ce repas, il prend du pain et du vin et les transforme en son corps et en son sang, qu’il partage ensuite avec ses amis.
2. Eh non ! Le droit canon indique à ce propos que le vin doit être « naturel », donc, en plus d’être issu de la seule fermentation de raisin et non chaptalisé (ajout de sucre), on ne doit pas lui avoir ajouté d’additifs (levures exogènes, sulfites…). L’ajout d’alcool lui, est toléré, à condition que celui-ci soit également issu de raisin.
3. Si à l’origine, le vin était rouge pour être plus proche de la symbolique du sang du Christ, il est aujourd’hui surtout blanc pour une raison simple : il tâche moins les tissus sacrés. Plus précisément, il est souvent même doux, moelleux ou liquoreux car, en ne versant dans son calice que cinq centilitres de vin par jour pour sa messe, le prêtre a besoin de conserver sa bouteille ouverte environ deux semaines, et il est bien connu que les vins plus sucrés se conservent plus longtemps ouverts.
4. Un des derniers lieux où la messe était bel et bien célébrée avec du vin rouge était le Vatican… jusqu’à ce que le Pape François élise le muscadet comme vin de messe.
5. Il s’agissait de vin de Loire, qui portait à nouveau bien son nom puisqu’il provient du village de la Bénisson-Dieu. - Modifié le 1 juillet 2021
Dans l’Ancien testament, s’il n’y pas de sang versé, il n’y a, d’ordinaire, pas de pardon, c’est la raison pour laquelle les fêtes religieuses intégraient la mise à mort d’animaux. Ces sacrifices, du latin "sacrificare" littéralement "rendre sacré", avaient pour but d’obtenir les faveurs de Dieu et le pardon des péchés. La nouvelle alliance transcendera tous ces rituels : c'est le pain et le vin, qui, dans la liturgie de l'Église catholique, prennent cette place. Jésus s’est offert en sacrifice sur la Croix, en prenant sur lui les péchés de l’humanité toute entière. Il est "l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde" (Jn 1 29). Contrairement aux sacrifices de l’Ancien Testament qui étaient constamment renouvelés et qui ne procuraient qu’une expiation temporaire, celui du Christ est offert une fois pour toutes et son effet est définitif.
On comprend, en fonction de tout ce qui a été dit sur la place du vin dans les Saintes Écritures, que le Christ ait fait ce choix pour signifier sa mort et sa résurrection. Le vin, matière "vivante", est issu d’un jus de raisin qui paraissait mort : "le mystère de la fermentation tient à ce qu’une matière inanimée, issue d’une double destruction (la vendange ou la moisson, puis le foulage, le pressurage ou le broyage), est le siège d’une intense activité qui ranime la vie dans la mort même" Cela passe par la "passion", c’est-à-dire par la souffrance : "Le vigneron doit d’abord piétiner son œuvre pour qu’elle meure. La cuve symbolise ce lieu de mort et de résurrection. Il faut noter la parenté des mots : cave, caveau, cuve. Le caveau où l’homme est enterré après sa mort, n’est-il pas le lieu du retour à l’unité et de la résurrection ?"
En Géorgie, à l’endroit même où est née la viticulture il y a 8.000 ans, les raisins après avoir été foulés sont placés dans de très vastes jarres en terre cuite, appelées "qvevri". Celles-ci sont enfouies dans le sol, seul dépasse le vaste col du récipient qui est colmaté après la fermentation avec une pierre de schiste et de l’argile. Le jus et les parties solides du raisin vont ainsi macérer pendant de longs mois avant que le vin ne soit soutiré. Le chai qui accueille les récipients enterrés de terre cuite s’appelle le "marani". Ce lieu est considéré comme un lieu saint, celui où un simple jus de raisin renait mystérieusement sous la forme d’un divin nectar. Les jarres avant leur entrée en fonction étaient bénies par un prêtre. Le marani servait de cadre aux baptêmes et aux mariages. Abritant très souvent, un petit autel, il servait de sanctuaire familial. Comment ne pas faire le rapprochement entre les qvevri fermés par une pierre et le tombeau du Christ ?
Voici un tableau récapitulatif des éléments essentiels concernant le pain et le vin dans la liturgie catholique :
| Élément | Signification | Importance |
|---|---|---|
| Pain | Corps du Christ | Nourriture spirituelle, unité des fidèles |
| Vin | Sang du Christ | Sacrifice, rédemption |
| Fraction du pain | Partage, communion fraternelle | Action symbolique essentielle |
| Transsubstantiation | Changement de substance | Mystère central de l'Eucharistie |
L'Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne.
Pour approfondir votre compréhension, voici une suggestion de vidéo :
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