Viande sans Souffrance Animale: Alternatives et Innovations

Vegan ou pas, la souffrance animale et les conditions d’abattages concernent désormais tout le monde. Mais comment faire quand on ne peut se passer de viande ? Quelles sont les alternatives, sans tomber dans les extrêmes ?

La Viande Cultivée en Laboratoire: Une Révolution Alimentaire?

Memphis Meats a la solution : de la véritable viande mais qui ne provient pas de l’animal. Explications !

La société américaine Memphis Meats propose en effet de la viande cultivée en laboratoire et constituée à partir de cellules prélevées sur l’animal par biopsie. Un process complètement indolore pour ce dernier. Ainsi, plus de souffrance, ni d’élevage en batteries, tout en pouvant continuer à commercialiser de la viande. Un principe qui n’est pas nouveau, puisque déjà en 2016, la startup israélienne SuperMeat proposait le même ‘service’.

Un marché de la viande artificielle qui pourrait s’avérer exponentiel pour ces précurseurs aux vues des scandales sanitaires et de la prise de conscience croissante de la souffrance animale.

Aujourd’hui, Memphis Meats, qui s'est déjà attaqué au boeuf, serait prêt à commercialiser de la volaille, soit du poulet et du canard. Le poulet est la viande la plus populaire aux Etats-Unis, 41 kilos en sont consommés en moyenne, par personne à l’année et cela représente un marché annuel de 90 milliards de dollars. En Chine continentale, on consomme plus de 2,7 milliards de kilos par an, plus que tout le reste du monde combiné.

«Il est excitant de concevoir le premier poulet et le premier canard sans qu’il y ait besoin d'élever des animaux. C'est un moment historique pour le clean meat mouvement (mouvement de la viande propre)», explique Uma Valeti, cofondatrice et PDG de Memphis Meats. « Le poulet et le canard sont au centre de la table de beaucoup de cultures à travers le monde, mais la façon dont la volaille traditionnelle est exploitée soulève de grandes questions liées à l'environnement, au bien-être animal et à la santé humaine. […] Notre objectif est de produire de la viande de la meilleure manière qui soit, afin qu'elle soit délicieuse, abordable et durable. Nous croyons vraiment que c'est un saut technologique significatif pour l'humanité et une opportunité de marché incroyable - nous pouvons transformer une industrie mondiale géante tout en contribuant à résoudre l’un des plus gros problème de développement durable aujourd’hui ».

Basé dans la baie de San Francisco, Memphis Meats revendique une part du marché mondial de la viande de 750 milliards de dollars. Aujourd’hui, la société avicole travaille via une plate-forme technologique unique qui, à long terme, sera mise à disposition des entreprises. Celles-ci pourront ainsi produire de la viande sans cruauté tout en ayant la capacité d’en affiner le goût, la texture et le profil nutritionnel. Cette plate-forme permettra également aux l'entreprise d'augmenter leur production et de réduire rapidement les coûts. Memphis Meats n'exclut pas de produire de la chair de poisson dans un futur proche.

Reste à savoir si l’on est prêt à manger de la viande cultivée en laboratoire ? La viande cultivée, aussi appelée viande de culture cellulaire, est produite à partir de cellules animales cultivées dans un milieu nutritif sans qu’il soit nécessaire d’élever ni d’abattre des animaux. Ce concept, longtemps cantonné à la recherche, est désormais une réalité industrielle.

La société néerlandaise Mosa Meat a été la première à présenter un hamburger cultivé en 2013. D’autres entreprises comme Fishway, active dans la production de poisson cultivé, développent des procédés similaires pour éviter les polluants présents dans les produits marins.

Les intervenants ont souligné que la viande cultivée émerge dans un contexte où l’élevage conventionnel est de plus en plus contesté et occasionne de graves atteintes au bien-être animal. L’eurodéputée Tilly Metz (Verts/ALE) a présenté la viande cultivée comme une option crédible pour produire de la viande plus respectueuse de l’environnement.

Sur le plan économique, les intervenants ont mis en garde contre le risque pour l’Europe de perdre sa position de pionnière face à des régions plus dynamiques. Ira van Eelen, présidente du réseau CellAg Netherlands, a rappelé que la recherche sur la viande cultivée est née en Europe, mais que la lenteur réglementaire menace son avance.

L’éleveur néerlandais Ruud Zanders, cofondateur de Respect Farms, a illustré cette vision : les agriculteurs pourraient continuer à produire de la viande, mais selon des méthodes nouvelles et durables. Son projet, soutenu par EIT Food, vise à construire la première ferme de viande cultivée au monde.

La question de l’acceptation sociale a également occupé une place importante. Une étude récente montre qu’une large majorité de Belges, notamment parmi les jeunes générations, attachent une grande importance au bien-être animal et voient dans les protéines cultivées une solution prometteuse pour relever les défis alimentaires et environnementaux de demain. Ces chiffres traduisent un changement profond des mentalités et témoignent d’une attente croissante du public en faveur de politiques cohérentes et progressistes pour le bien-être animal.

Malgré les avancées technologiques, la viande cultivée reste encadrée par la législation européenne sur les « nouveaux aliments ». Seules deux demandes d’autorisation ont été déposées auprès de l’EFSA, alors que Singapour et les États-Unis ont déjà approuvé la commercialisation de poulet cultivé. Le débat est aussi culturel. Le Parlement européen a récemment réservé les termes « steak », « burger » ou « saucisse » aux produits issus d’animaux abattus, excluant ainsi les alternatives végétales ou cultivées.

Le webinaire s’est conclu sur un consensus : la viande cultivée ne résoudra pas seule les défis alimentaires et climatiques, mais elle constitue un levier essentiel et une composante essentielle d’un système en mutation. Les participants ont appelé à une stratégie européenne claire, alliant innovation, accompagnement des agriculteurs et information des consommateurs.

La start-up israélienne SuperMeat a mis au point une viande “artificielle” issue de culture cellulaire. Elle permettrait d’éviter de consommer de la viande sans tuer d’animaux. Une révolution qui fait polémique.

Manger de la viande sans tuer d’animaux, difficile d’y croire. Pourtant, c’est le pari que s’est lancé la start-up SuperMeat qui souhaite commercialiser de la viande de poulet cultivée en laboratoire.

On le sait, la consommation de viande a un impact néfaste sur l’environnement sans parler du tort fait aux animaux. Ce n’est ni de la fausse viande, ni du tofu, du tempeh ni tout autre alternative végétale, c’est une viande qui aurait le goût et la texture similaire à la véritable viande, le tout à un coût abordable et sans souffrance animale.

Cette dernière serait produite en culture avec des cellules prélevées par biopsie sur un poulet (et sans souffrance) puis cultivées en laboratoire dans un milieu qui riche en éléments nutritifs. Ces nutriments aident les cellules à se développer et se diviser. "Nous avons fondé SuperMeat pour révolutionner l’industrie alimentaire. L'idée est de promouvoir une solution humaine à la faim dans le monde, ne reposant pas sur les animaux" a déclaré Koby Barak, PDG de la firme.

SuperMeat se revendique plus sain car la viande produite en laboratoire est très surveillée et respectueuse de l'environnement. Sa production requiert 99% de terres en moins, rejette 90% de gaz à effets de serre en moins et aucun animal n’est maltraité durant le processus.

Pour l’instant, la viande “in vitro” est encore à l’état de projet. Selon Sciences et Avenir, la production d’un simple steak haché se chiffre à près de 250.000 dollars. La firme israélienne, elle, envisage de développer un moyen de production économique et de mettre cette viande sur le marché d’ici 2020. Elle souhaiterait même pouvoir équiper les restaurants, supermarchés et même les particuliers de leurs machines.

L’entreprise vient de clore une campagne de financement participatif au cours de laquelle elle a récolté près de 200 000 dollars.

Comment fonctionne ce procédé? On prélève une cellule souche sur un animal par biopsie, puis on développe des cellules spécialisées à partir de cette cellule dans un bioréacteur. Les cellules se multiplient ensuite dans une solution nutritive contenant des hormones de croissance, et on obtient de la viande. Après le prélèvement, il faut environ deux semaines pour que des petits morceaux de viande se forment dans le bioréacteur, ce qui suffit, par exemple, pour fabriquer un hamburger. Ces morceaux de viande sont en outre structurés au moyen de protéines végétales afin d’obtenir la texture bien connue.

À long terme, ce procédé devrait également permettre de produire des steaks et des filets de poisson.

La technologie est en bonne voie, mais les coûts sont encore trop élevés, en particulier ceux du nutriment dans lequel les cellules se transforment en viande. Mais avec le temps, le prix des nouvelles technologies diminue: dans sept ans environ, il devrait avoisiner celui de la production industrielle de viande actuelle.

Un autre défi est l’autorisation réglementaire pour la vente. La Swiss Protein Association, dont Migros est membre, devrait permettre de réaliser cet objectif.

Le prélèvement de cellules se fait sans que l’animal soit blessé: la plupart du temps, une seule intervention suffit, car elle permet de créer ce que l’on appelle une lignée cellulaire immortelle. Quant à la solution nutritive, on utilise encore souvent un sérum provenant de fœtus d’animaux pendant la phase de développement. Toutefois, certaines entreprises remplacent déjà complètement ces hormones de croissance par des produits végétaux, et la majorité de la concurrence veut suivre le mouvement.

Migros a investi dans deux entreprises qui appliquent déjà ce procédé, et exclut de vendre de la viande de culture pour laquelle du sérum animal a été utilisé.

Cette viande préserve le climat, car elle requiert moins d’animaux et peut être produite localement au lieu d’être importée de pays lointains. De plus, il est possible de réduire le taux de graisse et donc de la rendre plus saine dès le départ. Il y a toutefois des limites, car ce sont les matières grasses qui lui donnent du goût.

On peut proposer plusieurs types de viande différents, même issus d’espèces dites «exotiques», sans qu’il n’arrive rien à l’animal. La viande sortant stérile du bioréacteur, elle ne comporte pas de parasites et n’est pas contaminée par des facteurs environnementaux. Enfin, elle ne génère pas de «déchets», car on ne produit que la partie de la viande qui est vraiment demandée.

À Singapour et aux USA, les premiers produits sont autorisés à la vente, mais ils restent nettement plus chers que la viande classique. Des demandes d’autorisation pour l’Europe sont en préparation. En Suisse, il faudra sans doute attendre encore quelques années avant de pouvoir acheter ce type de viande. Les premiers produits disponibles seront probablement une sorte de lamelles de filet de bœuf.

Au début, la viande de culture sera certainement plus chère que les produits équivalents issus du circuit classique. Dans le secteur de la restauration, on la retrouvera sans doute d’abord dans les restaurants haut de gamme. L’objectif est toutefois qu’elle ne devienne pas une denrée de luxe, mais qu’elle soit proposée au grand public. C’est la seule façon de réussir à résoudre les questions du bien-être animal, de l’utilisation des terres et de l’impact sur le climat.

L'Abattage Rituel et la Souffrance Animale

L’égorgement d’animaux conscients cause généralement plus de peur et de douleur que l’abattage avec étourdissement préalable.

Cependant, le code rural et de la pêche maritime (article R. 214-70) comme le droit européen (règlement 1099/2009 du Conseil du 24 septembre 2009) prévoient une dérogation à cette obligation lorsque l’étourdissement n’est pas compatible avec les prescriptions rituelles relevant du libre exercice du culte. La Cour européenne des droits de l’homme a considéré, dans un arrêt du 27 juin 2000 (affaire Cha’are Shalom Ve Tsedek c/France), que cette dérogation constituait un « engagement positif de l’Etat visant à assurer le respect effectif de la liberté d’exercice des cultes ».

Celle-ci ne peut être accordée qu’aux abattoirs qui justifient de la présence d’un matériel adapté et d’un personnel dûment formé, de procédures garantissant des cadences et un niveau d’hygiène adaptés, ainsi que d’un système d’enregistrement permettant de vérifier qu’il n’est recouru à l’abattage sans étourdissement préalable qu’à raison de commandes commerciales le justifiant. Elle peut être suspendue ou retirée pour les établissements qui ne répondraient pas aux critères requis.

Ainsi, les professionnels doivent mettre en place des modes opératoires normalisés permettant de s’assurer de la prise en compte par les opérateurs de l’obligation de protection des animaux abattus. De nouvelles obligations en matière de formation du personnel ont également été introduites par le règlement. Elles consistent d’une part en la désignation d’un Responsable de la protection animale (RPA) au sein de chaque établissement, et, d’autre part en l’obligation pour l’ensemble des opérateurs travaillant au contact des animaux vivants d’obtenir un certificat de compétence.

L'association L214 a révélé de nouvelles images dans un abattoir où les bêtes sont mises à mort de manière rituelle. Il y a des jours comme ça où on est soulagé d’être à la radio, et pas à la télévision, car ce sont des images qu’on préfère raconter que montrer, tant elles sont insupportables.

Ces images, elles ont été dévoilées par l’association L214 dans un abattoir appartenant au groupe Bigard, situé en Côte-D’Or. On y voit des vaches se faire frapper dans la zone d’attente, avant d’être mises à mort de manière rituelle, c’est-à-dire pour produire de la viande halal ou casher.

Cette forme d’abattage consiste à placer les bovins dans un box rotatif, qui les fait basculer à l’envers. Les animaux sont ensuite égorgés sans être étourdis au préalable, contrairement à la méthode d’abattage conventionnelle, où l’étourdissement est obligatoire.

Sur les images, on voit des vaches se tordre de douleur au moment de l’égorgement, et certaines sont même encore conscientes plusieurs minutes APRÈS avoir été égorgées. Ces pauvres bêtes remuent dans tous les sens en se vidant de leur sang, alors qu’elles sont déjà accrochées par la patte à la chaine de découpe. Cette vidéo de L214 illustre l’horreur habituelle de l’abattage sans étourdissement.

Selon la fédération des vétérinaires européens, cette méthode de mise à mort est « inacceptable », car elle induit des souffrances supplémentaires, particulièrement chez les vaches et les veaux, qui peuvent souffrir plusieurs minutes avant de mourir.

L'abattage sans étourdissement est autorisé dans notre pays de manière dérogatoire pour des motifs religieux, et c’est très courant. Dans la revue Sésame, de l’Institut national de recherche agronomique, on peut lire que sur nos 259 abattoirs de boucherie, 218 sont équipés pour pratiquer cette méthode religieuse.

Combien d’animaux sont tués de la sorte ? Difficile d’avoir des chiffres précis. Un rapport du Conseil général de l’alimentation publié en 2012 estime que 40% des bovins et près de 60% des moutons sont abattus de manière rituelle en France.

C’est peut-être moins, peut-être plus. Mais une chose est sûre : cela concerne un très grand nombre d’animaux, beaucoup plus que ce qui est absorbé par le marché halal et casher, ce qui veut dire qu’une partie de la viande issue de l’abattage religieux est vendue dans le circuit classique, sans que le consommateur ne soit au courant.

L’abattage sans étourdissement est déjà interdit au Danemark, en Norvège, en Finlande, en Suède, au Luxembourg ou encore en Suisse. En Belgique, il vient d’être interdit dans les régions de Flandre et de Wallonie. Une décision validée par la Cour européenne des droits de l’homme, qui avait été saisie par des associations religieuses. La CEDH estime que l’interdiction de l’abattage rituel sans étourdissement ne contrevient PAS à la liberté de culte.

Cette position de la justice européenne est une première, et on peut espérer qu’elle ouvre la porte à un changement de législation en France. Quand on voit le martyr enduré par les vaches dans l’abattoir Bigard, on se dit qu’il est plus que temps d’en finir avec ces souffrances infligées au nom de la religion.

Si la certification halal en France exige la mise à mort des animaux sans étourdissement préalable, c’est plus par usage que par nécessité religieuse. Les raccourcis qui enlisent les débats sur l’abattage rituel sont nombreux.

La disproportion entre les abattages rituels et la demande réelle pour une viande issue d’abattages religieux est dénoncée depuis plusieurs années par des associations de protection animale, du fait que souvent, ces abattages sont réalisés sans étourdissement des animaux. Cette réalité est bien connue du gouvernement. Ainsi, la viande issue d’animaux tués selon un rituel religieux peut être vendue dans le circuit standard sans que cela soit mentionné sur les emballages.

Un étiquetage informant les consommateurs du mode d’abattage des animaux freinerait les pratiques d’écoulement de la viande issue de l’abattage sans étourdissement dans les circuits commerciaux non religieux, et donc limiterait l’extension de ce mode d’abattage. Le gouvernement français s’oppose fermement à cette mesure depuis des décennies.

Ce règlement stipule (article 4.1) :« Les animaux sont mis à mort uniquement après étourdis­sement selon les méthodes et les prescriptions spécifiques rela­tives à leur application exposées à l’annexe I. Une exception à la règle précédente est prévue à l’article 4.4. avec étourdissement après égorgement (« post-stunning ») : les animaux sont étourdis immédiatement après la section des jugulaires.

28 % pour la filière ovine et caprine.(source : OABA, 2020 (p.

Labels et Bien-être Animal

Comme visible sur ce tableau, et contrairement aux idées reçues, le label Agriculture Biologique a un cahier des charges beaucoup plus robuste que le Label Rouge en terme de bien-être animal. En effet, le label AB impose une “souffrance réduite au minimum pendant toute la durée de vie de l’animal, y compris lors de l’abattage”.

C’est ainsi que l’OABA a participé à la création de l’« étiquette bien-être animal ». Elle permet la mention d’une note (un niveau allant de A à E), éclairant le consommateur sur la vie de l’animal depuis sa naissance jusqu’à son abattage.

Pour rappel et selon le site viande info, l'élevage est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre et de 80 % de la déforestation en Amazonie. Le 5e rapport du GIEC recommande une diminution importante de la consommation de viande. Ce serait aussi efficace que de diviser par deux le parc automobile mondial.

Impacts environnementaux de l'élévage / de la viande (version française)

Comparaison des labels
Label Critères de bien-être animal
Agriculture Biologique (AB) Souffrance réduite au minimum pendant toute la durée de vie de l’animal, y compris lors de l’abattage.
Label Rouge Cahier des charges moins robuste en matière de bien-être animal comparé au label AB.

tags: #viande #sans #souffrance #animale

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