L'Islam, comme d'autres religions, possède des règles alimentaires spécifiques, dont certaines peuvent sembler strictes. Ces règles sont basées sur des textes sacrés et interprétations juridiques, et visent à guider les croyants vers une alimentation conforme à leur foi. Cet article se penche sur les interdits alimentaires en Islam, en particulier l'interdiction de consommer du porc.
Boucherie Halal
Le Coran aborde la question des aliments autorisés et interdits dans plusieurs sourates. On y trouve des versets qui interdisent clairement certains aliments, tandis que d'autres offrent une certaine marge d'interprétation.
Ainsi parle le Coran (sourate « Le festin » 5 ;3) : celui qui obéit à Allah ne doit manger ni bêtes mortes de maladie ou de vieillesse (en cela, rien d'étonnant), ni porc, ni encore moins de boudin puisqu'il ne faut pas manger de sang.
«Sont interdits pour vous les animaux qui meurent d'eux-mêmes, le sang, la viande de porc et les animaux dédiés à d'autres qu'Allah. Celles qui ont été étranglées, frappées avec un objet, tombées d'une hauteur, encornées, attaquées par un animal sauvage (…) ; ce qui a été immolé aux autels des idoles ; tout cela vous est défendu. Interdit aussi est le partage de la viande en consultant des flèches, car ceci est une impiété. »
D'autres versets interdisent également de se nourrir d'animaux domestiques comme l'âne et le mulet.
Les interdits alimentaires en islam - en fait proches mais moins rigoureux de ceux du judaïsme - sont considérés comme suffisamment importants pour être traités par plusieurs sourates coraniques.
Un musulman mange « hallal » ou il n'est pas, assurent aujourd'hui les plus rigoristes, qui menacent même de l'enfer le pauvre affamé qui n'a pu résister à un morceau de jambon. Or, dans ce domaine (comme dans d'autres), rien n'est simple.
Les juristes musulmans ont classé les aliments en quatre catégories :
La règle est que tout est licite, sauf ce qui est expressément interdit, sachant que les diverses écoles de droit islamique peuvent se montrer plus ou moins souples.
Les animaux doivent être tués en prononçant le nom d'Allah. Ils doivent être vidés le plus possible de leur sang, celui-ci étant impur, d'où l'abattage en tranchant la veine jugulaire avec un couteau, aujourd'hui de plus en plus répandu.
Pour les Musulmans l’interdit de manger du porc est selon Malek Chebel le plus massif et le plus ancien.
« Les animaux morts, le sang, la chair du porc, tout ce qui a été tué sous l’invocation d’un autre nom que celui d ‘Allah, les animaux suffoqués, assommés, tués par quelque chute ou d’un coup de corne ; ceux qui ont été entamés par une bête féroce, à moins que vous ne les ayez purifiés par une saignée ; ce qui a été immolé aux autels des idoles ; tout cela vous est défendu. (…)» (Sourate 5 La table servie (Al-Maidah), verset 3).
Cependant un autre verset (XVI, 115) introduit une exception à cet interdit : « Il vous a été interdit la bête morte, le sang, la chair du porc et tout ce qui a été immolé à un autre Dieu qu’Allah.
« Les musulmans ne mangent pas de porc parce que le Coran l’interdit à cinq reprises», explique Önder Günes, porte-parole de la Fédération d’organisations islamiques de Suisse (FOIS). Le verset 173 de la sourate 2 est particulièrement clair à ce sujet: « Certes, il vous est interdit la chair d’une bête morte, le sang, la viande de porc et ce sur quoi on a invoqué un autre qu’Allah ».
Pour les Juifs, cette interdiction est fondée sur deux passages de l’Ancien Testament :
Sur le plan hygiénique, la plupart des dictionnaires anciens ou modernes qualifient le porc comme étant un animal malsain, mangeant tout et nimporte quoi, et même ses propres excréments.
La tradition musulmane najoute rien à cette définition, elle considère le porc comme étant un animal impur « Najass » ou « Fisq ».
Dans ce cas, la prohibition de consommer sa viande peut s'inscrire donc dans une logique de prévention sanitaire. Elle rappelle aussi au musulman la sacralité de son corps et la nécessité de le préserver de toute impureté.
Les progrès de l'épidémiologie confirment que le porc est un hôte plus vulnérable que d'autres animaux, et qu'il abrite certaines maladies dangereuses pour l'homme ; que son sang par exemple est différent de celui des autres du fait qu'il évacue moins vite les toxines.
La mise à mort de l’animal est un procédé ritualisé qui permet symboliquement de rendre sa chair licite pour la consommation, par opposition au caractère illicite de la consommation des animaux déjà morts (mayta).
L’abattage rituel de l’animal découle des quatre prohibitions canoniques et en particulier de l’interdit du sang. Par extension il s’applique à tous les autres animaux à l’exception de deux espèces : le poisson et la sauterelle ou criquet pèlerin.
Trois procédés de mise à mort sont considérés comme canoniques et ont pour principe commun l’effusion de sang. Cela contribue à une relative uniformisation des pratiques d’abattage au sein du monde musulman.
Les différences s’opèrent selon les espèces abattues et varient en fonction de la taille de l’animal, de sa docilité et du contexte de sa mise à mort.
Le manuel de police urbaine (hisba) du Cordouan Ibn Abd al-Ra’ûf (Xe siècle) énonce les impératifs que les bouchers doivent suivre pour rendre licite la chair de l’animal abattu. L’égorgement doit se faire en direction de la qibla, en invoquant le nom de Dieu. L’animal est couché sur le flanc gauche sans brutalité et il ne doit pas voir l’instrument qui doit être tranchant, de même que la bête ne doit pas être vue par ses autres congénères. Le geste en lui-même doit sectionner en une seule fois la gorge et les veines de la trachée artère, l’œsophage et les deux jugulaires, d’où la précision de porter le coup sous le larynx ou « jointure à l’extrémité de la gorge ».
L’abattage des animaux ne peut pas se faire par n’importe qui. La loi islamique exige que cela soit pratiqué par un sacrificateur halal, autrement dit, une personne qui pratique une religion dont les commandements ont été transmis par un prophète, et inscrits dans un livre sacré.
Pour qu’une viande soit halal, il est impératif que la bête soit vivante au moment de l’abattage. Sa tête doit alors être tournée vers la Mecque.
Une fois le rituel d’abattage terminé, l’ultime étape consiste à certifier la viande. En effet, la certification halal est obligatoire selon la loi islamique, et la viande ne peut être consommée avant cette dernière étape.
Le contrôle concerne à la fois le respect de la Dabihah (méthode d’abattage halal), mais aussi le respect des techniques de transformation de la viande, du conditionnement et de la commercialisation. Tous ces points doivent répondre strictement au cahier des charges halal.
En France, les organismes de certification halal sont habilités par seulement 3 Mosquées : la Grande Mosquée de Paris, la Grande Mosquée de Lyon et la Mosquée d’Évry.
Certification Halal
| Aliment | Statut (Haram/Halal) | Justification |
|---|---|---|
| Porc | Haram | Interdit par le Coran (Sourate 2, verset 173) |
| Sang | Haram | Considéré comme impur dans l'Islam |
| Animaux morts (non abattus rituellement) | Haram | Nécessité d'un abattage rituel pour la licéité |
| Animaux sacrifiés à d'autres qu'Allah | Haram | Exigence de l'invocation du nom d'Allah lors de l'abattage |
| Ovins, Bovins, Caprins, Camélidés (abattus rituellement) | Halal | Animaux licites selon la loi islamique, si abattus selon le rite |
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