Consommation de viande de dauphin : Risques, traditions et controverses

La consommation de viande de dauphin suscite de vives préoccupations en raison des risques sanitaires associés et des controverses entourant les pratiques de chasse.

Le grindadrap aux îles Féroé

Suivant une tradition ancestrale, les Féringiens rabattent chaque été des dauphins pilotes passant le long des côtes vers des criques, où ils les tuent à l'arme blanche, donnant à l'eau une spectaculaire couleur rouge, avant de distribuer la viande à la population locale.

Le grindadrap, dit grind, est resté une tradition ancrée dans la culture féroïenne.

Aujourd’hui, le grind est observé comme un sport national, une activité de chasse culturelle qui rassemble les habitants chaque année entre juin et septembre.

Les chasseurs utilisent des bateaux à moteur, des jets ski et des outils modernes, ne laissant aux cétacés aucune chance de s’en sortir.

La viande est ensuite partagée et distribuée à tous les participants.

Historiquement, les grind permettaient de nourrir l’île pendant toute l’année suivante.

Plusieurs fois par an, la mer des fjords nordiques se teinte de rouge. Celui du sang des dauphins.

Les chasseurs, uniquement des hommes, embarquaient sur leur barque et encerclaient un pod de globicéphales noirs (Globicephala melas) repéré au large des fjords afin de le faire se rapprocher du rivage.

Une fois assez proche de la terre ferme, tout le monde était invité à traîner les globicéphales sur la plage, avant de les tuer à mains nues, au couteau.

La chasse était autrefois également exercée sur d’autres îles telles que Terre-Neuve au Groenland, les Orcades ou les Shetland.

En 2021, elles ne sont plus organisées et réglementées que par les autorités des îles de l’archipel des Féroé, une province autonome et partie intégrante des Membres du Conseil Nordique.

Selon les deux traités de Rome, cet archipel ne fait pas partie de l’Union européenne, ni de l’espace Schengen, et n'est à ce jour pas reconnu comme une nation indépendante par l'ONU.

Les globicéphales noirs, les dauphins à flancs blancs (Lagenorhynchus acutus) et autres mammifères marins victimes de cette chasse organisée sont protégés par la convention de Berne, dont l’archipel n’est pas signataire.

L’archipel indépendant n’est légalement pas rattaché aux législations extérieures à sa province et peut donc continuer d’exercer en toute légalité la chasse aux dauphins et aux baleines, et ce même si le Danemark est lui-même signataire des conventions européennes protégeant ces mammifères.

La soirée du 12 septembre dernier a été particulièrement violente et sanguinaire sur l’île d’Eysturoy, au cœur de l’archipel des Féroé.

Un grind d’une envergure jamais connue auparavant a été lancé sans l’autorisation des autorités de chasse locale.

Selon une interview du Président de l’Association des Baleiniers Féroïens accordée à la BBC, près de 50 % des habitants de l’île étaient contre ce grind et la chasse de cette espèce de dauphins en particulier.

« Sur les dauphins à flancs blancs, il y a toujours eu une certaine polémique [locale].

C’est complètement subjectif.

[…] Ils n’ont pas d’explication rationnelle.

La polémique s’explique aussi par le nombre absolument colossal de dauphins tués » .

Habituellement, les cétacés tués pendant le grind sont, en grande partie, des globicéphales noirs.

Cette fois-ci, c’est 1 428 dauphins à flancs blancs (Lagenorhynchus acutus) qui ont été massacrés.

« Ils ont rabattu ce que l’on appelle un super pod.

Ce sont plusieurs groupes de dauphins qui se réunissent pour un temps court […] ».

Les dauphins se déplacent généralement en groupe et sont très solidaires entre eux.

Face au danger, ils restent groupés.

C’est ce qui, finalement, cause leur perte en cas d’attaque de chasseurs.

Le grind du 12 septembre était d'une telle ampleur qu'il n'y avait pas assez de participants pour tuer directement les cétacés une fois ceux-ci traînés sur la berge.

Avec pour conséquence la lente agonie de milliers de dauphins, comme en a témoigné Heri Petersen, président de l'association locale de chasse, au micro de KvF, le média local.

Des dauphins morts pendant le grind du 12 septembre.

Des dauphins ont également été tués et blessés par les bateaux de pêcheurs.

« Sur les photos que l’on a prises, il y a des dauphins qui sont littéralement tailladés par les hélices ».

L’incident de ce mois de septembre est considéré comme « une scène d’apocalypse » par la porte-parole de Sea Shepherd qui s’indigne une nouvelle fois des grind féroïens.

« Aujourd’hui, on est dans un cas de figure assez ubuesque où il n’y a pas de quota.

[…] Ils tuent tout ce qui passe à portée de couteau.

» La présidente de l’association et porte-parole de Sea Shepherd précise également qu’un nouveau grind a eu lieu plus récemment, le mercredi 22 septembre au soir.

Risques pour la santé liés à la consommation

Si la chasse aux dauphins pilotes aux îles Féroé est controversée, consommer leur viande pose aussi problème en raison de sa teneur en mercure, avertissent les autorités de la santé publique, qui préconisent de la bannir des assiettes.

Directeur du département de médecine et de santé publique sur l'archipel, Pál Weihe recommande cependant de ne pas y toucher.

"En manger est si problématique pour la santé des Féringiens que nous leur avons demandé de faire ce sacrifice culturel.

Car c'est un sacrifice de ne plus consommer cette nourriture traditionnelle", explique-t-il à l'AFP.

"Si le Danemark ou la Grande-Bretagne devaient arrêter de manger du bacon au petit-déjeuner, ce serait un pan de leur culture qui disparaîtrait.

La viande de dauphin fait vraiment partie de notre mode de vie, de notre identité, de notre culture", souligne-t-il.

En cause: les concentrations élevées de mercure et de polluants organiques persistants (POP), dues aux activités industrielles, qui affectent négativement le développement intellectuel et neurologique des humains et affaiblissent leur système immunitaire.

Ayant suivi des centaines d'enfants dans le cadre d'une étude entamée en 1986, Pál Weihe a d'abord recommandé en 1998 de limiter la consommation de viande de dauphin pilote à un ou deux repas par mois -- et de s'abstenir complètement dans le cas des femmes enceintes ou projetant de l'être.

La nocivité ayant été scientifiquement de mieux en mieux documentée, cette recommandation a été étendue à l'ensemble de la population féringienne en 2008.

Avec un succès mitigé.

« Quand je dis +vous ne devriez plus en manger+, c'est comme si je disais 'ne tuez plus les dauphins pilotes' », précise le professeur.

Au-delà des aspects culturels, la consommation de viande de dauphins globicéphales serait toxique pour le corps humain.

« Elle est impropre à la consommation.

Le corps médical féringien lui-même le dit.

Il y a eu de gros problèmes sanitaires sur place parce que des femmes enceintes et des jeunes enfants en ont consommés ».

Polluée par des produits toxiques tels que le PCB (biphényles) et le mercure, la viande de cétacés est vivement déconseillée par les médecins locaux.

« Les analyses qui ont été faites […] montrent des taux 10 fois supérieurs aux normes en vigueur en Europe.

Cependant, nous sommes responsables de la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Nous savons déjà que consommer de la viande de baleine et de dauphin peut être dangereux pour la santé des humains - nous en connaissons les effets.

La consommation de la viande de dauphins trouvés morts est particulièrement préoccupante, car il est fort probable que ces animaux étaient malades avant leur mort et la consommation de leur chair comporte donc encore plus de risques (transmission de bactéries, de parasites et de virus) si elle est consommée par l’homme.

Nous sommes tous conscients de la rapidité avec laquelle les virus peuvent se propager et des conséquences dévastatrices qu’ils peuvent engendrer.

Tableau récapitulatif des recommandations sanitaires :

Groupe de population Recommandation
Femmes enceintes ou planifiant une grossesse Abstention totale
Population générale (1998) Limiter à un ou deux repas par mois
Population générale (2008) Abstention totale

Autres régions et pratiques

C’est un rituel bien établi.

Tous les ans à la même époque, les pêcheurs japonais regroupent des centaines de dauphins dans une petite baie près de Taiji, sur l’île d’Honshu au sud de Tokyo.

Seuls les plus beaux spécimens sont vendus aux parcs marins, les autres sont tués.

Les animaux sont d’abord rabattus vers une crique.

Conduits par des plongeurs, encerclés de filets, les dauphins sont étourdis par le bruit des perches que les pêcheurs frappent les unes contre les autres.

Leur sonar devient inopérant.

Les autres sont abattus pour être consommés.

Une boucherie qui teinte la mer en rouge sang.

Les pêcheurs agissent à l’abri des curieux, cachés par des bâches tant leur activité est cruelle.

La consommation de viande de dauphin est du reste réputée dangereuse, du fait de la haute concentration en mercure de l’animal.

Les pêcheurs pour leur défense évoquent leur pauvreté.

Pourtant, chaque dauphin capturé peut être vendu jusqu’à 200.000 dollars aux parcs aquatiques, quatre fois moins cher pour sa viande.

Les autorités japonaises parlent, elles, de pêche ancestrale.

D’autre part, elles précisent que les dauphins ne sont pas gérés par la commission baleinière internationale.

Cette année, le Japon a autorisé la capture de 20.000 bêtes.

Taiji sera responsable de 10% des prises.

Seul un très petit nombre de pays tue et consomme encore actuellement de la viande de cétacés, et la consommation de dauphins, de baleines et d’autres mammifères marins est illégale dans la plupart des pays.

Cependant, dans le monde entier, plusieurs milliers de dauphins et de petites baleines sont chassés pour leur viande chaque année, et dans plusieurs pays, les dauphins et les petites baleines pris accidentellement dans les filets de pêche ou échoués sur les plages sont largement consommés.

Dans une vidéo tournée sur un bateau de pêche, on peut voir des pêcheurs français remonter un dauphin d'un de leurs filets et le découper pour prélever sa viande.

L’ONG de protection des écosystèmes marins et de la biodiversité Sea Shepherd a partagé une vidéo choc ce dimanche 19 janvier.

Les dauphin sont protégés en France.

Cette vidéo intervient alors que deux dauphins ont été retrouvés échoués sur la côte bretonne, découpés au couteau le 12 janvier dernier.

L’ONG veut alerter aujourd’hui sur une pratique taboue des pécheurs: la consommation de dauphins pris dans leurs filets avec les poissons.

Sur les images, le pêcheur qui découpe le cétacé se targue de pouvoir bientôt manger “un bon bifteck”.

“Il va peut-être repartir en nageant celui-là”, s’amuse-t-il face à la carcasse ensanglantée.

Pour le chercheur, c'est une évidence : il s'agit d'un dauphin victime d'une capture accidentelle, dont les muscles (ou filets) ont été prélevés.

« C'est une opération relativement simple sur ce mammifère.

Il suffit de longer la colonne vertébrale de la tête jusqu'à la queue.

» Difficile de dire, par contre, si le « prélèvement » a été fait sur place, après l'échouage, ou en mer, à bord d'un bateau.

Le Brestois, qui a beaucoup pratiqué l'embarquement scientifique, dédouane les pêcheurs locaux à la bolinche et songe plutôt à des chalutiers pélagiques.

Quoi qu'il en soit, « cette consommation est illégale depuis que ces animaux sont protégés par les législations françaises (un décret de juillet 1995) et par des accords internationaux : convention de Berne, directive européenne habitat, etc.

Avant 1970, et la protection des cétacés en France, on a même eu l'habitude de manger du dauphin ou du marsouin, reconnaît le chercheur.

« Sa viande rouge offre une chair très chargée en myoglobine.

Et parfumée d'odeurs de poisson, vu le régime alimentaire du mammifère.

Une consommation aujourd'hui marginale.

Menaces et protection des cétacés

Cétacés blessés, contaminés, désorientés, pris dans les filets… Bien plus que la chasse, d’autres activités humaines mettent aujourd’hui gravement en péril les dauphins et les baleines.

Face à ces menaces, il est essentiel d’agir collectivement et individuellement pour la préservation des différentes espèces.

À travers eux, c’est toute la biodiversité des océans qui est en jeu !

La pollution chimique

Les Cétacés sont particulièrement exposés à la pollution chimique, microplastique et toxique rejetée dans nos océans.

Situés en haut de la chaîne alimentaire, ils concentrent dans leurs organismes tous les polluants accumulés le long de cette chaîne, dans les organismes qu’ils la composent et dont ils se nourrissent.

Les Cétacés sont contaminés par des polluants organochlorés, des métaux lourds issus de l’industrie et de l’agriculture ainsi que des composés dérivés des HAPs (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) produits notamment par les alumineries.

Ces concentrations de polluants provoquent notamment des tumeurs ou des troubles des systèmes immunitaire et reproducteur.

La consommation de la viande de Cétacés encore effective dans certains pays soulève aussi des inquiétudes pour la santé humaine : une étude toxicologique a révélé que 52 % de la viande de Cétacés disponible sur le marché japonais était impropre à la consommation !

La pollutions physique

Filets, bouteilles, sacs en plastique… les macro-déchets transportés par le vent ou les cours d’eau constituent un véritable problème pour l’environnement marin.

Sur les 100 millions de tonnes de plastiques produites chaque année, environ 10 % finissent dans les mers.

Très résistants à la dégradation, les plastiques s’y accumulent et s’entassent.

Ils mettent en danger tous les Cétacés et particulièrement ceux qui consomment des céphalopodes, comme les baleines à bec.

Ces dernières avalent les sacs plastiques qu’elles confondent avec leurs proies, ce qui obstrue leur tube digestif et entraîne leur mort.

La pollution biologique

La pollution des mers et des fleuves par les eaux d’origine domestique est une source insidieuse de maladies pour les baleines et les dauphins.

Nos eaux usées drainent en effet un grand nombre de virus, de bactéries et de parasites auxquels les Cétacés sont d’autant plus sensibles que leur système immunitaire est déjà fragilisé par les polluants chimiques.

Attention !

La transmission de pathogène (comme celui de la grippe par exemple) entre un humain et un Cétacé peut avoir lieu par simple contact ou via des particules en suspension.

Il ne faut jamais caresser un Cétacé depuis un bateau, ni toucher un animal échoué sans formation préalable ni protections adaptées (masque, gants…).

La pollution sonore

Contrairement à l’idée reçue, le monde sous-marin n’est pas le monde du silence.

En plus des sons d’origine naturelle, les activités humaines telles que le trafic maritime, les manœuvres militaires, les industries pétrolières et gazières rendent les océans chaque jour un peu plus bruyants.

Les scientifiques s’interrogent sur l’impact de ces nuisances sur les baleines et les dauphins : sont-elles à l’origine de stress, de lésions du système auditif ou brouillent-elles les signaux sonores utilisés par les cétacés pour communiquer et s’orienter ?

Des liens ont effectivement pu être établis entre l’emploi de certains sonars militaires et plusieurs échouages de baleines à bec.

Les connaissances restent cependant insuffisantes et des programmes scientifiques sont en cours pour mieux évaluer les effets des bruits générés par l’homme.

Le trafic maritime

En plus des nuisances sonores qu’il génère, le trafic maritime et la pression touristique est à l’origine de nombreuses perturbations voire parfois de collisions.

Le risque est d’autant plus grand dans les sites dits "sensibles", comme les sites de reproduction et d’alimentation.

Entre 1986 et 1998, en Méditerranée, 26 % des décès de rorquals communs étaient attribués à une collision avec un navire.

Conscients des problèmes, certains états réagissent : en 2004, la route des navires marchands a été déviée de plusieurs kilomètres dans la baie de Fundy au Canada afin de ne plus traverser la zone de nourrissage des baleines franches par exemple.

Le dérangement des embarcations dévolues à l’observation des Cétacés peut aussi constituer une nuisance non négligeable dans certaines zones ou ce commerce d’observation "whale-watching" ou de nage commerciale est très développé.

Le dérangement devient alors répétitif et des effets sur leur santé peuvent être ressentis, ce qui impacte leurs chances de survie et de reproduction.

Les prises accidentelles

Les effets de la pêche sont à la fois directs (par des prises accidentelles dans les filets) et indirects (au travers de la raréfaction des proies).

Pris au piège, il est fréquent que les Cétacés se blessent ou meurent asphyxiés dans des filets.

La législation européenne est en pleine évolution sur le sujet, et de nombreuses solutions sont désormais envisagées.

Est envisagée également une période de fermeture des pêches afin de limiter le nombre de décès de Cétacés.

11.300 cétacés morts en 2019 en France L’observatoire Pelagis, qui documente les pics d’échouage de cétacés, a relevé une aggravation de la situation depuis 2016.

“2019 a été l’année de tous les records”, avec 1200 échouages de petits cétacés entre janvier et avril, période la plus mortifère, dont 880 dauphins communs, annonce la biologiste Hélène Peltier.

Au total 11.300 dauphins communs seraient morts, car la majorité des cadavres coule ou est emportée au large.

80% des dauphins autopsiés par Pelagis portent des traces de collision avec des engins de pêche: coupures, dents cassés, rostre abîmé, asphyxie.

“Les pêcheurs vont dans les zones où il y a du poisson, les dauphins aussi”, explique Yves Le Gall, responsable service acoustique à l’Ifremer.

Le nombre de dauphins communs est estimé à 200.000 dans le golfe de Gascogne.

Pour les scientifiques, si plus de 1,7% de la population meurt à cause des activités humaines, elle est en danger.

“On est largement au-delà”, constate Hélène Peltier, soulignant que “les animaux tués accidentellement sont en pleine santé”.

″Ça n’amuse pas les pêcheurs de capturer des dauphins” Au cours des années 2000, des dispositifs acoustiques pour éloigner les dauphins, appelés “pinger”, ont été testés, puis plus grand-chose.

Ils réduisent pourtant les captures.

Avec les échouages depuis 2016, “une véritable dynamique s’est mise en place, des actions concrètes” associant les pêcheurs, dit Thomas Rimaud, des Pêcheurs de Bretagne.

”Ça n’amuse pas les pêcheurs de capturer des dauphins”, renchérit Hubert Carré, directeur général du Comité national des pêches maritimes (CNPMEM).

Depuis janvier 2019, les pêcheurs français doivent déclarer les prises accidentelles de mammifères marins, mais la législation peine à s’appliquer.

La pêche au chalut pélagique a été interdite au large de l’île de Ré, sur le plateau de Rochebonne, une zone naturelle sensible.

Les “pinger” dégainés sur tous les bateaux Un plan de protection des cétacés, prévu fin janvier, viendra compléter ces mesures.

“Nous voulons équiper tous les chaluts pélagiques du Golfe de Gascogne en pinger”, explique le ministère.

La France négocie avec Bruxelles pour que la mesure concerne tous les bateaux, français mais aussi étrangers.

Les chalutiers pélagiques, longtemps montrés du doigt, ont accepté de prendre des observateurs à bord.

Ils seraient responsables d’environ 4% des captures accidentelles.

Ces bateaux, 25 paires dans le golfe de Gascogne, sont désormais équipés de pingers.

Mais d’autres navires, dont 20 chalutiers solos et 400 fileyeurs, pêchent dans cette zone.

“Difficile de savoir qui capture des dauphins et combien”, résume Hélène Peltier.

Scientifiques, ONG et pêcheurs s’entendent sur le besoin de mieux comprendre quel type d’engins de pêche capturent des dauphins, quand et où.

Interdire la pêche non sélective: “impossible” L’Ifremer travaille à de nouveaux pingers et à des réflecteurs pour équiper les kilomètres de filets posés par les fileyeurs.

“On est à peu près sûr que les dauphins ne les voient pas” avec leurs sonars, explique Yves Le Gall.

Pour Sea Shepherd, les répulsifs acoustiques ne sont pas “une solution miracle”.

L’ONG demande “une interdiction des mesures de pêche non sélective”.

“Impossible”, répond Hubert Carré, qui rappelle l’importance économique de la pêche française.

Dominique Chevillon, de l’ONG France Nature environnement (FNE) plaide pour des mesures moins radicales: “des suspensions périodiques dans certains lieux et pour certains types de pêche” seraient efficaces pour protéger les mammifères marins, fait-il valoir.

La dégradation des habitats

Il faut noter également que la dégradation des habitats est particulièrement critique pour les Cétacés ayant une aire de répartition limitée, comme les dauphins d’eau douce.

La construction de barrages et de structures de pêcherie bloque les déplacements, et constituent des barrières qui fragmentent les populations.

De plus, ils réduisent les stocks de poissons dont s’alimentent les dauphins.

À la fin de l’année 2006, les scientifiques estimaient que le dauphin de Chine "Baiji" (Lipotes vexillifer) avait définitivement disparu du fleuve Yangtsé où il vivait depuis des millions d’années.

La construction du monumental barrage des Trois-Gorges aurait eu raison de l’espèce.

Le réchauffement climatique

Les changements climatiques modifient également les courants marins, perturbant ainsi le brassage des couches d’eau, essentiel au maintien de zones riches en plancton.

Aux pôles, la fonte de la banquise s’accompagne d’une raréfaction des algues microscopiques dont se nourrit le krill.

Plusieurs chercheurs estiment même que depuis les années 70, le réchauffement climatique pourrait être à l’origine de la diminution de 80 % de la biomasse de krill près de la péninsule antarctique.

Les baleines affaiblies par cette diète forcée (puisqu’elles se nourrissent de krill), ont davantage de difficulté à se reproduire et sont condamnées à modifier leurs parcours de migration vers de nouvelles aires d’alimentation.

Il faut protéger les Cétacés

Les cétacés sont importants pour de nombreuses raisons, écologiques, scientifiques, culturelles et même purement esthétiques et c’est pourquoi une attention particulière doit être portée à leur conservation.

Placés au sommet de la pyramide alimentaire, les cétacés jouent un rôle majeur dans l’équilibre écologique de l’écosystème marin.

Taiji : la chasse aux dauphins reprend dans la "baie de la honte" au Japon

tags: #viande #de #dauphin #consommation

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