La Rochère : Histoire et Techniques de la Pâte de Verre

Depuis 1475, La Rochère incarne l'excellence de la verrerie artisanale française, ce qui en fait la plus ancienne entreprise du patrimoine encore en activité dans la production de verre. Forte de plusieurs siècles d'expertise, La Rochère maîtrise des techniques artisanales uniques dans la production de verre.

Collection Abeille, un emblème de La Rochère

Un Héritage Séculaire

L’histoire de La Rochère commence en Bourgogne-Franche-Comté en 1475, lorsque le verrier Simon de Thysac s’installe dans le massif vosgien et crée la manufacture. Située à un carrefour stratégique entre Italie, Pays-Bas et nord de la France, la verrerie a su tirer parti des ressources locales : bois, silice et eau, pour concevoir des objets beaux, utiles et durables.

La Rochère est labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2009 et a célébré ses 550 ans en 2025.

Techniques de Fabrication

Verre pressé mécanique pour des produits résistants et élégants, cristallin soufflé-bouche pour des pièces délicates façonnées à la main : chez La Rochère, la fabrication conjugue art et précision. Ses créations se distinguent par la finesse du travail du verre soufflé et du verre pressé, garantissant une qualité irréprochable. L'authenticité et l'élégance sont au cœur de chaque collection.

A Passavant-la-Rochère, plus de 90% de la production est 100% française. Les matières premières utilisées sont à plus de 90% sourcées en France également. Le sable, qui constitue 60% de la composition, provient de Fontainebleau.

Étapes de fabrication du verre chez La Rochère

La Pâte de Verre

La Rochère est fière de conserver cette activité historique. Dans un ballet de geste précis, la pâte de verre est étirée par les maîtres verriers qui font naître des pièces uniques qui peuvent varier les unes des autres.

Pierre Cazenove, designer français aujourd'hui à la tête du Céramiste Jars, a dessiné ce vase haut en couleur bleu cobalt et orange, fabriqué à la main selon des techniques relevant de l'artisanat d'Art. Les coloris orange et jaune sont particulièrement lumineux.

Spécialiste du verre chaud, le verrier à la main met en forme la matière en fusion selon différentes techniques : cueillage, pressage, soufflage… Il s’agit d’un artisanat très ancien. Pas moins de trois fours sont nécessaires à la réalisation d’objets en verre : le four de recuisson, le four de réchauffe et le four de fusion. A l’aide d’une canne à souffler, le maître-verrier prélève dans le four une boule de verre en fusion qui servira d’apport à la réalisation de l’objet final. Le verrier crée ainsi, sous nos yeux, avec des oxydes métalliques et ses outils, des décors sur le verre en fusion. Il souffle ensuite dans sa canne, la boule de verre en fusion grossit.

Un maître verrier à la Verrerie d'art de Soisy

En 1977, Elizabeth Giraud, directrice de la Verrerie de La Rochère, en Haute-Saône, décide de créer une verrerie artisanale en Île-de-France. Dès l’origine, la Verrerie de Soisy a été créée pour montrer au public l’art des souffleurs de verre. Elle choisit pour cela un écrin de verdure au bord de la rivière École. Elle fit bâtir la verrerie (l’atelier est facilement accessible), puis en confie la gestion à sa fille cadette, Marie-Alice Alary. Cette installation à proximité du massif de Fontainebleau et de sa géologie particulière n’est pas fortuite. Elle lui a en effet permis de se fournir en sables de silice, éléments indispensables à la fabrication du verre. Les sables de silice de Fontainebleau sont reconnus pour leur pureté.

Collections et Collaborations

Des verres à pied aux verres gobelets du quotidien (verre à vin, verre à eau, verres à whisky), en passant par les mugs et tasses, La Rochère propose des collections emblématiques qui sont depuis longtemps dans leur catalogue : par exemple, les collections Abeille, Versailles ou Ouessant.

La Rochère collabore avec de nombreux designers pour repousser les limites de la verrerie : Christian Ghion pour le gobelet Lily, Fabrice Gibilaro pour la collection Zinc, Jean-François D’or pour le verre à whisky Blossom, etc.

Le savoir-faire des verriers se transmet de génération en génération à Passavant-la-Rochère (70) 4/4

La Rochère Aujourd'hui

La marque La Rochère imagine, conçoit et fabrique des objets en verre, créateur d’émotions depuis 1475. Des collections en verre aux styles uniques, authentiques, qui habillent les tables contemporaines, modernes, classiques… ou encore vintage. Reconnue pour ses verres robustes, authentiques, porteurs d’histoires, d’ambiances et de joies au quotidien, sa collection emblématique ABEILLE a traversé les époques et les styles à travers le Monde. Emblématique de La Rochère, la collection Abeille est chargée d'histoire, tout en affichant son caractère plus que jamais contemporain et intemporel. Son esthétique soignée et son style robuste lui confèrent une valeur aussi décorative que pratique.

Chaque jour, La Rochère crée de nouvelles formes, de nouveaux motifs, de nouvelles techniques pour faire vivre cette matière magique et énigmatique, fascinante. A travers ses produits, elle veut continuer à créer du lien entre les hommes et les femmes, grâce à l’authenticité du verre, intemporel, et écologique.

L'Industrie du Verre au XXe Siècle

Au XXe siècle, les évolutions techniques amorcées au cours du siècle précédent vont s’accélérer. Même si le verre est concurrencé par d’autres matériaux, en particulier le plastique dans les domaines de la lunetterie et de l’emballage, il est plus que jamais présent dans la société. En dehors de ses emplois traditionnels, tels que la gobeleterie, les objets décoratifs, la vitrerie ou l’optique, il permet la production de lampes à incandescence, de machines électrostatiques, des tubes cathodiques de nos téléviseurs et de nos écrans d’ordinateur. Sous forme de fibres, il est présent des coques de bateaux et carrosseries de voitures aux plaques de circuits imprimés en passant par les pneumatiques, les canalisations… Sous forme de laine, ses qualités d’isolation thermique et phonique ne sont plus à vanter. Dans ce secteur en pleine mutation, une partie de la gobeleterie demeure soufflée-bouche, fait-main.

Défis et Adaptations

Le krach boursier de 1929 et les bouleversements qu’il provoque, affectant tant la monnaie que l’échiquier politique, portent un coup extrêmement dur à l’industrie du verre. Il est même fatal pour des entreprises un temps triomphantes, comme Tiffany et Gallé considérées à ce moment-là comme des dinosaures démodés de l’Art nouveau. Mais cette dernière n’est pas la seule verrerie française à être contrainte de fermer ses portes. Des coupes sombres dans les structures du pays sont à déplorer, à tel point que dans la région parisienne cette industrie est presque entièrement annihilée.

Le second conflit mondial marque une nouvelle période de rupture. Les destructions ayant été telles, la demande de verre utilitaire est particulièrement importante et urgente. Aussi la mécanisation qui a commencé à se développer avant la guerre, adaptant au verre de table des systèmes mis au point dans le secteur de la bouteillerie, progresse de plus en plus rapidement. L’idée : produire plus vite, à plus bas prix. Cette concurrence conduit à la disparition de nombreuses entreprises ne sachant pas faire preuve de réactivité, et ce d’autant plus que les coûts de main d’œuvre augmentent de façon importante. En France par exemple, l’introduction du S.M.I.G. fera disparaître presque instantanément plusieurs petites et moyennes cristalleries.

Évolutions Récentes

Les dernières décennies du XXe siècle vont, elles aussi, être agitées pour l’industrie du verre, le choc pétrolier et la récession des années 1970, affectant sévèrement ce secteur qui avait déjà connu bien des crises dans le passé, sonnent le glas pour de nombreuses verreries à la main. Avec l’augmentation du prix du fuel combinée aux importants coûts de la main d’œuvre rendant leurs produits extrêmement onéreux, il devient de plus en plus difficile d’être compétitif par rapport aux grands volumes produits à la machine, moins chers et envahissant les magasins.

En France, la part représentée par les importations est de plus en plus importante et souvent conditionnée par l’implantation géographique. On assiste également à des délocalisations. Réorganiser la production dans des pays où les coûts de production sont plus bas, les coûts de main d’œuvre y étant bien inférieurs, est une manière de réduire les prix sans nécessairement faire de compromis avec la qualité du design.

tags: #vase #pate #de #verre #la #rochere

Articles populaires: