Les troubles alimentaires, chez les enfants ou les adultes, concernent les problématiques liées à la prise de nourriture qui conduisent à des ennuis de santé. Chez les enfants, ils sont rares, mais peuvent commencer très tôt. Certains bébés refusent de prendre la tétine ou le sein par exemple, quand de jeunes enfants ne mangent rien qui se trouve dans leur assiette. Les troubles alimentaires chez les enfants sont dans tous les cas particulièrement préoccupants pour les parents et les professionnels de la santé.
Avant même le début de l’adolescence, certains enfants peuvent connaître un trouble alimentaire comme la boulimie ou l’anorexie. Face à cet enjeu, les parents se sentent parfois démunis. Assez exceptionnelle avant 13 ans, la boulimie peut néanmoins toucher certains enfants qui ne comptent plus les boîtes de gâteaux englouties pour un seul goûter par exemple. Le trouble alimentaire se caractérise alors par des crises où l’enfant mange, et peut se faire vomir. La peur de prendre du poids et d’apparaître gros aux yeux des autres concerne des enfants de plus en plus jeunes.
Au Québec, la communauté pédiatrique a même défini une spécificité chez les jeunes enfants : les troubles du comportement alimentaire restrictifs ou évitants, ou TCARé. Dans ce dernier cas de figure, la cause peut par exemple se trouver à l’école où les toilettes sont pour eux un lieu hostile. La porte ne se ferme pas, les odeurs sont nauséabondes, etc. Mais cela peut aussi être dû à une mauvaise expérience, comme une fausse route ou une allergie. Par peur de réitérer l’expérience, ils se détournent de la cause.
Les troubles alimentaires de la petite enfance (0-3ans) sont fréquents. Il est important d'analyser la sémiologie et les circonstances de survenue de façon précise, pour séparer les causes traumatiques, celles qui proviennent du bébé (régulation de l'éveil, sensibilités, difficultés de régulation, causes organiques favorisantes, prématurité), de celles qui proviennent des parents (psychopathologie ou troubles alimentaires parentaux, anxiété ou forçage, troubles relationnels parents-bébé, conflit de coparentage).
L'alimentation est un comportement très exposé aux intrusions et aux violations de la part des parents.
Les comportements alimentaires évoluent très rapidement au cours de la période postnatale et durant les premières années de la vie. Les facteurs liés à l’évolution organique et à la maturation psychoaffective jouent un rôle important. Pascale Fichaux-Bourin souligne l’importance de la bonne mise en place des liens d’attachement ainsi que de l’acquisition de l’autonomie et du schéma corporel.
Le trouble alimentaire pédiatrique se définit par une consommation ne permettant pas une croissance et un développement harmonieux de l’enfant. Il peut toucher la quantité et/ou la qualité des aliments ingérés. Le trouble peut être isolé et nécessitant une évaluation médicale pédiatrique, une évaluation de la déglutition ou encore une évaluation psychologique. Il peut être aussi associé à un contexte génétique particulier.
Le trouble d’alimentation sélective et/ou d’évitement (ARFID : Avoidant/Restrictive Food Intake Disorder) est un trouble du comportement alimentaire qui a été inclus dans le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux - 5e édition) en 2013. Il s’agit d’un désordre alimentaire qui se manifeste par une incapacité persistante à atteindre les besoins nutritionnels et/ou énergétiques appropriés, associée à une perte de poids significative ou un déficit nutritionnel significatif ou la nécessité de suppléments nutritionnels. L’ARFID n’est expliqué ni par une indisponibilité des aliments ou par des habitudes culturelles, ni par une pathologie concomitante.
Très peu d’articles scientifiques examinent les conséquences nutritionnelles de l’ARFID. François Feillet évoque, chez les enfants présentant un ARFID, des densités minérales osseuses plutôt basses, des anémies fréquentes, des déficits en zinc ou en sélénium liés à un faible apport en protéines animales, des déficits en fibres et des taux très bas de vitamine C associés à une maigre consommation de légumes et de fruits.
François Feillet insiste sur l’importance du dépistage précoce de l’ARFID. Il préconise, en particulier, la réalisation d’une enquête alimentaire rapide à chaque consultation pédiatrique, afin de ne pas passer à côté d’un évitement d’une ou plusieurs catégories alimentaires.
Voici un tableau reprenant les dosages biologiques à réaliser en fonction des catégories alimentaires évitées :
| Catégories alimentaires évitées | Dosages biologiques recommandés |
|---|---|
| Protéines animales | Zinc, sélénium, bilan martial |
| Légumes et fruits | Vitamine C, bilan des fibres |
Les troubles alimentaires sont, dans tous les cas, une source de carences en vitamines, minéraux, protéines, glucides, etc. Autrement dit, tout ce qui fait fonctionner le corps et l’esprit. Les conséquences peuvent être sévères pour l'enfant s'il existe un retard de croissance, mais aussi par leur persistance et par la survenue de troubles alimentaires dans l'adolescence et l'âge adulte.
Quel que soit l’âge de votre enfant, si vous décelez le moindre signe d’une aversion pour la nourriture, ou au contraire d’une tendance à la boulimie, parlez-en avec lui. Si le comportement alimentaire devient problématique, consultez rapidement votre médecin. Celui-ci sera à même de comprendre la situation et éventuellement de vous conseiller de voir un spécialiste.
Pour conclure, Pascale Fichaux-Bourin met en avant l’importance, au moment du diagnostic d’un trouble alimentaire chez un enfant, de reconnaître l’origine de la problématique. François Feillet tient à mettre en avant le rôle que peuvent jouer les parents dans la guérison et l’importance de mettre en place une structure bienfaisante pour l’enfant, teintée d’une juste autorité parentale. En effet, il souligne que le style parental permissif (souvent lié à un excès d’accommodation parentale) est le facteur le plus corrélé avec les difficultés alimentaires chez l’enfant.
Les premières coordinations main-bouche débutent in utero et se poursuivent après la naissance. Elles permettent progressivement au jeune enfant de porter les objets à la bouche et contribuent ainsi à l’investissement de la sphère orale. L’exploration orale des objets, tout comme la mise en bouche des aliments, sont à l’origine d’expériences sensorielles riches.
Dr Marc Bellaïche (Hôpital Robert-Debré, Paris) présente une étude ayant pour objectif d’examiner si le fait de porter les objets à la bouche pourrait constituer un prérequis nécessaire au bon développement de l’oralité alimentaire. En conclusion, cette étude suggère que l’exploration orale des objets pourrait être un préambule nécessaire à la bonne gestion d’une alimentation diversifiée. Un défaut d’acquisition de l’exploration orale des objets pourrait s’expliquer, en partie, par une irritabilité sensorielle exacerbée qui se manifesterait aussi par un défaut de la marche à 4 pattes (car cette dernière implique une exploration du sol avec les mains). Ces données soulignent l’importance du développement neurosensoriel dans la construction du comportement alimentaire.
Marc Bellaïche conseille de favoriser le plus possible la stimulation sensorielle chez les jeunes enfants : un enfant âgé de 8 à 10 mois qui attrape des objets sans les mettre à la bouche devrait être sollicité de manière récurrente par ses parents pour contribuer à prévenir l’apparition de difficultés alimentaires au moment de la diversification.
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