Le pancréas est un organe profond situé dans la partie supérieure de l’abdomen en arrière de l’estomac. Il s’étend transversalement, sous les côtes, entre le foie à droite et la rate à gauche. Il se compose de trois parties : la tête, le corps et la queue.
Anatomie du pancréas : Tête, corps et queue.
La tête est enchâssée dans le duodénum (première portion de l’intestin qui fait suite à l’estomac). La queue du pancréas est au contact de la rate. Le pancréas est un organe très mou, friable et fragile. Il est traversé sur toute sa longueur par le canal pancréatique principal (appelé aussi canal de Wirsung).
Celui-ci collecte le suc pancréatique secrété par le pancréas et le déverse dans l’intestin où il se mélange aux aliments qui sortent de l’estomac. La voie biliaire principale (appelée aussi cholédoque) traverse le pancréas de haut en bas et apporte dans l’intestin la bile fabriquée par le foie qui participe à l’absorption des graisses de l’alimentation et de certaines vitamines.
Le canal de Wirsung et la voie biliaire principale se terminent au même endroit dans le duodénum, au niveau d’un orifice que l’on appelle la papille ou ampoule de Vater. Enfin, de très nombreux et importants vaisseaux passent autour du pancréas et viennent à son contact.
Les tumeurs intracanalaires papillaires et mucineuses du pancréas (TIPMP) appartiennent à la famille des tumeurs kystiques du pancréas et ont pour particularité de se développer dans les canaux pancréatiques. Elles correspondent à une obstruction d’un canal pancréatique entraînant la stagnation des enzymes pancréatiques dans un secteur et formant ainsi un kyste.
Elles sont de plus en plus souvent découvertes de manière fortuite lors d’un bilan et sont présentes dans 7 % de la population de plus de 50 ans. Les tumeurs intracanalaires papillaires et mucineuses du pancréas représentent 50 % des lésions kystiques du pancréas.
On distingue les tumeurs intracanalaires papillaires et mucineuses du pancréas touchant le canal principal du pancréas (canal de Wirsung) dont le risque de dégénérescence en cancer invasif est plus important comparé aux tumeurs touchant les canaux pancréatiques secondaires qui sont moins à risque de malignité. L’obstruction du canal pancréatique principal par une tumeur intracanalaires papillaires et mucineuses du pancréas nécessite une prise en charge spécialisée car cela peut entraîner la destruction du pancréas d’amont (corps et queue principalement).
La prise en charge d’une tumeur intracanalaire papillaire et mucineuse des canaux secondaires pancréatiques (c’est-à-dire tous les canaux à l’exception du canal principal) justifie également une prise en charge spécialisée car la stratégie de prise en charge et de surveillance dépend des caractéristiques des lésions. Les tumeurs intracanalaires papillaires et mucineuses du pancréas touchent deux fois plus l’homme que la femme. L’âge moyen au diagnostic est de 65 ans.
Un deuxième avis est tout à fait pertinent dans le cadre d’une tumeur intracanalaire papillaire et mucineuse du pancréas, dans la mesure où il s’agit d’une maladie complexe avec des décisions lourdes de conséquences. En effet, la prise en charge peut aller d’une chirurgie pancréatique majeure à l’abstention thérapeutique en passant par une surveillance annuelle.
Dans le même temps, des progrès thérapeutiques considérables ont été faits ces dernières années dans le domaine des tumeurs intracanalaires papillaires et mucineuses du pancréas. La prise en charge adaptée permet d’améliorer la survie des patients, leur surveillance. De plus, la meilleure connaissance de cette maladie a permis de limiter les traitements très agressifs qu’au strict nécessaire.
Il est donc très important que le patient soit pris en charge par un spécialiste doté d’une expertise des tumeurs intracanalaires papillaires et mucineuses du pancréas. Dans ce contexte, un deuxième avis peut apporter un supplément d’informations fort utiles, sur les différents traitements qui existent, leurs effets, leur mode d’administration, leurs résultats… Le deuxième avis pourra ainsi confirmer la prise en charge voire proposer une alternative thérapeutique.
Les tumeurs intracanalaires papillaires et mucineuses du pancréas sont prises en charge par un gastro-entérologue spécialisé en pancréatologie. C’est le spécialiste qui étudie les organes du tube digestif, leur fonctionnement et leurs maladies, et plus spécifiquement des maladies touchant le pancréas. Il convient de s’assurer de sa spécialisation dans la prise en charge des tumeurs du pancréas.
D’autres spécialistes sont susceptibles d’intervenir dans la prise en charge des tumeurs intracanalaires papillaires et mucineuses du pancréas tels qu’un chirurgien digestif si l’exérèse chirurgicale de la tumeur est indiquée ou encore un oncologue en cas de dégénérescence en cancer.
Dans la grande majorité des cas, les tumeurs intracanalaires papillaires et mucineuses du pancréas sont asymptomatiques et découvertes par hasard lors d’un examen radiologique fait pour autre chose. Les signes cliniques devant faire évoquer une tumeur intracanalaire papillaire et mucineuse du pancréas ne sont pas spécifiques et varient en fonction des patients.
Les tumeurs intracanalaires papillaires et mucineuses du pancréas sont rarement révélées par des poussées de pancréatites aiguës, des douleurs abdominales, voire un ictère (jaunisse) ou des signes d’insuffisance pancréatique : graisse dans les selles (stéatorrhée), diabète secondaire par défaut de sécrétion d’insuline.
La principale complication d’une tumeur intracanalaire papillaire et mucineuse du pancréas non prise en charge est la dégénérescence en cancer invasif d’autant plus si la tumeur atteint le canal pancréatique principal.
Le diagnostic de tumeur intracanalaire papillaire et mucineuse du pancréas se fonde tout d’abord sur un interrogatoire du médecin qui cherche les symptômes. L’écho endoscopie n’est à n’utiliser qu’en seconde intention. La ponction de la tumeur est rarement utile au diagnostic. D’autres examens de seconde intention pourront vous être demandés tels que des examens biologiques.
Le choix est délicat car il faut déterminer les malades devant être opérés de ceux devant être surveillés (la majorité). Si l’on décide de traiter le patient, le seul traitement de la tumeur intracanalaire papillaire et mucineuse du pancréas est chirurgical.
Selon le risque de dégénérescence de la tumeur qui est évalué en fonction de la localisation (canal pancréatique principal, secondaires ou mixte) et de la taille principalement, une intervention chirurgicale peut être indiquée : il s’agit le plus souvent d’une duodénopancréatectomie céphalique (exérèse de la tête du pancréas, d’une partie du duodénum, d’une partie de l’estomac et de la vésicule biliaire) réalisée sous anesthésie générale. Dans un grand nombre de cas, une surveillance radiologique ou endoscopique est proposée.
Cette surveillance est justifiée compte tenu du risque de dégénérescence et à pour but de limiter les indications chirurgicales qu’au cas à très haut risque de dégénérescence ou déjà dégénéré en cancer. Le rythme et les modalités de la surveillance sont également importants.
Les meilleurs conseils que l'on puisse vous donner sont ceux qui définissent une vie saine : avoir une activité physique suffisante et éviter le surpoids, ne pas fumer, manger sainement. En effet, le surpoids et le tabac sont des facteurs de risque du cancer du pancréas, tout comme le diabète ou les TIPMP.
Le tabagisme est le principal facteur de risque qui est évitable. Il multiplie par 3 le risque de survenue de ce cancer chez les fumeurs par rapport aux non fumeurs. Il est responsable du tiers des cancers du pancréas.
Une alimentation riche en graisses animales et en protéines augmenterait modérément le risque ; à l’inverse, une consommation importante de fruits, de légumes et de vitamine C peut avoir un petit effet préventif.
Chez les personnes qui souffrent d’une pancréatite chronique (inflammation chronique du pancréas), la quantité d’enzymes produites peut devenir insuffisante pour garantir la digestion des aliments. Limiter la consommation d’aliments riches en fibres insolubles, qui peuvent rendre la digestion encore plus difficile.
De petits repas répartis tout au long de la journée sont mieux assimilés que l’ingestion de grandes quantités d’aliments en une seule fois. Adapter ses apports en lipides (graisses) en prenant des extraits pancréatiques d’enzymes digestives. Ces médicaments visent à compenser le manque d’enzymes normalement produites par le pancréas. Ils doivent être pris pendant ou immédiatement après chaque repas ou collation.
Adapter son apport en glucides en les répartissant de manière équilibrée tout au long de la journée. Il est également conseillé d’éviter de consommer des produits sucrés de manière isolée. Les petites douceurs ne sont pas pour autant proscrites !
Le cancer bouscule fortement la vie d’une personne, que ce soit au moment du diagnostic initial ou, chez les patients ayant été opérés, au moment d’une rechute. L’inquiétude est normale et en aucun cas il ne faut se sentir coupable, même en cas de consultation tardive ou de facteur de risque évitable mal contrôlé (ex. tabac, surpoids).
Il est possible d'envisager, par des mesures d'hygiène de vie (alimentation, gestion du stress), de ralentir la progression de cette TIPMP.
| Groupe d'aliments | Aliments recommandés | Aliments à éviter |
|---|---|---|
| Graisses | Avocats, poissons gras (saumon, hareng), graines, noix | Graisses saturées (viandes rouges grasses, produits laitiers entiers) |
| Protéines | Viandes blanches (poulet, dinde), poissons, légumineuses | Viandes rouges (à consommer avec modération) |
| Glucides | Glucides complexes (céréales complètes, légumes) | Produits sucrés isolés |
| Autres | Fruits et légumes variés, eau (au moins 1,5 litre par jour) | Alcool |
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