La statue en biscuit, une forme d'art délicate et raffinée, incarne l'élégance et le savoir-faire français. Cet article explore l'histoire, la fabrication et la restauration de ces précieuses créations, en mettant en lumière leur importance dans l'art décoratif et leur évolution à travers les siècles.
L'Amour menaçant, une des œuvres les plus célèbres du XVIIIe siècle, reproduite en biscuit par la manufacture de Sèvres.
Protectrice des arts et des lettres, Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, favorite de Louis XV, était particulièrement attachée aux arts décoratifs qui lui permettaient de rendre ses appartements et ses demeures plus agréables à vivre. Grâce à elle, la manufacture de Sèvres va atteindre une renommée jamais démentie. Au début du 18e siècle, la manufacture de porcelaine était installée à Vincennes. Malgré un succès grandissant, elle connaît des difficultés financières.
Pour cette raison, mais aussi à cause de l’exigüité de ses locaux, la marquise de Pompadour décide son déménagement à Sèvres, à proximité de son château de Bellevue. Sous l’instigation de Madame de Pompadour et de Louis XV, la Manufacture de Sèvres crée des porcelaines tendres ou dures qui connaissent un succès immédiat au 18e siècle.
La porcelaine est une céramique fine et translucide, principalement employée dans les arts de la table. D’abord tendre, elle devient dure grâce au kaolin, matière argileuse qui entre dans sa fabrication.
Le biscuit est une porcelaine qui subit deux cuissons. Contrairement à la porcelaine, le biscuit n’est pas recouvert de glaçure afin de ressembler davantage au marbre et de se démarquer des petites sculptures en porcelaine de Meissen ou de Chine peintes et recouvertes de vernis qui étaient à la mode à cette époque. La blancheur et l’aspect mat du biscuit expriment l’élégance et le bon goût à la française.
Les thèmes favoris des sculpteurs du 18e siècle comme Falconet, Houdon, Pajou ou Boizot sont l’enfance, la maternité, les scènes galantes ou pastorales chères à Jean-Jacques Rousseau, la mythologie et des personnalités fictives ou réelles (Don Quichotte, Vauban, Diderot, Clotilde de France, petite fille de Louis XV, la reine Marie-Antoinette…). Au moment de la Révolution, les sujets de prédilection deviennent les allégories, les représentations politiques ou philosophiques mettant en scène la Liberté, la Raison, etc.
Pour créer ces statuettes, les sculpteurs de la manufacture de Sèvres s’inspirent parfois des oeuvres de Boucher, peintre indissociable de la Manufacture qui a également inspiré des tapisseries de la Manufacture des Gobelins. Les sculptures en biscuit seront parfois revisitées par les artistes des siècles à venir.
La réalisation d'une statuette en biscuit est donc le fruit de la collaboration entre l'artiste, qui livre le modèle, et les ouvriers de la manufacture, qui en assurent la fabrication. C'est au Salon de 1755 que Falconet remporte son premier vrai succès en exposant une statue en plâtre intitulée L'Amour menaçant. Une nouvelle qualité de céramique vient d'être mise au point : le biscuit. Jusqu'alors, les statuettes fabriquées dans cette porcelaine tendre étaient peintes et vernies.
Falconet est chargé de donner des modèles à la manufacture l'un des premiers qu'il propose est celui de L'Amour menaçant. Il réalise donc une réduction en terre de son marbre célèbre. Par la technique du moulage, les ateliers de Sèvres en fabriquent plusieurs exemplaires.
La fabrication était néanmoins complexe et exigeait de multiples transpositions à partir d’une première terre crue, découpée en morceaux pour obtenir les moules des diverses parties. Par une succession d’opérations n’interdisant pas les retouches d’habiles repareurs, la sculpture pouvait ainsi être moulée, recomposée et cuite en biscuit.
La sculpture en ronde-bosse fut cultivée à Sèvres sous forme de biscuit, l’une des plus délicates créations du XVIIIe siècle. Lieu de création, la Cité de la céramique de Sèvres comprend également un extraordinaire musée. Constamment enrichi, il abrite, de nos jours, outre de nombreux biscuits, tous les modèles originaux en terre cuite du XVIIIe siècle. L’intérêt de cet ensemble, unique, se trouve par ailleurs accru par la présence, à la manufacture, de la plupart des modèles en plâtre.
Dès les débuts, Sèvres est réputée pour ses décors de couleur bleue utilisée pour les motifs décoratifs et la couleur de fond. Cette dernière, posée en large aplat, sur une partie de la surface de l’objet permet de faire ressortir le blanc de la porcelaine laissé en réserve. Les motifs floraux, animaliers, de paysages, mythologiques… sont peint à la main sur les parties laissées blanches.
En 1763, Sèvres crée un bleu nouveau appelé aussi bleu de Sèvres pour les porcelaines dures composé d’oxyde de cobalt. Le nom du bleu de Sèvres est différent selon sa technique d’application. En couche très mince, il est très clair et transparent et se nomme bleu agathe. En couche très épaisse, il est appelé gros bleu. Pour une épaisseur entre celle du bleu agathe et du gros bleu, on parle alors de bleu lapis.
Les figurines en biscuit ancien sont des objets d'art délicats et précieux, témoins d'une époque et d'un savoir-faire artisanal exceptionnel. L'étude de ces figurines nécessite une approche pluridisciplinaire, combinant des connaissances en histoire de l'art, en archéologie, en chimie et en restauration. La valeur, l'identification et la restauration de ces objets fragiles exigent une attention minutieuse et un profond respect pour leur patrimoine.
L'identification d'une figurine commence par la recherche de marques de fabrique ou de signatures. Ces marques, souvent minuscules, peuvent être moulées dans le biscuit lui-même ou apposées par la suite. Un catalogue raisonné des fabricants de porcelaine et de biscuit est un outil essentiel.
Le style de la figurine est un autre indicateur crucial pour son identification. L'analyse de la posture, des vêtements, des accessoires et des détails décoratifs permet de situer la figurine dans un courant artistique et une période précise.
L'analyse des matériaux utilisés dans la fabrication de la figurine peut fournir des indications sur son origine et sa date. L'examen microscopique peut révéler la composition du biscuit et les techniques de cuisson.
La valeur d'une figurine en biscuit ancien est déterminée par plusieurs facteurs interdépendants. La rareté de la pièce, son état de conservation, sa provenance, son authenticité, son intérêt artistique et historique, ainsi que la demande du marché influencent son prix.
L'évaluation de la valeur peut s'appuyer sur plusieurs méthodes : la comparaison avec des ventes aux enchères récentes de figurines similaires, la consultation d'experts, l'estimation par des antiquaires spécialisés, ou encore une expertise scientifique approfondie.
La restauration d'une figurine en biscuit ancien doit être menée avec la plus grande prudence et respect. Le principe fondamental est de préserver l'intégrité de la pièce et de ne pas masquer son histoire. Toute intervention doit être réversible et documentée.
Les techniques de restauration varient selon l'état de la figurine. Le collage de fragments cassés, le nettoyage délicat des surfaces, le comblement des fissures avec des matériaux compatibles, et la consolidation du biscuit sont des interventions courantes.
La prévention est essentielle pour préserver l'état des figurines. Un stockage approprié, à l'abri de la lumière, de l'humidité et des variations de température, est crucial.
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