Sucralose : Effets Secondaires et Alternatives

Le sucralose est un édulcorant de synthèse largement utilisé en raison de son pouvoir sucrant très élevé, environ 400 à 650 fois plus élevé que le saccharose. Autorisé comme additif alimentaire par les autorités sanitaires européennes en 2004, sous le sigle E 955, il est commercialisé sous les marques Canderel® et Splenda®. Sa large utilisation est en partie due à ses propriétés physico-chimiques : le sucralose a la propriété d’être soluble dans l’éthanol, le méthanol et l’eau, ce qui lui permet d’être utilisé dans des aliments à base d’eau ou des boissons alcoolisées.

La dose journalière admissible autorisée en Europe s’élève à 15 mg/kg de masse corporelle/jour. Actuellement, il n’existe aucune restriction à son utilisation chez les enfants, femmes enceintes, personnes âgées ou malades. Par ailleurs, les édulcorants sont souvent utilisés par des personnes en surpoids ou ayant un diabète. Or le sucralose est déjà déconseillé en cas d'intolérance au glucose et de diabète de type 2 par Le Nouveau Guide des Additifs du Dr Anne-Laure Denans et LaNutrition.fr.

Le sucralose est fabriqué à partir de sucre selon un processus chimique en plusieurs étapes dans lequel trois groupes hydrogène-oxygène sont remplacés par des atomes de chlore. Le sucralose contient des glucides dextrose (glucose) et de la maltodextrine, il a une teneur en calories très faible. Pour ceux qui seraient tentés par la consommation de sucralose, il faut savoir qu'on le trouve aujourd'hui aisément en grande surface, avec les divers autres édulcorants, au rayon diététique (ou sucre). Il disponible sous plusieurs formes.

La marque Canderel® le commercialise en poudre, en stick et en liquide. L'avantage par rapport à d'autres édulcorants, c'est qu'il n'a pas d'arrière-goût amer. Mais est-ce que le sucralose fait grossir ?

Effets Potentiels du Sucralose sur la Santé

Une petite étude a montré que la prise répétée de sucralose provoquait des productions anormalement élevées d'insuline (1). Or, une sécrétion d’insuline trop fréquente et/ou trop élevée peut conduire à une situation de résistance des cellules à cette hormone.

Une autre étude parue dans l’American Journal of Clinical Nutrition a apporté de nouvelles preuves (2). Dans cet essai clinique, les participants ont pris chaque jour pendant 14 jours, soit des sachets contenant du sucralose à une dose correspondant à 15 % de la dose journalière admissible, soit des sachets d'une substance placebo (sans sucralose). Les participants avaient un indice de masse corporelle normal et n’étaient pas des consommateurs réguliers d’édulcorants. En moyenne, les hommes ont consommé 157,7 mg/jour de sucralose et les femmes 123 mg/jour.

Comment expliquer cet effet ? La consommation d’édulcorant de synthèse, en particulier du sucralose, provoque une dysbiose intestinale (c’est-à-dire un déséquilibre du microbiote intestinal) conduisant à son tour à des troubles métaboliques. Par ailleurs, les édulcorants artificiels n’activent pas les circuits de récompense de la même façon que le sucre.

De plus, une étude parue en 2025 montre que le sucralose pourrait perturber le contrôle de l’appétit et attiser la faim. Dans cet essai portant sur 75 jeunes adultes, des chercheurs de l’université de Californie du Sud ont constaté qu’il augmente le flux sanguin hypothalamique, un marqueur de la faim (3).

Deux scientifiques américaines, l’une chercheuse internationalement reconnue sur les édulcorants et l’autre travaillant pour le NIH (Institut national de la santé américain) ont fait le point dans une étude très documentée sur les effets biologiques du sucralose (4) :

  • La modification des niveaux de glucose et d’insuline : cet effet a été montré à la fois chez des rongeurs et des humains. Le sucralose pourrait avoir des conséquences dans le contrôle du poids.
  • Une action sur l’équilibre de la flore intestinale : le sucralose réduit le nombre de bactéries, avec une suppression plus grande des souches bénéfiques (lactobacilles et bifidobactéries) que des bactéries plus nocives (entérobactéries). Le nombre total de ces bactéries ne revient pas à la normale au bout de 3 mois d’arrêt du sucralose.
  • Des altérations de l’ADN : le sucralose peut avoir des effets mutagènes à des concentrations élevées et donc induire un risque cancérigène important. Il induit des dommages à l’ADN dans le tube digestif des souris.
  • Le chauffage du sucralose avec du glycérol, que l’on trouve dans la structure des triglycérides, génère des chloropropanols, une classe de composés potentiellement toxiques.
  • Une fois ingéré, le sucralose donne naissance à d’autres molécules dans l’intestin, dont le sucralose-6-acétate, un composé liposoluble déjà présent en petites quantités dans le sucralose. Une étude de l’université de Caroline du nord a révélé que cette molécule est génotoxique, c’est-à-dire nocive pour l'ADN (5).

L'aspartame est-il dangereux pour la santé ?

Les scientifiques sont arrivés à cette conclusion en menant des expériences in vitro où ils ont exposé des cellules sanguines humaines et des tissus intestinaux humains au sucralose-6-acétate. La plupart de ces effets biologiques ont lieu à des dosages approuvés par les autorités sanitaires.

Une étude menée par des chercheurs des National Institutes of Health des États-Unis a mesuré les quantités d'édulcorants artificiels dans le sang des enfants et des adultes après avoir bu un soda sans sucre (« light »). Les chercheurs ont relevé les niveaux des édulcorants artificiels sucralose et acésulfame de potassium, qui se trouvent dans une large gamme d'aliments et de boissons ultra-transformés.

Résultats : comparativement aux adultes, les enfants avaient des concentrations de sucralose dans le plasma deux fois plus élevées après ingestion d’un soda light. Ces résultats sont importants, car l'exposition précoce aux édulcorants artificiels peut influer sur le goût, l'alimentation et le métabolisme d'un enfant. La même équipe de recherche a montré que ces édulcorants artificiels se retrouvent dans le lait maternel lorsque la maman ingère des boissons ou aliments « light ».

Les édulcorants sont une alternative au sucre. Malgré leur approbation comme additifs alimentaires, des questions se posent sur leur sécurité et surtout leurs effets à long terme sur la santé restent. L'utilisation d'édulcorants artificiels est en augmentation dans le monde entier, car il est universellement admis que la consommation élevée de sucre favorise de nombreux problèmes de santé comme l'obésité et le diabète. L'industrie alimentaire répond à la demande des consommateurs et remplace de plus en plus le sucre par des édulcorants artificiels afin de fournir des produits sucrés à faible teneur en sucre.

Alternatives Saines au Sucre

Il existe de nombreuses alternatives saines pour satisfaire votre envie de sucre, bénéficier d'un régime alimentaire équilibré et nourrissant et diminuer votre apport excessif en sucre. En voici quelques options à considérer :

  • Stévia : C’est une plante vivace originaire d’Amérique du Sud où elle est utilisée depuis 1500 ans par ses habitants pour son pouvoir sucrant 10 à 30 fois plus élevé que celui du sucre blanc. Elle est alcalinisante avec un goût légèrement anisé et ne contient pratiquement pas de calories (moins d’1 calorie pour 100 grammes). Elle convient très bien aux diabétiques. La moitié d’une petite feuille de stévia suffit à sucrer une tasse de boisson.
  • Sirop d'érable : Le sirop d'érable est un édulcorant naturel qui est produit à partir de la sève de l'érable. Il a un goût sucré et distinctif, et il est souvent utilisé comme alternative au sucre dans les recettes sucrées et peut également être utilisé comme édulcorant pour les boissons chaudes. Il est préférable de se procurer du sirop d’érable non chauffé ni pasteurisé et d’origine biologique.
  • Le sucre de fruit : C’est un édulcorant naturel dérivé des fruits, généralement sous forme de poudre, de cristaux ou liquide. Contrairement au sucre de table, qui est extrait de la canne à sucre ou de la betterave à sucre et est principalement composé de saccharose, le sucre de fruit contient une variété de sucres naturels présents dans les fruits qui sont : le fructose, le glucose et le saccharose.
  • Le sucre de coco : Il est élaboré à partir de la sève de fleurs de cocotier. Après cuisson en chaudron sur des fours à bois (le bambou et les feuilles de cocotiers séchés sont principalement employés), la mélasse est écrasée avec une noix de coco et cristallise naturellement. L’indice glycémique est bas : 25
  • Le sucre de dattes : Ce sucre est issu à 100 % de dattes déshydratées, finement broyées. Cela permet de conserver intacte l’intégralité des composants nutritionnels de ce fruit. Il est en principe non traité et non raffiné (à vérifier tout de même). L’indice glycémique du sucre de la datte est de 68.
  • Le sucre de canne complet et biologique : Il a un indice glycémique bas : 25. Il ne faut pas le confondre avec le sucre de canne roux car, dans la majorité des cas, ce dernier est un sucre raffiné et recoloré avec de la mélasse ou des colorants.
  • Miel : Aussi considéré comme un édulcorant naturel produit par les abeilles à partir du nectar des fleurs. En raison des sucres simples qu’il renferme, il n’est pas compatible avec les aliments contenant des sucres complexes. Il est riche en antioxydants, vitamines et minéraux et possède un goût sucré caractéristique.
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Pour aller plus loin, lire : Quels sont les édulcorants à éviter ? Au-delà des différents doutes relatifs à l'innocuité de certaines substances édulcorantes et donc la sûreté de leur utilisation, LaNutrition.fr conseille de réduire leur consommation au même titre que le sucre, pour déshabituer l'organisme et stabiliser nos circuits de récompense, beaucoup trop activé par l'alimentation occidentale industrielle riche en sucres et en glucides raffinés.

Références

  1. M. Y. Pepino, C. D. Tiemann, B. W. Patterson, B. M. Wice, S. Klein. Sucralose Affects Glycemic and Hormonal Responses to an Oral Glucose Load.
  2. Alonso Romo-Romo, Carlos A Aguilar-Salinas, Griselda X Brito-Córdova, Rita A Gómez-Díaz, Paloma Almeda-Valdes. Sucralose decreases insulin sensitivity in healthy subjects: a randomized controlled trial. The American Journal of Clinical Nutrition.
  3. Chakravartti et al. Non-caloric sweetener effects on brain appetite regulation in individuals across varying body weights. Nature Metabolism. 2025.
  4. Susan S. Schiffman, Kristina I. Rother. Sucralose, A Synthetic Organochlorine Sweetener: Overview Of Biological Issues. Journal of Toxicology and Environmental Health, Part B, 2013; 16 (7): 399 DOI: 10.1080/10937404.2013.842523.
  5. Schiffman et al. Toxicological and pharmacokinetic properties of sucralose-6-acetate and its parent sucralose: in vitro screening assays. Journal of Toxicology and Environmental Health. 29 mai 2023.
  6. Sylvia P. Poulos. (2017) Letter to the Editor: Sylvestsky et al. 2017 Plasma concentrations of sucralose in children and adults. Toxicological & Environmental Chemistry 99:4, pages 730-731.

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