Sirop Codéine en Suisse: Informations Essentielles et Risques Associés

La codéine, une substance extraite du pavot à opium, est présente dans de nombreux sirops contre la toux et traitements antidouleur. Elle possède des propriétés antitussives et antalgiques. Pour être efficace, la codéine est transformée dans le foie en morphine sous l’influence d’une enzyme.

Cependant, l'utilisation de sirops à base de codéine suscite des préoccupations croissantes en Suisse, notamment en raison de leur potentiel d'abus et des risques associés. Cet article vise à fournir des informations essentielles sur ce sujet, en abordant les dangers, l'utilisation détournée et les mesures prises par les autorités sanitaires.

Codéine et ses DANGERS ! Addiction, Pharmacologie, EUPHON

Risques et Précautions

Chez environ 10 % de la population, cette enzyme est absente avec pour conséquence un moindre effet antidouleur de la codéine. Chez d’autres personnes au contraire, entre 3 et 30% de la population, l’activité de cette enzyme est augmentée entrainant un risque de surdosage en morphine et des effets indésirables, notamment respiratoires, parfois graves même à des doses normales.

C’est pourquoi en raison des risques potentiellement fatals, les autorités sanitaires suisses et européennes en charge de la surveillance des médicaments ont modifié leurs recommandations. Les médicaments contenant de la codéine sont proscrits chez les enfants de moins de 12 ans et chez tous les enfants, quel que soit l’âge, après une opération ORL, telles que l’ablation des végétations ou des amygdales.

Si vous souffrez de constipation chronique, celle-ci peut s'aggraver par la codéine. En cas des états de pression cérébrale élevée, de volume de sang diminuée (p.ex. par une forte perte de sang) et de troubles de conscience Codicalm sirop ne devrait pas être pris que sur prescription médicale.

Lors de l'utilisation de Codicalm sirop, votre respiration peut devenir dangereusement lente ou superficielle (dépression respiratoire) et votre tension artérielle peut chuter. Il se peut que votre conscience soit diminuée, que vous vous sentiez somnolent ou que vous vous sentiez proche de l'évanouissement. Si c'est le cas, consultez votre médecin.

Codicalm sirop peut provoquer des troubles respiratoires liés au sommeil tels que l'apnée du sommeil (arrêt de la respiration pendant le sommeil) et l'hypoxémie liée au sommeil (faibles niveaux d'oxygène dans le sang). Les symptômes peuvent inclure des arrêts respiratoires pendant le sommeil, des réveils nocturnes dus à un essoufflement, des difficultés à rester endormi ou une envie de dormir excessive pendant la journée. Si vous-même ou une autre personne observez ces symptômes, contactez votre médecin.

L'utilisation prolongée de Codicalm sirop pendant la grossesse peut provoquer des symptômes de sevrage chez votre nouveau-né (syndrome de sevrage néonatal aux opioïdes), qui peuvent mettre la vie en danger s'ils ne sont pas identifiés et traités. Si vous êtes enceinte ou envisagez de le devenir, informez-en votre médecin.

L'utilisation à long terme d'opioïdes peut entraîner une baisse des taux d'hormones sexuelles et une augmentation des taux de l'hormone prolactine. L'utilisation simultanée de Codicalm sirop avec de l'alcool ou des médicaments susceptibles de vous rendre somnolent (par exemple, des somnifères, des médicaments pour le traitement de l'épilepsie, des douleurs nerveuses ou des états anxieux, certains médicaments contre les réactions allergiques (antihistaminiques) ou des tranquillisants (comme les benzodiazépines)) augmente le risque de survenue d'effets secondaires dangereux pouvant être mortels.

Le risque d'effets secondaires augmente en cas de prise de Codicalm sirop en même temps que des antidépresseurs (tels que le citalopram, le duloxétine, l'escitalopram, la fluoxétine, la fluvoxamine, la paroxétine, le sertraline, la venlafaxine, l'amitriptyline, la clomipramine, l'imipramine, la nortriptyline). Adressez-vous à votre médecin si vous présentez l'un des symptômes suivants: modifications de l'état de conscience (par exemple agitation, hallucinations, coma), rythme cardiaque rapide, tension artérielle instable, fièvre, renforcement des réflexes, atteinte de la coordination, rigidité musculaire, symptômes gastro-intestinaux (par ex.

Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par 15 ml, c.-à-d. Ce médicament contient 5.25 g de sorbitol par 15 ml équivalent à 350 mg/ml. Le sorbitol est une source de fructose. Si votre médecin vous a informé(e) que vous présentiez une intolérance à certains sucres ou si vous avez été diagnostiqué(e) avec une intolérance héréditaire au fructose (IHF), un trouble génétique rare caractérisé par l'incapacité à décomposer le fructose, parlez-en à votre médecin avant que vous ne preniez ou ne receviez ce médicament.

Utilisation Détournée et "Purple Drank"

Un peu de sirop contre la toux mélangé à du soda et de l'alcool et paf, le cocktail est prêt. La consommation de ce mélange euphorisant grâce à la codéine présente dans nombre de ces sirops, appelé «lean» ou «purple drank», est en train d'exploser auprès des jeunes.

Pour preuve, le phénomène toucherait 6% des garçons et 1,8% des filles suisses de 15 ans, selon l'édition 2025 du Panorama suisse des addictions. Et cette évolution inquiète, car la codéine entraine de forts risques de dépendance. Or, les prescriptions pour ces sirops sont de plus en plus nombreuses, notamment car, paradoxalement, le médicament peut être utilisé pour soigner des dépendances.

Des élus romands ont donc décidé de tirer la sonnette d'alarme, informe lundi le «24 Heures». Le pharmacien et conseiller national Thomas Bläsi (UDC/GE) a ainsi déposé une motion demandant un encadrement plus strict des prescriptions «off label», c’est-à-dire en dehors des indications officielles.

De même, l'élue au national Brigitte Crottaz (PS/VD) a récemment interpellé le Conseil fédéral pour lui demander si un meilleur encadrement des sirops codéinés ne serait pas le bienvenu. Jusqu'à présent, le Gouvernement s'est toujours montré opposé à de tels changements, estimant que la réglementation en vigueur suffisait.

A Genève, l'abus de sirops codéinés par les adolescents alarme les autorités sanitaires. Face à la hausse des prescriptions et au trafic croissant, les experts cherchent des solutions pour endiguer ce phénomène inquiétant.

Un phénomène préoccupant se propage à Genève: des adolescents détournent des sirops contre la toux contenant de la codéine pour en faire une drogue récréative. Mélangé à des sodas ou des boissons énergisantes, ce "purple drank" devient un breuvage psychoactif potentiellement létal.

Les autorités sanitaires tirent la sonnette d'alarme face à une hausse soudaine des prescriptions de ces médicaments. Thomas Bläsi, pharmacien et conseiller national, explique "qu'au niveau des grossistes, des quotas ont été mis en place pour les commandes". Et les stocks prévus "ne suffisent pas pour pouvoir absorber la nouvelle demande."

Certains médecins, dans une tentative de sevrage progressif, prescrivent plusieurs bouteilles par jour. Mais Thomas Bläsi avertit "qu'on n'a aucune garantie de succès de ces traitements." De plus, cela risque d'alimenter le marché noir. "Et le consommateur de ce marché noir, c'est l'adolescent de 15 ans."

Sur le marché noir, la RTS a constaté la facilité avec laquelle il est possible de se procurer ces sirops. Un dealer contacté a même confirmé la possibilité de fournir jusqu'à 500 bouteilles.

Mesures et Alternatives

Face à cette situation, les spécialistes de l'addiction mettent en place de nouvelles stratégies. Selon le docteur Radu Iuga, médecin chef de clinique au service d'addictologie des HUG, "la meilleure démarche dans ce cas-là, c'est de donner une substance similaire ou même la même substance utilisée, mais dans un endroit encadré avec des soignants." Objectif: diminuer peu à peu les doses et réduire ainsi les risques.

Les autorités de santé genevoises, bien que limitées par l'absence de base légale pour une interdiction totale, vont agir. Panteleimon Giannakopoulos, directeur de l'Office cantonal de la santé de Genève, affirme: "On ne peut pas faire d'interdiction tous azimuts car il n'y a pas de base légale. Mais il y a des phénomènes qui nous alertent et face auxquels on a le droit, mais aussi le devoir d'agir."

Les HUG ont lancé un programme spécial pour les consommateurs de sirop codéiné détourné. La combinaison de codéine et d’antihistaminique dans les sirops crée des effets sédatifs puissants. Les pharmaciens constatent une augmentation inquiétante des fausses ordonnances pour ces sirops.

La France et l'Italie ont interdit la vente libre de sirops contre la toux, utilisés comme drogue. Les pharmaciens sont sur le qui-vive en Suisse.

Le témoignage vient de Rennes et décrit le détournement à des fins récréatives de médicaments à la codéine, souvent associés à de l'alcool ou des antihistaminiques. Il figure parmi de nombreux autres propos de ce type cités dans un rapport de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).

Pays Mesure
France Interdiction de la vente libre de sirops contre la toux à la codéine
Italie Interdiction de la vente libre de sirops contre la toux à la codéine

En conclusion, la prise de médicaments, même sans ordonnance, qui contiennent de la codéine peut mener à une intoxication à la morphine et des effets indésirables potentiellement fatals.

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