Sirop Chartreuse : Histoire et Utilisation d'une Liqueur Mythique

La Chartreuse, avec son histoire fascinante, ses mystères et sa complexité, occupe une place singulière dans l’univers des spiritueux. Originaire du massif montagneux qui lui donne son nom, cette liqueur mythique est le fruit d'un manuscrit mystérieux reçu par les moines chartreux au XVIIe siècle. En associant savoir-faire ancestral et secret bien gardé, la Chartreuse est devenue un symbole d’élégance et d’authenticité.

L’histoire des liqueurs de la Chartreuse remonte au début du 17e siècle, en 1605 exactement, lorsque les moines parisiens de la Chartreuse de Vauvert reçoivent des mains du duc d’Estrées un manuscrit révélant la recette d’un mystérieux élixir, composé d’une immense partie des plantes médicinales alors connues des apothicaires.

Depuis, elle n’a cessé d’évoluer, de traverser les époques et d’attirer les amateurs de saveurs intenses.

Les Origines Mystérieuses de la Chartreuse

L’histoire de la Chartreuse débute en 1605, lorsqu’un manuscrit énigmatique est offert aux moines de l’ordre chartreux par le maréchal François Annibal d'Estrées. Ce document mystérieux, comportant des instructions pour créer un élixir médicinal, intrigue les moines qui décident de tenter l’expérience.

Les origines de la chartreuse verte remontent à 1605. Au-delà, nous n’avons aucune mention de sa formule (du moins à ce jour). C’est le Maréchal François Annibal d’Estrées qui le leur remet en mains propres. Il est également l’évêque-comte de Noyon, ce qui ne l’empêche pas d’être dépeint comme « un homme dissolu et sans scrupule » par Gédéon Tallemant des Réaux, un poète et biographe de l’époque.

Que contient l’énigmatique document ? Qui en est l’auteur ? De qui le maréchal tient-il ce recueil ? Où l’a-t-il trouvé ? Pourquoi le confie-t-il aux frères chartreux ? Pour l’heure, les moines n’ont aucune réponse. C’est à partir de ce manuscrit que les chartreux réaliseront leurs fameuses liqueurs et élixir, dont la chartreuse verte.

Quand à l’origine du recueil, Michel Steinmetz, auteur de Chartreuse, une histoire de liqueur, estime que le Maréchal l’a peut-être rapporté d’un de ses voyages à Constantinople.

À partir de 1605, les frères chartreux de Paris vont tenter de mettre au point la formule présente sur le manuscrit qu’ils ont reçu des mains du Maréchal d’Estrées. Après plusieurs tentatives, qui se transformeront en plusieurs années d’essais sans succès, les moines rangent donc la recette dans un coin. Et les années, puis les décennies passent.

Ce n’est toutefois qu’au XVIIIe siècle que la formule sera pleinement exploitée à la Grande Chartreuse, où l’« Élixir de Chartreuse » à 71° commence à prendre forme. En 1737, ce manuscrit est confié au frère apothicaire Jérôme Maubec, de la Grande Chartreuse en Isère. Trop complexe, la recette n'est pas exploitée immédiatement, mais fait cependant l'objet de travaux menés par l'apothicaire de la Grande-Chartreuse, frère Jérôme Maubec. Trente années d’études et d’essais furent nécessaires au frère Jérôme Maubec pour fixer la recette de ce qui devint « l’élixir végétal de la Grande-Chartreuse ». Ce tonique puissant, initialement destiné à des fins médicinales, gagne vite en popularité en raison de ses effets bénéfiques et de son goût intense.

Un siècle plus tard, les moines du monastère de la Grande Chartreuse, près de Grenoble, demandent à leurs frères de Paris le précieux recueil afin de pouvoir à leur tour se pencher dessus. Le frère Jérôme Maubec, le moine apothicaire de la Grande Chartreuse, en est particulièrement curieux. Avec l’aide de quelques frères, il parvient à décrypter la formule et à lui fixer une forme convenable et définitive en 1764, en ajoutant à la recette plusieurs phases de macération et de distillation. Il baptise alors son nouveau distillat : « élixir de longue vie.

En 1764, la formule est stabilisée, et la Chartreuse commence à se faire un nom, bien qu’elle reste principalement utilisée comme remède. L'Élixir végétal de la Grande-Chartreuse : élaboré selon la recette originale fournie en 1605, sa fabrication nécessite 130 plantes, pour un degré d'alcool de 69°. Il se consomme en grog, dans des infusions ou sur un morceau de sucre.

Évolution de la Liqueur : Chartreuse Verte et Jaune

À partir de l'élixir, les chartreux développent rapidement un digestif au goût original. Face au succès de leur élixir, les chartreux développent en 1840 deux digestifs en se basant sur la même formule du manuscrit. La Chartreuse verte, moins forte avec ses 55°, sera mise au point en 1840. Elle connait un grand succès dans le Dauphinois. La chartreuse jaune, développée comme une version plus douce de la liqueur, est commercialisée pour la première fois en 1840. La chartreuse jaune, plus douce encore, titre 43° d’alcool.

Les ingrédients et le procédé de fabrication de la Chartreuse sont aussi mythiques que mystérieux. Composée de 130 plantes soigneusement sélectionnées, la recette de cette liqueur est protégée depuis des siècles, et seuls trois moines en connaissent le secret.

Cette alchimie complexe donne naissance à deux versions phares de la Chartreuse : la verte, puissante et herbacée à 55°, et la jaune, plus douce et légère à 43°. La Chartreuse verte se distingue par ses notes intenses de menthe et de basilic, tandis que la jaune présente des arômes plus subtils de miel et de fleurs. L’équilibre délicat de ces saveurs repose sur un processus de macération unique, qui permet aux plantes d’infuser leurs arômes avant une distillation minutieuse.

Aujourd'hui, les liqueurs sont produites à Aiguenoire en utilisant un mélange de plantes et d'herbes préparé par deux moines liquoristes du monastère de la Grande-Chartreuse qui préparent le mélange végétal. La recette exacte de la chartreuse demeure secrète et n'est connue que de trois moines qui ne connaissent chacun que deux tiers de la recette finale. De cette manière seuls 2 moines sont nécessaires pour la reconstruire, mais un seul ne suffit pas (un exemple de Secret de Shamir). La méthode de fabrication reste donc peu connue. Aucun additif artificiel n'entre dans la composition de la chartreuse.

Les Péripéties Historiques de la Chartreuse

Au cours des siècles, la Chartreuse a traversé de nombreux bouleversements : crise politique, expulsions des moines, et exil de la production en Espagne au début du XXe siècle. Poursuivis pendant la Révolution française, les moines sont dispersés en 1793. La distillation de la chartreuse s'interrompt alors, mais les chartreux réussissent à conserver la recette secrète : le manuscrit est emporté par un des pères et une copie est conservée par le moine autorisé à garder le monastère ; lors de son incarcération à Bordeaux, ce dernier remet sa copie à un confrère qui finit par la céder à un pharmacien de Grenoble, un certain Liotard.

1. La chartreuse verte a failli disparaître une première fois, à la Révolution. À l’époque en 1737, le manuscrit donné par le Maréchal d’Estrées est donc entre les mains de l’apothicaire de la Grande Chartreuse de Grenoble. Mais à la Révolution, les moines sont chassés du monastère et se dispersent. Ne sachant où aller et ce qu’ils vont devenir, les frères décident donc prudemment de créer une copie du manuscrit de la recette, et de la laisser cachée quelque part au monastère.

Tout en fuyant les révolutionnaires, l’un des moines conserve alors en permanence sur lui l’original. Le manuscrit (et donc la chartreuse verte) finiront-ils donc perdus dans la nature ?

2. Malheureusement, le moine en fuite finit par être arrêté avec sa recette. Il est alors emprisonné à la prison de Bordeaux.

Afin de faire usage de la recette, ce dernier la soumet en 1810 au ministère de l'Intérieur de Napoléon Ier, lequel la lui renvoie avec la mention « refusé » car jugée trop complexe. 4. Nous sommes alors en 1810. Une nouvelle frayeur attend la chartreuse verte : l’Empereur Napoléon Ier lui-même décide que tous les « remèdes secrets » soient soumis au ministre de l’Intérieur. L’objectif ? Monsieur Liotard envoie donc le manuscrit au ministère. Mais bien vite, l’État retourne à Monsieur Liotard son manuscrit, avec la mention « Refusé » ! Motif : la formule de la liqueur est un produit déjà vieux et bien connu de la population française. En conséquence, il ne peut donc pas être considéré comme « secret ».

En 1860, une distillerie est bâtie à Fourvoirie, dans la commune de Saint-Laurent-du-Pont, afin de produire les chartreuses verte et jaune. Un glissement de terrain détruit la distillerie de Fourvoirie dans la nuit du 4 au 5 décembre 1935. Les caves n’ont que peu souffert et la liqueur qui vieillissait dans les foudres a pu être récupérée.

De nouveau expulsés de France en 1903, les chartreux emportent avec eux la recette de la liqueur et installent leur nouvelle distillerie à Tarragone, en Espagne, où ils se sont implantés. La distillerie de chartreuse est construite dans la partie basse de la ville, sur la Plaça dels Infants, près du port et de la gare. Ils commercialisent leur liqueur sous le même nom, avec une étiquette identique, en ajoutant cependant la mention « liqueur fabriquée à Tarragone par les pères chartreux ». Les biens français des chartreux sont confisqués par le gouvernement, lequel essaie de remettre en route la distillerie de Fourvoirie. Les liquoristes de la Compagnie Fermière de la Grande-Chartreuse sont chargés d'exploiter le nom « Chartreuse ». Malgré plusieurs tentatives, la recette ne parvient jamais à être imitée et l'entreprise se solde par un désastre financier. Dès 1927, la société de production est en faillite. Ses actions sont rachetées pour un prix dérisoire par des hommes d'affaires de la région de Voiron, lesquels les envoient en cadeau aux moines de Tarragone.

En 1903, les moines sont contraints de quitter la Grande Chartreuse, et la production est transférée à Tarragone, en Espagne, où la liqueur continue à être élaborée jusqu'en 1989. Ce périple marque durablement la marque, qui développe des liens avec la région espagnole tout en poursuivant son aventure en France.

5. À la mort de Monsieur Liotard, le manuscrit revient selon son souhait aux moines de la Grande Chartreuse. Depuis 1816 et la Restauration, les frères ont en effet pu regagner leur monastère. Le succès et la prospérité reviennent petit à petit. Devenue trop petite pour soutenir la production, la pharmacie du monastère est alors abandonnée. Mais patatra, le 15 novembre 1935, un glissement de terrain détruit toute la distillerie, ses instruments, ses outils et sa production… Les frères sont donc obligés de déménager à nouveau leur production, et ils s’installent cette fois… à Voiron !

6. Et aujourd’hui ? En 2014, les chartreux ont dû à nouveau déménager leur production de chartreuse verte, pour respecter les nouvelles règlementations concernant les entreprises fabriquant de l’alcool. Les frères en ont donc profité pour rapprocher leur activité du monastère ! Un lieu qui ne doit rien au hasard, puisqu’ils ont acheté cette parcelle… le 30 août 1618 ! Mais ils en avaient été chassés après la Révolution française !

La construction de la distillerie d’Aiguenoire en 2018, au cœur du massif de la Chartreuse, marque un retour aux racines pour la marque, qui s'engage dans une démarche écologique en limitant l'empreinte carbone de ses produits.

Les Variétés de Chartreuse

La chartreuse V.E.P. : lorsque la liqueur subit un vieillissement exceptionnellement prolongé, elle acquiert une saveur subtile et moelleuse qui lui confère cette appellation spéciale. Les deux versions obtenues, la Verte (54°) et la Jaune (42°), sont mises dans des bouteilles numérotées, copies conformes de celles de 1840, et leur bouchon est scellé à la cire. La chartreuse V.E.P. est commercialisée depuis 1963.

  • La Chartreuse blanche : cuvée élaborée pendant les périodes 1860-1880 et 1886-1900. Il s'agit d'une chartreuse jaune avec moins d'herbes et dont on a supprimé l'étape de coloration. Cette liqueur était plus douce et moins onéreuse.
  • La Liqueur du 9e Centenaire : créée en 1984 pour célébrer les 900 ans de la fondation de la Grande Chartreuse (en 1084), cette boisson (47°) entièrement naturelle a les mêmes caractéristiques que la Verte, quoique plus douce.
  • La Tarragone Jaune du siècle : il s'agit d'un assemblage de plusieurs millésimes de chartreuse Tarragone: 1906, 1910, 1920, 1930, 1948, 1951, 1961, 1967, 1973, 1980.
  • Les Chartreuses épiscopales : il s'agit d'une chartreuse 2/3 de jaune 1/3 de verte. Première édition en 1990 et éditée à 20 000 flacons. Deuxième édition en 1999 : l'épiscopale du 3e millénaire. Troisième édition en 2003 : une petite bouteille argentée éditée à 5 000 exemplaires.
  • Chartreuse 147, liqueur issue du foudre unique numéro 147 encore élevé à la distillerie de Voiron sur base de Chartreuse verte.

La Chartreuse verte : sa couleur unique est due aux 130 plantes qui la composent (le pigment vert essentiel est la chlorophylle), et son degré d'alcool est de 55°.

La Chartreuse jaune : fabriquée avec les mêmes plantes que la Verte mais dans des proportions différentes, elle est plus douce et plus moelleuse et titre à 43° d'alcool.

La Chartreuse dans la Culture Populaire et son Utilisation

Bien que généralement dégustée en digestif, la Chartreuse entre dans la composition d'un nombre croissant de cocktails, parmi lesquels certains sont devenus traditionnels.

Rubén Darío parle de la chartreuse dans son conte parisien La nymphe, publié en 1888 dans le recueil Azul.... Dans la nouvelle de G.K. Dans le roman Retour à Brideshead (1945) d'Evelyn Waugh, Anthony et le narrateur, Charles Ryder, boivent de la chartreuse après le dîner. Anthony songe que c'est « de la vraie ch-ch-chartreuse verte, produite avant l'expulsion des moines. On sent cinq saveurs distinctes comme elle s'écoule sur la langue. C'est comme avaler un sp-spectre » (« Real g-g-green chartreuse, made before the expulsion of the monks. There are five distinct tastes as it trickles over the tongue.

Hunter S. Thompson parle de la chartreuse verte dans plusieurs des histoires rassemblées dans Generation of swine: tales of shame and degradation in the '80s (1988). Dans le roman Âmes perdues de Poppy Z. Dans le roman Paris-en-Fantasy : la légende du Saint-Crââne, de Brett Nephaeus (2020), le manuscrit du duc d’Estrées révèle une véritable potion d’éternité, qui est le saint Graal. Cela explique pourquoi les moines chartreux ont mis plus d’un siècle à reconstituer cet Élixir de Longue Vie. Dans le roman La Chartreuse d'Or (2021), l'auteur joue sur l'association des mystères spirituels du monastère et des secrets commerciaux de la fabrication des liqueurs.

Dans le film Cet obscur objet du désir, dernier film réalisé par Luis Buñuel (1977), à la 16e minute, Mathieu Faber interprété par Fernando Rey demande à Martin, le valet de chambre, de prévenir la servante Conchita qu'il désire une Chartreuse. Ce dernier lui demande de préciser s'il souhaite une Chartreuse jaune ou verte. Martin demande une Chartreuse verte en précisant qu'elle est plus stimulante. Le valet de chambre ajoute que la Chartreuse verte est également légèrement aphrodisiaque.

Dans le film Ma vie est un enfer (1991), le démon Abargadon (Daniel Auteuil) ingère un cocktail préparé par Léah Lemonnier (Josiane Balasko) contenant de la Chartreuse. Etant préparée par des moines, elle a sur lui un effet délétère. Dans le film L'Autre Sœur (1999), Danny, qui est simple d'esprit, veut faire sa déclaration à Carla lors d'une grande réception et demande au bar quelque chose qui « lui donne du courage » ; le serveur lui sert un grand verre de chartreuse verte dans un verre à vin, en lui expliquant que ça va lui donner beaucoup de courage.

Dans le film Boulevard de la mort de Quentin Tarantino (2007), le logo en néon Chartreuse apparaît plusieurs fois au mur du bar tenu par Warren, personnage joué par Tarantino lui-même. À la fin de la scène, Warren, qui a toutes les peines du monde à prononcer « chartreuse », sert une tournée aux héroïnes du film avant de lancer : « Chartreuse, the only liquor so good they named a color after it » Soit, littéralement : « la chartreuse, la seule liqueur si bonne qu'elle a donné son nom à une couleur ».

LA CHARTREUSE, LA REINE DES LIQUEURS ! Spi'Stache #1

Le Sirop de Chartreuse : Une Tradition Méconnue

Le sirop massif de la Chartreuse est un produit rare, qui s'inscrit dans la longue tradition des moines chartreux, célèbres pour leur maîtrise des plantes médicinales. Bien que moins célèbre que les liqueurs de Chartreuse, ce sirop raconte une histoire fascinante liée aux savoirs anciens et au contexte historique de l'ordre religieux.

L'histoire du sirop massif de la Chartreuse débute avec l'installation des moines chartreux dans le massif éponyme au XIe siècle. Fondé en 1084 par Saint Bruno, l'ordre des Chartreux adopte un mode de vie ascétique, isolé et contemplatif. Cette existence dans un environnement montagnard les pousse à explorer les bienfaits des plantes locales pour répondre à leurs besoins médicinaux et spirituels.

Les chartreux, comme d'autres ordres monastiques, se spécialisent rapidement dans l'herboristerie. Dans leurs écrits, ils consignent leurs découvertes sur les propriétés des plantes. Ces connaissances leur permettent de concevoir des remèdes naturels, tant pour eux-mêmes que pour les populations environnantes.

Au XVIIe siècle, les moines chartreux deviennent célèbres pour leur liqueur "Élixir de Longue Vie", ancêtre des célèbres Chartreuse verte et jaune. Cette recette est un mélange complexe de 130 plantes, distillées avec soin. Dans le même esprit, ils développent d'autres produits à base de plantes, dont le sirop massif.

Contrairement aux liqueurs, conçues pour leurs propriétés toniques et parfois festives, le sirop massif est pensé avant tout comme un remède populaire. Il est élaboré pour apaiser les maux de gorge, renforcer les voies respiratoires et soutenir la digestion.

L'accessibilité du sirop, grâce à son absence d'alcool, en fait un produit prisé des habitants locaux, notamment des familles cherchant des solutions naturelles pour soigner leurs petits maux.

Au XIXe siècle, la popularité des produits des chartreux atteint son apogée. La Chartreuse est exportée à travers le monde, mais le sirop massif reste un produit beaucoup plus local et confidentiel, réservé principalement aux régions proches du monastère.

Ce choix de discrétion s'explique par plusieurs raisons :

  • Usage médicinal et artisanal : Contrairement aux liqueurs, le sirop n'a pas vocation à être un produit de prestige ou de loisir. Il s'agit d'une préparation utilitaire, souvent fabriquée en petites quantités.
  • Public ciblé : Le sirop massif est destiné à un usage quotidien, principalement au sein des communautés proches ou des visiteurs du monastère.
  • Production limitée : Les chartreux privilégient leurs recettes les plus lucratives pour financer leurs œuvres caritatives et maintenir leur mode de vie.

Avec l'industrialisation et la modernisation de la médecine, l'intérêt pour les produits médicinaux artisanaux comme le sirop massif diminue progressivement. Les pharmacies modernes proposent désormais des sirops et médicaments synthétiques, plus standardisés et moins coûteux à produire.

En parallèle, les moines chartreux concentrent leurs efforts sur les liqueurs de Chartreuse, dont la renommée mondiale continue de croître. Cette spécialisation entraîne l'abandon de certains produits, dont le sirop massif.

Aujourd'hui, le sirop massif de la Chartreuse est quasiment oublié, mais son héritage survit à travers l'histoire des chartreux et leur savoir-faire herboriste. Aujourd'hui, des amateurs d'herboristerie et des artisans tentent de reproduire la recette du sirop massif en s'appuyant sur des archives et des traditions orales. Cette démarche vise à préserver un pan méconnu du patrimoine herboriste des chartreux.

Visiter les Caves de la Chartreuse

Visiter les Caves de la Chartreuses est une activité incontournable à faire lors d'un week end près de Grenoble ! Pour tout comprendre sur l’histoire de la Chartreuse et sur son processus de fabrication, deux visites se complètent : celle du musée de la Grande Chartreuse, à Saint-Pierre-de-Chartreuse près du monastère des pères chartreux, et celles des caves historiques de Voiron.

À 2 km du monastère fondé par Saint-Bruno, le musée de la Grande Chartreuse se visite avec des audio-guides d’avril à novembre. Pour découvrir la cave de Voiron, réputée pour sa longueur record, plusieurs formules sont possibles. Vous pouvez opter pour une visite du site classique, c’est-à-dire en compagnie d’un guide et suivie d’une dégustation, ou choisir une option plus originale en réservant pour une visite thématique : secret d’histoire, 5 sens, cocktail, ou avec atelier tisanes pour les enfants. La durée moyenne des visites guidées, thématiques ou classiques, est de 1h30.

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