La filière porcine française est actuellement confrontée à des défis majeurs, allant des fluctuations des prix à la pression exercée par la concurrence européenne. Au cœur des débats se trouvent le coût de l’alimentation animale, l’avenir de la production française et les enjeux sanitaires.
Au Marché du Porc Français (MPF), le prix s'est maintenu à 1,422 €/kg lors de la séance du jeudi 22 janvier. Cependant, derrière cette apparente stabilité, les inquiétudes sont bien réelles.
Les éleveurs présents en plus grand nombre que la semaine précédente, partageaient une même préoccupation : la baisse des cours et les signaux contradictoires envoyés par la conjoncture. Beaucoup ne présentaient pas de porcs à la vente.
La cotation du jour s’est établie à 1,422 €/kg, dans une grande stabilité, avec 17 002 porcs présentés. Les variations d’enchères sont restées minimes, traduisant une volonté collective de tenir le prix.
Pour Carole Joliff, présidente du comité régional porcin, la présence des éleveurs au MPF est essentielle. Selon elle, il est crucial de venir au marché pour comprendre ce qui se passe, car chacun, dans sa ferme, voit une réalité différente.
François Pot, président du Marché du Porc Français, insiste sur l’ouverture du marché : le MPF est un outil collectif, accessible à tous les éleveurs, à condition qu’ils s’en saisissent.
Sur le terrain français, la situation reste contrastée. La fluidité du marché est jugée plutôt mauvaise, même si un recul progressif des poids est observé. Le marché de la viande, lui, demeure globalement constant, sans réelle dynamique haussière.
À l’international, les signaux sont multiples :
En Europe, l’Allemagne traverse une période de stabilité, reconduisant son prix directeur. L’Espagne, en revanche, a engagé une baisse en réaction à la situation allemande depuis l’apparition de foyers de fièvre porcine africaine.
Si les cas restent contenus, leurs conséquences sont lourdes : 20 % des volumes espagnols exportés vers le Japon et les Philippines sont en souffrance. La situation devient critique pour les éleveurs espagnols, dans un pays où 70 % des volumes sont intégrés, avec un cours autour de 1 €.
L’objectif affiché est une réouverture des marchés japonais et philippin au printemps, soit 170 000 tonnes, essentiellement des produits à forte valeur ajoutée.
Côté production, l’inquiétude majeure reste le coût de l’aliment. Sébastien Launay, représentant des Jeunes Agriculteurs, le résume simplement : « Ce qui nous inquiète aujourd’hui, c’est le prix de l’aliment. »
Une étude présentée par l’IFIP confirme le malaise : la situation actuelle rappelle celle de 2019, avec des prix de l’aliment qui ne baissent pas malgré la chute des matières premières. Des écarts importants existent aussi entre régions, l’aliment étant moins cher dans le Cantal ou l’Aveyron qu’en Bretagne.
Pour Paul Auffret, président de l’IFIP, la question de l’origine est centrale. Le LPF (Le Porc Français) est un combat quotidien, et il faut mettre de la pression syndicale pour imposer l’origine France.
Le sanitaire s’impose également comme une arme commerciale. Sur la fièvre porcine africaine, la règle théorique de trois ans après le dernier cas n’est pas toujours respectée, comme en Belgique, toujours bloquée à l’export après cinq ans. La biosécurité fait consensus : c’est une assurance indispensable pour défendre la filière.
Enfin, la question du renouvellement des générations et de l’état des bâtiments s’invite dans le débat. Pour Thomas Castrec, éleveur dans le Finistère et représentant des JA, l’avenir du métier se joue aussi là.
En France, le prix moyen annuel du porc sur les onze premiers mois de 2025 s’établit à 1,714 €/kg, en recul de 10,45 % par rapport à 2024. Les cours ont atteint un pic en juillet à 1,890 €/kg, avant de reculer progressivement pour toucher un point bas en novembre. Durant le mois de décembre, la baisse du cours s’est prolongée.
L’activité d’abattage reste soutenue sur la zone Uniporc, malgré une semaine d’activité écourtée à quatre jours. Si les volumes sont en retrait par rapport à une semaine complète, les abattages progressent néanmoins par rapport à la semaine précédente, stimulés par les opérations promotionnelles à venir sur la viande de porc, selon le MPF. Les poids ont augmenté de 1 kg sur les deux premiers jours d’abattage de la semaine.
À l’échelle européenne, les prix restent globalement stables.
En Espagne, le marché du porc reste fragilisé par les vagues de détection de PPA dans le pays. Au cours du mois de décembre, les expéditions vers les pays tiers acceptant la régionalisation ont timidement repris, offrant un léger soutien au marché. La stabilité des prix européens a permis à la cotation de Mercolleida de se maintenir ces trois dernières semaines, après une chute rapide de 26 centimes en une dizaine de jours.
La réduction du prix du porc en Espagne a fortement impacté les revenus des éleveurs espagnols. Désormais le prix de revient d’un porc vif est estimé entre 1,37 et 1,38 €/kg, alors que le cours actuel n’est que de 1,04 €/kg. Avec environ 1,15 million de porcs abattus chaque semaine, les pertes des éleveurs espagnols dépassent 47 millions d’euros par semaine.
Depuis le jeudi 15 janvier 2026, le prix moyen s’établit à 1,422 €, avec une réelle convergence des propositions d’enchères. Celles-ci s’articulent désormais, pour la très grande majorité, dans une fourchette très resserrée autour de la moyenne.
Si les volumes reculent par rapport à la semaine précédente, l’activité d’abattage demeure dynamique, avec des niveaux nettement supérieurs à ceux observés à la même période l’an dernier. Ces volumes restent toutefois nécessaires pour résorber les retards accumulés. La tendance semble désormais s’orienter dans le bon sens, les poids étant en recul de 260 grammes cette semaine.
Alors que le Salon international de l'agriculture ouvre ses portes, la filière porcine française a lancé une grande campagne nationale de communication pour "faire du porc la référence dans l'assiette".
INAPORC, la filière porcine française, a lancé une campagne de communication nationale massive pour, dit-elle, « faire du porc français la vraie référence dans l’assiette ». Il s’agit de répondre « aux attentes des clients en quête de qualité, de transparence et d’origine France ».
Cependant, l’origine France ne fait pas tout. Il y a peu de transparence sur l’industrialisation galopante : 78% des élevages paysans porcins ont disparu entre 2000 et 2020 au profit d’exploitations plus grandes, avec une production plus intensive.
Peu de transparence aussi sur les conditions d'élevages : 95% des porcs français ne sortent jamais du bâtiment dans lequel ils sont entassés. Shootés aux antibiotiques, nourris au soja brésilien ou aux céréales pleines de pesticides pendant que leurs déjections rejettent de l’ammoniac et des nitrates dans les cours d’eau.
En France, nous mangeons beaucoup de porc, 31 kg par an et par habitant, ce qui fait presque 600g par semaine, alors que les recommandations sanitaires c’est 150g par semaine maximum. Des maladies comme le diabète de type 2 ou le cancer colorectal étant associées aux nitrates présentes dans la charcuterie, qui représente les 3/4 des ventes.
La Fondation pour la nature et l’homme recommandait dans un rapport en octobre dernier de diminuer la consommation par deux, et répartir autrement la production à la fois pour protéger les éleveurs, la santé et l’environnement. Mais INAPORC avait refusé d’en discuter.
Le prix du porc français, qui a perdu près de 50 centimes en six mois, ne couvre plus le prix de revient des producteurs.
Fin septembre 2025, les Jeunes agriculteurs s’étaient invités au Marché du porc français (MPF) à Plérin, pour dire leur inquiétude. La cotation avait alors perdu 28 centimes d’euros en deux mois. La situation s’est aggravée : le prix du porc affiche aujourd’hui 1,42 € au MPF, soit 47 centimes de moins qu’il y a six mois.
« Et la Cooperl applique des prix encore plus bas, 1,35 € cette semaine, ce qui perturbe un peu plus le marché », ajoute cet adhérent aux Jeunes agriculteurs, qui a décidé de quitter la coopérative il y a un an.
| Zone Géographique | Tendance des Prix | Activité d'Abattage | Remarques |
|---|---|---|---|
| France | Stable (1,422 €/kg) | Dynamique | Inquiétudes sur le coût de l'aliment |
| Espagne | Fragilisé par la PPA (1,04 €/kg) | Très dynamique | Pertes importantes pour les éleveurs |
| Allemagne | Stable | Élevée | Surplus d'offre en résorption |
| Belgique | Équilibré | Particulièrement élevée | Excédents de fin d'année résorbés |
| Italie | Stable | - | Offre excédentaire, demande morose |
| États-Unis | Sous pression | Élevée | Offre abondante |
| Chine | Redressement léger | - | Offre plus retenue |
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