Le chocolat, symbole de gourmandise et de plaisir, transcende son rôle simple d'ingrédient pour devenir une matière première d'exception entre les mains de maîtres chocolatiers français. Au-delà des simples pralines et tablettes, l'art de la sculpture en chocolat se révèle, transformant le cacao en œuvres d'art aussi fascinantes qu'éphémères. De minuscules détails à des constructions monumentales, cet art allie technique, créativité et une profonde compréhension des propriétés du chocolat.
La création d'une sculpture en chocolat requiert une maîtrise technique hors pair. Le choix du type de chocolat - noir, lait, blanc - est crucial, influençant la texture, la fluidité et la solidité de la matière. La température du chocolat, un paramètre essentiel, doit être précisément contrôlée pour obtenir la consistance idéale, évitant la fragilité ou le ramollissement. Le façonnage, que ce soit par moulage, coulage, ou modelage direct, nécessite patience, précision et une connaissance approfondie des outils et techniques spécifiques. L'assemblage des pièces, la finesse des détails, les finitions impeccables, autant d'étapes cruciales qui témoignent du talent et de l'expérience de l'artisan.
Les chocolatiers utilisent une variété de techniques pour donner vie à leurs sculptures. Le moulage permet la production de pièces complexes et répétitives, tandis que le coulage convient aux formes plus fluides et organiques. Le modelage direct, une technique plus artisanale et exigeante, permet une expressivité maximale et une grande liberté créative. La maîtrise de ces techniques permet de créer des sculptures aussi réalistes que fantastiques, allant du portrait finement ciselé à des créatures mythiques.
La genèse d'une sculpture en chocolat est souvent un processus riche et complexe. Elle débute par une idée, une inspiration, qui peut provenir de sources diverses : la nature, l'architecture, l'histoire, ou même un simple rêve. L'esquisse, étape cruciale, sert de guide, définissant les formes, les volumes et les proportions. La création d'un modèle en argile ou en cire permet de visualiser l'œuvre en trois dimensions, d'affiner les détails et de prévoir les difficultés techniques. Le passage du modèle au chocolat est un moment de concentration intense, nécessitant une grande dextérité et une adaptation constante aux spécificités de la matière.
Certaines sculptures sont réalisées en plusieurs parties, assemblées méticuleusement pour former un ensemble harmonieux. D'autres sont modelées directement dans le chocolat, nécessitant un contrôle précis de la température et de la consistance du chocolat. Le travail de finition, crucial pour l'aspect esthétique de l'œuvre, peut inclure la peinture au chocolat, l'ajout de détails en sucre ou en autres matériaux comestibles. La création d'une sculpture en chocolat est un processus itératif, nécessitant des ajustements constants et une grande flexibilité.
La France, berceau de la haute pâtisserie, compte parmi ses rangs des maîtres chocolatiers renommés pour leurs sculptures exceptionnelles. Patrick Roger, Meilleur Ouvrier de France, est connu pour ses sculptures animales saisissantes de réalisme, tandis que Fabrice Gillotte, également Meilleur Ouvrier de France, excelle dans la création de pièces monumentales et théâtrales. Amaury Guichon, star des réseaux sociaux, émerveille par ses sculptures hyperréalistes et complexes, repoussant les limites de l'art du chocolat. Ces artistes, et bien d'autres, contribuent au rayonnement international de la sculpture en chocolat française.
Ces chocolatiers, au-delà de leurs compétences techniques, possèdent une sensibilité artistique affirmée. Ils savent allier la précision technique à l'expression créative, transformant le chocolat en un médium artistique à part entière. Leur travail témoigne d'un savoir-faire ancestral, enrichi par l'innovation et la recherche constante de la perfection.
Les sculptures en chocolat françaises ne se limitent pas à des représentations réalistes. Elles explorent une variété de thèmes et de styles, reflétant la diversité des inspirations et des sensibilités des artistes. On retrouve des sculptures animalières, des représentations architecturales, des scènes de la vie quotidienne, des motifs abstraits, des compositions surréalistes. Le choix des thèmes est illimité, laissant libre cours à l'imagination et à la créativité des chocolatiers.
La palette des styles est tout aussi vaste. Certaines sculptures privilégient le réalisme, cherchant à reproduire fidèlement les formes et les textures. D'autres optent pour un style plus stylisé, simplifiant les formes et accentuant les lignes. Certaines sculptures sont décoratives, destinées à embellir un espace. D'autres sont des œuvres d'art à part entière, à admirer pour leur beauté et leur signification.
La nature même du chocolat, matière périssable, confère une dimension particulière aux sculptures. Elles sont des œuvres d'art éphémères, dont la beauté se consume avec le temps. Cette fragilité même ajoute une dimension poétique à ces créations, soulignant la beauté de l'instant présent. Pour préserver ces œuvres, des techniques de conservation sont mises en place, telles que le contrôle de la température et de l'humidité, l'utilisation de vitrines hermétiques.
Malgré leur éphémérité, les sculptures en chocolat laissent une empreinte durable. Elles sont immortalisées par la photographie, la vidéo, et les témoignages des visiteurs qui ont pu les admirer. Elles contribuent à la mémoire collective, témoignant du talent et de la créativité des maîtres chocolatiers français.
Les sculptures en chocolat françaises sont bien plus que de simples confiseries. Elles représentent un art exigeant, alliant technique, créativité et une profonde sensibilité artistique. Les maîtres chocolatiers français, véritables artistes, transforment un ingrédient simple en œuvres d'art fascinantes et éphémères, témoignant du savoir-faire et de la passion d'un pays réputé pour son excellence culinaire.
L'émerveillement suscité par ces sculptures témoigne de la capacité du chocolat à transcender sa fonction première pour devenir un médium d'expression artistique exceptionnel.
Il est essentiel d'acheter du chocolat professionnel, de grande qualité, dit de couverture ou appelé simplement couverture. Le chocolat est un mélange de pâte de cacao, de beurre de cacao et de sucre. Le pourcentage de cacao indiqué englobe, sans distinction, la pâte et le beurre de cacao. En tablette, le chocolat est moins riche en cacao, donc plus sucré et moins fluide, utilisé uniquement pour la préparation de pâtisseries ordinaires.
C’est la clé de la réussite pour vos petits chocolats, moulages et décors. Il ne suffit pas de faire fondre du chocolat pour que cela fonctionne et qu’il conserve ses qualités. Cela est du à la présence de beurre de cacao dans la composition du chocolat. Une fois le chocolat bien tempéré, le beurre de cacao cristallise d’une certaine manière, « la forme dite bêta ». La « courbe de tempérage » varie en fonction des chocolats : noir, lait, blanc ou coloré. Vérifier les indications de températures figurant sur la boite de chocolat de couverture utilisé.
Il y a deux méthodes classiques pour respecter scrupuleusement la courbe de températures et une méthode moins traditionnelle.
Faites fondre le chocolat noir au bain-marie. Dans un récipient, mettre le chocolat haché ou en pistoles. Chauffer à feu doux, une casserole remplie à mi-hauteur d’eau chaude. Ne pas faire bouillir. Placer le chocolat au-dessus, vérifier que le récipient ne touche pas le fond de la casserole. Dès que le chocolat commence à fondre, mélanger régulièrement afin d’homogénéiser la fonte. Surveiller sa température jusqu’à ce qu’il atteigne 55°C.
Retirez le chocolat du bain-marie. Il doit maintenant refroidir pour atteindre une température de 28/29°C. assez lente. Remuez constamment le chocolat pour qu’il ne durcisse pas trop vite sur les bords. Lorsque la température arrive à 35°C, le sortir des glaçons. Continuer à remuer pour arriver à 28/29°C. Attention : la température remonte très vite. Si vous dépassez les 32°C, votre chocolat présentera des marbrures blanches. Vous devrez alors recommencer toute l’opération.
Une fois votre chocolat tempéré, il faut le maintenir entre 31 et 32°C pour le travailler. Lorsque le chocolat noir atteint 55°C, le retirer du bain-marie. En réserver 1/3 dans un bol au chaud. Ajouter la valeur d’1/3 en pistole ou haché dans le chocolat fondu restant. Remuer constamment pour redescendre la température à 28/29°C. Ajouter progressivement le chocolat chaud réservé pour remonter la température à 31/32°C (voir tableau joint pour les autres chocolats) Cela permet de faire redescendre naturellement la température.
C’est moins salissant et plus rapide. Une fois le chocolat fondu à 50/55°C, au bain-marie, on verse 70% du chocolat au centre d’un marbre, puis on le table. C’est-à-dire, on ramène le chocolat avec une spatule, du bord vers le centre, pour éviter que les pourtours ne figent, et pour refroidir l’ensemble. La température doit être surveillée constamment, jusqu’à atteindre 27/28°C. On remet alors le chocolat tablé dans le récipient, et on mélange au chocolat restant encore chaud, pour atteindre une température de 31/32°C.
La méthode la plus simple et la plus efficace pour un résultat de pro. Elle nécessite peu de matériel. Qu’est-ce que le Mycryo ? Un ingrédient magique, un produit naturel : du beurre de cacao en poudre, une matière grasse noble 100 % végétale. Il suffit d’ajouter 1% de Mycryo dans la masse de chocolat, lorsque celui-ci est à la bonne température, soit 10 g pour 1 kg de chocolat. Saupoudrer directement le beurre de cacao Mycryo sur le chocolat qui est à 34°C. Arrêter de tourner quelques instants pour laisser fondre le beurre de cacao tout doucement dans le chocolat. Enfin, remuer et laisser refroidir jusqu’à 31°C. A ce stade là, le chocolat est prêt à être utilisé. Le chocolat aura alors une fluidité parfaite.
Personnellement je vous déconseille la fonte au micro onde qui risque de chauffer et brûler le chocolat, même à petite puissance. Il est indispensable d'utiliser un thermomètre de cuisson pour contrôler la température du chocolat. Utiliser du matériel très propre, sans trace d’eau.
Tableau des températures de tempérage du chocolat :
| Type de chocolat | Température de fonte | Température de refroidissement | Température de travail |
|---|---|---|---|
| Chocolat noir | 50-55°C | 28-29°C | 31-32°C |
| Chocolat au lait | 45-50°C | 27-28°C | 29-30°C |
| Chocolat blanc | 40-45°C | 26-27°C | 28-29°C |
Habituellement sculpteur sur marbre, Grégory Poussier s’est essayé à la sculpture en chocolat. Le chocolat devient alors une matière de travail comme une autre, mais évidemment, on s'en lèche les doigts...Parmi ses réalisations, "Belle à croquer" a été présentée au salon du Chocolat de Grenoble 2008. Le thème imposé par le salon était "la femme".
De nombreux croquis sont réalisés pour travailler sur la posture et le mouvement, car cette femme doit aimer le chocolat et le faire aimer… Ensuite, le sculpteur réalise un modelage en terre à l’échelle pour trouver l’anatomie juste, puis il fabrique un moule à partir de ce modelage en terre, un moule "à partie" en plâtre. Le tirage de l’épreuve en plâtre est prêt !
Grégory se lance alors dans le travail de ce bloc de chocolat : gouge à bois, opinel, râpe, scie… La chaleur des mains aide à modeler cette matière fabuleuse. Pour reproduire la "Belle", Grégory en prend les mesures grâce à un outil habituellement utilisé pour le marbre : la technique de la "reproduction au point".
"Frère Bruno - Fondation" est issue d’un bloc de chocolat blanc de 26Kg. Le décor de chocolat noir est monté sur une structure en polystyrène.
À l'issue de cette formation, le stagiaire sera capable : de créer une pièce artistique en chocolat, de reproduire la même pièce que le formateur. le stagiaire apprendra l'étude des volumes, l'étude de la matière, et acquerra des techniques de bases en sculpture chocolat.
Objectif : Savoir optimiser la production de sa création artistique et valoriser ce savoir-faire dans le cadre d'une commercialisation ou d'animations ou communication (réseaux, boutiques) (initiation entrepreneuriat en pâtisserie autour des sculptures chocolat).
Le dispositif est proposé en présentiel.
Le bénéficiaire doit être muni :
Pour Noël 2017, le Centre culturel de l’Ouest donne carte blanche à MONsTR pour créer une exposition sur le thème de la gourmandise. En référence au passé religieux du site et en utilisant l’ingrédient le plus gourmand de Noël, les artistes proposent la réalisation de 7 sculptures en chocolat figurants des madones. En collaboration avec le chocolatier nantais Vincent Guerlais, ils vont mélanger les techniques de sculpture sur bois à celles du chocolat.
Ces sculptures en chocolat ont été conçues comme le faisaient les prêtres missionnaires avec les statues des Madones. Ceux-ci transportaient dans leurs bagages les mains et les têtes des statues qu’ils faisaient assembler sur place avec les matériaux et techniques à disposition.
« Le métissage des techniques est une des valeurs de notre démarche artistique. En réalisant ces sculptures en chocolat, nous avons découvert le savoir-faire d’un chocolatier et remarqué la proximité de ses techniques avec la sculpture du bois ! Pour la réalisation de ces sculptures en chocolat, une première Madone a été modelée en terre. De ce modelage, un moule a ensuite permis de tirer les 7 sculptures. Ainsi, toutes les sculptures possèdent le même visage. De plus, chaque sculpture en chocolat représente un continent. Pour ce faire, la robe, la coiffe et le manteau empruntent un élément symbolique culturel des différentes parties du globe. Ces éléments symboliques ont été retranscrits dans le choix des couleurs, des motifs en sucre ou en biscuit, de l’esthétique de la coiffe…Tout en découvrant les sculptures, les visiteurs pouvaient déguster des pastilles de chocolat dont chacune était associée à une sculpture.
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